‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 136 sur 522 · HUME · texte numérisé non relu

HUME

le gros philosophe écossais se plait dans leur société. C’est un excellent homme que David Hume. Il entend finement, il dit quelquefois avec sel, quoiqu'il parle peu; mais il est lourd, et n’a ni chaleur, ni grâce, ni agrément dans l'esprit, ni rien qui soit propre à s’allier au ramage de ces charmantes petites machines qu’on appelle jolies femmes. »

En France, Hume se lia étroitement avec J.-J. Rousseau. Il l’emmena avec lui en Angleterre, en 1766; mais l'humeur morose et misanthropique du philosophe génevois, ses soupçons inquiets et plus que tout peut-être cette affection hypochondriaque qui causa le tourment des dernières années de sa vie amenèrent une rupture éclatante, à la suite de laquelle Hume, pour se justifier des injustes reproches de J.-J., eut le tort de trahir le secret de sa correspondance privée avec lui, et de faire ainsi connaître les services qu'il lui avait rendus.

En 1767 Hume fut nommé sous-secrétaire d'État; mais il ne conserva ces fonctions que pendant deux années, et en 1769 il se retira à Édimbourg , où, après quelques années d’une existence heureuse, il fut attaqué d’un dyssenterie qu’il jugea lui-même incurable. 11 vit approcher sa fin ave: calme, et mourut paisiblement le 26 août 1776.

Outre les ouvrages de Hume dont nous avons parlé, on a encore de lui des Dialogues sur la religion, et des Essais sur le Suicide et sur l’Immortalité de l’âme, qui n’ont paru qu'après sa mort.

Hume fut sans contredit un des esprits les plus éminents du dix-huitième siècle, de ce siècle si fécond en hommes supérieurs. Les critiques anglais citent son style comme un modèle de diction facile, claire, élégante et pure. Ses doctrines philosophiques sont souvent dangereuses ; on est effrayé de ce scepticisme froid et métholique qui s'efforce d’ébranler, toujours en déguisant la passion, les fondements de toutes les croyances. On ne lit guère plus aujourd’hui la plupart de ses œuvres politiques ou philosophiques. L'école du scepticisme a fait son temps. Toutes les questions qui ont si fortement occupé le siècle dernier ont été l’objet de controverses les plus animées à la tribune, dans les feuilles publiques, dans les recueils périodiques. On a emprunté aux unes, pour les faire passer dans le droit public ou dans la législation , des idées fécondes et d'utilité pratique; on a abandonné les autres comme oiseuses et insolubles. Mais ce qui assure à jamais la gloire de Hume, ce qui fera vivre son nom, c’est son Histoire d'Angleterre. I] a eu le rare mérite de porter le premier de la clarté dans les annales de sa patrie; il ya consacré plus de dix années de sa vie. Voici comment il s’est lui-même jugé : « J'étais, je le savais, le seul historien « de mon pays qui eût écrit sans rien sacrifier à l’ascendant « du pouvoir dominant, à l'autorité présente, à l'intérêt « du moment, aux préjugés populaires. » Ses contemporains et la postérité ont ratifié l'éloge, et cet éloge suffit à sa mémoire. Camille CARDONNE.

HUME ( Josern), homme d'État anglais, né en 1777 à Montrose en Écosse, perdit de bonne heure son père , capitaine d’un petit bâtiment caboteur; et sa mère dut demander à un petit commerce de détail les moyens de nourrir etélever sa nombreuse famille, Après avoir appris un peu de latin au collége de sa ville natale, puis passé quelque temps en apprentissage chez un chirurgien, J. Hume alla étudier la médecine à Édimbourg, où en 1796 il subit son examen devant le College of Surgeons. À quelque temps de là il fut attaché en qualité de chirurgien au service de la Compagnie des Indes, qui l'envoya au Bengale. 11 s'y appliqua avec tant d’ardeur à l'étude de la langue locale qu'en 1803, lorsque éclata la guerre contre les Mahrattes, il put être attaché en qualité d’interprète à la division du général Powell envoyée dans le Bundelkund, tout en conservant ses fonctions de chirurgien, avec lesquelles il cumula bientôt, grâce à une infatigable activité, celles de payeur et de directeur des postes de l’armée. La manière dont il s'acquitta de ses nombreux devoirs lui valut des remerciements pus. blies de la part de lord Lake, commandant en chef de

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