HUNS — HUNTINGDON
qui ajoute que quelques-unes de leurs hordes finirent par tomber sous la domination chinoise, tandis que les autres allaient s'établir dans les contrées qu’arrose le Grhon et au sud de la Sibérie vers l’Iaik (mont Oural), d'où, chassées plus tard par d’autres émigrants, elles auraient franchi le Don, l'an 375 av. J.-C., et adopté désormais le nom de Huns. Dans un Mémoire couronné par l’Institut, en 1847, M. Neumann soutient que les Hiong-nou sont précisément le même peuple que les Huns occidentaux, et trace la route qu'ils suivirent pour arriver du fond de PAsie centrale sur les bords du Volga.
HUNT (Henry), radical anglais, homme d’un caractère énergique et d’un extérieur rude et bizarre, naquit en 1773 à Willington, dans le Wültshire. Fils d'un réfugié américain et d’une sœur du peintre Benjamin West, il se livra d’abord à la culture des terres, s'établit ensuite brasseur à Bristol, où il devint capitaine de la yeomanry. À partir de 1816, il figurascomme orateur populaire dans tous les mee-
tings tenus pour aviser aux moyens de faire triompher la
réforme radicale, et ce fut lui qui, en 1819, convoqua la grande assemblée populaire tenue à Manchester, que la yeomanry dispersa par la force des armes. Traduit en justice pour ses discours, qui provoquaient à la révolte, il fut condamné à trois ans de prison. Dès 1825, il reparut dans les assemblées
qui demandaient la suppression de l'impôt des portes et
fenêtres, et en 1826 il s’oceupa surtout de l’abrogation des
lois sur Les céréales. Élu , en 1830 et en 1831, par les électeurs de Westminster, membre de la chambre basse, il
W’exerça que peu d'influence dans le parlement à cause de son radicalisme exagéré. Il mourut, en 1834, à Alvesford. HUNT (JawEs-Henrx LEIGH-), célèbre écrivain anglais, frère du précédent, est né à Londres en 1784. Après avoir 1ongtemps travaillé chez un avoué, il obtint dès fonctions
publiques assez lucratives, auxquelles il renonça cependant | pour se consacrer à la critique théâtrale. On a recueilli
en volumes, sous le titre de Crilical essays on the performances of the London theatres (1807), les excellents articles publiés par lui sur le théâtre et l’art dramatique. Ne gardant nul ménagement dès qu’il s'agissait des hommes et des choses de la politique ou de l'Église établie, il fut alors lécrivain qui introduisit avec le plus de verve le radicalisme ef ses doctrines dans le journalisme de Londres, particulièrement dans l’Examiner, recueil radical hebdomadaire fondé par lui, en commun avec frère John, en 1808. Devenu bientôt l’objet de provocations passionnées et même d’accusations juridiques, il fut condamné à deux ans de prison pour un libelle contre le prince régent, depuis Georges IV. Plus tard, il se voua à des travaux purement poétiques , et fonda sa réputation en ce genre par son beau poëme The Story of Rimini (1816). Tous ses autres poëmes, tels que The descent of liberty, a Mask (1815), Feast of the poets and other pieces (1814), Foliage or poems original and translated (1818), Poetical works (1833), le poëme comique Capitaine sword and pen (1818), sont de beaucoup inférieurs à ce poëme, purement romantique. Dans sa satire Ultra-Crepidarius (1823), il chercha à venger son ami Keats du jugement rigoureux porté sur lui par le trop sévére critique W. Gifford, éditeur du Quaterly-Review. Sa feuille trimestrielle The Reflector et une autre, The Liberal, n’eurent pas de succès ; en revanche, un recueil d'épisodes intéressants de la vie de Byron, qu'il publia sous le titre de Lord Byron and some of his cotemporaries, with recollections of the authors life and his visit to Italy (1828), excita vivement l'attention pubiique tout en le faisant accuser d’ingratitude envers un grand poëte à qui il avait de nombreuses obligations personnelles. Après avoir traduit l'Aminta du Tasse, et donné en 1834 un choix
de ses écrits en prose dispersés dans les journaux, les Ma- | gasines et les Revues, il publia, en 1840, le drame intitulé
A° Legend of Florence, et en 1842 Palfrey, poème dans
lequel il fait preuve d’une extrême richesse d'imagination
comme dune facilité peu commune à manier sa langne, DICT, DE LA CONVERS. — T. XI.
Parmi les nombreux ouvrages qu'il a fait paraître depuis, nous citerons The Forster- Brother, romav en 3 vol. (1845); Imagination and fancy (1845); Stories from the l'alian poets (1846); Men, Women and Books (1847); À jar of honey from mount Hybla (1847); Readings for railways (1850), recueil critique, comme le précdent d'anciens écrivains ; Autobio;raphy and reminiscences (1850, 3 vol.); Religion of the heart (1853), et the Old suburb (1855). Hunt est mort, le 28 août 1859, à Putney. En 1847, le gouverne ment lui avait accordé une pens'on de 5,000 fr.
HUNTER (Wiczram), célèbre anatomiste, naquit le 23 mai 1718, à Long-Calderwood, en Ecosse, el alla étudier la théologie à l’université de Glasgow. La liaison qu'il y contracta avec Cullen eut pour résultat de le décider à se livrer à l'étude de la médecine à partir de 1737. Plus tard, en 1740, il se rendit à Édimbourg, et en 1741 à Londres, pour se perfectionner ; il y fut d’abord médecin en second de Phôpital Saint-Georges, où il fit, en 1746, un cours de médecine. En 1747, il parcourut la Hollande et la France, et s'établit ensuite à Londres, où, renonçant bientôt à la pratique chirurgicale, il s'occupa exclusivement d’obstétrique et d'anatomie. Après l’heureux accouchement de la reine, il fut nommé, en 1764, son chirurgien extraordinaire; et en 1768, lors de l'établissement de l’Académie des beaux-arts, ou lui confia la chaire d'anatomie attachée à cette institution. Il consacra une partie de sa grande fortune à faire construire un bel édifice, où il établit un amphithéâtre d’anatomie pour ses leçons et sa riche collection de préparations anatomiques, de livres, de minéraux et de médailles. Après sa mort, arrivée le 30 mars 1783, l'un et l’autre devinrent d’abord la propriété de son neveu, puis celle de l’université de Glasgow. Une description de ses Nummorum velerum populorum el urbium a été donnée par Combe. L'ouvrage capital de Hunter est son Anatomy of the uman gravid uterus (Londres, 1775). Il a écrit, en outre, beaucoup de Mémoires dans les Philosophical transactions, dans les Recueils de la Société médicale de Londres et dans ses Medical commentaries (Londres, 1762).
HUNTER (Jon), frère cadet du précédent, non moins célèbre comme anatomiste et chirurgien, né le 14 juillet 1725 à Long-Calderwood, reçut une éducation tellement négligée qu’à l’âge de vingt ans c’est à peine s’il savait encore lire et écrire. Il avait appris le métier de charpentier, lorsque la fortune que son frère avait faite à Londres le décida à à venir le rejoindre. Accueilli avec empressement par son ainé, il ne tarda pas à faire preuve, lui aussi, des plus remarquables dispositions pour les travaux anatomiques, et s’appliqua en outre avec ardeur à la chirurgie. Plus tard, il alla étudier à Oxford, et devint, en 1756, l’un des chirurgiens de l'hôpital Saint-Georges. En 1760, il prit du service dans l’armée, et assista à l'expédition contre Belle-Isle et à la campagne des Anglais en Portugal. À son retour à Londres, ilse consacra à la pratique chirurgicale ainsi qu’à l'étude de l’anatomie et de la physiologie comparées. Dans ce but, il se fit bâtir dans le voisinage de Londres une maison dans laquelle il entretenait une petite ménagerie pour observer les animaux. J1 fut nommé chirurgien en chef à l'hôpital Saint-Georges en 1768, chirurgien extraordinaire du roi en 1776, premier chirurgien général de armée et inspecteur général des hôpitaux militaires en 1792. Sa grande collection de préparations anatomiques fut achetée par le gouvernement. après sa mort, arrivée le 16 octobre 1796. Ses ouvrages principaux sont : Natural History of the human teeth (2 vol. 1771-78); On the venereal disease (1786); Observations on the diseases of the army in Jamaica and on the best means of preserving the health of Europeans (1788); et On the nature of the blood inflammation, and gunshot wounds (2 vol., 1794).
HUNTINGDON, l’un des comtés d'Angleterre situés à est et le plus petit de tous après le comté de Rutland,
borné par les comtés de Northampton, de Cambridge et de Bedford, se compose dans sa partie sud et dans sa partie ouest d'une belle plaine onduleuse et fertile. Sa partie nord-est, au contraire, appartient à la grande dépression du sol qu’on appelle fens ou marais; elle contient plusieurs lacs , tels que le Whittle-Sea et le Ramsey-Mere; mais au moyen du drainage on est parvenu à en transformer la plus grande partie en prairies. L’Ouse, rivière navigable, le traverse au sud-est, et le Nene forme sa limite au nordouest. Sur une superficie totale de 934 kilom. carrés, on utilise presque tout en champs à blé, prairies et pacages. Les habitants, au nombre de 63,672 (1871), s'occupent presque exclusivement d'agriculture, et produisent surtout beaucoup de beurre et de fromage. Le plus cher et le plus fin des fromages d'Angleterre, leStilton, provient, ilest vrai, de la paroisse de ce nom dans le comté de Huntingdon ; maïs il s’en fabrique de bien plus grandes quantités dans celui de Leicester, d’où cette industrie estoriginaire. Cette dénomination lui vient de ce que sa réputation eut pour berceau une auberge de cette paroisse, située sur la grande route du nord. Le comté de Huntingdon est divisé en 4 kundreds et 103 paroisses , et envoie deux membres au parlement. Son chef-lieu, Huntingdon, situé sur la rive gauche de l'Ouse, sur Jaquelle est jeté un pont magnifique conduisant à Godmanchester , n’est qu’une petite ville de 4,242 âmes, de l’aspect le plus antique et où se trouvent deux églises. La population fait le commerce des grains, des farines et de la drèche, et a en outre pour priacipale industrie la fabrication de la dentelle. Cette ville était jadis beaucoup plus considérable qu’aujourd’hui ; il fut un temps où l’on y comptait jusqu’à 15 églises et plusieurs couvents, et où il y existait un château. C’est là que naquit Cromwell. La petite ville de Saint-Ives sur l’Ouse contient 3,000 habitants, possède diverses fabriques de drèche, fait un commerce assez actif, et est en outre l’un des marchés à bestiaux les plus fréquentés qu’il y ait en Angleterre. Il ne reste plus que d’insignifiantes ruines de son prieuré, dont la construction remontait à l’année 1201. La petite ville de Ramsey exerce les mêmes industries. On y voit les ruines d’une abbaye construite en 969 et parmi lesquelles se trouve le tombeau d’Aïlwine, considéré comme le plus ancien morceau de sculpture que possède de l’Angleterre. HUNYAD, le plus considérable des comitats de la Transylvanie, situé dans le pays des Hongrois, borné au nord par Zaränd, à l’est par la Valachie, à l’ouest par la Hongrie, occupe une superficie de 62 myriamètres carrés, et compte 5 bourgs à marché, avec 336 villages. Généralement montagneux , surtout du côté de la Valachie, où se trouve, entreautres, le mont Retycsat, haut de 2,660 mètres, et parcouru dans des directions diverses par le Marosch, le Strell et la Cserna, le climat en est froid sans doute, mais sain, et ne nuit point à l’agriculture. La vigne elle-même croît sur les onduleux coteaux du Marosch ; dans les bonnes années il s’y produit assez de vins pour qu’on puisse en exporter, et leur qualité ne le cède guère à celle des vins de Hongrie. Les monts Marosch fournissent de riche produits en or, argent et fer, et an trouve à Hätzeg d’excellente terre à porcelaine. Le comitat d’Hunyad possède en outre de grandes richesses en fait de sources d'eaux minérales et autres. La population, forte de 172,000 âmes, appartient complétement, sauf une minime fraction magyare, à la nationalité valaque et à la religion grecque. Le naturel indolent de cette nation est la cause principale qui empêche le comitat d’'Hunyad de jouir de tous les avantages que lui a départis la nature et qui fait qu’on n'y aperçoit point la moindre trace de commerce et d'industrie, Le chef-lieu du comitat est le bourg à marché du même nom, situé au confluent de la Cserna et du Zalasd , et que la tradition prétend avoir été fondé par les Huns.
HUNYAD (5rax), célèbre héros hongrois, était, dit-on, le fils naturel de Sigismond, empereur d'Allemagne et roi de Hongrie, et de la boyare valaoue Élisabeth Morssinay.