‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 17 sur 522 · HERCULE — HERDER · texte numérisé non relu

HERCULE — HERDER

tables. Les deux têtes d’Hercule et d’Ophiucus ou Serpentaire sont très-près l’une de l’autre dans le ciel; ce sont deux étoiles de deuxième grandeur, Entreelles sur les cartes passe la ligne menée depuis la constellation Antarès jusqu’à la Lyre. On remarque dans Hercule une nébuleuse , petite tache blanchâtre, d’une pâleur lumineuse et informe. Hercule est le plus souvent appelé dans les mythes astronomiques As/r0chyton (Tunique d’étoiles) et Genuflexus (Genou-en-terre) parce que v’est dans cette attitude qu’il est représenté sur les globes célestes, sous l'aspect d'un combattant, et se faisant une sorte de bouclier de la peau du lion de Némée.

HERCULE (Bains d’). Voyez Meuapia.

HERCULE ( Colonnes d’). On appelait ainsi, dans Pantiquité, les deux promontoires qui forinent le détroit de Gibraltar, Calpé et Abyla ( aujourd’hui Gibrallar et Ceuta }; qu’on regardait alors comme les limites du monde, et qu’on croyait avoir été placées là par Her cu le dans ses voyages.

HERCULE FARNESE, statue colossale en marbre, copie d’un ouvrage de Lysippe, exécutée par Glycon. Elle nous montre le héros fatigué du travail. Il se repose un instant et s’appuie sur sa massue, Les muscles et les veines sont encore enflés. Le visage incline à terre et a quelque chose de triste dans l'expression. L’uné des mains d’Hercule est posée sur son dos et tient une pomme des Hespérides. Ce morceau à été reproduit à l'infini et dans toutes les grandeurs.

HERCYNIENNE ( Forèt ), en latin Hercynia sylva, dénomination formée du mot tudesque Lar/, signifiant montagne couverte de forêts ; elle désigne vaguement tantôt une montagne, tantôt une autre dans l’intérieur non exploré de la Germanie. Aristote déjà parle de la forêt hercynienne et y place les sources de l’Ister (Danube). César, qui lui donne une largeur approximative de neuf journées de marche, et une Jongueur de soixante journées, comprend sous ce nom toutes les chaînes de montagnes de la Germanie situées av nord du Danube, et ses contemporains en racontent beau. coup de fables. Strabon, qui ne pouvait pas encore se dégager entièrement des idées de César, la plaçait également dans la région où est aujourd’hui le Bæhmerwald, ce que fait aussi Velleius Paterculus en termes plus précis. Florus, Tacite et Pline, de leur côté, y comprennent aussi la forêt de Thuringe. A mesure que les géographes anciens connurent mieux la Germanie, et apprirent les noms particuliers de ses montagnes, il leur fallut reporter toujours plus avant cette dénomination, de sorte que Ptolémée ne désigne plus par là que les montagnes qui unissent les Sudètes aux Carpathes, montagnes pour lesquelles il ne connaissait pas sans doute le nom spécial, Les géographes modernes ne sont point d'accord sur la détermination précise de la contrée de l’Allemagne actuelle répondant à la forêt Zercynienne des anciens.

HERDER (Jean-Gorrrniep ), né à Morungen, petite ville de la Prusse orientale, en 1744, est à la fois l’un des écrivains les plus distingués de’l’Allemagne et l’un des plus féconds polygraphes qui soient connus dans l’histoire des lettres. Fils d’un instituteur de jeunes filles, Herder n’avait reçu dans la maison paternelle que des leçons médiocres, Un chirurgien en chef d’un régiment de Prusse, qu'un de ces hasards qu’on doit appeler providentiels avait produit dans cette famille, mit le jeune Herder sur la voie des bonnes études. Bientôt, mieux dirigé, le futur historien de Phumanité fit de tels progrès, tout en gagnant sa vie, qu’à l'âge de vingt-et-un ans it fut nommé prédicateur et directeur d’un école de paroisse à Riga. L’estime générale l’entourait dans cette ville, lorsqu’au bout de quelque temps, brûlant du désir de voir le monde et d'étendre ses connaissances, il quitta sa position pour venir à Paris, où il se lia avec quelques hommes distingués, et rechercha la société de tout ce qu’il y avait d’éminent dans les lettres et les sciences, De retour dans sa patrie, il se chargea de l'éducation du prince d’Eutin; mais au moment où il amenait ce prince à Paris le comte de Schaumbourg-Lippe, élève de notre phi

losophie du dernier siècle, le nomma prédicateur de sa petite cour, et surintendant des pasteurs de sa principauté, comptant, d’après les ouvrages de Herder qu'il avait lus, s’attacher un homme de lettres plutôt qu’un ministre de la religion. Herder, dont l’imagination était exaltée et la piété fervente, se trouva mal à l’aise dans cette charge, et il sollicitait, par l'entremise de ses amis de Gættingue, une chaire de théologie dans cette célèbre université, lorsque, par les bons offices de Gæthe, dont il avait fait la connaissance à Strasbourg, le duc de Weimar lui offrit la place de premier prédicateur et de surintendant général de son duché (1776). Weimar était à cette époque la petite Athènes de l'Allemagne : elle possédait Wieland et Gæthe; elle attirait sans cesse tout ce qu'il y avait d'hommes de goût et de génie en Allemagne. Herder se trouva au comble de ses vœux sous ce rapport; mais les excès de travail auxquels il se livra minèrent bientôt sa santé, et lui donnèrent une susceptibilité d’autant plus fàächeuse que ses relations étaient plus étendues et plus délicates. Porté à la présidence du consistoire par le duc son souverain, anobli par l'électeur de Bavière, honoré de l’Allemagne, sans être inconnu à l’étanger, Herder mourut en 1803, peu âgé et moins heureux que ne le permettait sa position.

Théologien, orateur sacré, poëte original et traducteur, philologue, archéologue, historien, philosophe et critique, Herder, doué d’une brillante imagination, écrivant avec plus de chaleur et plus d’éclat que de profondeur, fut considéré pendant quelque temps comme un savant universel etun homme éminent. L’universalité à laquelle il eut la faiblesse d’aspirer ou de se laisser aller l’empêcha seule d’arriver au premier rang et de transmettre à la postérité un monument digne de son génie. Cette dangereuse facilité, qui égare tant d'hommes de talent, lui fit étudier toutes les langues, embrasser tous les genres de littérature, poursuivre sans cesse les lauriers académiques de Berlin et de Munich, et s’attaquer enfin au géant de la philosophie allemande, à Kant, dont le langage est si difficilement compris et dont le génie était si différent du sien.

Les ouvrages de Herder, jadis trop célébrés, trop délaissés maintenant, car l'Allemagne, qui est facilement enthousiaste, cesse généralement d'estimer dès qu’elle cesse d'admirer, ont été recueillis et publiés par Heyne, Jean et Georges Muller, d’après un choix peu sévère. Ces éditeurs les ont classés en trois séries.

Nous placerons ici l’'énumération des œuvres complètes de Herder.

I. Religion et”théologie : 1° De l'esprit de la poésie hébraïque. Cette composition, dont le pieux auteur avait conçu le plan dans sä jeunesse, n’est pas achevée; mais il mexiste pas dans la littérature moderne de livre qui peigne mieux que celui-là le vieil Orient des patriarches. 2° Le plus ancien Document du genre humain. C’est un traité sur la cosmogonie de Moïse. On y trouve sur la symbolique et les hiéroglyphes de l’ancienne Égypte quelques considérations ingénieuses, mais aussi un grand nombre d’hypothèses téméraires. 3° Sermons. 4° Interprétation du Nouveau Testament : éclaircissements tirés d'une source récemment découverte ( cette source est le Zenda-Vesta d’Anquetil ); Études sur l'Apocalypse. 5 Lettres sur l'étude de la théologie. 6° Méditations religieuses. Cette première série se compose de dix huit-volumes in-19.

II. Philosophie et histoire : 1° Le Monde primitif. Lettres et dissertations sur les antiquités persépolitaines, C'est la même hardiesse dans les vues et la même incertitude dans les détails que nous avons déjà signalées au sujet des antiquités de l'Égypte. 2° Sur l'Origine du langage. 3° Prétude sur l’histoire de l'humanité. 4 Idées Sur l'histoire de l'humanité. C'est le chef-d'œuvre de Herder, et M. Quinet à eu raison de le traduire en français : c'était pour l'époque à laquelle il parut, c’est-à-dire il y a quarante ans, une des productions les plus remarquables du dernier siècle, 5° Post-scène de l'lustoire de l'humanité : c'est le

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