HUMANITÉS — HUMBERT
et le désignèrent dès lors pour les fonctions éminentes quil ne devait pas tarder à remplir dans l’État. L'année suivante, il fut l’un des deux cent vingt-un députés qui vatèrent la fameuse adresse dirigée contre le ministère Polignac.
Aussitôt après la révolution de Juillet, il rentra à la chambre en qualité de député du Bas-Rhin, et fut appelé à faire partie de la commission chargée de modifier de charte. Lorsque I affitte prit les rênes de l'administration, il of: frit à Humann le ministère des finances, que celui-ci refusa par respect pour ses engagements envers M. Guizot. Il nk voulut pas non plus entrer dans le ministère Périer. Ce ne fut qu’en octobre 1832, lorsque le maréchal Soult fut mis à la tête de l'administration avec les doctrinaires, que Humann accepta le ministère des finances. A la suite de cette détermination, il liquida ses vastes opérations commerciales, pour désormais se consacrer tout entier aux affaires de l'État, Il eut peu de part à la réaction politique que les doctrinaires commencèrent alors dans la législation; mais il prit l'initiative de la réforme de l’économie politique pratique, et rendit par là de véritables services à la France. Il réalisa des économies, régularisa l'impôt et surtout le cadastre, accrut le mouvement du commerce extérieur et intérieur, et, par diverses mesures heureuses, réussit à imprimer un puissant élan à l’industrie privée. En avril 1833. il établit le premier budget régulier. Ses dissentiments profonds avec le maréchal Soult, qui, sous l'influence des souvenirs de l’époque impériale, dépensait des sommes énormes pour la réorganisation de l’armée, amenèrent la démission donnée par ce dernier en juillet 1834. Abstraction faite de l'intervalle d'octobre 1834, lors de la retraite du maréchal Gérard, Humann dirigea l’administration des finances jusqu'en 1836.
Plus il pénétrait dans l’état financier du pays, plus il resfait convaincu que l’équilibre entre les recettes et les dépenses ne pouvait être rétabli que par la réduction desrentes sur l’État, mesure que Villèle avait voulue précédemment. Il l'avoua hautement à la chambre, le 14 janvier 1836. Cette déclaratio n excita le n écontentement de ses collègues, mais surtout celui de Louis-Philippe, qui craisnait de s’aliéner les classes moyennes pur la réduction des rentes. Humann donna alors sa démission comme membre du cabinet, mais conserva son siége dans la chambre, qui partageait son opinion. Le 8 octobre 1836, il fut nommé membre de la chambre des pairs. Ce ne fut qu'après la retraite de M. Thiers, en octobre 1840, qu'il reprit l'administration des finances dans le ministère Guizot, Il cherchait à rétablir par un système de sage économie l'ord re dans les finances de l'État, lorsque la mort Le surprit dans ses fonctions, le 25 avril 1842.
HUMBERT (RéGnIEn-CRAnLES -EMMANGEL-JEAN-MA- RIE-FERDINAND-EUGÈNE), prince royal d'Italie, né le 14 mars 1844, est le fils aîné du roi Victor-Emmanuel II, et d'Adélaïde, archiduchesse d'Autriche, De bonne heure il fut initié par son père à la vie militaire et politique. Dès l'age de quinze ans il l’accompagna dans la guerre de l'indépendance, et fut ensuite associ® à l'œuvre de réorganisation des provinces napolitaines, En 1866, à la suite d’un voyage à Paris pour y soumellre à Napoléon IIL Le plan d'attaque avec la Prusse, il prit part à la campagne avec le titre de lieutenant-genéral, et commanda une division dans la journée de Custozza : attaqué brusquen ent par des forces supérieures, il échelonna ses troupes en carrés, s’y enferma et empêcha, par une opiniâlre résistance, la défaite de tourner en déroute, En 1870 ce fut lui qui, après la prise de Rome, vint prendre au nom du gouvernement possession de la ville, Habituellement il réside à Naples, où il tient une sorte deeour. Le prince Humbert a épousé, le 22 avril 1868, sa cousine germaine, Marguvrile de Savoie, née le 20 novembre 1861, fille du feu duc de Gênes, et d’Elisabeth de Saxe, laquelle s’est remariée de la main
gauche, en 1856, avec le marquis Rapallo. Un fils est issu .
de cette union, l'ictor-Emmanuel, le 11 avril 1869.