‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 155 sur 522 · HYDROPHOBIE · texte numérisé non relu

HYDROPHOBIE

| des animaux qui l’inoculent à l’homme; on sait seulement que les blessures faites à travers les vêtements sont moins. dangereuses que celles qui sont faites sur la peau nue, et qu’elles ne causent souvent aucun accident. Les faits authentiques observés jusqu’à ce jour prouvent que l'hydrophobie rabienne est incurable. Le besoin d'expliquer la contagion et la marche rapide d’une si terrible maladie a fait supposer un principe délétère, un virus susceptible de la propager. Si l'existence de ce virus n’est pas prouvée, il est encore bien

moins certain qu’une imagination effrayée par le sort funeste des animaux enragés puisse produire l'hydrophobie chez ceux qui ont été mordus; des enfants morts à la suite d’accidents pareils ont succombé à la rage sans avoir eu la moindre crainte du sort quiles menaçait.

La propriété contagieuse du virus hydrophobique cesse avec la vie de l’animal, et l’on peut dire, morte la bête, mort le venin. On a ouvert impunément un grand nombre d’hydrophobes sans que jamais l'opérateur ait eu à redouter l'inoculation du virus. On s'accorde généralement à placer le siége de ce virus, quel qu’il soit, dans la salive de l’animal malade, ainsi que dans le mueus guttural et bronchique qui s’y trouve mêlé : effectivement, ces fluides déposés. dans les morsures produisent constamment l’hydrophobie, tandis que les mêmes morsures sont inoffensives quand les vêtements absorbent l’écume salivaire de l’animal. Il est donc bien entendu qu’il faut que la peau soit entamée pour que l’inoculation ait lieu; l'application de la salive de l’hydrophobe sur le derme intact n’est suivie d’aucun accident,

Après la mort des hydrophobes, on trouve fort souvent des traces d’inflammation sur la membrane muqueuse des voies aériennes, du pharynx et de l’æsophage : cette membrane est recouverte d’une mucosité écumeuse; les poumons sont tantôt emphysémateux, tantôt rouges et injectés ; les autres altérations notées par les auteurs dans l’encéphale sont moins constantes que celle dont il vient d’être question ; ni les unes ni les autres ne sont d’un grand secours pour déterminer la nature de la maladie, car elles peuvent être le résultat de l’état spasmodique et convulsif des organes de la déglutition et de la respiration. Quant aux lésions encéphaliques, que l’on ne peut pas expliquer de la mème manière, elles ont paru suffisantes à certains médecins pour placer le siége de l’hydrophobie dans le cerveau.

On emploie contre l’hydrophobie deux sortes de traitements , l’un préservatif, l’autre curatif : le premier est le seul efficace, on ne guérit point la rage lorsqu'elle est confirmée. Le principal, pour ne pas dire l’unique agent de la prophylactique, dans la maladie qui nous occupe, est la caus térisation des plaies; on peut la pratiquer par le feu ou par les médicaments appelés caustiques ; les anciens préféraient généralement le feu, auquel ils supposaient une force d'action spéciale sur le virus hydrophobique; mais de nos jours on préfère le caustique liquide et diffusible. Au reste, quel que soit le moyen qu’on emploie, il faut agir profondément et scarifier ou charbonner sans distinction toutes les parties dans lesquelles ont pénétré les dents de l'animal malade : pour cela, il est souvent besoin d'y revenir à plusieurs reprises, d’inciser les parties qui ont été cautérisées les prefnières, etc. Les circonstances dans lesquelles se trouve le médecin l’obligent souvent à se servir du premier caustique qui lui tombe sous la main; mais quand il peut choisir, il emploie le plus ordinairement le chlorhydrate d’antimoine li quide, appelé vulgairement beurre d'antimoine. On doit faire suppurer longtemps les plaies résultant de la cautérisation, et en général jusqu’au delà du quarantième jour. L'ablation des parties mordues, quand elle peut avoir lieu, est aussi un moyen très-efficace pour préserver de l'hydrophobie, La cautérisation peut être pratiquée avec succès aux diverses époques qui précèdent l'invasion du mal; mais

il convient d’y recourir le plus tôt possible, On a eu recours à un grand nombre de moyens curatifs contre l'hydrophobie confirmée ; on a rapporté des exemples de guérison, mais l'authenticité de ces cures n’a jamais été parfaitement cons-

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