HYDROPHOBIE — HYDROPHYTES
ratée ; dans beaucoup de cas, on à eu affaire à de simples hydrophobies symptomatiques provenant d’affections morales profondes; dans d’autres, on a commis des erreurs de diagnostic plus graves encore, attribuant à des affections cérébrales une origine hydrophobique. D' BRICHETEAU. HYDROPHYLLACEES, famille de plantes instituée par Rob. Brown, et composée des genres kydrophyllum, phacelia, nemophila, etc., dont les fruits sont capsulaires, caractérisée par un albumen cartilagineux considérable et par des feuilles composées et profondément lobées. Le genre kydrophyllum, qui est le type de cette famille, se compose d'espèces de plantes américaines très-rustiques croissant dans tous les terrains, particulièrement dans les lieux frais et ombragés, où elles produisent de belles touffes très-remarquables au premier printemps. Onen connait deux espèces. L. LAURENT.
HYDROPHYTES (de Gôwp, eau, et gurév, plante). Nous avons, dans divers endroits de nos ouvrages, proposé de consacrer ce nom pour désigner les plantes agames ou cryptogames qui se développent ou croissent dans les eaux, et qui forment une vaste classe dans le règne végétal. Elles y occupent les limites de l'animalité par leurs rapports naturels avec les polypiers flexibles et autres sortes de zoophytes ou de lithophytes. Lamouroux proposa pour les désigner le nom de {halassiophytes, c’est-à-dire plantes de mer : beaucoup ne vivent que dans l’eau douce; d’autres savants les ont appelées des Lydralgques (algues d’eau) ; mais, quoi qu'en puissent dire encore certains botanistes routiniers, ce ne sont pas des algues. Les hydrophytes, que le vulgaire nomme varechs ou varecs, et goémons ou quagnons, étaient compris par Linné dans sa 24° classe, et répartis en quatre genres, j'ucus , ulva, conferva et bys. sus. On en comptait alors moins de deux cents espèces ; nous en possédons maintenant au moins mille dans nos collections, formant un grand nombre de genres. Ces végétaux, bien préparés, et quand on est parvenu à les dépouiller de leur tendance hygrométrique, sont, par l'élégance de leurs formes, la manière dont plusieurs s’appliquent au papier, et la variété de leurs nuances, souvent fort brillantes, l'ornement des herbiers, où naguère on daignait à peine les admettre. Leur étude offre le plus grand intérêt, car en eux fut l’origine de toute végétation, et le patron en quelque sorte sur lequel la nature s’essaya à l’enfantement des plantes terrestres ou aérophytes, qui devaient parer les campagnes après qu’elles seraient sorties du sein des mers. En effet, répétons-le souvent, car la vérité doit être souvent répétée pour triompher de l'erreur, il y eut des époques, et probablement diverses durées de temps, où notre globe était environné d’eaux, comme il l’est maintenant par l’atmosphère. Ces eaux purent varier de température, être bouillantes, chaudes, tièdes , peut-être glaciales, selon les causes qui en avaient déterminé la précipitation. Elles furent peutêtre même pénétrées , dans leurs diverses apparitions, de principes qui ne sont plus dans les nôtres, et par le moyen désquels les sédiments antérieurs des diverses créations précédentes furent broyés, bouillis, dissous, combinés et précipités de nouveau pour former ces couches terrestres où des esprits systématiques, théogonistes d’une nouvelle école, veulent compter les années de ce monde, dans l'existence duquel les années, les siècles, les millénaires même , ne sont pas ce qu’une seconde est dans la durée d’une montagne. Des soulèvements, que, dans un chapitre de notre Voyage en quatre îles des mers d'Afrique, nous avons soutenu avoir été la cause productrice des iles et des continents, s’opéraient par l'effet d’un travail intérieur: et Ja nature se préparait ainsi, au sein d’un océan sans bornes à revêtir la ferre de sa verdoyante parure, en formant rudimenfairement toutes les parties dont se devaient composer les végétaux plus parfaits, ou du moins plus compliqués, de selte ferre à venir. Ainsi , les filaments trachéiformes , les fubes £loisonnés, les cellules, les vascules, l'écorce et les couches du bois, les dispositions foliacées, les teintes suaves
et la consistance des pétales de fleurs, les urnes des mousses, les capsules fructifères, toutes ces choses étaient essayées et reconnues bonnes dans les hydrophytes quand les aérophytes parurent, et c’est une merveilleuse occupation que de les rechercher avec le secours du microscope, quand le commun des botanistes ne soupçonne pas que l’hydrophytologie démontre l'existence de tous les organes yégétaux dans leur état préparatoire.
Cependant, par une singularité digne de remarque, la distribution géographique, ou plutôt hydrographique, des plantes de l’humide élément est soumise à des lois assez différentes de celles qui président à la géographie botanique de la partie exondée du globe. Ainsi, les mêmes hydrophytes se retrouvent à peu près sur fout le pourtour de l’univers , dans les mêmes zones climatologiques; ils différent moins d’un pôle à l’autre que les plantes de la terre, soit à cause de la moins grande différence qui règne dans la température moyenne des eaux, soit que les causes de dissémination ou de créations analogues y soient plus actives. On doit annoter encore que tandis qu’on voit le règne végétal s’amoindrir en nombre d'espèces et en proportions de grandeur, de l'équateur aux régions glaciales , les hydrophytes, au contraire, moins variés et plus petits sous la ligne et les tropiques, se multiplient et acquièrent leur plus grande taille spécifique à mesure qu’on s’élève vers le Nord ou qu’on s’abaisse vers le Sud.
Les hydrophytes croissent au fond des eaux, comme les herbes et les arbres à la surface de la terre ; ils y forment des espèces de prairies, des bocages, ou même des forêts capables de résister au choc violent des vagues déchaînées, comme les arbres puissants résistent aux fougueux aquilons. Les roches les plus battues des flots en sont ordinairement les plus fournies. Les étendues sablonneuses ou vaseuses de la mer y sont, au contraire, comme nos dunes ou nos landes arides, les moins productives, et souvent elles en restent totalement dépouillées. Sur quelques rives, le flot rejette au rivage une si grande quantité d’hydrophytes arrachés des abimes qu’on a imaginé de les utiliser, soit pour les engrais des champs, soit pour l’incinération et la production de la soude. Il est des espèces dont les riverains se nourrissent, et qui fournissent une gelée d’un usage fort agréable et sain. C’est avec une de ces espèces comestibles que l’hirondelle salangane compose son nid, si recherché des Chinois amateurs de bonne chère. »
Les principales familles d'hydrophytes sont les fucacées, les dictyotées, les spongodiées, les floridées, les gélidées, les ulvacées, les céramiaires, les confervées, les arthrodiées, les chaodinées, etc. Nous en recommandons l’étude et la recherche aux voyageurs, d'autant mieux que rien n’est plus facile que de les bien conserver et d’en rapporter de magnifiques collections sans beauconp de peine. Il suffit d’arracher ces plantes à marée basse des lieux où elles croissent, ayant soin, autant que possible, qu’elles conservent leurs racines, leurs tiges et tous leurs rameaux, afin de les avoir bien complètes. Quand elles croissent trop profondément pour que l’abaissement des eaux permette de les atteindre, on se sert de crochets ou de dragues pour les obtenir, et lorsqu'on y est réduit on ramasse au rivage les échantillons les moins maltraités qu’y jette la haute marée On lave la récolte dans l'eau douce, à deux ou trois reprises, pour la dépouiller de la mucosifé saline qui s’opposerait à sa conservation, ef on la fait ensuite sécher sur un plancher, où même au soleil, s’il n’est pas trop ardent, comme on ferait d’une récolte de foin. Ayant ensuite le soin d’attacher à chaque espèce un petit papier où l’on indique quelle était sa couleur à état frais et son Aabitar positif, on fait du tout un ou plusieurs paquets environnés de papier gris. Ainsi récoltés, en quelque partie du globe que ce soit, les hydrophytes, remouillés avec précaution par un botaniste expérimenté, reprennent l'apparence de la vie, on peut alors les étudier, les décrire, les figurer, les étendre à loisir pour en orner l'herbier. L’abitude enseigne plus
tard à disposer élégamment sur des carrés de beau papier plane collé, mis dans une cuvette pleine d’eau douce, les espèces capillaires ou délicates qu’on laisse flotter et reprendre leur port naturel ; après quoi, retirant avec précaution le papier du fond du vase, ou vidant celui-ci avec une seringue, on a la plante gracieusement collée et ne perdant pas ses vives couleurs ; on les conserve ainsi, pour peu qu’on apporte quelque soin dans la manière de les mettre en presse et d'opérer leur dessiccation.
Depuis un demi-siècle environ, l'étude des hydrophytes obtient une certaine vogue ; on en a publié un assez grand nombre d'ouvrages à planches, dont quelques-uns sont dignes d’entrer dans les bibliothèques de luxe. Gmelin et Esper, en Allemagne; les auteurs de la Flore Danoise, surtout l’exact, modeste et savant Lyngbie à Copenhague ; Turner, Stakhouse et Gréville, dans la Grande-Bretagne; enfin l’auteur de cet article, qui peignit de sa propre main, dans le voyage de La Coquille, un grand nombre d'hydrophytes, sont ceux qui en ont le pius figuré, et dont les ouvrages sont devenus indispensables à quiconque veut s'occuper d’hydrophytologie. Mertens à Brême, Lamouroux et Chauvin en Normandie, Bertoloni en Italie, Clemente et Cabrera en Espagne, Agard en Suède, Hornemann et Hoffmann-Bang en Danemark, sont les auteurs qui contribuèrent le plus à répandre et à éclairer la connaissance des hydrophytes, qui cependant est encore loin d'être portée au point d’avancement où s’est élevée la phanérogamie,
Boy DE SAINT- VINCENT, de l’Académie des Sciences,
HYDROPHYTOLOGIE. C'est la description des hydrophytes.
HYDROPISIE. Les fonctions opposées de l’absor ption et de l’exhalation ne peuvent cesser d’être dans un équilibre parfait sans qu’il en résulte des inconvénients plus ou moins graves. Si, par exemple, l’absorption est exagérée, beaucoup de matériaux destinés à être expulsés, étant retenus, altéreront plus ou moins les autres fluides et ensuite les solides. Si, au contraire, l’exhalation est outrée, beaucoup de matériaux propres à la réparation journalière du corps seront entraînés au dehors; s’ils sont évacués par la peau et par les surfaces muqueuses, la perte s’effectue manifestement par des sueurs, par des selles plus ou moins abondantes, à l'exception cependant de quelques cavités, comme les sinus maxillaires. Si l’équilibre est rompu sur des membranes séreuses qui forment des sacs sans ouverture, le fluide, exhalé en quantité anormale, s’épanche dans ces cavités, et forme des collections de sérosité qui, n’ayant pas d’issue, s’accroissent graduellement, Ces collections ont été appelées hydropisie, parce que la sérosité a l'apparence de l’eau (ÿôwp, eau, &b, aspect, apparence ).
Les membranes séreuses étant nombreuses, les siéges des hydropisies sont multipliés, et portent des noms divers, Ainsi, le cerveau ayant dans ses annexes un tissu de ce genre, ils’y forme des épanchementsséreux, qu’on nomme y drocéphales ou hydropisies de tête. Dans la poitrine ou thorax, des sacs séreux sont la source de l’ydrothoraz ou de l’Aydropéricarde. La membrane étant très-vaste dans le ventre, elle est le siége d’une collection appelée ascite, et qui est quelquefois énorme. L’hydropisie des surfaces articulaires se nomme Aydrarthre. Des cavités qui peuvent se former accidentellement dans toute partie de l'organisme, et qu'on nomme kystes, sont encore les siéges de colections de fluides qu’on désigne par le nom d’Aydropisies enkystées. On en distingue plusieurs autres. Quand la sérosité s’épanche dans le tissu cellulaire, l'affection porte plutôt le nom d'infiltration que d’Aydropisie. On la nomme aussi œdème, anasarque, où leucophlegmasie.
L'hydropisie peut survenir promptement après un refroidissement prolongé de la peau, ou par toute autre cause qui supprime la transpiration cutanée, Dans ces cas, l’exhalation w’étant plus opérée dans une juste proportion, il en résulle un épañchement entre les feuillets des membranes sé