‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 152 sur 522 · HYDRE — HYDROCÉPHALE · texte numérisé non relu

HYDRE — HYDROCÉPHALE

drocèle est une maladie peu grave, et en général facile à guérir. Quelquefois elle se termine d’elle-même ou à l’aide de quelques topiques résolutifs ; dans ce cas, la sérosité est enlevée par les vaisseaux absorbants, et les parties attaquées reprennent leur volume naturel. Mais plus souvent la tumeur, abandonnée à elle-même, augmente peu à peu de volume, et devient quelquefois énorme. Le malade alor veut en être débarrassé. Deux sortes de traitements peu vent être employés : le palliatif, qui consiste à faire dispa raître l’épanchement de sérosité, maïs sans l'empêcher de se reproduire, et le traitement radical, qui guérit complétement la maladie. Dans le traitement palliatif, on se borne à vider la tumeur au moyen d’incisions ou de la ponction. Pour-la cure radicale, on a proposé et employé différents moyens : l’incision, l’excision, la cautérisation, le séton, etc. Le procédé employé presque exclusivement aujourd’hui consiste à vider d’abord la tumeur au moyen d’une ponction ; on y injecte ensuite, à l’aide d’une seringue, un liquide irritant, tel que du vin chaud, que l’on fait ressortir presque aussitôt. Cette injection détermine l'inflammation adhésive de la tunique vaginale; sa cavité se trouve ohlitérée, et tout nouvel épanchement devient impossible. On a quelquefois obtenu la guérison radicale sans opération, soit au moyen de topiques froids et résolutifs, comme la glace, l’eau végétominérale; soit à l’aidede frictions mercurielles, ou même par l'application d’un vésicatoire sur la tumeur. Mais, pour obtenir ce résultat, il faut que la maladie soit récente et la tumeur peu volumineuse. N.-P. ANQUETIN.

HYDROCEPHALE, dérivé du grec Üüwp, eau, et xeparñ, tête ; mot à mot, eau dans La tête, c’est-à-dire 2ydropisie de la têle. Cette maladie a son siége dans l’intérieur du crâne et dans la cavité de la membrane séreuse appeléearachnoïde.On divise l’hydrocéphale en interne et externe : la première espèce se subdivise en aiguë et en chronique. L'hydrocéphale aiguë ou fièvre cérébrale de l'enfance a le plus ordinairement une marche très-rapide, dans laquelle néanmoins on admet trois périodes. Les symptômes principaux de cette grave maladie des enfants sont, 1"° période : de la céphalalgie, des vomissements, des alternatives de rougeur et de pâleur de la face, de la tristesse, de la somnolence, une fièvre vive, ete,; 2° période : une lenteurremarquable du pouls, des plaintes, des cris d’un caractère particulier, une dilatation ou une oscillation des pupilles ; des mouvements convulsifs des yeux, de la face, du délire, et des exacerbations fréquentes ; 3° période : de l’assoupissement, de la paralysie, des convulsions, une abolition plus ou moins complète des sens, l’insensibilité et la mort. Cette maladie, que l’on parvient rarement à guérir , enlève souvent les enfants en quelques jours; elle peut néanmoins passer à l’état chronique, et n’entraîner la mort que dans l’espace de plusieurs semaines. Il y a en outre üne seconde espèce d’hydrocéphale chronique (la seconde espèce dont nous avons parlé), qui commence dans les premiers mois de la vie, et souvent avec la naissance : celle-ci, lente dans son développement, opère peu à peu au moyen de l’acenmulation de la sérosité épanchée, la distension des cavités cérébrales , l’amincissement de la substance du cerveau, la disjonction des sutures du crâne, ainsi que l'augmentation de volume de cette boîte osseuse, d'où une atteinte profonde portée à l'exercice des sens, des facultés intellectuelles, des mouvements, et même des fonctions assimilatrices; désordres qui sont pour l'ordinaire irrémédiables, et suivis d’une mort plus ou moins éloignée.

Quant à l'hydrocéphale qu'on appele externe, ce n’est autre chose qu’une infiltration du tissu cellulaire sous-cutané du crâne et de la face.

Les hydrocéphales sont classées parmi leshydropisies des membranes séreuses; néanmoins, celle qu'on appelle interne, vulgairement connue sous le nom de Jièvre céré. rale', a été considérée par divers auteurs comme une in= flamination très-aiguë de l’arachnoïde ou du cerveau, qui se termine par un évanchement de sérosité dans les ventricules

HYDROCÉPHALE — HYDROGENE

cérébraux. Après la mort des individus atteints d'hydrocéphale, on trouve des quantités diverses de sérosité épanchées dans les ventricules cérébraux, le quatrième ventricule, et même le canal rachidien, différents degrés d’inflammation dans le cerveau et sa membrane séreuse, quelquefois même des tubercules. Dans certains cas, avant la naissance, le fœtus affecté d’une hydrocéphale congéniale présente un cerveau transformé en une poche membraneuse, qu’on estobligé de percer avec un instrument, piquant pour faciliter l’accouchement. L’hydrocéphale est une maladie propre à l’enfance, qui se développe très-rarement chez les adolescents et les adultes : il est impossible dans certaines circonstances de la prévenir, mais non de la guérir, une fois qu’elle est formée.

Les indications curatives qu’elle réclame sont de deux sortes : l’une propre à attaquer la cause du mal, Pautre destinée à provoquer ou bien à aider l'absorption de la sérosité épanchée dans le crâne. A la première se rattache Paction des remèdes antiphlogistiques , réfrigérants, dérivatifs, purgatifs, émétiques, etc.; à la seconde, les médicaments capables de produire une active résorption , comme les diurétiques, les hydragogues, les stimulants, modificateurs du système lymphatique, et en particulier les préparations mercurielles connues sous les noms d’onguent mercuriel (en frictions), et de calomel ou protochlorure de mercure (à l'intérieur). D° BRICHETEAU.

HYDROCERAME (du grec Üdwp, eau, etxëpauoc, terre à potier). Voyez ALCARAZAS.

HYDROCHLORATE. Voyez CHLORHYDRATE.

HYDROCHLORE. Voyez CHLORE.

HYDROCHLORIQUE (Acide). Voyez CuaLonypni- QUE (Acide).

HYDROCYANIQUE (Acide).

(Acide).

HYDRODYNAMIQUE ( de Dowp, eau, et Güvauus, force, puissance), partie de la dynamique qui traite du mouvement des fluides. Son cadre est donc plus vaste que ne le ferait supposer l’étymologie que nous venons de donner. Les lois de l'écoulement des liquides, la théorie desajutages , le mouvement de l’eau dans les canaux et dans les rivières, une foule d’autres questions importantes, sont du domaine de l’hydrodynamique proprement die; car on à proposé avec juste raison de distinguer sous le nom d'aérométrie la partie relative aux fluides aériformes. La compressibilité dont jouissent à un si haut degré ces derniers établit pour eux des lois particulières, qui ne s’appliquent pas aux liquides.

HYDROFUGES (Enduits), du grec ÿ5wp, eau, et guys, ce qui chasse, fait fuir. Voyez ENpuir.

. HYDROGENE ( de Ywp, eau, et yevvéw, j'engendre ), corps simple, qui, comme son nom le rappelle, entre dans la composition de l'eau. Les anciens chimistes lui donnaient le nom d'air inflammable, qui avait l'inconvénient de pouvoir le faire confondre avec d’autres gaz combustibles.

L’hydrogène est le plus léger des gaz que l’on connaisse actuellement; sous le même volume, il pèse près de quatorze fois et demie moins que l’air atmosphérique : c’est sur cette propriété qu'est fondée la construction des ballons. Il est invisible, sans odeur quand il est pur; mais lorsqu’on le prépare en grand, par exemple pour remplir des aérostats, il contient une substance étrangère qui lui donne une odeur extrêmement désagréable, dont on pourrait le priver en le faisant passer dans de l'alcool et de la potasse; mais ce n’est jamais que pour des expériences de laboratoire que l’on a besoin de l'obtenir à l’état de pureté parfaite,

Quand on approche un corps enflammé de l’orifice dun vase contenant de l'hydrogène, celui-ci brûle avec une flamme bleue légère, et qui éclaire très-peu, L'appareil à laide duquel on fait habituellement cette expérience a reçu

Voyez PRUSSIQUE

* le nom de Zampe philosophique. 11 se termine par un tube

effilé, parce que si on laissait quelques instants l’orifice du vase ouvert, et qu’il fût tourné vers le baut, l'approche du

corps enflammé donnerait lieu à une détonation assez violente, à cause du mélange d'air qui se serait opéré; et si on laissait un peu trop longtemps le vase ouvert dans cette position, tout le gaz se disperserait, à cause de sa légèreté. On peut faire même, en raison de cette propriété, une expérience curieuse avec ce gaz. Si on en remplit une éprouvette, et que, la tenant l'ouverture en bas, on en approche une bougie allumée, il se produira une légère flamme à Po: rifice du vase; mais en plongeant la bougie dans l’intérieur du gaz, elle s’éteindra, pour se rallumer en passant à l’orifice. Cet effet est dû à la propriété qu'a l'hydrogène de brûler par le contact de l’air atmosphérique, avec lequel il se mêle facilement à l'orifice du vase qui le contient, tandis que les corps en combustion ne peuvent brûler dans ce gaz,

Si on mélange de l'hydrogène avec la moitié de son volume d'oxygène, l’approche d’une bougie produit une détonation violente et dangereuse, si on l’opère sans les précautions convenables. Quand on emploie de très-petites quantités du mélange, on peut tenir dans la main le vase oùil est renfermé sans avoir rien à craindre; mais si on voulait se servir d’un quart de litre seulement, il faudrait envelopper avee un linge en plusieurs doubles le vase contenant le mélange, et n’approcher la bougie de l’orifice qu’en la plaçant dans une direction opposée à celle où l’on se trouve; très-fréquemment le vase est brisé en un grand nombre de fragments, qui seraient lancés violemment à de grandes distances s'ils n'étaient retenus par le linge. Si on souffle dans de l’eau de savon renfermée dans un vase en métal une certaine quantité de ce mélange, et qu’on en approche une bougie ou une allumette, il se fait une détonation extrémement forte, mais qui est sans aucun danger. Un ballon rempli du même mélange lancé dans l'air, et enflammé par une mèche produit un effet très-curieux et qui n'offre non plus aucun danger. Si on portait dans le même mélange un fragment de mousse de platine, qu’on le fit passer dans un tube rouge, traverser par une étincelle électrique, ou qu’on le comprimât fortement dans un briquet pneumatique, le même effet serait produit. Le pistolet de Volta et le canon électrique, que l’on voit employer quelquefois dans les cabinets de physique, ne sont autre chose que des réservoirs en métal dans lesquels on fait détoner un mélange d’hydrogène et d'oxygène par le moyen d’une étincelle électrique ( voyez ÉLECTRICITÉ ). En opérant dans des appareils convenables, où l’hydrogène se trouve brûlé sans jamais se mêler à l'oxygène, on recueille de l’eau, que ces gaz forment en s’unissant, et c’est ainsi que Lavoisier a prouvé la composition de l’eau.

Quand on dirige dans l'air un jet de gaz hydrogène sur un morceau de platine en mousse ou en éponge, le platine rougit, et le jet de gaz ne tarde pas à s’enflammer : l'éponge dé platine condense le gaz hydrogène et facilite sa combinaison avec l’oxygène de l'air. On a cherché à mettre à profit cette propriété pour la construction d’un briquet qui pût procurer immédiatement de la lumière; pour cela on faisait tomber sur un fragment de platine en mousse un courant d'hydrogène produit par l’action du zinc sur l’acide sulfurique. Mais l'éponge de platine qui est restée quelque temps exposée à l’air perd, en absorbant de Phumidité, la propriété de produire l’inflammation de l'hydrogène, et ne la reprend qu'après avoir été chauffée au rouge. Cet inconvénient a fait abandonner l’usage de cet instrument. l'en existe un autre, que son prix élevé peut seul empêcher d'employer plus fréquemment,et dont l’action est aussi fondée sur linflammabilité de l’hydrogène (voyez Bri- QUET ).

Dans les laboratoires on prépare l'hydrogène en faisant réagir de l'acide sulfurique sur des lames de zinc placées dans de l’eau; le zinc s'empare de l'oxygène de l’eau; il se forme de l’oxyde de zinc, qui se combine avec l’acide sulfurique; l’hydrogène se dégage et est recueilli dans une éprouvette. Ce gaz s'obtient encore en faisant passer dela vapeur d’eau à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge et

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