HÉRAUT — HERBE AUX CHARPENTIERS
sous diverses dénominations. Les Hébreux ne pouvaient attaquer une ville sans lui avoir préalablement fait offrir la paix par des délégués spécialement chargés de cet office. Les Grecs leur donnèrent le nom de conservateurs de la paix, epnvopüaxes. Les Romains, celui de feciales. Plus tard, le nom de héraut fut donné à celui qui avait pour fonction , dans les jeux athlétiques, de proclamer les statuts de la lutte et les noms des combattants vainqueurs. lis étaient consacrés à Mercure, et faisaient leurs proclamations eu vers dans les jeux publics de la Grèce.
Au moyen âge, les hérauts d'armes étaient des officiers de guerre et de cérémonie. On a prétendu faire remonter celte institution jusqu’à Charlemagne. Il est au moins prouvé qu'il y avait des hérauts sous saint Louis et même auparavant. On les divisait en rois d'armes, hérauts et poursuivants. Le roi d'armes était le plus ancien des hérauts ; les poursuivants étaient de simples candidats au grade; les hérauts étaient au nombre de trente sous les derniers Valois. Ils avaient tous des noms particuliers. Le roi d'armes $'appelait Mont-Joie Saint-Denys, cri de guerre des rois de France; les autres avaient des noms de province, Normandie, Guyenne, Bourgogne, etc., disent Froissart et Monstrelet. Leur principal emploi était de veiller à la conservation de tout ce qui avait rapport à l’art héraldique, en dressant des généalogies et en s’opposant aux usurpations de titres ou armoiries ; ils publiaient la célébration des fêtes et combats des ordres de chevalerie, signifiaient les cartels, marquaient la lice, appelaient lassaillant et le tenant, partageaient également l'ombre et le soleil aux combattants à outrance ; ils assistaient aux mariages des rois et à leurs obsèques , enfermant dans le tombeau les marques d’honneur du prince mort. A l'extérieur, ils déclaraient la guerre et annonçaient la paix : en cela leurs fonctions et leurs priviléges étaient les mêmes que chez les hérauts de l'antiquité. Ce ne fut que peu à peu que les priviléges et les charges des hérauts d'armes s’accrurent et parvinrentà ce degré d'fmporfance s à l’origine ils n'étaient guère regardés que comme de simples messagers. Ils finirent, à la longue, par ne se composer que de nobles personnages. Leur costume de cérémonie était la coite d'armes de velours violet cramoisi, descendant à peine au genou et chargée, devant et derrière, de trois fleurs de lis d’or. Aux pompes funèbres, ils étaient en robe traînante, et tenaient à la main un bâtôn noueux endurci. Sous Napoléon 1®, la France a revu des hérauts d'armes, vêtus de cottes de velours bleu, chargées d’abeilles d'or. Ils reparurent sous la restauration : seulement, les fleurs de lis avaient remplacé les abeilles,
En Angleterre, les fonctions des hérauts étaient à peu près
les mêmes. Leur collége dépendait du grand-maréchal du |
royaume. à Amédée pE BEAUFORT. HERBACE. Voyez Herpe.
HERBAGE. Ce mot, qu'il faut bien se garder de con-
fondre avec Lerbe, désigne, dans le jardinage, toutes les
espèces d'herbes cultivées dans un potager : il n’est guère | en tube à leurs onglets ; cinq étamines, dont les filaments sont
usité dans ce sens que lorsque l’on dit : vivre d’Lerbages. En agriculture, il a une extension beaucoup plus grande, et désigne les prés que l’on ne fauche jamais, et qui sont destinés à la dépaissance des bœufs et des vaches : les Aerbages de Normandie sont surtout renommés pour l’engrais des bestiaux ; kerbage désigne encore l'herbe de ces prés. Les herbages ont une heureuse influence sur la qualité du lait des vaches, des chèvres, des brebis, etc, (voyez Foix, FOURRAGE).
HERBART (JEAN-Frénéric), un des penseurs les plus originaux des temps modernes, naquit le 4 mai 1776, à Oldenbourg. A dix huit-ans il alla suivre les cours de Puniversité d’Iéna, et s’y livra surtout à l'étude de Ja philosophie. Après avoir accepté une place de précepteur dans une famille de Berne, il revint en Allemagne, et s'établit à Gœættingue, en octobre 1802. C’est là que parurent ses premiers essais psychologiques et métaphysiques. En 1809 il fut appelé à occuper à Kæœnisgberg une chaire de philoso-
phie, et son activité s’y partagea entre la continuation de ses recherches philosophiques et les devoirs de son enseignement académique. En 1833 il accepta la chaire de philosophie de Puniversité de Gœttingue, et mourut dans cette ville, en 1841. L’énumération de ses divers ouvrages OCCuperait à elle seule plus d’une colonne de notre livre; et non moins longue serait celle des livres qui ont été écrits à l’occasion de ses ouvrages, soit pour les défendre, soit pour les combattre, ou encore pour les commenter.
HERBE. Rien ne saufait être plus vague que cette désignation : presque toutes les plantes annuelles qui, perdant leurs tiges et leur feuillage en hiver, n’acquièrent jamais une consistance ligneuse ont été confondues sous cette dénomination commune. Toutefois, ce sont le plus souvent des graminées ou des végétaux de peu d'apparence que dans la langue vulgaire on appelle Aerbes ; dans la langue botanique, les mots herbe, herbacé, indiquent que des caractères propres à l’organisation des plantes : une plante est Lerbacte dès qu’elle n’est pas ligneuse; c’est une herbe lorsqu'elle n’est ni un arbuste ni un arbre. Du reste, à moins d’avoir parcouru les catalogues, on se ferait difficilement une idée de la multitude de plantes, diverses d'aspect et de caractères, qui ont été confondues sous le nom générique d'herbes, et qui ensuite ont été spécifiées par la désignation des usages auxquels elles étaient destinées.
Les herbes ont été nommées avec justesse les nourrices du genre humain. Le blé, la vigne, le maïs , etc., sont en effet des herbes. De même le lin, le chanvre, le coton. L’alimentfation de nos bestiaux est due aux vastes prairies, dont les herbes forment la base, qu’ils les y consomment en vert ou qu’elles soient transformées en foin par la dessiccation. à BELFIELD-LEFÈVRE.
HERBE À JAUNIR. Voyez GAUDE et GENÈT.
HERBE À LA MANNE. Voyez FÉTUQUE.
HERBE A L’HIRONDELLE, HERBE AUX HIRON- DELLES. Voyez ÉCLAIRE.
HERBE À PAUVRE HOMME. Voyez GRATIOLE.
HERBE À ROBERT. Voyez GERANIUM.
HERBE AU COQ, espèce de tanaisie. Voyez Cot DES JARDINS.
HERBE AU DIABLE. Voyez Darura.
HERBE:;:AU VENT ou HERBE DU VENT. Voyez ANÉMONE.
HERBE AUX CANCERS, nom vulgaire du plumbago ewropæa. C’est la seule espèce indigène du genre plum-
| bago, type .de la famille des plumbaginées. Elle croît dans
les champs arides et sur les bords des chemins des contrées méridionales. On la reconnaît aux caractères suivants : Racine épaisse, pivotante et blanchâtre; tige glabre, anguleuse et strice; feuilles alternes, embrassantes, lancéolées, d’un vert.un peu grisâtre, entières ou légèrement denticulées, fleurs agrégées, terminales ; calice tubuleux, persistant, à cinq divisions , hérissé de poils glanduleux ; cinq pétales réunis
élargis à {eur base en écailles qui entourent l'ovaire; style surmonté de cinq stigmates glanduleux ; fruit consistant en une capsule petite, s’ouvrant au sommet en cinq valves, et occupée par une semence suspendue à un placenta filiforme, qui naît de la base, s'élève verticalement, se recourbe au sommet, et s’insère à l'extrémité supérieure de la semence.
L'herbe aux cancers, qui fleurit vers la fin de l'été, a été désignée sous ce nom parce qu’on a prétendu que l'huile dans laquelle on à fait infuser cette plante a été très-efficace contre d'anciens ulcères et a même guéri de véritables cancers. Il paraît qu’on en a aussi quelquefois employé la racine comme masticatoire pour soulager le mal de dents, d’où la plante a encore été appelée dentelaire. Enfin, le nom de malherbe lui vient sans doute de ses propriétés émétiques et de sa grande causticité, qui est telle, que son applications sur la peau y excite une violente irritation.
HERBE AUX CHARPENTIERS ou HERBE AUX COUPURES. Voyez ACHILLÉE,