HUNE — HUNS
taquant et fuyant tour à tour. La rapidité de leurs mouye= ments, les hurlements dont ils accompagnaient leurs charges et leur figure horrible étaient leurs principaux éléments de victoire. Une lubricité éhontée, une cruauté et une avidité sans bornes les rendaient l’effroi des peuples contre lesquels ils dirigaient leurs dévastatrices expéditions, qui, en Asie, s’étendirent depuis le Caucase jusqu'en Syrie, et em Europe par delà le Danube jusqu’en Thrace, où, sous le règne d’Arcadius, Uidin, un de leurs princes, s’avança même jusque sur les murs de Constantinople. Leurs troupeaux constituaient leur principale richesse, et ils n'avaient pour habitations que des tentes et des huttes. Sur la rive gauche du Danube, ils s'emparèrent des plaines qui s'étendent jusqu’à la Theiss, et où campa plus tard Attila; sur la rive droite, les empereurs d'Orient leur cédèrent tout le territoire situé entre la Drave et la Save, comptant de la sorte, et aussi en leur donnant de l’argent, se mettre à l'abri de leurs irruptions. À partir de l’an 434, les deux frères Attila et Bleda soumirent à leur autorité les diverses hordes de Huns qui erraient depuis le Danube central jusqu'à la mer Cas-
| pienne; et, quand il eut assassiné son frère, Attila se trouva,
leur unique souverain. En l’an 447, après qu’Allila eut horriblement dévasté la Thrace, la Macédoine et l’Illyrie, Honoria , fille de Placidia et sœur de l’empereur Valentinien III, en s’offrant à lui pour épouse, lui fournit un prétexte pour briser les rapports de bonne amilié qui, grâce aux efforts du célèbre Aétius, avaient jusqu'alors existé entre l'empire d'Occident et les Huns. Aussi bien, depuis l’an 450, régnait en Orient Marcien, prince autrement énergique que son prédécesseur Théodose IT, et les Vandales d’Afrique promettaient à Attila de se joindre à lui pour une expédition contre les Visigoths. C'est ce qui explique comment en Van 451 on le vit franchir le Rhin à la tête d’une immense armée composée de hordes de Huns et de tribus germaines qu'il avait subjuguées, notamment d'Ostrogoths, de Gépides, de Rugiens, de Skyres et de Quades, et envahir la Gaule. Mais vigoureusement reçu par les armées cofnbinées des Romains et des Visigoths, qui lui firent essuyer une déroute complète dans les champs Catalauniques, force lui fut de rebrousser chemin.
Après la mort d’Altila (453), la guerre civile allumée par ses nombreux enfants offrit aux peuples vaincus l'occasion de secouer le joug. L'exemple fut donné par les Gépides : Ellak, celui de ses fils qu’Attila avait désigné pour régner sur eux, périt dans une grande bataille qu’il leur livra Les Huns furent chassés alors des contrées qu’arrose le Danube, et se retirèrent par delà le Pruth et le Dniester, où ils continuèrent d’obéir à différents princes ou chefs. L'un d’eux, fils d’Attila, Dagenzik, périt vers l’an 468 dans une guerre entreprise contre les Ostrogoths, et dès lors il n’est plus question dans l’histoire d’un empire des Huns. On tronve cependant encore des bandes de Huns mentionnées comme mercenaires faisant parlie de l’armée que Narsès commandait contre les Ostrogoths. Quant à la nation même, elle reparait alors sous le nom de Kutugures ou Kutrigures à l’ouest, et sous celui d'Uturgures ou Utriqures à l’est du Don ; et dans le courant du sixième siècle les premiers se rendirent surtout redoutables à l'empire d'Orient par leurs fréquentes invasions.
D’après le portrait que nous ont laissé d'eux les anciens historiens, on les considère avec raison comme des Mongoles auxquels étaient venues se joindre des hordes tatares, quand ils avaient débouché de l’est de l'Asie. C’est trèsecertainement à tort qu’on fait descendre d’eux les Hongrois ( Magyares ); et plus tard on a voulu avec tout aussi peu de fondement donner le nom de Huns aux émigrants finnois qui vinrent s'établir en Pannonie que précédemment on avait prétendu faire descendre d'eux les Avares. Il n'y a rien de bien prouvé dans l'opinion qui veut que les Huns soient le même peuple que les Hiong-nou (lesquels, suivant les historiens chinois, habitaient au deuxième siècle 4e notre | ère la Mongolie, où ils étaient la terreur des Chinois), «4