‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 130 sur 522 · HUILE DE GABIAN — HUISSIER · texte numérisé non relu

HUILE DE GABIAN — HUISSIER

tales, les chambres ardentes, et généralement tous les procès au criminel s’instruisaient et se jugaient à huis clos : cet usage se maintient encore aujourd’hui en Allemagne, en Jtalie, et dans d'autres pays de l’Europe. Le grand principe de nos institutions judiciaires est la publicité des débats en malière civile et criminelle; néanmoins les tribunaux peuvent ordonner le huis clos lorsque les débats doivent entrainer du scandale ou de graves inconvénients pour l’ordre etles bonnes mœurs. 77 ne s'étend qu'aux débats et aux plaidoiries et non pas au Jugement, qui doit toujours être prononcé publiquement.

HUISSIER. Ce mot vient du vieux français Awis. On appelle ainsi les officiers subalternes chargés d'ouvrir et de fermer les portes dans la résidence du souverain. Ceux qui se tiennent dans l’antichambre des ministres, des hauts fonctionnaires, ele., pour annoncerles personnes qu'ils reçoivent, et ceux qui sont chargés du service des séances de certains corps, de certaines assemblées délibérantes, comme l’Institut le sénat, le corps législatif, ete.

On appelait autrefois huissiers à verge les sergents royaux reçus au Châtelet, et Auissiers à cheval ceux qui exploitaient dans tout le royaume. Dans la langue du droit, ce mot est quelque peu détourné de son sens primitif. Les huissiers sont des fonctionnaires publics établis dans chaque arrondissement pour faire toutes citations, notifications et significations requises pour l'instruction des procès, tous actes et exploits nécessaires à l'exécution des ordonnances de justice, jugements et arrêts, et le service per sonnel près les cours et tribunaux.

Les huissiers pour le service des cours impériales et de tous les tribunaux sont nommés par l’empereur, sur la proposition de ses procureurs et des présidents des cours et tribunaux, et sur la présentation qu'ont le droit d'en faire les huissiers démissionnaires et les héritiers ou ayants cause des huissiers décédés. Pour être huissier, il faut avoir au moins vingt-cinq ans, avoir travaillé pendant deux ans dans une étude d’avoué ou de notaire, ou bien chez un huissier ; ou pendant trois ans au greffe d’une cour ou d’un tribunal de première instance, et rapporter de la chambre de discipline un certificat de moralité.

Par exception, les huissiers près la cour de cassation sont nommés par elle. Les huissiers, dans le mois de leur nomination, doivent prêter le serment de fidélité à l’empereur et d'obéissance à la constitution , aux lois et règlements concernant leur ministère, et jurer de remplir leurs fonctions avec exactitude et probité, Ils ne peuvent faire aucun acte avant d’avoir prêté ce serment. Ils sont obligés de fournir un cautionnement, dont la quotité est fixée par des règlements spéciaux et qui est affecté par privilége à la garantie des condamnations qu'ils peuvent encourir à raison de leurs fonctions.

Parmi les huissiers, chaque cour ou tribunal désigne chaque année pour son service intérieur ceux qui sont jugés le plus dignes de cetle faveur ; ils prennent le titre d'huissiers audienciers. Tous les membres en exercice sont rééligibles : ceux qui ne sont pas réélus rentrent dans la classe des huissiers ordinaires.

Les Huissiers audienciers assistent aûx audiences pour y maintenir l’ordre, y faire l’appel des causes et exécuter les ordres du président. Les huissiers audienciers seuls peuvent faire les significations d’avoné à avoné, le service personnel aux enquêtes, interrogatoires et autres commissions ainsi qu'au parquet. Tous autres actes peuvent être faits concurremment par les huissiers tant audienciers qu'ordinaires , chacun dans le ressort du tribunal de première instance de sa résidence, Les uns et les autres doivent garder la résidence qui leur a été assignée.

Les fonctions d'huissier sont incompatibles avec toutes autres fonctions publiques salariées, ainsi qu'avec la pros fession d'avocat. .

Les hnissiers doivent exatcer leur ministère toutes les fois qu'ils en sont requis sans acception de personnes. Ils ne peuvent, sous peine de nullité, instrumenter pour leurs

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parents ou alliés, n1 pour ceux de leurs femmes, en ligne directe, à quelque degré qu’ils soient, en ligne collatérale, jusqu’au degré de cousin issu de germain inclusivement.

La loi règle tout ce qui est relatif à leurs fonctions, à leurs obligations personnelles, à leur costume, à la forme de rédaction de leurs âctes, au salaire qui leur est attribué; elle met à leur charge les actes nuls et frustratoires qu’ils peuvent

faire, et ceux qui donnent lieu à une condamnation d’a- |

mende; ils sont passibles des dommages et intérêts de la partie suivant l’exigence des cas; ils peuvent inème être sus-

pendus de leurs fontions. Ils sont respunsables du prix des ven- |

tes qui leurs sont confiées. Il leur est défendu, sous les peines portées par les lois, de se rendre adjudicataires, directement ni indirectement, des objets qu’ils sont chargés de vendre,

et de devenir cessionnaires des procès, actions et droits :

litigieux qui sont de la compétence des tribunaux dans le ressort desquels ils exercent. Ils sont contraignables par corps pour la restitution de titres et deniers à eux confiés. Ils sont déchargés des pièces, après deux ans, depuis l’exécu lion de la commission.

Ce sont les huissiers qui exécutent les prises de corps, excepté à Paris. Dans les villes où il n'y a point de comimissaires priseurs, les huissiers ont droit de procéder, concurremment avec les greffiers et les notaires, aux prises et ventes publiques de meubles et effets mobiliers.

La communauté des huissiers de chaque arrondissement a une chambre de discipline établie et organisée d’après le décret du 14 juin 1813. Par ses relations avec le corps entier, cette chambre est à portée de découvrir les petites contraventions qui échapperaient à la surveillance du ministère public ; elle maintient le hon ordre parmi les huissiers, veille à ce qu’il ne se commelte aucune action contraire à l'honneur et aux intérêts de la communauté. Chaque huissier contrevenant y est jugé par ses égaux, sauf l'intervention des tribunaux dans les cas graves. Les huissiers de chaque arrondissement s’obligent, en outre, à une rétribution annuelle proportionnée aux émoluments de chacun d’eux, rétribution qu'ils versent dans une bourse commune, et qui sert à subvenir aux besoins des huissiers retirés pour cause d’infir-

mités, ou à leurs veuves et orphelins. L'administration de |

cette bourse commune appartient à leur chambre de discipline.

HUISSIER A LA CHAINE. Voyez CHAINE.

HUISSIER-PRISEUR. Voyez COMMISSAIRE-PRISEUR.

HUITRE , genre de mollusques bivalves, acéphales, conchifères, monomyaires. Tel qu’il avait été caractérisé par Linné, il renfermait, outre les huîtres proprement dites, les genres spondyle, peigne, perne, avicule, houlette, gryphée, plicatule, marteau, lime, etc., qui en ont été retirés par les travaux de Bruguière et de Lamarck. Ainsi réduit, le genre Luitre renferme encore plus de deux cents espèces , dont il est vrai que les trois quarts ne se trouvent qu’à l'état fossile. Nous ne nous occuperons ici que de l'huitre comestible (ostræa edulis, Linné), dont l'importance est incontestable.

C'est ans toutes les mers, ordinairement sur les côtes, souvent aux embouchures des fleuves , et géntralement à peu de profondeur que l’on rencontre les huîtres , attachées aux rochers ou à d’autres corps sous-marins, ou encore fixées les unes aux autres de manière à constituer ces immenses bancs d’huîtres sans cesse renouvelés, malgré l’exploitation dont ils sont l’objet. C’est que la fécondité de l’huître est telle, quechacun de ces mollusques pond annueltement 50 à 60,000 œufs, ponte qui se trouve doublée en vertu de l'hermaphrodisme complet qui caractérise toute la classe des acéphales. C’est au cominencement du printemps que s'écoule ce frai qui ressemble assez à une goutte de suif. Il faut le secours d’un fort grossissement pour y distinguer cette multitude d'œufs, dont la coque transparente laisse apercevoir une petite coquille bivalve. Cette

coque rompue, l'embryon pourvu de cils vibratiles nage

en tournant, jusqu’à ce qu’il tombe sur quelque corps solide auquel il s'attache, Mais son développement n’est pas pour

cela assuré ; 1a mer recèle un grand nombre d'animaux qui font leur pâture de ces huitres à peine nées.

Est-il besoin de décrire la coquille de l’'huître? Qui ne connaît ses valves inégales, à structure lamelleuse? Et quant aux variations de forme qu'offre l’une d'elles, celle que l'on nomme inférieure, celte singularité s’explique par la mollesse de ce test, qui au moment où l’huitre se fixe sur um corps sous-marin lui en laisse une empreinte ineffaçable. L'animal est moins connu que la coquille, et au premier abord on ne sedoute pas de la délicatesse de son organisation. Mais si lon renverse le manteau, on découvre une bouche munie de deux lèvres minceset membraneuses, se continuant de chaque côté du corps en une paire de palpes labiaux étroits, lancéolés , lisses en dehors, chargés de lames obliques sur leur face interne; cette bouche que l'animal peut contracter à l’aide d’un petit musele subcirculaire, aboutit à un œsophage très-court, se dilalant en une poche stomacale, ovoïde, dans l’intérieur de laquelle plusieurs ouvertures apportent la bile. Le pylore conduit à un intestin grêle cylindrique, qui, après de nombreuses circonvolutions, se termine en un anus placé entre les lobes du manteau. Le foie, que l’on reconnaît à sa couleur verdâtre, est très-gros. Les organes de la génération sont très-simples. Ceux de la respiration et de la circulation consistent dans des bronchies et dans un système veineux considérables.

Les huîtres vertes, préférées par les gastronomes, ne forment pas une espèce distincte. On attribue leur coloration à différentes causes ; la plus admissible est celle qui y yoit un état maladif de ces mollusques , occasionné par la présence d’animacules introduits dans sa substance. Du reste l'usage habituel que l’on fait des huîtres vertes prouve qu’elles sont sans inconvénient pour l’homme. On a encore fait une espèee d’huître sous le nom vulgaire de pied de cheval ; mais c’est toujours l’huître comestible arrivée à des dimensions supérieures à celles auxquelles on la livre le plus ordinairement à la consommation.

On sait que les huîtres ne sont pas envoyées au marché sitôt après leur pêche. En France on sépare les huîtres dites marchandes de celles qui ne le sont pas. L'huître non marchande est celle qui, n'ayant pas encore atteint tout sen développement, est rapportée en mer sur des bancs huîtriers, où elle croît et se reproduit et d’où , en temps opportun, elle sera de nouveau retirée pour les besoins des consommateurs. Les huîtres marchandes sont celles qui, ayant les dimensions réglementaires (6 à 10 centimètres de la charnière à la barbe, sont exportées, s’il s’agit, par exemple, de la pêche de Granville, dans les parcs de Dieppe, de Courseulles et de Saint-Waast-la-Hougue , d’où , après un séjour plus ou moins long, elles arrivent sur le marché de Paris. Ces pares à huîtres sont des bassins étendus, creusés sur le bord de la mer, et dans lesquels peuvent pénetrer les eaux des grandes marées. Les huitres sont jetées dans ces bassins, où elles s’accroissent en repos. Dans les mers de Naples, on les parque d’une manière spéciale. Comme on a remarqué leur tendance à s'attacher à des corps offrant peu de surface , on plante des piquets dans les lieux qu’elles préfèrent ; quand elles y adhèrent en assez grand nombre, leur pêche consiste à retirer ces piquets et à les en détacher.

Il est notoire que Ja culture des huîtres est une industrie possible, que même les anciens Romains s’en étaient occupés , et qu’actuellement encore les bords du lac Fusaro sont couverts de banes d'huiîtres créés de main d’homme et artificiellement entretenus. Cette culture emploie les plus simples procédés : elle se borne à entourer des bancs artificiels de pieux et de fagots destinés à arrêter les embryons au passage et à leur présenter äes surfaces auxquelles ils s’attachent. Au bout de aeux ans, on retire les pieux et les fagots dont on enlève successivement toutes les huîtres parvenues à maturité, puis on remet l'appareil en place pour attendre qu'une nouvelle génération amène une seconde récolte.

Paris consomme à lui seul pour plus de 2,000,000 francs

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d’huitres par an, ce qui représente la valeur de 90,000,000 de ces mollusques. Sur ce dernier chiffre , le port de Granville doit être compris comme en fournissant les cinq seplièmes, car ce sont les pêcheurs granvillais qui depuis fort longtemps déjà sont en possession d’approvisionner les marchands éleveurs de Saint-Waast-la-Hougue, de Courseulles et de Dieppe, qui préfèrent l’huître de la baie de Granville à celle pêchée dans la baie voisine de Cancale ; ce qui n'empêche pas ce petit port de jouir de la réputation d’être le seul point où se pêchent les belles huîtres qui se mangent à Paris. Nous manquons de renseignements statistiques sur l’importance économique de l’huître dans les pays étrangers. Cependant nous pouvons dire qu’elle est encore plus grande en Angleterre et aux États-Unis qu’en France. Ainsi, à New- York la vente annuelle des huîtres dépasse 5,000,000 de dollars (plus de 26,000,000 fr.), et ce commerce occupe 50,000 personnes. Les deux tiers des huîtres qui se consomment à New-York viennent de la Virginie. La partie la plus importante de ce commerce est l'opération qui consiste à fransplanter les huîtres de leur banc naturel dans un lit artificiel.

[Les nations les plus dissemblables par leurs mœurs, pour peu qu'elles fussent policées, ont payé le même tribut d'hommage et d’amour à la saveur bienfaisante de l’huitre. Les Grecs et les Romains la servaient au commencement de leur repas du soir : c'était le prélude obligé de leurs festins. Ils appelaient service d'aimables causeries celui où les huîtres se trouvaient et provoquaient leur appétit et leur gaîté. Il y en eut qui, dans leur enthousiasme pour ce produit des mers , le consacrèrent par un nom bien doux, celui d'oreilles de Vénus. C’est ainsi que les Étoliens nommaient les huîtres. Plusieurs grands hommes de l'antiquité, semblables, en cela du moins, aux gourmets de nos jours, ont eu pour elles un faible décidé, Cicéron entre autres. Cependant, ce grand orateur leur fit une fois une impardonnable infidélité, et alla jusqu’à leur préférer, passagèrement il est vrai, un plat de betteraves accommodées aux champignons et à d’autres légumes , plat délicieux que rendaient plus agréable encore l’habileté du cuisinier et le plaisir piquant de se moquer de Ja loi Licinia , qui avait eu la sotte velléité de s'attaquer à la luxure romaine.

Il ne paraît pas que nos pères aient fait un usage général des huîtres à leurs repas. Les lois somptuaires qui foisonnent sur ce sujet dans les capitulaires et dans les ordonnances de nos rois ne font point mention du mollusque qui nous occupe. Les premiers renseignements que nous trouvons à cet égard consistent dans une ordonnance prohibitive de 1779. 11 y a donc lieu de croire que les Français n'avaient pas pour les huîtres avant le dix-huitième siècle le goût déclaré qu'ils ont montré depuis. Dès l’époque où le vigoureux, mais incorrect auteur du Tableau de Paris, composait son bizarre ouvrage, il se faisait dans la capitale une consommation prodigieuse de ces habitants des roches marines. Cette consommation n’a pas diminué depuis.

L'huître n’est pas moins utile aux malades qu'elle n’est agréable aux gens en santé. C’est un des mets que le médecin prudent prescrit le plus volontiers à son patient. Première alimentation de la convalescence, elle est de bon augure sur l'assiette d’un malade ; elle promet à son palais, que la diète a paralysé, des plaisirs plus succulents et plus solides. Quant aux huîtres cuites , l'hygiène n’approuve pas cêtte préparation. L'huttre devient alors indigeste, de stomachique qu’elle était. D' Brouc, | -— HUITRE ÉPINEUSE, nom vulgaire et ancien des spondyles. F

HUÎTRE FEUILLETÉE,, nom vulgaire de la came.

HUÎTRE PERLIÈRE nom vulgaire d’une espèce du genre avicule (voyez Anonve et Pere).

HUÎTRE PLISSÉE, espèce d'huitre dont la coquille est vulgairement connue sous le nom de corne d'abondance, dû sans doute à son crochet très-long et creusé d'une profonde cavité,

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