HYDE DE NEUVILLE — HYDRA
çon de libéralisme, et indisposa vivement le ministère contre lui. Il n’en continua pas moins à le harceler. Ainsi, à l’occasion de la fameuse proposition Laboissière, il prit à partie Villèle, auquel il reprocha l’indécence de ses procédés parlementaires; et plus tard, Villèle ayant paru décliner toute responsabilité dans le licenciement de la garde nationale, M. Hyde de Neuville releva cette inconstitutionnalité avec aigreur, et acheva ainsi de précipiter la chute de celui qui l'avait offensé le premier. IL dut à la part considérable qu’il prit à cet événement de faire partie en 1828 du ministère qui succéda à celui de Villèle. On le chargea alors du portefeuille de la marine. Renversé à son tour par le ministère Polignac, il prévit que cette révolution ministérielle ne sarrêterait pas au changement du cabinet dont il faisait partie, et la catastrophe de juillet 1830 confirma ses craintes. Il disparut depuis complétement des affaires, et vécut dans la retraite jusqu’en 1849. Alors, soit de son gré, soit à son insu, il fut porté comme candidat aux élections géné-
rales par le club royaliste de la rue Duphot. Il eut quel- |
ques milliers de voix. Cela ne méritait pas la peine qu’on le tirât de son obscurité. Au mois d'octobre 1851, on le vit encore se mêler aux défenseurs de l’ordre troublé à Sancerre. Il est mort à Paris en 1857,
M. Hyde de Neuville a publié : 1° Réponse de Jean Guil- Eaume Hyde de Neuville, habitant de Paris, à toutes les calomnies dirigées contre lui, à l’atroce et absurde accusation d’avoir pris part à l'attentat du 3 nivôse, avec l'exposé de sa conduite politique (1801, in-8°); 2° Éloge historique du général Moreau (New-York, 1814, in-8°; 3°); Les amis de La liberté de la presse : des inconséquences ministérielles (Paris, 1827,in-8°). Charles Nisarp.
HYDERABAD ou plus exactement HAIDERABAD, c’est-à-dire ville de lion. Deux villes de l’Inde orientale s'appellent ainsi. L’une donne son nom à un État vassal de la Compagnie anglaise des Indes orientales, et connu sous le nom d’État du Nizam d'Hyderabad. Le territoire du Nizama est situé au centre du plateau de Dekan, et est arrosé par le Kestnah et le Godavery. En raison des démembrements que les Anglais lui ont fait subir autrefois, il ne comprend plus aujourd’hui qu’une superficie de 2,125 myriamètres carrés, avec environ onze millions d'habitants. Il se compose des provinces d'Hyderabad, Bider, et de quelques parties d’Aurengabad et de Bidschapour, et est gouverné par le nizam ou subahdar, c’est-à-dire gouverneur, sous la suzeraineté britannique. Les villes les plus importantes du pays sont Hyderabad,:la capitale, mal fortifiée et résidence du nizam, sur le Mussy, avec 290,000 habitants, quelques palais considérables, des mosquées et des ateliers pour le polissage des diamants; Golcon de, dans le voisinage d’Hyderabad , autrefois capitale du royaume de ce nom; Bider, également capitale d’un ancien royaume et remarquable par de magnifiques mausolées, des mosquées et des palais; Aurengabad, Daulutubadet Ellora.
Dans l'antiquité et le moyen âge, l’histoire de cet État se confond tout à fait avec celle du royaume de Dekan, auquel appartenaient ses différentes parties. En dernier lieu elles faisaient partie du royaume de Dekan, où régnait la dynastie des Bahmanydy ; plusieurs parties s’en détachèrent pour former des États particuliers, entre autres Golconde. Cet État se maintint avec sa dynastie particulière jusqu’en 1704, époque où le grand-mogol Aureng-Zeyb l’incorpora à son empire et le comprit dans la vice-royauté des cinq États méridionaux, administrée par un subahdar, ou gouserneur. Vers 1717, Ce gouverneur, qui portait le titre de Nisam-e1-Mulk, se rendit indépendant, tout en conservant ce litre, et choisit Aurengabad pour résidence. Son successeur, Nasir-Ali, régna de 1761 à 1803, transféra sa résidence à Bâgnagär, qui, d’un de ses titres (Hyder-Allah, lion de Dieu), reçut le nom d’Hyderabad, et perdit beaucoup
de pays dans diverses guerres contre Hyder-Ali, les Mah-
rattes et les Anglais. A sa mort, il eut pour successeur son fils Mirza-Skander-Chah. Celui-ci mourut en 1829, léguant
le trône à son plus jeune fils, Nasir-ed-Daulah, qui, pour se maintenir au pouvoir contre son frère aîné, se soumit à la suzeraineté de la Compagnie anglaise des Indes orientales,
Les revenus du Nizam s'élèvent à près de 16 millions de francs, dont plus des trois quarts sont versés à titre de tribut dans les caisses de la Compagnie des Indes. Celle-ci ne contrôle pas seulement les finances du pays, mais tient la main à ce que le Nizam entretienne une armée de 14 à 15,000 hommes équipés à l’européenne, outre un contingent de trois régiments d'infanterie et d’un régiment de cavalerie fourni à l’armée anglaise, soit disant pour protéger le Nizam, mais dont la solde et l'entretien sont, bien entendu, à la charge du protégé. Il est expressément interdit aussi au Nizam d’enrôler des officiers étrangers à son service ; et dès que l'Angleterre est en guerre, il doit laisser occuper ses places fortes par des troupes britanniques. Dans ces derniers temps le Nizam s'était montré assez peu exact à solder son tribut, et avait laissé s’accumuler une arriéré de 80 lack de roupies; de là de nombreux démélés entre le vassal et le suzerain, quien1851 menaça son protégé de confisquer une partie de son territoire. Après de nombreuses négociations avec le général Fraser, le débiteur acquitta la moitié de sa dette, et conserva ainsi ,provisoir ment l'intégralité de ses États; mais on peut s'attendre à voir l'Angleterre les lui enlever au premier jour, sous un prétexte ou un autre.
L'autre Hyderabad est la capitale de la principauté du Sind , conquise en 1848 par les Anglais, et incorporée alors à l'Inde britannique. Elle est située sur l’Indus, à l'entrée du delta formé par ce fleuve et dans l’une de ses îles ; elle est fortifiée, compte environ 20,000 habitants, fait un grand commerce, et possédait autrefois des fabriques d’armes importantes.
HYDER-ALI, souverain de Mysore, dans les Indes orientales, et l’un des princes les plus remarquables qu'ait eus PAsie, né en 1728, était fils d’un gouverneur mahométan de la forteresse de Bangalore, située dans les montagnes de Mysore. Initié à l’art de la guerre par les Français, il s’éleva au rang de général de l’armée de Mysore, y introduisit les manœuvres et la discipline européennes, et détrôna, en 1759, le radjah de Mysore, auquel il laissa son titre tout en le retenant en captivité. IL s’empara ensuite de Calicut, Bednor, Onor, Cananor, et autres États voisins, de sorte qu’en 1766 ses possessions comprenaient une superficie de près de 3,000 myriamètres carrés. Le radjah étant mort cette même année, il s’empara de la souveraineté tout entière. Il fit deux fois, ef avec des succès variés, la guerre à la Compagnie anglaise des Indes, et dans sa seconde guerre fut très-activement appuyé par les Français. Il se distinguait des autres princes d’Asie par une douceur extraordinaire, qui lui concilia l'affection générale. Le plus grand ordre régnait dans son gouvernement; il encouragea l’agriculture, les arts et le commerce, et protégea sans distinction toutes les sectes religieuses, du moment qu’elles se conformaientaux lois. Tippou-S ai b, son fils, fut son successeur.
HYDNE, genre de champignons, type de la soustribu des Aydnées. Son principal caractère consiste dans les aiguillons libres ou soudés à la base qui hérissent sa membrane fructifère ; ces aiguillons portent à leur extrémité les capsules qui renferment les sporules.
Nous ne citerons qu’une espèce, l’Aydnum imbricatum de Linné, connu des Allemands sous le nom de hirschschwamm. Il est très-commun dans les forêts de pins et de sapins de la Thuringe, où on le mange apprêté avec du vinaigre. Il est facile à reconnaître à son chapeau couleur d'ombre, floconneux , à ses aiguillons d’un gris cendré, et à son pédicelle court et épais.
Le genre ydne renferme plusieurs autres espèces également comestibles.
HYDRA, HYDRIOTES. En face des rivages de l'Argolide s'élève du sein des eaux, te) qu'une boursou-
flure volcanique, un âpre et stérile rocher, qui s'étend du mord-est au sud-ouest, sur une longueur de 12 kilomètres
4 à peine de largeur; un simple canal de 8 kilomètres le sépare du continent : c’est Hydra, la principale ile du groupe connu dans l'archipel grec sous le nom de Sporades occidentales. L'ancienne Grèce la nommait Hydrera, mais elle était sans gloire alors : nul dieu de l’Olympe ne l'avait choisie pour sa résidence favorite, car elle n'avait ni rivière ni ruisseau pour alimenter des bosquels sacrés, ni fontaine ni source qui pût offrir son onde pour les purifications des prêtres et des autels. Aucun poëête n’y éveilla les Muses; son roc nu reponssait le brillant génie de la Grèce païenne. Seulement quelques pêcheurs allaient chercher un abri contre la tempête dans les enfoncements de ses côtes ; ils suspendaient à ses pointes rocheuses leurs filets pour les sécher ou les réparer; et souvent aussi des pirates y trouvaient un repaire. Des bannis seuls pouvaient en faire leur séjour, et ce furent en effet des exilés qui, vers le milieu du quinzième siècle, vinrent y chercher un refuge : les Skypetars chrétiens de l'Albanie fuyaient devant l’étendard de Mahomet, et abandonnaient leurs colonies du Péloponnèse ; le sol d’Hydra ne leur promettait qu’une pierre pour reposer leurs têtes, et la liberté : ils l’acceptèrent pour patrie. Ils demandèrent à la mer la nourriture que la terre leur refusait. D’abord misérables pêcheurs, ils n’eurent que de petites barques ; puis corsaires, puis marchands, ils construisirent de grands navires. Stamboul emprunta à Tchumlidjah (ainsi la nommaient les Turcs) des marins pour la manœuvre de ses flottes; | la Russie prévit de bonne heure qu’un jour cet flot ignoré | serait le premier poste avancé d’où elle battrait en brèche l'empire des Osmanlis. Catherine II soudoya la marine hydriote, et lui donna les premiers canons qui armèrent ses vaisseaux. Hydra bientôt devint célèbre dans toute la Méditerranée; elle tirait de l'Égypte le blé que son sol ne produisait pas; les forêts du Parnasse lui envoyaient les pins de ses mâtures ; les sapins d’Olympie garnirent les | flancs de ses vaisseaux ; le coton de l’Argolide forma ses blanches voiles ; les vins de l'Aide et de la Messénie égayèrent ses banquets et ses fêles. Hydra renouvela les prodiges de l’ancienne Tyr : dans les conflits de la France et | de la Turquie, quand les marchands de Marseille furent exclus des ports du Levant, Hydra hérita de leur commerce. Les Hydriotes servirent de courtiers entre toutes les | villes de la Méditerranée : on les rencontrait jusqu’au fond | de la mer Noire, où ils réalisaient des profits considérables. L'industrie accumula dans leurs mains d'immenses richesses ; mais , toujours fidèles à la patrie malgré leurs succès, ils revenaient, après des courses vagabondes, apporter sur leur rocher les trésors ramassés aux terres étran- | gères. Cette patrie se glorifia de ses nobles enfants; elle vit s'élever au bord de son rivage la plus belle des cités de l'Orient. ]
La ville d'Hydra, dont la population peut aller de 12 à 15,000 âmes, est bâtie en amphithéâtre; ses maisons, blanches, étincellent aux rayons du soleil et l’annoncent de loin ! aux marins ; ses rues sont propres et toutes pavées; elle a des quais soigneusement entretenus, des églises où l'or et le marbre témoignent de la ferveur religieuse des habitants, | des édifices publics consacrés au commerce; ses maisons, construites en pierre, sont belles, quelques-unes même méri- | feraient le titre de palais; elles sont décorées avec luxe et réunissent toutes les jouissances des Orientaux, de fraiches galeries de marbre avec des murs et des plafonds peints à fresque, des bains d’étuve, de magnifiques salles dallées en marbre, et des terrasses où les femmes se réunissent le soir, |
Le noyau de l’île perdit un peu de son Apreté native; il se couvrit d’une légère couche de terre végétale, et en quel- | ques endroits se para d'une gracieuse verdure, Le climat d'Hydra serait délicieux si la terre était plus féconde ; son ciel et son soleil sont admirables: c'est le ciel, c'est lé s0lil de la Grèce dans toute leur splendeur, Les maladies y |
ù eaux
| naient leur génie guerrier ;
HYDRA — HYDRACHNES
sont rares; l’air y est pur, les brises de la mer le rafraichissent pendant les chaudes journées de l'été ; l'hiver y a quelques jours de pluie, mais jamais de frimats. Aussi le riche sang de Albanie n’a point dégénéré à Hydra : les Hydriotes sont beaux parmi les plus beaux hommes de Ja Grèce, ils portent encore un caractère de fierté sauvage qui rappelle leur origine ; leurs richesses ne les ont point eféminés; la jeunesse, exercée aux rudes fatigues de la mer, devient svelte et vigoureuse; la sobriété est en honneur parmi eux, et les voluptés qui énervent sont flétries : ils se marient de bonne heure. Une ardente jalousie veille sur la sainteté des mariages, la morale publique la soutient, la femme adultère ne serait accueillie nulle part; une implacable vengeance poursuivrait l’insulte faite à l'honneur du mari. Du reste, au milieu de ces hommes énergiques, la femme n’occupe qu’un degré assez bas de l'échelle sociale : ainsi que dans tout l'Orient, elle vit cachée et récluse; un voile impénétrable la dérobe aux yeux étrangers : peu de voyageurs ont eu l’occasion de voir des femmes Hydriotes. Dans la Grèce avilie par l'esclavage, Hydra avait conservé sa liberté, et développait les généreuses qualités de ses enfants. Aussi, quand éclata la guerre de Pindépendance, apparurent-ils dans tous les combats comme une race héroïque ; la marine militaire des Turcs succomba sous les coups de ses hardis marins, dont quelques-uns renouvelèrent les exploits des flibustiers : montés sur de légers brûlots, ils s’attachaient à la suite d’escadres entières, les ralliaient audacieusement pendant la nuit, accrochaient le premier navire arrivé, fût-il un vaisseau de ligne , l’embrasaient , et le laissaient se consumer et disparaître sous les : aussi leur nom seul était la terreur des Turcs. Des institutions renouvelées de la république de Sparte entretenulle constitution écrite ne traçait les devoirs, mais la mémoire des anciens et des sages du peuple maintenait sacrées les antiques traditions. La musique et la poésie eurent aussi leur génie parmi eux ; à la mer, pendant les magnifiques nuits de l’Archipel, tous les matelots, réunis sur le pont, chantaïent en chœur la patrie et la gloire; l'amour ne leur inspirait que rarement des chants, et quand la brise cessait d’enfler les voiles, penchés sur leurs avirons, et répétant une cadence simple et vive, ils levaient et laissaient tomber leurs rames avec les accords. Ainsi grandit rapidement cette république, et pendant quelque temps sa population s’éleva à 40,000 âmes. La protection de la Russie la défendait contre les craintes trop fondées du sultan ; elle encourageait les entreprises maritimes de ses conseils et de son or, car elle comptait sur les matelots hydriotes comme sur les auxiliaires de sa future conquête. Toute la science du peuple avait trait à la marine; la moitié de la génération avait couru sur mer, et grand nombre d’entre les Hydriotes étaient habiles dans la construction navale. Leurs vaisseaux étaient les plus rapides qui par courussent la Méditerranée; même aujourd'hui les écoles publiques de commerce et de navigation sont celles que fréquente la jeunesse d’Hydra. Mais les sociétés passent comme les individus, la splendeur d'Hydra s’efface; nos yeux ont vu son opulence et l’apogée de sa puissance, ils sont témoins aujourd’hui de son déclin, L'ile ne compte plus guère aujourd’hui que 30,000 habitants, La régénération de la Grèce s’est opérée sous les auspices d'Hydra, etla Grèce régénérée ne lui a pas pardonné le tort de n'offrir à la base de ses rochers aucun port pour abriter les vaisseaux; une autre île a pris sa place : là est maintenant le foyer du commerce des spéculations maritimes de la haute industrie de tout le Levant ; là affluent les étrangers, les marchands, les richesses. Cette nouvelle tle qui domine tant d'intérêts, c’est Syra, On a d’Antonios Miaulis, fils d'André Miauiis, l’un des héros de la guerre de l'indépendance et Hydriote, un Mémoire en grec moderne sur l'ile d'Hydra (Munich, 1832). Théo gène PAGE, vice-amiral, HYDRACHNES (de Üwp, eau, et &xvn, fil), genre d'arachnides trachéennes, famille des hydrachnelles, ets
HYDRACHNES — HYDKE
par Müller, qui y faisait entrer toutes les acarides de Latreille. Ce sont de petites arachnides qui vivent dans les eaux tranquilles, où elles abondent au printemps. Les plus grandes ont six millimètres de long ; leur corps est en général ovale et globuleux. Leur tête et leur corselet sont confondus avec le ventre. Les hydrachnes se rapprochent des araignées par le nombre des pattes, et des tiques par le nombre des yeux et par les antennes. Elles sont carnassières, et se nourrissent d'animaux peu visibles à l'œil. Le corps des mâles, qui sont plus petits, se retrécit en arrière sous forme de queue, à l'extrémité de laquelle sont les organes sexuels, tandis vue la femelle les a sous le ventre. Les hydrachnes n’ont d’abord que six pattes; dans leur état parfait, elles en ont huit, avec lesquelles elles nagent rapidement et se meuxent continuellement. Leurs métamorphoses et leurs amours ont été observées avec soin par Muller et par Dugis. L. LAURENT.
HYDRACIDE. Voyez ACIDE.
HYDRALGUES. Voyez HYDROPHYTES.
HYDRARGYRE (de wo, eau, et äpyvpos, argent) était aatrefois le nom scientifique du vif argent, métal auquel la science actuelle a imposé la dénomination de mercure.
HYDRARGYRO-PNEUMATIQUE (Cuve). Voyez Cuve.
HYDRARGYROSE, terme scientifique, dérivé d’Aydrargyre, dont se sont servis quelques praticiens pour désigner les frictions mercurielles en usage dans le traitement des maladies syphilitiques.
HYDRARTHRE (de Yowp, eau, et &p0pov, articulation). Voyez HYDRoPISIE.
HYDRATE (de Üüwp, eau), combinaison chimique, inlime etpermanentedel’eau avec uneautresubstance. Proust est le premier qui ait appelé l'attention des chimistes sur cet ordre de faits. Jusque alors, on n'avait considéré l’eau dans les divers corps qui en contiennent que comme substance madéficiante ou imbibante. Il s’en faut cependant de beaucoup que le rôle de l’eau soit aussi borné. On sait aujourd'hui qu’elle fait partie intégrante d’un grand nombre de composés , dont quelques-uns même ne pourraient exister sans sa présence, et qui jamais ne deviennent absolument anbydres qu’en éprouvant une décomposition indépendante de lexpulsion du fluide aqueux, quoiqu’elle en soit la conséquence immédiate. Cette nouvelle vue a rendu facilement explicables une multitude de phénomènes restés jusque alors fort obscurs, et dont on ne pouvait se rendre compte.
Le nombre des hydrates est très-considérable, et principalement parmi les oxydes métalliques : lorsqu'on en chasse l'eau, on aperçoit dans ces corps des propriétés toutes nouxeiles. Par exemple, on connaissait de temps immémorial une rouille de fer d’un jaune très-riche, et à l'analyse chimique, on ne pouvait assigner des proportions respectives doxygène et de fer qui dussent faire admettre un degré d’oxydation du métal différent de celui du peroxyde rouge. Dans le fait, ce n’est que ce même oxyde rouge à l’état hydraté. Cette substance abandonne son eau de composition à une assez basse température. D’autres oxydes la retiennent avec beaucoup plus d’opiniâtreté : l’alumine (oxyde aluminium), par exemple, qui ne perd les dernières portions de l’eau de combinaison qu’à une température excédant 27° du pyromètre de Wedgwood,
PELOUZE père.
HYDRAULIQUE, partie pratique de lhydrodynamique, ayant pour objet la construction des machines propres à conduire, à élever les eaux, telles que pom pes, turbines, siphons, etc., et aussi de toutes celles où l'eau est employée comme force motrice, les moulins à eau, les presses hydrauliques, etc. Ce mot est dérivé du grec Gôwp, et abc, Îlûle, tuyau. « La raison de cette étyimologie, dit D'Alembert, est que l’hydraulique chez les
“anciens n’était autre chose que la science qui enseignait à
construire des jeux d'orgue, et que dans la première origine des orgues, où l'on n’avait pas encore l'invention
d'appliquer des soufflets, on se servait d’une chute d’eau pour y faire entrer le vent et les faire sonner. »
Quelques auteurs donnent le nom d'Aydraulique à toute la partie de la mécanique qui traite des fluides. Ainsi comprise, l’hydraulique se diviseeahydrostatiqueethydrodynamique. Cette dernière branche de la science devient ainsi une subdivision de l’hydraulique, dont elle n’était, d’après notre première définition, qu’une application.
Le mot hydraulique s'emploie aussi adiectivement. Par exemple, on donne le nom d'architecture hydraulique à cette partie de l’architecture qui s’occupe spécialement des constructions destinées à la conduite des eaux, des aqueducs, etc. Les machines hydrauliques sont celles où l’eau joue le rôle de moteur.
HYDRAULIQUE (Bélier). Voyez BÉLIER HYDRAU- LIQUE.
HYDRAULIQUE (Presse). Voyez PRESSE HYDRAU- LIQUE.
HYDRE (Histoire naturelle), genre de polypes sans polypiers, dont on n’a encore bien constaté l'existence que dans les eaux douces. L'organisation des hydres est des plus simples, et c’est un des premiers degrés par lesquels lanimalité s'élève au-dessus des plantes : le tissu de leur corps est homogene, gélatineux et contractile; il renferme une cavité qu’on considère comme un organe de digestion; un seul orifice y donne accès, et cette ouverture ou bouche est munie de bras ou tentacules destinés à saisir des substances putritives, principalement des naïs, petite espèce de vers. Le volume de ces animaux égale à peine celui d’un grain de blé : aussi une loupe est-elle nécessaire pour en acquérir une image précise. Dans quelques espèces, les bras ont cependant une longueur de plusieurs centimètres. Avec un organisme homogène, et où il est difficile, sinon impossible, de démontrer un système nerveux, les hydres sont cependant douées d’une sensibilité qu’on reconnaît en les voyant se diriger vers une lumière vive et saisir la proie dont elles se nourrissent; le fact est leur seul sens, et il leur suffit. Elles montrent en même temps que les membranes muqueuses qui revêtent intérieurement les animaux les plus parfaits ne diffèrent pas essentiellement de leur enveloppe extérieure , la peau. Qu'on retourne une hydre comme un doigt de gant, ainsi que Trembley l’a remarqué, elle n’en digère pas moins, quoique son estomac ait été renversé. Lu reproduction des hydres est encore le sujet d’une observation curieuse : on ne distingue en elles aucun organe sexuel : elles se propagent par bouture, comme les plantes. Coupez un de leurs bourgeons, il ne tardera pas à croître et à devenir parfait. On pense aussi qu’elles se reproduisent par des œufs, sorte de graine.
Ainsi done Voilà un animal qui nous montre que les fonctions ne sont pas absolument dévolues à des organes spéciaux, comme Carus en a fait la remarque en Allemagne. La respiration peut s’effectuer sans poumons; la nutrition, l'accroissement et la sécrétion sans circulation de fluides, la génération sans distinction de sexe, la sensibililé sans nerfs proprement dits, le mouvement sans muscles. Cette grande et belle vue nous est pourtant offerte par un être à peine perceptible à nos yeux. Pour le trouver, il faut le chercher dans les ruisseaux , les étangs et les marais, notamment sur la face inférieure des lentilles d'eau. En mettant une pincée de ces plantes dans un vase de verre rempli d'eau, et éclairé vivement sur un de ses points, soit par le soleil, soit par une bougie, on verra les hydres quitter leur point d'appui pour se diriger vers le point lumineux.
D° CuARBONNIER.
HYDRE (Aséronomie), constellation australe, s’étendant au-dessus de celles du Lion, de la Vierge et de la Balance. Elle offre une étoile remarquable parmi les 52 qui la composent. : c'est le cœur de l’hydre. Les anciens, qui voyaient en elle lhydre de Lerne, la désignaient sous les noms de serpens aquaticus, asina coluber, echidna ; on la nomme aussi vipère, et souvent hydre femelle, pour
la distinguer d’une des nouvelles constellations australes de Bayer, l’aydre mâle. Cette dernière, située entre la Dorade et le Toucan, est trop voisine du pôle austral pour paraître jamais au-dessus de notre horizon.
HYDRE DE LERNE,. Cet animal fabuleux , né de Typhon et d'Échidné, habitait le marais de Lerne, dans le Péloponnèse, et dévastait toute la contrée voisine. Suivant Diodore, il avait cent têtes; Simonide ne lui en donne que cinquante, d’autres même seulement sept, dont celle du milieu était immortelle. Une autre tradition lyi prête aussi des ailes. Quand Hercule reçut d'Euristhée la mission de tuer ce monstre, ils’associa dans ce but avec Iolaos ; et, à l’aide de ses flèches, il contraignit l’hydre à sortir de sa fanière. Aussitôt le héros, étreignant le monstre de ses bras, se mit en devoir de lui trancher ses têtes. Mais, à sa grande surprise, il n’en avait pas plus tôt coupé une qu’il en voyait repousser . une autre. En outre, Junon envoya au secours de l’hydre une énorme écrevisse, qui blesssa Hercule au talon. Mais Hercule réussit à tuer l’écrevisse, et ordonna alors à Iolaos d’incendier une forêt qui se trouvait près de là. Quand ils avaient coupé une des têtes de l’hydre, ils promenaient aussitôt sur la place saignante des tisons enflammés, qui empéchaient la tête de renaître. Hercule parvint de la sorte à couper toutes les têtes du monstre l’une après l’autre, même celle qui était immortelle, qu’il ensevelit dans la terre en la recouvrant d’un immense rocher.
HYDROCANTHARE (de ÿwp, eau, et x4v8æpos, scarabée), genre d’insectes coléoptères pentamères, dans lequel Latreille rangeait tous ses carnassiers aquatiques. Ce genre, réduit depuis par plusieurs entomologistes, est très-voisin du genre dytique. Les hydrocanthares se tiennent de préference dans les eaux stagnantes, à la surface desquelles on les voit remonter de temps à autre pour respirer. Leurs larves ne le cèdent en rien à celles des dytiques pour la voracité. L’insecte parfait possède sous ses élytres des ailes bien développées, dont il se sert pour se transporter d’un étang à un autre; son vol est lourd et bourdonnant comme celui du hanneton.
HYDROCARBURE., On a récemment donné le nom d’hydrogènes carbonés, de carbures d'hydrogène ou d’Aydrocarbures aux composés qui se forment exclusivement d'hydrogène et de carbone. Leur nombre est immense ; onen connaît plus de 75. Leur origine, leur état physique, leurs propriétés sont des plus diverses ; en général ils diffèrent des composés hydrogénés, étudiés parmi les métalloïdes, en ce qu’ils ont peu d’activilé. Les principaux hydrocarbures sont l’acétylène, le gaz des marais ou formène, l’éthylène, les essences de térébentluine et de citron, la benzine, lanaphtaline, le pétrole, le caoutchouc et la gutta-percha.
HYDROCELE, Ce mot, dérivé du grec, ne s’applique qu'à une sorte d’hyäropisie, celle du scrotum.
On distingue plusieurs variétés d’hydrocèle : sous le rapport de leur cause, on distingue l’hydrocèle par infiltration de l’hydrocèle par épanchement; sous le rapport de leur siége, celle du cordon de celle de la tunique vaginale. La plus commune de ces maladies est l'hydrocèle par épanchement dans la tunique vaginale. Elle consiste en un amas de sérosité qui se produit et s’accumule dans l'enveloppe des testicules. Les causes de cette maladie sont à peu près inconnues : la contusion des bourses peut, il est vrai, donner lieu à l’hydrocèle, mais c’est là une de ses causes les plus res. On reconnaît l’hydrocèle aux symptômes suivants : un des côtés du scrotum (rarement les deux à la fois) grossit peu à peu de bas en haut, et forme bientôt une tumeur pyriforme, indolente, sans changement de couleur à la peau. En examinant cette tumeur, on y distingue la fluctuation d’un tiquide, et en la plaçant entre l'œil et la lumière d’une bougie on voit qu’elle est transparente. Ce dernier signe est caractéristique de l’hydrocèle, et sert à la distinguer d’autres maladies qui lui ressemblent au premier aspect, comme la sarcocèle et plusieurs espèces de hernies. L'hy-