HUPPE — HUSKISSON
que ces oiseaux avaient pour habitude d’enduire et même de composer leur nid avec des excréments humains et d’autres matières aussi infectes, ce qui leur a valu dans quelques contrées le nom de cag puant et même celui de cog merdeux. Cette erreur vient sans doute de ce que les petits de la buppe contractent dans leur nid une puanteur insupportable, dont il faut chercher la cause dans la profondeur de leur nid, qui les empêche de jeter leur fiente au dehors. Cet oiseau pond de quatre à sept œufs, un peu plus gros que ceux du merle et assez semblables à ceux de la perdrix. Il se nourrit d'insectes, de vers, de baies et de substances végétales. En Égypte, il est domestique et aussi familier que le sont chez nous les moineaux : cette sociabilité avec l’homme semble être dans son caractère; car jeune ou vieux il s’apprivoise très-aisément. Sa vie est assez courte ; on en borne la durée à trois ans, La huppe habite l'Afrique pendant l'hiver, et ce n’est qu’au printemps qu’elle émigre vers les contrées les plus septentrionales de l’Europe.
On a appelé Auppe l’aigrette qui surmonte la tête de quelques oiseaux. De là on a fait l’épithèle Auppé, qu’on applique aux personnes du haut parage.
HURE, nom que l’on donne à latête du sanglier quand on l’a détachée du corps. On a dit aussi, par extension, hure de brochet, hure de saumon.
HUREPOIX, ancien petit pays de France, dans l’Ilede-France, ayant pour chef-lieu Dourdan; il est compris dans le département de Seïine-et-Oise.
HURLER , se dit du cri prolongé des chiens et des loups, et par extension des cris aigus et prolongés que l’on pousse:dans la douleur, dans la colère. Par exagération, ce mot signifie parler avec emportement, avec le ton de la fureur. Un proverbe ditqu’il faut hurler avec les loups, c’est-à-dire s’accommoder aux idées, aux manières, aux mœurs, aux opinions de ceux avec qui l’on vit, quoiqu’on ne les approuve pas. Enfin, le mot hurler a une acception spéciale .dans la compagnonage.
HURLEUR, genre de singes de la tribu des cébiens, ainsi nommé parce que, chez ses diverses espèces, l’hyoïde est disposé de manière à leur donner une voix rauque, désagréable et très-forte, que d’Azara compare au craquement d’une grande quantité de charrettes non graissées. M. I. Geoffroy-Saint-Hilaire/a imposé à ce genre le nom scientifique de séentor.
La:tête des hurleurs est pyramidale, le museau allongé, le visage oblique; l’angle facial est seulement de 30°. La mâchoire inférieure est très-développée. Le système dentaire des hurleurs montre qu’ils doivent être placés à la tête des singes américains. Ces animaux habitent , en effet, presque toute l'Amérique méridionale : on en rencontre au Paraguay, au Brésil, à la Guyane, etc. ; mais c’est principalement sur les bords de l’Orénoque qu’on les trouve le plus communément.
Quelques voyageurs ont beaucoup vante l'instinct des burleurs. Mais, en présence de récits contradictoires, on ne peut,que-dire que leurs mœurs ne sont pas bien connues. Hs sont doués d’une agilité remarquable , et ils en profitent pour se tenir presque constamment sur les plus hautes branches des arbres, Leur chasse est donc assez difficile. Du reste elle n’effre pas d'avantage; car ce n’est guère qu’au Brésil qu’on utilise la peau de ces singes pour recouvrir les selles des mulets. |
HURON ( Lac). C’est le nom que l’on a donné à l’un de ces immenses bassins dont les eaux alimentent le colossal fleuve Saint-Laurent. Sa superficie, d’environ 8,000 kilomètres carrés, est, égale à celle de plusieurs de nos départements. Il appartient aux Etats-Unis et au Canada, qu'il sépare. Situé à 20 mètres au-dessous du lac Supérieur , élevé de 19 mètres au-dessus du lac Érié, il communique avec lun par la rivière Sainte-Marie et avec l’autre par la rivière Saint-Clair, et mêle en outre ses eaux à celles du Michigan. Au nord, une contrée rocheuse et aride l’environne de toutes parts; ses côtes sont découpées à l'infini; des îles sans nombre s’élèvent au-dessus de la surface de ses eaux.
HURONS, peuplade indienne de l'Amérique septentrionale qui appartient à la fraction occidentale des Jroquois septentrionaux et comme eux à la grande famille des Algonquins-Lénapes. Elle habitait au nord du lac Érié et plus particulièrement la contrée à laquelle on donne aujourd’hui le nom de Canada Supérieur, Les Cinq-Nations , qui les appelaient Quatoghi, les exterminèrent ou les dispersèrent vers le milieu du dix-septième siècle, de même que leurs voisins, les A/tionandarons ou nation neutre. Le véritable nom de ce peuple est Wyandots : Hurons n’est qu’un sobriquet que lui donnèrent les Francais, avec lesquels ils eurent de bonne heure des relations. Les missionnaires français trouvèrent aussi plus de facilités pour propager chez eux les lumières de l'Évangile que parmi toutes les-autrestribus sauvages; et les debris de cette peuplade ont conservé, même de nos jours, bien plus de traces des efforts faits par les missionnaires pour les civiliser que les autres nations de l'Amérique septentrionale. Les Hurons sont
| aunombre des plus civilisés parmi les Indiens demeurés indé- | pendants. Ils habitent des maisons construites en charpente,
pratiquent l’agriculture et l'élève du bétail, et font le commerce des grains. Il n’y a pas longtemps qu'environ un millier de Hurons vivaient mélés avec leurs vainqueurs sur le territoire des États-Unis qui borde la baie de Sandusky et aux environs de Détroit; mais on les a transplantés dans l'Ouest.
HUSRISSON ( Wizzram), célèbre homme d'État anglais, né à Birch-Moreton, dans le comté de Worcester, le 11 mai 1770, fut envoyé, en 1783, auprès de son oncle, le savant médecin Gem, à Paris, où, six années plus tard, il lui fut donné de prendre part à la prise de la Bastille ; il se fit aussi remarquer, comme membre du club de 1789 , par plusieurs excellents discours qu’il y prononça sur des sujets d'économie politique. En 1792, nommé secrétaire particulier de l'ambassadeur d'Angleterre, lord Gower, il revint avec lui à Londres, où, en 1793, il obtint un emploi dans le bureau des émigrés. C’est là qu’il fit la connaissance de Canning et de Pitt. En 1795, le ministre de la guerre Dundas le choisit pour premier secrétaire, et, sur la recommandation de Pitt, le bourg pourri de Morpeth l’élut membre du parlement. Pitt le fit ensuite sous-secrétaire d’État, receveur général des impôts du duché de Lancastre et commissaire du bureau du commerce. Il résigna toutes ces fonctions à la retraite de son protecteur, en 1801. Après la dissolution du parlement, en 1802, il perdit aussi son siége dans la chambre basse. Pitt étant revenu à la tête des affaires, en 1804, Huskisson fut réélu au parlement par le bourg de Liskeard, et nommé par Pitt secrétaire de la trésorerie. Ala mort de Pitt et sous le ministère de Fox, il perdit de nouveau ce poste, en 1806 ; mais il lui fut rendu, en 1807, par Percival. Depuis lors il siégea sans interruption à la chambre des communes, et en dernier lieu , à partir de 1823, comme représentant de la ville de Liverpool. Lorsqu’en 1809 Canning se retira du ministère, Huskisson quitta aussi la trésorerie; et ce ne fut qu’en 1814 , lorsque Canning fut nommé ambassadeur en Portugal, qu'il se décida à accepter les fonctions de directeur général des forêts et de membre du conseil privé. A la mort de Castlereagh , en 1822, il fut appelé à la présidence du bureau de la marine et du commerce ; après la mort de Canning, en 1827, il fut nommé secrétaire d’État pour les colonies, et dans l’administration de Wellington il eut le portefeuille des affaires étrangères, qu’il conserva jusqu’en mai 1828, époque où il donna sa démission. ,
C’est Huskisson à qui revient la gloire d’avoir fondé la nouvelle politique commerciale de l’Angleterre ; c’est lui qui, en sa qualité de ministre du commerce, fit accorder à toutes lesnationsindistinctement le droit de commercer avec les colonies anglaises, dont jusqu'alors les relations avaient été exclusivement restreintes à la métropole. On lui est redevable aussi dela suppression de plusieurs droits d’entrée et de notables modifications apportées aux dispositions de
acte de navigation. Lors de l'inauguration du chemin de fer de Liverpool à Manchester (15 septembre 1830), Huskisson eut le malheur de tomber sous les roues du wagon que la lacomotive commençait à entraîner juste à ce moment, et ne survécut que quelques heures à ce cruel accident.
HUSO où HAUSEN. Voyez ESTURGEON.
HUSS ( Jean), né en 1373 à Hussineez, près de Prachasitz, uans la Bohème méridionale, fut le précurseur de Luther dans les voies de la réforme religieuse : moins heureux que lui, il expia sur le bûcher l'éclat prématuré de ses téméraires prédications. Fils d'un paysan comme Luther, il avait pris son rang parmi les docteurs de l’université de Prague avant de troubler l'Église par ses doctrines. Son talent pour la prédication lui procura, en 1403, la cure de l'église de Bethléem, dans la même ville, et le titre de confesseur de Sophie de Bavière, seconde femme de Wenceslas, roi de Bohème. Il prêcha avec autant de hardiesse que d’éloquence contre les désordres des grands et contre les vices des moines et du clergé. Il trouva dans Wenceslas un protecteur contre les courtisans, qui se plaignaient de ces attaques d’un prêtre. Ce fut alors qu’un ancien disciple de Jean Huss, Jérôme de Prague, revint d’Angleterre et apporta à son maître les ouvrages dans lesquels Jean Wiclef, prêtre et docteur d'Oxford, attaquait nonseulement les abus de la cour de Rome, mais fa hiérarchie de PÉglise, Huss, qui ne connaissait cet Anglais que par sa réputation d’hérétique, refusa d’abord de lire ses livres; mais bientôt il y prit goût, et se prononça dans ses sermons pour quelques-unes des opinions hardies de Wiclef. Presque toute la Bohême accueillit avec enthousiasme ses prédications. En vain en 1410, conformément à un bref du pape Alexandre V, Sbinko, archevêque de Prague, fait condamner 45 propositions de Wiclef par les professeurs allemands de l'université de Prague, charinés de cette occasion d’humilier Jean Huss, dont la supériorité les écrase. Huss, fort de la réputation qu’il s’est faite par la pureté de ses mœurs et confiant dans la protection de la reine, laisse passer l’orage sans avoir l’air de s’apercevoir que celte condamnation contre Wiclef s’adressait indirectement à lui. Mais il ne tarda pas à s’écarter de cette ligne de circonspection. Un nouveau livre du docteur anglais transforma subitement le nominaliste Jean Huss en un fervent réaliste. Était-ce parce que les professeurs allemands étaient nominalistes ? Il recommença alors à prêcher la doctrine de Wiclef, à diriger ses attaques contre les mœurs corrompues du clergé, sans ménager même le pape. Toute l’université se parfagea en deux factions : celle des Allemands ou nominalistes, celle
des Bohêmes ou réalistes. On se combattit dans des exercices publics, « et quand Parsenal des arguments était épuisé, dit un historien, les professeurs se disaient des injures, les étudiants se donnaient des coups d'épée. »
Bientôt une affaire particulière augmenta le nombre des haines et des ressentiments dont Jean Huss était l’objet, L'université de Prague était divisée en quatre nations, polonaise, bavaroise, saxonne et bohème; chacune avait sa voix dans les délibérations générales. Les étrangers, sous le nom d’Allemands, faisaient cause commune, et dans toutes les circonstances réunissaient leurs trois voix contre les Bohèmes. Jean Huss entreprit de changer cet ordre de choses ; il obtint de Wencelas un diplôme du 13 octobre 1409, qui donna trois voix à la Bohême, en réduisant à une seule les voix des autres nations réunies. Aussitôt 5,000 étudiants et docteurs polonais, saxons et bavarois quittèrent Prague et se rendirent à Leipzig, où l'électeur de Saxe venait d'ériger une université. Huss, élu recteur par le suffrage des docteurs bohèmes, imprime à ses prédications une direction plus hardie : il attaque la légitimité des possessions du clergé et la primauté du pape. Le pontife Alexandre Y ordonne à l’archevéque Sbinko de réprimer ces doc: trines dangereuses, Le prélat interdit la prédication à Jean Huss, qui, bravant cette défense, en appelle du pape mal informé au pape mieux informé, et continue à prêcher. |