‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 128 sur 522 · AUILE — HUILE DE FOIE DE MORUE · texte numérisé non relu

AUILE — HUILE DE FOIE DE MORUE

Huile de lavande. Huile, 506 grammes ; essence de lavande ou de marjolaine, 8 grammes : on prépare de même ceiles à la menthe, au thym , au serpolet, etc.

Huile du phenix , pour fortifier la chevelure : Moelle de bœuf dépurée, 125 grammes ; luile épaisse de muscade , 125 grammes; axonge, 60 grammes ; huile de girofle, de lavande, de menthe , de romarin, de sauge, de thym, de chacune 2 grammes ; baume de Tolu, {5 grammes ; camphre, 4 grammes; alcool à 36°, 30 grammes.

Huile des Célèbes. Huile d'olive superfine , 1 litre; clous de girofle n° 8; cannelle concassée , 15 grammes : faites bouillir pendant une heure , et ajoutez, après avoir remplacé l'huile perdue : cannelle, bois de santal, de chacun 15 gr., clarifiez et ajoutez : essence de Portugal, 15 grammes,

Huile de Macassar. Huile de ben, 8 litres ; de noisette, & litres ; esprit de vin, { litre; essence de bergamote, 90 grammes ; esprit de muse, 90 grammes ; esprit de Portugal, 60 grammes ; essence de rose, 8 grammes.

Huile de Vénus , voyez CARYI. JuLIA-FONTENELLE.

HUILE (Peinture à |). Les auteurs qu’on consulte le plus habituellement sur l’histoire des arts, Vasari, Carle Van Mander, Félibien , Descamps et les compilateurs qui les ont copiés, s'accordent à attribuer à Jean Van Ey ck l'honneur d'avoir découvert la peinture à l'huile. Les plus hardis vont même jusqu’à préciser une date, et affirment que c’est en 1410 que cet habile artiste s’avisa pour la première fois de dissoudre ses couleurs dans de l'huile de noix ou de lin. Beaucoup ont admis sans difficulté un fait qui paraissait appuyé sur des témoignages si considérables ; et cette assertion a acquis aujourd'hui l'autorité que le temps donne quelquefois à l'erreur elle-même. Remplaçons désormais la légende par l’histoire. Dès le milieu du dix-huitième siècle des textes formels avaient été cités qui prouvaient péremptoirement que l’usage de la peinture à l’huile était bien antérieur à Van Eyck. Nous ne nous arrêterons pas au mémoire dans lequel le comte de Caylus s’est efforcé d'établir que ce procédé était connu des anciens. Bien qu’il soit constant que les Romains se servaient de la peinture à l'huile pour, de grossiers ouvrages de décorations, Ja conjecture, à notre avis, tient ici une trop grande place; et les textes allégués sont si obscurs, que la question est restée douteuse. Ce qui demeure beaucoup plus sérieux, ce sont les assertions de Lessing , qui est venu affirmer , en 1774, que la peinture à l'huile était pratiquée longtemps avant Van Eyck. L’autorité sur laquelle il s’appuyait était en réalité fort grave ; c'était un manuscrit du moyen âge , resté jusqu'alors inédit, et que la mort seule l’empêcha de publier. Ce manuscrit, ouvrage du moine Théophile, trouva un premier éditeur dans Ch. Leiste (1781); etla même année un savant anglais, Raspe, mit au jour une aufre édition du livre de Théophile, édition incomplète, il est vrai, mais qui reproduisait le texte du manuscrit de la bibliothèque de Cambridge. Raspe s’empara de l'écrit de Théophile comme d’une pièce justificative pour l'ouvrage qu’il a publié sous le titre de À critical Essay on Oilpainting proving, that the artofpainting in oil was known before the pretended discovery of John and Huberf Van Eyck (Londres, 1781). Enfin , un troisième manuscrit, conservé à la Bibliothèque impériale, a servi de guide à M. de Lescalopier dans l'excellente édition qu'il a donnée de la Diversarum Artium Schedula de Théophile (Paris , 1843, in-4°). Ce livre, monument précieux d’une époque où l’on n’écrivait guère sur les arts, est une sorte de manuel, où l’auteur explique avec détails tous les procédés employés de son temps par les peintres verriers, les enlumineurs, les orfévres , etc. Mais à quelle date écrivait Théophile? La question n’est pas encore résolue. Raspe, Ranzi, Émeric-David et M. de Montabertle font vivre vers le dixième ou le onzième siècle. M. J.-M. Guichard, dans la savante no- . ice qui accompagne l’édition de M. de Lescalopier, établit assez bien que le livre de Théophile est plus moderne; d’après les considérations qu’il développe , nous serions disposés à le dater du treizième’ siècle seulement, et nous nous en

tiendrons à cette conjecture , jusqu’à ce qu’un chiffre authentique soil venu éclaircir nos doutes.

Théophile parle de la peinture à l'huile en divers endroits de son manuel. Trois passages surtout paraissent concluants ; et nous ne savons vraiment pas ce que les défenseurs de Van Eyck pourraient répondre à celui-ci : « On peut broyer, dit Théophile, les couleurs de toute espèce avec la même sorte d'huile (l'huile de lin) et les poser sur un travail de bois ; mais seulement pour les objets qui peuvent être séchés

: au soleil; car chaque fois que vous avez appliqué une couleurr

vous ne pouvez en superposer une autre si la première n’est séchée ; ce qui, dans les images et les autres peintures, est long et trop ennuyeux (quod in imaginibus el alis picturis diuturnum el tædiosum nimis est). » C'est bien là , si nous ne nous trompons, la peinture à l'huile, et l’inconvénient qu’on lui reconnaissait alors est même nettement indiqué. L'huile était lente à sécher : c’est là sans doute une des raisons qui empêchèrent cette manière de peindre de se répandre beaucoup au moyen âge. Ainsi, l’emploi des couleurs dissoutes dans l'huile était sinon fréquent, du moins connu au treizième siècle: il paraît même qu'il en est également fait mention dans l’ouvrage, plus ancien, d’Éraclius, De Coloribus et Artibus Romanorum , que Raspe a publié en partie à la suite de son Æssay on Oilpainting, et dont notre bibliothèque possède une copie qu’on croit complète. Un faitgrave vient corroborer l'autorité des monuments écrits : on a retrouvé plusieurs peintures à l’huile antérieures à la prétendue invention de Van Eyck. M. de Montabert cite une peinture allemande excutée par Mutina en 1297; mais il ajoute, avec beaucoup de raison , que dans quelques-uns des tableaux où les chimistes ont constaté la présence de l’huile cette substance peut avoir été ajoutée après coup, soit pure, soit mêlée à des gommes ou à des vernis, et avoir fait corps avec l’enduit primitif, Des documents récemment publiés permettent d'affirmer que ce secret était connu en France; et, sans multiplier les exemples, nous rappellerons que dès 1355 Jean Coste peignit à l’huile.

Ainsi, Van Eyck n’a point inventé ce procédé. Quelle fut donc la portée de sa découverte? Nous l’avons indiqué déjà: la couleur employée avec les huiles ordinaires était très. lente à sécher; Van Eyck eut l’idée de les faire cuire & même d’y ajouter une substance résineuse quiles rendit plus siccatives. Sans doute divers passages de Théophile , étudiés de très-près, seraient de nature à faire supposer que l’usage des siccatifs n’était pas complétement inconnu de son temps: on ne peut cependant nier que Van Eyck nait composé un mélange nouveau, et il est certain que ses tableaux ont conservé un émail et une solidité inaltérables. Ce fut là sa gloire. Vasari, dont la relation a jusques ici été mal interprétée, parle bien plus, comme le remarque M. Guichard, de l'invention d’un siccatif que de la dissolution des couleurs dans l'huile, idée vulgaire et insignifiante, que les Italiens avaient empruntée à l'antiquité, et qui n'appartient à aucune époque, à aucune école, à aucun homme.

La découverte de Van Eyck eut un tel retentissement, qu’au rapport de Vasari, Antonello de Messine fit le voyage de Flandre, alla visiter Van Eyck, et usa de toutes sortes de ruses pour surprendre son secret, qu’il rapporta triomphant dans sa patrie. Dès lors, l’emploi de ce procédé devint général et la face de l'art fut renouvelée. Toutes les autres méthodes furent en quelque sorte abandonnées , ou du moins ne conservèrent plus qu'un intérêt d’érudition et de curiosité.

Raconter l’histoire de la peinture à l'huile depuis le quinzième siècle jusqu’à nos jours, ce serait faire l’histoire de l’art, et ce n’est pas notre tâche. C’est assez pour nous d’avoir indiqué quelques dates et d’avoir répondu par des textes explicites à un préjugé qui a eu cours trop longtemps parmi les savants et les artistes. Pauz Manrz.

HUILE DE CADE. Voyez Cane.

HUILE DE CAMOMILLE,. Voyez CAMELINE.

HUILE DE FOIE DE MORUE. Voyez Morur.

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