HUME — HUMEUR
l'armée de l'Inde. Les émoluments considérables qui y | biles. Ces derniers, que l’on appelle Aumeurs, sont en quantité
avaient été attachés et aussi d’heureuses spéculations le mirent à même de s’en revenir en Europe, en 1808 , avec une fortune assez ronde. Il parcourut alors pour son instruction les différentes parties de l'Angleterre et de l'Irlande, puis l'Espagne, le Portugal, la Turquie, la Grèce, l'Égypte, les Iles Joniennes, la Sicile, Malte et la Sardaigne. En 1812 il fut élu membre de la chambre des communes par le bourg de Weymouth ; mais le parlement ayant été dissous à quelque temps de là , il ne fut pas réélu. Il partagea alors son temps entre les devoirs de sa place de directeur de la
* Compagnie des Indes, qu'il avait obtenue en 1813, et les
soins qu’il donnait à la propagation de la méthode d'enseignement élémentaire dite de Lancaster. Ce fut seulement en {818 qu’il rentra comme représentant de sa ville natale, Montrose, à la chambre des communes, où peu à peu il s’initia au rôle politique important qu'il lui à été donné depuis lors de jouer. Par le sévère contrôle qu’il exerça sur toutes les dépenses de PÉtat, par ses critiques mordantes contre celles qui ne lui paraissaient pas strictement nécessaires , il devint le cauchemar des tories, alors à la tête des affaires, et qui usèrent, mais en vain, de tous les moyens possibles pour se débarrasser de ce censeur incommode. Élu en 1830 membre du parlement par le comté de Middlessex , il figura au prenier rang parmi les défenseurs du bill de la réforme parlementaire; et cette importante mesure une fois obtenue, il devint dans la chambre nouvelle le chef du parti radical, et ne contribua pas peu à déjouer, en 1835, la plan qu'avait conçu la faction orangiste d’exclure de la succession au trône la princesse Victoria, dont l'éducation avait été entachée de libéralisme, pour appeler le duc de Cumberland à la couronne. Devenu l’objet tout particulier des rancunes du parti tory, il échoua aux élections de Middlessex de 1837; mais, grâce à la protection d’O’Connell, il n’en continua pas moins de siéger au parlement comme représentant de Kilkenny. Aux élections générales de 1841, il ne fut pas élu; mais l’année suivante la ville de Montrose le choisit de nouveau pour représentant; élection renouvelée, depuis, en 1847 et en 1852. Il mourut au mois de février 1855. Joseph Hume fut toute sa vie un des plus intrépides adversaires du monopole et du privilége, un des plus fermes champions des libertés politiques et religieuses. Comme réformateur financier, il n’eut pas d’égal dans le parlement; et à cet égard son infatigable constance était passée en proverbe. C’est à ses efforts que l'Angleterre estredevable du meilleur ordre qui a été introduit dans sa comptabilité financière et de la suppression de l'amortissement. On estime à plusieurs millions de livres sterling les économies annuelles qu’il est parvenu à opérer dans le budget de l'État.
EHUMERAL (du latin Awumerus), ce qui a rapport à Phumérus ou à l'épaule. C’est aussi le nom du dos ou de la partie postérieure de la cuirasse.
HUMERUS. Les anatomistes nomment ainsi l'os du bras proprement dit. Son extrémité supérieure est en général arrondie ; elle présente trois éminences : la plus grosse porte le nom de té/e de l’humérus, et les deux autres celui de fubérosités ; l'intervalle qui sépare la tête du corps de l'os est le co! de l’hrumérus ; les deux tubérosités sont séparées par une rainure qu’on appelle coulisse biccipitale. L’extrémité inférieure de l’humérus est aplatie et recourbée d’arrière en avant ; elle présente de chaque côté une saillie, le condyle interne et le condyle externe ; Vespace qui sépare ces deux condyles forme la poulie articulaire de lhumérus, et une éminence arrondie qu’on remarque à sa partie externe prend le nom de petite téte de l'umerus. L’humérus s’articule en haut avec l’omoplate pour former l'épaule, et en bas avec les os de l’avant-bras ;
cette dernière articulation produit le coude.
La chirurgie a souvent à s'occuper des fractures et des
luxations de l’humérus.
HUMEUR. Le corps humain est composé de parties solides ou matériaux fixes, et de parties fluides oumatériaux mo-
majeure et sont même la source des premiers. Le sang est l’origine commune des matériaux fixes et mobiles. Des vaisseaux capillaires absorbent dans le sang artériel les matériaux humides qui lubréfient les surfaces membraneuses, la peau, les articulations mobiles , le tissu cellulaire, Ces fluides , étant reportés dans le torrent de [a circulation, sont appelés humeurs récrémentilielles par opposition à d’autres qui, étant absorbées pour être expulsées, sont appelées humeurs excrémentilielles : telles sontla transpiration insensible qui émane de la peau, lasueur, la perspiration pulmonaire, les résidus de la digestion. Desglandes trèsnombreuses séparent aussi du sang des produits divers qui sont au nombre des humeurs : ces organes, appelés sécréteurs, forment les larmes, la salive, le suc pancréatique, la bile, l'urine, le lait, etc.
Les humeurs ainsi composées ont dans l’état normal des propriétés physiques et chimiques qui les différencient entre elles, mais qui toujours sont modifiées par la force motrice et inconnue qui est l'élément primitif de la vie: si cette puissance éprouve quelque altération, on peut concevoir que les fluides sont proportionnellement viciés, et cet effet peut être rapide : qu’une nourrice, par exemple, se mette dans une violente colère, son lait se déprave au détriinent de l’enfant qu’elle nourrit. Les humeurs présentent donc un état de santé et un état morbide, et les solides doivent s’altérer dans ce dernier cas, parce que la source où ils se réparent n’est pas saine. La raison suggère imstinctivement cette notion; elle paraît même si simple qu’on croit d’abord qu’il est facile de la démontrer aux sens : il n’en est cependant point ainsi, malgré les immenses progrès de la physique et de la chimie, malgré la facilité avec laquelle certaines personnes étrangères à la médecine expliquent par la viciation des humeurs la cause d’un grand nombre de maladies. D'ailleurs beaucoup de médecins, dont les doctrines diverses ont été confondues sous le nom d’Aumorisme, ont fondé exclusivement des théories sur l’altération des fluides, comme d’autres sur celles des solides. Les hommes judicieux qui pratiquent l’art de guérir rejettent les unes et les autres comme peu sensées, parce que toutes les parties du corps humain sont tellement liées entre elles que les unes ne peuvent s’altérer sans que les autres s’en ressentent. Mais pour le vulgaire les théories fondées sur lhumorisme ont un attrait irrésistible. On se laisse aller à admettre avec les Aumoristes, dont Molière nous a fransmis le type, que la cause de toute maladie est dans une humeur peccante (c’est le terme consacré), laquelle offre d’abord une période de crudilé pendant laquelle elle est intraitable. Puis vient la coction ou cuisson des humeurs par la fièvre, moment favorable pour débarrasser l’économie du levain morbifique qui causait tant de mal (voyez CRISE - Heureusement qu'aujourd'hui, s’il reste encore quelques Argants, nous n’avons plus guère de Purgons.
Le mot kwmeur est souvent employé pour qualifier les dispositions d'esprit ou les caractères : il a dû en être ainsi d’après l'influence que le physique exerce sur le moral. Aussi , le tempérament sanguin imprimant au caractère de la vivacité, de la fougue, de l’emportement, on dit d’un homme qui présente cette manière d’être : il a l’Aumeur sanguine ; la prédominance de la Iymphe et du mucus étant accompagnée de lenteur et d’indécision dans les actions, les lymphatiques ont, dit-on, l’Aumeur phlegmatique ; la bile étant réputée pour engendrer la tristesse, les personnes bilieuses ont l’Aumeur atrabilaire.
Appliqué au moral de l’homme, le mot hwmeur a encore un grand nombre d’acceptions ; il comporte l'idée de tristesse, de mécontentement, de fantaisie, de caprice, de bizarrerie, d’irritabilité ; il désigne si bien la disposition d’esprit qu’on dit éfre en humeur de danser pour exprimer que l’on est disposé à s'amuser, comme on dit aussi qu’on n’est pas d'humeur à se laisser gouverner ou mener quand on veut conserver son libre arbitre. Une opposition tiane
chée dans le moral est appelée incompatibilité d'humeur et de caractère; une disposition habituelle à l’enjouement, à la gaieté, à une joie douce et calme se nomme bonne humeur. D' CHARBONNIER.
HUMEURS FROIDES. Voyez ScROFULEs.
HUMILITE. La vertu représentée par ce mot n’est pas aussi ancienne que lui. Hurnilité vient du mot latin Aumus, terre. Dans ce sens de chose peu élevée, les Romains appelaient Aumbles les vignes et les arbrisseaux. Virgile donne cette épithète à l'Italie :
Cum procul obseuros colles humilemque vidimus Jtaliam..…, soit que, du côté où naviguait alors son héros, il ne pût apercevoir aucune des hautes montagnes de l'Italie, soit que la distance les amoindrit aux yeux des navigateurs. Corydon désire vivre tranquille dans son Aumble chaumière,
Atque humiles habitare casas.…..
Cette expression, transportée de la terre et des plantes à l'homme, n’a point d’abord changé de condition. La signification d’homme humble, pour les Latins, était la même que celle d'homme vil et méprisable s’il s'agissait de la position personrelle de quelqu'un, et d'homme sans portée d’esprit, sans générosité s’il s'agissait de la trempe de son caractère, Pour rehausser l'importance du consul P. Lentulus, auquel il doit son retour dans la patrie, et ravaler les consuls Pison et Gabinius, auteurs de son exil, Cicéron traite ces derniers d'hommes d’un esprit étroit et humble. L'humilité emportait donc pour les Latins une idée d’opprobre ou de mépris. Elle était aussi quelquefois pour eux l'équivalent de ce qu’on appelle chez nous Aumiliation.
Il faut donc interpréter par bassesse de condition le mot humilité, employé dans le beau cantique de la Vierge, qui déclare le tressaillement de son cœur devant Dieu dès qu’il daigne la regarder avec bénignité ( humilitatem ancillæ suæ), Cette humilité n’est autre chose que la faiblesse d’une créature en face du Créateur, faiblesse convenablement mise en parallèle, dans ce cantique, avec la gloire promise à la mère de Dieu dans tous les âges.
Les Latins n'avaient pas de mot qui s’approchât davantage de celui d’humilité, commenous l’entendons, que celui de modestie. 11 y a pourtant entre ces deux termes une grande différence : alors comme aujourd’hui, le mot modestie, qui a sa racine dans modus, règle, mesure, ordre, indiquait cette modération de désirs, d’affections et d’actions par laquelle l'homme, prenant de chaque chose moins encore que ce qui lui serait permis, se contient dans les limites les plus étroites de ses facultés , subjugue toutes ses cupidités, et amortit les emportements de son ambition naturelle. L'humilité, au contraire, dénote une soumission spontanée, un sentiment de soi-même, réglé non-seulement sur la connaissance sincère qu’on a de la petitesse de l'homme considérée en elle-même, mais aussi sur celle de la grandeur de Dieu. Voilà la véritable humilité, inconnue à la vertu orgueilleuse des anciens, et qui a été proclamée pour la première fois par le Sauveur du monde, prononçant ces mots sublimes : Celui qui s'humilie sera exalté. L'humilité est donc un mot chrétien, théologique, que la religion a sanctifié, et qui n’emportait chez les anciens aucune sigmfication de vertu.
Baron Joseph Manno, de l’Académie de Turin,
HUMMEL (Jean-NéromucÈène ), l’un des pianistes et des compositeurs les plus distingués des temps modernes, né à Presbourg le 14 novembre 1778, apprit les premiers #léments de la musique de son père, Joseph Hummel. Ce- Jui-ci ayant été appelé en 1785 à Vienne par Schikaneder en qualité de maitre de chapelle, le talent précoce de Penfant excita tellement l'intérêt de Mozart qu’il le prit chez lui et se chargea de le diriger. Dès 1788 Hummel entreprit avec son père des tournées artistiques en Allemagne , en Angleterre et en Hollande, En 1795 il revint à Vienne, où sous