‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 157 sur 522 · HYDROPHYTES — HYDROSTATIQUE · texte numérisé non relu

HYDROPHYTES — HYDROSTATIQUE

reuses. Cette cause n’ést pas très-commune, mais on en possède assez d'exemples pour que ce soit un motif d'éniter autant que possible des refroïdissements qui ont d’ailleurs des suites funestes. Une potation trop abondante peut produire ces épanchements, comme on en a vu des exemples chez des malades qui croyaient ne pouvoir trop boire de tisanes ou d’eau pure : l'absorption dans ces cas outrepasse l'exhalation. Les personnes débiles, commeles convalescents, ou celles qui sont affaiblies par une nourriture, soit insuffisante, soit insalubre, ou qui vivent dans un lieu humide, ont souvent ie tissu cellulaire des jambes infiltré. Rien de plus commun que celleappelée ædème ; mais elle se dissipe facilement quand on a obtenu la guérison dela maladie qui a précédé. L’inflammation, détruisant l'équilibre dontnous avons annoncé la nécessité, est une cause commune de l’épanchement séreux qui nous occupe, quand elle est à un certain degré. L’apphication d'un vésicatoire, une brûlure modérée, en fournissent des exemples communs : on voit une vessie, une cloque remplie de sérosité succéder à ce mode de phlegmasie, L'inflammation des vaisseaux, artères, veines, etc, comme toute cause qui apporte obstacle au cours du sang, une af fection du cœur, un anévrisme, etc., produisent souvent cet effet. Les pertes de sang sont dans la même catégorie ainsi que l’état de grossesse.

Le nombre de ces causes est donc très-varié, et leur mode d’agir est loin d’être le même : par conséquent le traitement ne peut pas être uniforme. Telle n’est cependant pas l’opinion du vulgaire, qui considère les hydropisies comme des effets constants de la débilité, et les combat trop exclusivement par des toniques. Si on réussit chez celui qui est deveuu hydropique par suite d’une alimentation insuffisante , on échoue chez celui qui l’est par suite d’une phlegmasie chronique. C’est cette dernière affection qu’il faut en lever : l’hydropisie cédera ensuite d’elle-même. Le traitement de ces maladies est difficile même pour le médecin, et il est subordonné à mille circonstances variées. Les moyens les plus rationnels et réputés pour être les plus actifs sont souvent impuissants. La ponction, qui procure une évacuation subite, n'est qu’une ressource palliative, parce qu’elle donne issue au liquide épanché sans tarir la source; et cette opération d’ailleurs n’est pas exempted’inconvénients. Il estcependart très-important de ne pas laisser persister cette affection longtemps; car les tissus s’altèrent et se dénaturent pendant sa durée, et en tous cas plus elle est ancienne, plus il est difficile de la guérir. D' CHaRBONNIER.

HYDROPNEUMATIQUE (Cuve). Voyez Cuve.

HYDROPOTE (du grec 50wp, eau, et xôrns, buveur), buveur d’eau, et surtout celui qui ne boit que de l’eau et s’abstient de toute liqueur fermentée.

HYDRO-SÉLÉNIQUE (acide). Voyez SéLévnynnr- Que (Acide).

HYDROSTATIQUE (de Ywp, eau, et fotaur, se tenir, être en repos ). Ce mot devrait donc rigoureusement signifier la statique de l’eau, la science de l'équilibre des eaux; mais, malgré la rigneur de l’étymologie, la valeur du mot Aydrostatique n'est pas restreinte à ce qui concerne l’eau , comme pourrait le faire supposer la composition du mot Cette expression s'étend en général à l’équilibre detous les fluides ; et cela est fort raisonnable, car les lois de cet équilibre leur sont communes.

Les fluides sont soumis à des iois de pression et d'équilibre qui diffèrent en plusieurs points de celles qui régissent les mêmes propriétés dans les corps solides, Ces propriétés se résument pour les fluides en une série de propositions que les bornes de cet article ne nous permettent pas de développer en les accompagnant de toutes les preuves dont elles sont susceptibles, mais que, d’après l'autorité de démonstrations qui abondent dans les traités spéciaux sur la matière, on peut considérer comme absolument prouvées, Voilà quelles sont ces propositions fondamentales : « 1° Les fluides et les solides sont composés, abstraction faite des quantités de calorique dont ils sont respectivement pénétrés, de molé-

HYDROSTATIQUE — HYDROSUDOPATHIE

majeure même nature, et conséquemment les molécules des fluides sont douées de pesanteur, à l'instar des molécules des corps solides ; 2° les fluides pèsent de bas en haut tout comme de haut en bas; 5° les fluides exercent une pression iatérale; 4° la pression exercée sur les molécules inférieures d’un fluide par la pesanteur de la colonne supérieure du fluide, est égale dans tous les sens; 5° chaque molécule d’un fluide est également pressée de toutes parts par les molécules environnantes , d’où résulte la condition de repos absolu ; 6° de l'égalité de cette pression, il résulte encore que la surface d’un fluide abandonné à lui-même doit constamment affecter la forme plane, et que cette surface sera toujours parallèle à l'horizon ; 7° la pression exercée par un fluide contre une surface quelconque sera perpendiculaire à chacun des éléments de cette surface ; 8° quelles que soient leur quantité et la figure des vases dans lesquels ils sont contenus, les fluides doivent presser en raison exacte de leur hauteur ; 9° dans les tubes, soit égaux, soit inégaux, soit droits, soit obliques, pourvu qu'il y ait communication entre eux, un fluide doit monter à la même hauteur : ce qui résulte nécessairement de ce qu’il ne peut être en repos qu’autant que toutes les surfaces supérieures seront dans un même plan parallèle à Phorizon; 10° les pressions exercées sur une base donnée par deux fluides de différente densité ne peuvent être égales entre elles qu'autant que leurs hauteurs et leurs densités seront en raison réciproque. »

A l'égard de la 1** proposition, nous disons que si la pesanteur des molécules d'un fluide n’est pas sensible dans le fluide même, cela tient à ce que les molécules inférieures soutiennent les molécules supérieures , qui ne peuvent donc descendre : aulieu que dans les solides, toutes ces molécules sont étroitement unies entre elles, et forment un seul et même tout, dont l'effort se concentre pour ainsi dire en un seul point, les molécules des fluides, au confraire , sont indépendantes les unes des autres. Le peu d’adhérence qu’il y a entre elles est cause qu’elles doivent céder au moindre effort qu’on fait pour les séparer ; elles doivent donc exercer une pression, indépendamment les unes des autres. Pour preuve de la 2e proposition, il ya

une expérience bien simple à faire. Plongez dans l’eau un tube |

de verre (non capillaire), ouvert par les deux extrémités ; bouchez l’une d’elles avec le pouce. Le tube étant rempli d'air, l’eau n’y montera qu’à une frès-petite hauteur. Mais en levant le pouce, afin de laisser échapper l'air comprimé, vous verrez monter beaucoup Peau dans le tube ; elle atteindra même à un niveau supérieur à celui de la surface de l’eau dans le vase. L’eau contenue dans le tube est donc mue dans un sens opposé à l'effet ordinaire de la pesanteur. Donc, il en faut conclure que les fluides pèsent de bas en haut. Si l’on veut s’assurer de la vérité de la 3° proposition, que l’on prenne un tube recourbé, ouvert par les deux bouts , et dont les branches, d’inégale longueur, fassent entre elles un angle quelconque. Si vous bouchez avec le pouce Vorifice de la longue branche, et si vous plongez la courte branche , lorsque vous ôterez le doigt, l’eau montera sensiblement dans la plus longue. Cette ascension ne peut être causée que par une impulsion latérale que reçoivent des molécules voisines, celles qui se trouvent à l'orifice du tube. Aussi voit-on un tonneau plein de liquide se.vider quand Jon y pratique un trou sur le côté. La 4e proposition n’est pas plus difficile à prouver par expérience. Le repos absolu de chaque molécule d’un fluide, que nous avons conclu de ce qu’elle est également pressée de toutes parts, est une vérité qui n’a pas besoin de démonstration. C'est l'objet de notre 5° proposition. Nous en pouvons dire autant de la 6° proposition; car de ce que l’équilibre s'établit et que le fluide est en repos, il s’ensuit que sa surface devient plane et parallèle à l'horizon. Est-il nécessaire d'ajouter que l’on mentend parler ici que d’une surface de peu d’étendue et non d’une vaste surface comme celle des mers, dont nul w’ignore la courbure ? A l'égard de la 7° proposition, on doit eonsidérer que pour que au lieu d’être perpendiculaire à

chacun des éléments d’une surface quelconque, la pression fût oblique , il faudrait la décomposer en deux, dont l’une serait perpendiculaire à la surface, conséquemment effective, tandis que lautre, qui aurait une direction parallèle à cette surface, serait de nul effet ; ce qui serait contraire au principe de la pression en tous sens. La démonstration des propositions 8, 9 et 10 exigerait des développements dont nous sommes forcé de nous abstenir, et qui nous en: traîneraient dans des redites inutiles.

Dans la théorie de l’hydrostatique, on considère encore l'équilibre des corps flottants et des corps plongés. Un solide plongé dans un fluide est pressé de toutes parts par le fluide, et cette pression croît en raison de la hauteur du fluide au-dessus du solide. Un solide plongé dans un fluide perd une partie de son poids égale au poids du volume du fluide déplacé : c’est la généralisation du célèbre principe d’Archimède sur lequel se basent la construction de la balance hydrostatique et des aréomètres. Un solide plongé dans un fluide spécifiquement plus léger que lui doit s’enfoncer jusqu’à ce qu’il arrive au fond. Cela est évident ; car il est poussé de haut en bas par son propre poids, et il n’est poussé de bas en haut que par une force égale au poids du volume du fluide déplacé : or, cette dernière force est moindre que le poids du solide qui est supposé avoir plus de poids spécifique que le fluide : donc le solide doit descendre avec une force, c’est-à-dire une vitesse égale à la différence entre son poids et celui d’un pareil volume de ce fluide. Un solide plongé dans un fluide spécifique plus pesant que lui doit monter jusqu’à ce que le poids spécifique du solide soit au poids spécifique du fluide comme le volume du fluide déplacé est au volume du solide qui y plonge. Le corollaire de cette dernière proposition est qu'un solide plongé dans un fluide spécifiquement plus pesant que lui doit flotter à sa surface.

La matière que nous n’aons pu qu’effleurer nest susceptible de démonstrations mathématiques qu'à l’aide d’une analyse algébrique extrêmement élevée Ces sortes de questions ont exercé les facultés des plus grands géomètres de l’Europe ; et il n’appartient qu’à peu de personnes de continuer leurs travaux. Mais de ces travaux savants et profonds il est résulté la certitude des propositions que nous venons d'établir. PELOUZE père.

HY DROSTATIQUE ( Balance). Voyez BALANCE HYDROSTATIQUE.

HYDROSUDOPATHIE (du grec Üwp, eau, du latin sudor, sueur, et du grec méfos, douleur). Ce mot hybride exprime plus complétement que celui d'ydrothérapie les bases essentielles de la méthode de Priessnitz, laquelle consiste à employer l’eau froide à l’intérieur et à l’extérieur, alors que les malades sont en sueur. Il est assurément fort original d’avoir transformé\en un traitemert célèbre et régulier une des causes les plus redoutées d’un grand nombre d’affections morbides. Guérir des maladies en usant de la chose même qui fréquemment les engendre, voilà une nouveauté qui méritait bien d'appeler les regards sur l’homme à qui elle est due.

Nous pourrions renvoyer au mot HYDROTIÉRAPIE fout ce que nous avons à dire de l’hydrosudopathie; cependant nous énoncerons dès à présent quelques-uns des principes positifs dont cette nouvelle méthode a droit de s’autoriser, quoique ces principes, fort postérieurs à sa création, soient restés ignorés de son fondateur.

Déjà depuis quelque temps il était prouvé que les animaux à sang froid, les serpents, les crocodiles, les grenouilles , ne sont pas exposés aux inflammations, et n’ont jamais rien de fébrile, premier fait qui induit à conjecturer l'influence antiphlegmasique ou anti-phlogistique du froid. On a cru découvrir plus récemment que lapplication du froid au corps de l’homme a pour effet de condenser les tissus, de restreindre la cavité des vaissaux capillaires et d’y ralentir le cours du sang ; constatation explicative des effets directs de l’hydrothérapie, Un médecin Aydropathe dit

qu'ayant plongé l’un de ses pieds, qui avant l'immersion marquait 26 degrés centigrades de chaleur, dans de l'eau de puits, à 9 degrés centigrades ( température la plus basse qu'on obtienne naturellement l'été à Paris), ce pied, après quinze minutes d'immersion, était devenu très-rouge et marquait plus que 13 degrés, et 19 degrés à peine dix minutes après avoir été retiré de l’eau et couvert de tissus chauds et protecteurs.

Il est prouvé qu’on supporte d'autant mieux le froid qu’on est doué naturellement d’une chaleur vitale plus élevée. Il n’y a jamais plus de deux degrés de différence dans la température d’une même personne, qui, par suite de lexercice corporel, ou par l'effet de lourdes couvertures, passe de l’état tiède et calme à l’état de sueur; or, celui dont le corps en sueur comporte et signale ainsi deux degrés de chaleur au delà du degré normal, et jamais davantage, cette personne supporte beaucoup mieux l’immersion dans un bain froid qu'une autre qui n'aurait que sa température ordinaire et de repos, cette température fût-elle très-élevée.

Voilà des faits qui ont été parfaitement démontrés et dont la certitude expérimentale nous est acquise. On demandera peut-être à quoi sert une évaluation si précise de la chaleur humaine et des limites assignées à ses accroissements. Nous repondons que de pareïls faits fondent des motifs sérieux à cette médication bizarre, qui consiste à faire suer des individus généralement peu malades, avant de les plonger dans l’eau la plus froide qu’on puisse rencontrer, C’est la méthode encore nouvelle que le paysan Priessnitz a pratiquée longtemps en Allemagne, et qu'on a promptement importée au nord et à l’ouest de Paris, d’abord aux prés de Saint-Gervais, puis aux Thernes, à Auteuil, à Bellevue, etenfin à Paris même. C’est là ce qu’on nomme l’hydrothérapie et l'hydrosudopathie, mots composés, qui semblent avoir été faits exprès pour les pauvres immergés, qui ne les prononcent qu’en frissonnant, et non sans reprendre haleine, pendant les trois à cinq minutes au-delà desquelles un tel bain ne peut être prolongé sans imminence d’asphyxie, sans flagrant péril pour la vie. Il faut les voir courir avec leurs manteaux, à la sortie de ce bain glacial!

Cette étrange méthode de traitement est loin d’être tou jours efficace, mais elle est nouvelle, et c’est un grand mérite. Ce qu’elle offre de plus surprenant, c’est que l'extrême révolution qu’elle occasionne en des organes chauds et sensibles soit si rarement suivie d’accidents. On ne la loue si démesurément que parce qu’elle ne produit pas tout le mal qu’on avait lieu d’en appréhender. Nous ajouterons cependant qu'elle a paru favorable dans de certaines affections chroniques. D' Isidore Bourpox.

HYDROTHÉRAPIE (de ÿwp, eau , et Geparebw, je guéris), art de guérir au moyen de l’eau. L'hydrothérapie, ou l’art de traiter les maladies au moyen de l’eau pure et froide, a été singulièrement circonscrite dans ces derniers temps, parce qu’on ne s’est occupé que des effets produits par l’eau froide (au-dessous de 18° cent.) Si autrefois cette médication par l’eau froide n’était guère en usage, excepté pour la chirurgie, l'eau pure n’en a pas moins été de tout temps recommandée comme moyen diététique pour bains et pour boisson. Il est vrai qu’en général on la négligeait beau coup trop, attendu que les quelques voix isolées qui s’élevaient pour la recommander étaient étouffées ou par des préjugés profondément enracinés qui lui attribuaient des résultats nuisibles, ou par l'indifférence qu'inspire naturellement au médecin tout moyen trop vulgaire pour laisser quelque illusion à celui qui l’emploie ou servir les intérêts de celui qui l’ordonne. Quelques cas dans lesquels on essaya de l’eau froide, après avoir inutilement usé d’autres moyens, provoquèrent bien de temps à autre quelques imifations ; mais ces traitements d'exception ne réussirent pas à faire sortir l'eau froide de la catégorie des ressources extrêmes et désespérées, pour la classer au nombre des agents (hérapeutiques d’un emploi journalier, Aussi, et malgré les efforts

HYDROSUDOPATHIE — HYDROTHÉRAPIE

le commencement du dix-huitième siècle, essayèrent de rendre plus général le traitement par l’eau froide, cette thérapeutique inspirerait-elle encore la défiance, si les attestations d'Œrtel et de Priessnitz, qui la vantaient comme una panacée infaillible, et si les heureux résultats qu’on en obtenait fréquemment dans la pratique, n’avaient tout à coup transformé en enthousiasme le préjugé que les gens du monde avaient naguère contre l’eau froide, et éveillé chez un grand nombre de praticiens le regret d’avoir jusque alors trop négligé cet expédient.

Il s’en faut cependant encore que la puissance curative de l'eau froide ait été suffisamment démontrée. Ce qu’il y a de généralement avéré, c’est que l'emploi intérieur de ce moyen calme la surexcitation des nerfs, facilite les sécrétions et améliore les rapports synergiques des solides et des liquides ; que son emploi externe calme également la chaleur fébrile des vaisseaux et leur donne du ton lorsqu'ils sont affaissés, qu’il fortifie les fibres des muscles, et qu’il excite la peau, dont il modifie les éruptions chroniques. Voici, d’après les plus croyants, les maladies dans lesquelles on à obtenu les meilleurs résultats de l'emploi de l’eau froide : affections aigües : le typhus, la fièvre scarlatine et autres maladies de la peau ; l’angine couenneuse, et diverses inflammations ; mais surtout, quant aux douches froides et ainsi que Pa prouvé le docteur Fleury, les fièvres intermittentes sur lesquelles le quinquina n’a eu aucun pouvoir. Affections chroniques : la syphilis, la goutte atonique, le rhumatisme, diverses espèces de paralysies, les maladies nerveuses et les maladies des organes hypogastriques. Il est cependant nécessaire de tenir compte de diverses circonstances, comme par exemple de l’individualité du malade et de la maladie, de l’abaissement ou de l'élévation de la température de l’eau, des phénomènes qui se manifestent pendant la durée du traitement et la durée de l'application méthodique du remède, de Ja manière dont on l’emploie, etc. L'attention dont l’eau froide a été l’objet dans ces derniers temps a fait perdre de vue l’eawchaude qu’on emploie extérieurement aussi souvent qu’autrefois, mais qui prise intérieurement offrirait, entre Les mains d’un médecin rationnel, un moyen curatif qu’on a tort de trop négliger aujourd’hui. La méthode indiquée et employée par Cadet de Vaux, laquelle consiste à traiter les malades effectés de la goutte ou de rhumatismes en leur faisant boire de grandes quantités d’eau chaude, a produit des cures fort remarquables , mais ma jusqu’à ce jour trouvé qu’un petit nombre de partisans. On n’a fait non plus qu’un très-pelit nombre de recherches et d'observations satisfaisantes sur les vertus générales de l’eau chaude et la manière de l’appliquer. Bref, la doctrine de l’hydrothérapie offre de graves inconvénients déjà connus, et il serait à désirer, dans l'intérêt de l'humanité, qu’elle fût l’objet d’un travail impartial, complet et scientifique, qui préciserait les cas où cette méthode de guérir peut être employée avec avantage, ainsi que la meilleure manière de l’appliquer, et ferait justice des préjugés comme des exagérations.

On a partiellement employé cette méthode hydriatrique, mais en la modifiant, dans cette effrayante période du choléra qui a reçu le nom de période algide. Alors qu'après la durée plus, ou moins longue des vomissements, d’une diarrhée séreuse, floconneuse et blanchâtre comme de l’eau de savon, le refroidissement de la face et des membres fait des progrès; alors que l'haleine et la langue deviennent glaciales comme la périphérie du corps ; que la physionomie s’altère profondément et se consterne comme par vingt années d'âge tout à coup surajoutées à l’âge réel; que le nez est froid comme celui d’un chien, effilé comme celui d’un moribond ; que la peau des extrémités devient bleue, froide etgluante comme celle d’un reptile; qu’elle se ride et se fronce aux doigts comme s’ils venaient d’être macérés dans un bain chaud trop prolongé, ou dans de la lessive; que le pouls se déprime jusqu’à devenir incertain ou nul; que

d’un assez grand nombre de praticiens qui, surtout depuis | la voix se brise, s'éclipse ou s'éteint, que l'urine diminue

HYDROTHÉRAPIE — HYENE

jusqu’à tarir, et qu'à ce cortége de symptômes sinistres il se joint une soif que rien n’étanche, des crampes de tétanique, et cette vive persuasion d’une mort prochaine qui glace et terrifie les assistants, alors, dans ce danger suprême, on à quelquefois recours à la méthode de Priessnitz, mais en la modifiant, je le répète. On trempe un drap de toile dans de l’eau froide, et ce drap imbibé sert à envelopper de toutes parts le corps entièrement nu du malade. Quelques médecins donnent la préférence à de l’eau chaude et faiblement salée pour cette méthode, à laquelle un d’eux à donné le nom de méthode d’enveloppement. La tête seule reste hors du drap. Par-dessus cette enveloppe mouillée, on place des couvertures de laine, et quelquefois même on y joint un édredon ou sac de plume, attirail de luxe pour lequel quelques Parisiennes montrent tant de prédilection. Voici maintenant ce qui arrive, au moins quelquefois, comme après les immersions froides des hydrothérapeutes. La peau du malade, d’abord refroidie et cyanosée (bleue), reprend de la souplesse, et devient le siége d’une réaction qui ramène la coloration vitale et la chaleur. Les vaisseaux absorbants reboivent d’ailleurs cette eau partiellement vaporisée dont le drap est humecté, ce qui rend à la masse du sang une partie du sérum dont elle est privée du fait de la maladie. C’est dans ce but qu’on renouvelle de temps en temps l'humidité extérieure que Vair, l'absorption vitale et la chaleur ont dissipée. Plus d’une guérison de choléra a été obtenue de la sorte, par cette méthode d’enveloppement qui est principalement conseillée par un habile praticien de Metz et par un des médecins de Phôtel-Dieu de Paris, après lavoir été à Smyrne, en 1847, par les docteurs Bargigli et Burguières. D’ Isidore Bourpon.

HYDROTHÉRAPIQUES (Établissements ). C’est ainsi qu’on appelle les établissements où l’eau froide est méthodiquement employée pour la cure des maladies. Les diverses applications de l’eau froide exigent différents appareils, très-simples assurément en eux-mêmes, mais qui, au total, ne se trouvent que rarement ou même jamais complétement réunis dans les habitations particulières avec les ustensiles requis. Il faut notamment des baignoires de différentes espèces , les appareils nécessaires pour administrer des douches et des bains de pluie, des appareils propres à provoquer la sueur, indépendammentdes couvertures delaine et de coton. La grande réputation que se fit Priessnitz par ces applications de l’eau froide le détermina à fonder à Græfenberg, lieu où il résidait, le premier établissement bydrothérapique; et l’hydrothérapie fit bientôt en Allemagne un si grand nombre de partisans, qu’en 1842 on n’y comptait pas moins de quarante établissements hydrothérapiques, et que depuis lors ce nombre s’est encore singulièrement augmenté. Nous citerons plus particulièrement ceux d’Ilmenau et d’'Ekersbourg, dans la forêt de Thuringe, deKreisha et de Schwectzermühle, dans la Suisse saxonne, de Hohenstein, dans l’Erzgebirge, et de Lauterberg, dans le Harz. La plupart sont placés sous la direction scientifique de médecins en qui les malades ont la confiance la plus absolue.

Après les dispositions nécessaires pour pouvoir convenablement loger et traiter les baigneurs, une condition essentielle pour un établissement de ce genre , Cest de pouvoir disposer d’une bonne eau de source, qui ne soit pas trop exposée à l'influence de la température extérieure; viennent ensuite les conditions d’un air pur et d’environs agréables, ainsi que les requiert tout autre établissement de bains, La plupart des établissements hydrothérapiques sont situés dans des pays de montagnes. Comme il arrive souvent que quelques espèces particulières de bains sont plus faciles à établir dans certains endroits isolés que dans les. établissements mêmes, il n’est pas rare que les appareils pour les bains de douches, de lames, etc., se trouvent placés à quelque distance de là. A Iimenau, par exemple, il n’y a pas d’établissement-proprement dit. Les baigneurs logent dans des mai- 80n$ particulières où l’on trouve les divers appareils nécessaires au traitement bydrothérapique, et les dispositions dont

nousavons parlé sont dispersées en divers endroits de la ville.

Le traitement hydrothérapique absorbe chaque jour bien plus de temps que l'usage des bains d'eaux minérales ordinaires : par exemple, voici quel était, autrefois du moins, à Græfenberg l'emploi de la journée d’un malade, A quatre heures du matin on le plaçait dans une couverture sudorifère, où il restait jusqu’à huit heures, pour bientôt entrer dans le bain froid. Après ce bain, qui durait quelques minutes, le malade faisait un petit tour de promenade précipitée; puis ël avalait de l’ean froide et ensuite déjeünait. Après le déjeûner, nouvelle promenade pour aller prendre des douches. Cette formalité une fois remplie, le patient s’agitait encore au grand air, afin de se préparer convenablement pour le diner, qui avait lieu à une heure. Deux heures environ après le diner, le malade faisait encore un petit tour de promenade avant de se replacer dans la couverture sudorifère. Trois heures après, un nouveau bain; puis promenade en attendant le souper, que suivait encore un tour de promenade ; et la journée se terminait par un bain de siége.

La diversité des affections morbides modifiait naturellement ce régime; et il a encore été modifié davantage à mesure que les médecins se sont familiarisés avec l’application de l’eau froide. Le traitement est cependant resté le même dans les détails essentiels; et avec une diète nourrissante, mais très-simple, comme on peut facilemeut l’observer dans des établissements de ce genre, il a eu d’heureux résultats. A Paris ou près de Paris, nous avons des établissements semblables, ou peu s’en faut, à ceux de Græferberg. D' Isidore Bourpon.

HYDROTHERMOLOGIE, étude et science des eaux thermales ou des thermes.

HYDROTHORAX, ou hydropisie de poitrine. Voyez HYDROPISIE.

HYENE, genre de carnassiers digitigrades. La hyène était connue des anciens naturalistes, et Aristote la décrit avec une rare exactitude; mais la lâche férocité de cet animal sauvage, qui en faisait pour les uns un objet d’effroi, et l’étrangeté de certains caractères anatomiques, qui en faisait pour les autres un être anormal, ont donné lieu à des légendes tellement nombreuses et tellement exagérées , que l’histoire naturelle de la hyène n’est parvenue jusqu'à nous qu’escortée d’une innombrable série d’erreurs traditionnelles, dont Pline, Élien, Aldrovande, etc., se sont faits les échos.

La hyène est un animal nocturne, vorace, vivant surtout de charognes, et rôdant sans cesse autour des tombeaux pour chercher quelque cadavre; qu’elle déterre et qu’elle dévore : dans quelques contrées tropicales, elle pénètre la nuit dans l’enceinte des villes pour dévorer les immondices etles corps morts qu’on abandonne dans les rues. Ses quatre doigts sont armés d’ongles très-puissants, mais qui, n'étant ni acérés ni tranchants, forment un instrument fouisseur plutôt qu’une arme offensive; la largeur de sa tête, terminée par un museau obtus, l'énorme développement de sa crête sagittale, l’écartement considérable des arcades zygomatiques, indiquent une énorme puissance d’action dans les muscles du col et dans les mâchoires, et expliquent le récit des voyageurs qui racontent avoir vu la hyène emporter dans sa gueule des proies.énormes sans leur laisser toucher le sol. A la mâchoire supérieure, elles ont trois fausses molaires, à la mâchoire inférieure quatre : toutes sont coniques, mousses et singulièrement grosses; leur dent carnassière supérieure porte un petit tubercule, mais la carnassière in. férieure ne présente que deux fortes pointes tranchantes . en général, la puissance de leur appareil masticateur leur permet de briser les os les plus durs. Leurs oreilles sont grandes et presque nues, leurs -yeux ont up aspect étrange: car leur pupille s'offre sous la forme d’une pyramide dont la base, au lieu d’être plane, serait fort arrondie ; leurs n:rines sont placées à l’extrémité du museau et entourées d’un mufle ; leur train de derrière n’est pas plus bas que le train de devant, comme on l’a cru longtemps ; mais leurs menbres postérieurs sont toujours fléchis, ce qui leur donne uni

fait paraître boïiteuses ; leur queue courte et pendante; enfin, elles offrent un appareil glandulaire particulier , dont le conduit excréteur s’ouvre près de l'anus, et sécrète une matière épaisse et visqueuse d’une odeur extrêmement fétide. C’est à l'existence de cétte poche qu’il faut rapporter les fables des anciens sur le prétendu hermaphroditisme dela hyène.

On distingue plusieurs espèces d’hyènes, dont quatre se rencontrent encore à l’état vivant. Ce sont : la Ayène rayée (hyæna vulgaris, Geoff. St.-Hil. ), qui paraît avoir été l'espèce connue des anciens, et qui habite la Perse, l'Égypte, l’Abyssinie : elle fut montrée aux Romains pour la première fois sous l'empire de Gordien; la Ayène brune (hyæna fusca, Geoff. St.-Hil.), dont la patrie est inconnue; Ja hyène tachetée ( hyæna capensis, Desm. ), qui habite la partie méridionale de l'Afrique, et que les habitants, dit-on, emploient à la chasse; c’est sans doute à cette espèce qu’appartiennent ces hyènes apprivoisées dont on trouve plus d'un exemple en Algérie, où, dit-on, on en voit quelquefois rendre à leurs maîtres les mêmes services qu’un chien ; la hyène peinte (hyæna picta, Temm.}), décrite et figurée pour la première fois par Temminck, l’ornithologiste hollandais : c’est le chien hyénoïde de Cuvier. De plus on trouve fréquemment dans les cavernes à ossements de nombreux débris de differentes espèces d’hyènes fossiles.

, BELFIELD-LEFÈVRE.

HYERES (Iles d’). En face du rivage le plus méridional de la Provence (dép. du Var) sont trois îles, nom mées autrefois /Zes d'Or et aujourd’hui Porquerolles,

Port-Cros, et l’Ile-du-Levant ; elles embrassent dans leur |

contour la vaste rade d’Hyères; leur solest une roche calcaire, abrupte sur ses bords, et recouverte, dans l’intérieur, d’une mince couche de terre végétale; le vent du nord-ouest, si fréquent sur les plages de la Provence, les balaye presque continuellement; des sapins rabougris et quelques arbousiers leur donnent un peu de verdure. Porquerolles, la plus importante, parce qu’elle domine la rade, compte plusieurs forts et batteries de côte dont les gardiens reçoivent du continent tous les objets nécessaires à la vie; car l’eau y est rare, etils ne peuvent, dans la plaine cultivable, récolter assez de légumes pour leur consommation journalière. L'industrie a profité de son heureuse position maritime pour y établir une fabrique de soude. Mais si la terre est aride, le ciel y déploie tous ses trésors; chaque jour le soleil s’y lève et s’y couche radieux; dans la journée, il dév rse des torrents de lumière, et les nuits sont douces. La population des îles s'élevait, en 1872, à 13,942 âmes.

La ville d'Hyères est plus heureuse que ses îles : située sur le revers d’une colline, elle est abritée contre les vents du nord par une enceinte de hauteurs qui lui ménagent une agréable température ; l'hiver y a rarement des frimats ; pendant l'été, les brises de la mer rafraîchissent ses journées les plus chaudes, et le mistral souffle dans les airs sans tourmenter les feuilles de ses arbres; ses jardins, remplis d'orangers, descendent en pente douce vers la mer; une rivière et plusieurs ruisseaux arrosent ses alentours, et sur la plage unie et sablonneuse qui borde sa rade on trouve de magnifiques salines. La réputation de son climat y attirait naguères une foule d'étrangers: les phthisiques de toutes les contrées de l’Europe venaient y chercher un reste de vie; le rendez-vous des malades est aujourd'hui à Nice, qui offre infiniment plus de ressources et possède un ciel encore plus doux et des sites plus agréables.

Outresessalines, Hyères fait ur grand commerce d’oranges, assez médiocres, de citrons, de grenades, d'huile d'olive, de bons vins rouges d'ordinaire, On y compte 11,912 habitants (1872). La colline est couronnée par les ruines d'un château gothique. Au moyen âge elle possédait un port, où s’embarquaient les pélerins de Palestine. Saint- Louis y :borda à son retour d'Égypte. Théogène PAGE.

HYGIE (en grec ‘Yyleux), considérée par les Grecs comme la déesse de la santé, était selon quelques auteurs fille d’Es-

HYENE — HYGIENE

allure bizarre qu’augmente leur démaiche oblique, et qui les |

culape et d'Épione ; d’autres la lui donnent pour femme, ct il en aurait eu suivant eux plusieurs enfants. À Sicyone, dans le temple d’Esculape, elle avait une statue à demi couverte d’un voile, à laquelle les femmes de cette ville offraient leurs chevelures. Un gros serpent enveloppe le corps de la déesse, et faisant plusieurs contours autour d’elle, passe sur son bras pour boire dans la coupe qu’elle tient à sa main. Alexandre LENorR.

HYGIE, planète découverte par M. de Gasparis, à Naples, le 14 avril 1849. Sa distance au soleil est à celle de la terre au même astre comme 3,15 est à 1. Son excentricité est 0,12; son inclinaison, 3°47'5”. Sa révolution sidérale s’effectue en 2075 jours. La longitude de son périhélie est de 234° 25° 54"; celle de son nœud ascendant, de 287° 15! 28".

HYGIENE (de ÿôylex, santé). Ce mot désigne une partie de la médecine enseignant les moyens de conserver la vie des hommes dans l’état sain. Ce but fait tout de suite sentir l'importance du sujet qui va nous occuper ; mais il est frès-vaste, car il comprend la connaissance de l’organisation du corps humain, celle du jeu des organes et celle des conditions qui sont favorables ou nuisibles à l'entretien de la vie : il exige, enfin, la connaissance de l’ensemble des sciences naturelles, puisque nous sommes en relation avec tous les corps de la nature, et influencés par eux.

Parmi les appareils d'organes dont le corps humain se compose, il en est qui ontune importance majeure comparativement aux autres. En première ligne, on remarque l'appareil nerveux : c’est par lui que l’organisation commence, et c’est sous sa présidence qu’elle s'achève. C’est en lui que réside le principe de l’intelligence; il est le dispensateur de cette propriété inhérente à nos tissus qui les rend aptes à être excités, à recevoir des impressions, à être sensibles; il établit des rapports entre toutes les parties et est l'organe des sympathies : en lui se trouve probablement aussi la source de la chaleur propre aux corps animés. On dirait que cet appareil est l'animal proprement dit, que tout le reste de l’organisme ést accessoire et destiné à le servir. Comme orgaze d’excitation, d'action et de réaction, le système nerveux est pour nous une voie d’impressions aussi nombreuses que variées.

Les corps célestes ont une action sur nous, mal ou point connue, mais appréciable par des effets. Sans leur accorder l'empire que les astrologues leur attribuaïient jadis, on ne peut nier, d’après l'observation, l'influence de plusieurs causes sidérales. Le soleil, source de la chaleur répandue dans la nature, et avec laquelle notre température propre tend à s’équilibrer, est l’origine de plusieurs modifications. Si son action modérée est nécessaire pour lentretien de la vie, elle est nuisible quand elle est en excès. Cet astre échauffe-t-il trop fortement le milieu dans lequel nous vi-

. vons, ne pouvant nous débarrasser d’un excès de calorique

qui nous surcharge, nous éprouvons une excilalion accablante, qui affaiblit nos facultés intellectuelles et use prématurément les instruments de la vie : une trop vive insolation engendre des accidents graves et instantanés, Nous trouvonsnous, au contraire, placés dans un milieu froid, nous avons d’autres inconvénients à redouter ; mais ils sont moins dangereux, et il est plus facile de s’y soustraire; nos maisons, nos foyers, nos vêtements, nous offrent de grandes ressources sous ce rapport * aussi la vie se prolonge-t-elle plus longtemps sous les latitudes froides que sous celles qui leur sont opposées. Nous devons done nous soustraire aulant que possible aux degrés extrêmes de la température. Par la même raison, nous devons, pour la conservation de la santé, nous abstenir des bains trop chauds comme des bains trop froids : adoptons pour règle en les prenant l’état où on se trouve au sortir de l’eau : qu'il soit le bien-être, et ne nous plongeons pas dans ce milieu s'il laisse après qu’on s’en est retiré une chaleur fébrile ou un sentiment de froid. La lumière, autre émanation du soleil, considérée indépen damment des organes de la vision, exerce aussi une action incontestable sur nous : son défaut commeson excès sont nui

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