‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 18 sur 522 · HERDER · texte numérisé non relu

HERDER

pendant du Prélude, 6° Sur le Système de Spinosa, traité | accompagné de plusieurs autres dissertations de philosophie et depsychologie.7° Discours pédagogiques. 8° Adrastea, esquisses d'événements et de caractères du dix-septième siècle, On remarque dans le nombre le morceau sur les académies de France. 9° Biographies et critiques littéraires. 10° Métacritique de la Critique dela raison pure, polémique sans puissance et sans exactitude, dirigée contre le système philosophique de Kant, que Herder avait mal saisi, et qu'il a faiblement combattu, on doit le dire, tout en rendant justice aux vues religieuses qui guidaient sa plume. 11° Lettres sur le progrès de l'humanité. 19° Calligone, Traité du beau et de ce qui plaît. Cette deuxième série forme 22 volumes : elle embrasse, eutre autres, les souvenirs que la veuve de Herder a publiés sur la vie de son mari.

II. Littérature et arts : 1° Fragments sur la littéra: ture allemande. ®° Poésies. Les unes sont originales, les autres imitées de toutes les langues modernes, et entremélées de dissertations sur le génie poétique de presque tous les peuples d'Occident et d'Orient. Ce qu’on remarque dans le nombre est le poème Le Cid, traduit exactement de l'espagnol. 3° Forêts critiques. Ce sont des considérations sur la science ou l’art du beau d’après les anteurs | classiques. 4° Sur Les causes de la décadence du goût. : 5° Sur l’âge d'or de Louis XIV et de la reine Anne. 6° Archéologie et plastique. Ce sont des mélanges de poésie et de critique. Cette troisième série forme 20 volumes in-12.

Les Allemands ont souvent appelé Wielan d le Voltaire de la Germanie. Wieland n’a pourtant embrassé qu’un petit nombre de sujets. Sous le rapport d’une intarissable fécondité et d'une sorte d’universalité, c’est plutôt Herder qu’il faudrait assimiler au plus inépuisable de nos écrivains. Mais sous le rapport des principes et des tendances on ne remarquerait entre eux qu’une différence tranchée, car Herder combattait l’école de Voitaire, après l’avoir étudiée dans ses principales opinions. Si les éditeurs de ses œuvres eussent été ses amis plutôt que ses admirateurs, et qu'ils eussent voulu les réduire à une vingtaine de volumes, ils auraient rendu un égal service à la littérature et à sa mémoire. En donnant une foule d’ébauches informes et d’articles médiocres, échappés à une plume trop facile, | ils ont fait autant de tort à la réputation de Herder qu’à la | pureté de leur goût. Quant à Herder, ce qui doit sauver son nom de l’oubli, dont le temps en accable tant d’autres, ! ce sont ses qualités morales. Elles ont fait la gloire de sa vie. Ce sont elles qui non-seulement l'ont distingué d’une foule d'écrivains du second ordre, mais qui l’ont mis audessus de Wieland et de Gæthe, c’est-à-dire au-dessus des deux hommes qui ont été avec Schiller, leur ami, la gloire de la littérature allemande. Ce sont ces mêmes qualités, cultivées avec une attention religieuse, qui l'ont fait surnommer le Fénelon de l'Allemagne, surnom beaucoup trop glorieux pour des temps si voisins de sa vie, mais surnom que la postérité lai rendra peut-être quand même eiie ne lira plus ses ouvrages

Un fils de Herder, Sigismond- Wolfang, né en 1776, | morten 1838, à Dresde, appartint pendant de longues années à l'administration des mines du royaume de Saxe, et les | services qu’il rendit à la minéralogie avaient été récom- | pensés dès 1812 par letitre de baron. MATTER.

HEÈRE. Voyez Cerr.

HÉREDITE. On appelle ainsi l’universalité des droits actifs el passifs qu'une personne laisse après sa mort ( voyez SUCCESSION ).

L'action par laquelle une personne qui se prétend héritière forme sa demande devant les tribunaux se nomme pétition d'hérédité. Ladition d'hérédité est l'acte par lequel une personne fait connaître qu’elle accepte une succession qui lui est dévolue.

. L’hérédité des fonctions et des emplois a créé les castes

HÉRÉDITÉ 43 de l'Égypte et de l'Inde; nous Ja voyons établie de même à Vorigine de toutes les républiques et de tous les États de l'antiquité. Fille de la conquête et de l'invasion, elle finit par disparaitre en tous lieux, devant l'émancipation du peuple asservi.

En France, sous la seconde race, les bénéfices et les fiefs devinrent héréditaires après avoir été temporaires et viagers, et de cette tendance universelle sortit la féo dalité. Cependant l’hérédité des bénéfices se rencontra en concurrence avec les concessions temporaires et viagères longtemps auparavant. Une des formules de Marculfe nous montre que c'était déjà une pratique usitée à la fin du septième siècle. Les exemples en abondent dans les diplômes de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve. Enfin ce dernier reconnait formellement, en 877 , l'hérédité des bénéfices, et à la fin du neuvième siècle c’est là leur condition commune et dominante.

Des charges et des offices purement civils devinrent également héréditaires par la suite. Mais les progrès de l'esprit humain firent successivement tomber ces priviléges et ces entraves. L'hérédité de la pairie, œuvre de la Restauration, périt avec elle. La seule hérédité du trône, quoique abattue par différentes révolutions, surnage encore parmi nous.

HÉRÉDITÉ (Médecine, Physiologie). L'hérédité se caractérise par ce qui est inhérent ou adhérent des ancêtres ou parents, aux descendants, non pas seulement pour les propriétés physiques et autres objets extérieurs, mais pour les

. qualités morales ou internes, qui s’attachent et se trans-

mettent dans les races ou quelques individus. Ainsi, des

| vices et des maladies se cramponnent, non moins que des

vertus ou de brillants avantages corporels s’infiltrent dans les générations, jusqu’à ce que l’état naturel ou normal ramène

. l'organisme à son type primitif, ou que d’autres modifica-

tions y soientapportées et implantées à leur tour. L'art, le choix des nourritures, les exercices, le régime de vie, insti tuent nos belles races de bestiaux , engraissent énormément lesuns, procurent à d’autres des toisons longues et soyeuses, développent les instincts sagaces du chien pour la chasse,

| la vigueur et la souplesse du cheval pour la course; à la

suite de longs soins, ces animaux obtiennent des formes, des propriétés qui sont transmissibles dans leurs descendants, si l’on choisit également les individus et les, races avec lesquels on les allie. On sait aussi, par des croisements

. habilement ménagés, ajouter à telle variété les qualités pro-

pres à la perfectionner, dans le sens qu’on désire lui attribuer. Ces qualités brillantes, maintenues à la longue, passent dans les formes, la structure même de l’animal, et le mérinos, le bouc thibétain, le cheval arabe ou andalou, le chien de chasse, le lévrier, etc. , telle race de poules , de pigeons, se propagent sous l'influence permanente des causes qui les ont produites.

On comprend que si ces perfectionnements factices se perpétuent , les vices, les défauts et maladies organiques, résultant de progrès contraires, tendent également à s’enraciner, à se détériorer même encore dans la suite des gé-

| nérations, sirien ne s’y opposait. Ainsi, les constitutions ? ?

chétives, épuisées, ne peuvent engendrer que des individus encore plus délabrés et impuissants, à moins de nourritures fortes ou d’un régime restaurant. Tel cheval poussif et morveux, tel chien étique, à moins de sallier à une femelle saine, robuste, propagera sa triste race; mais en mariant, par exemple, un individu débile de poitrine ou de reins avec l’individu bien développé par ces organes, on restituera la race dans sa vigueur primordiale. C’est surtout au moyen de ces croisements de races, ou par des alliances de défauts contraires, comme par un régime différent, que l'on corrigera les vices héréditaires, et qu’on éteindra les maladies transmissibles. Or, chez l’homme, les systèmes organiques nombreux qui constituent son corps varient dans leurs équilibres harmoniques. Certes, un individu musclé, athlétique, bien nourri, habitué à des travaux corporels, , 6.

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comme sont les manouvriers, forts de halle, etc., transmettra (81 rien n’y est contraire) cette vigueur musculaire à sesenfants, tandis que le savant, délicat, énervé par ses travaux intellectuels dans son cabinet, n’aura guère pour progéniture que des êtres infirmes et sensibles. C’est sans doute pour cela que le génie devient rarement héréditaire, comme le prouve l'exemple des enfants de la plupart de nos grands hommes, Racine, Buffon, etc.; un esprit qui s’épuise reste incapable de transmettre son énergie. Au contraire, un guerrier, un héros ardent de courage, peut très-bien engendrer des fils qui lui ressemblent au physique comme au moral: Fortes creantur fortibus et bonis. Nous comprenons donc la possibilité de ce genre de noblesse héréditaire, si le sang ne forligne point dans la race de la prudoterie. Jadis , les Francs , descendants des guerriers sicambres, ne s’alliant qu'entre eux, conservant, avec la dignité de leurs titres , les habitudes belliqueuses, l'exercice perpétuel des armes, de la chasse, la fierté du caractère avec la suprématie sur leurs serfs ou roturiers , regorgeant chaque jour de chair, ou vivant somptueusement, étaient physiquement aussi de hauts et puissants seigneurs. On le voit par les peintures et sculptures qui les représentent auprès de leurs chétifs mainsmortables, taillables à merci et miséricorde, réduits au pain noir et aux légumes dans le moyen âge.

Les constitutions et les tempéraments deviennent héréditaires, surtout dans leurs qualités physiques. De même, on peut croire que si bon chien chasse de race, le fils d’un homme civilisé aura dès son enfance le cerveau plus large que celui d’un barbare. Les propensions du jeune sanvage se manifestent déjà en effet pour la vie errante des forêts, comme chez le jeune oiseau, qui développe spontanément ses instincts natifs. 11 y a certaines familles chez lesquelles l'esprit naturel se montre héréditaire plus qu’en d’autres, de même que la disposition apoplectique ou phthisique se manifeste avec une sorte defatalité au même âge qu’elle avait apparu dans les pères et mères. Personne n’ignore combien la folie, la mélancolie et d’autres névroses de l’encéphale, non moins que l’hystérie, l’épilepsie, peuvent se transporter dans les enfants par un malheureux héritage. Cependant, ce sont moins des lesions purement matérielles du système nerveux que des mouvements vicieux et habituels de cet appareil. Il en est de même des mœurs, qui s’ancrent et se corporifient, pour ainsi dire, à la longue, par les exercices, le régime de vie dans les métiers: les castes des Hindous, maintenues pendant tant de siècles, ont pu établir des races faciles à distinguer par la constitution corporelle, et transmissibles de père en fils.

Ce ne sont point les maladies aiguës, mais seulement les chroniques, et surtout les organiques, qui deviennent héréditaires. Il en est ainsi des conformations, telles que les sexdigitaires, les macrocéphales, les goitreux, etc. Ainsi, les virus tenaces, le cancéreux, le scrofuleux, passent souvent aux enfants, comme les affections organiques du cœur et des gros vaisseaux, la disposition anévrismale, la squirrheuse, etc. Les fils des goutteux, des graveleux, sont exposés à voir éclore leurs genres d’affection, non pas que de telles prédispositions deviennent nécessairement eflicientes : les soins, un régime contraire, peuvent empêcher leur manifestation, Cependant, les enfants qui ressemblent le plus à leurs parents emportent presque toujours les germes invincibles de la phthisie, de la folie, etc., qui apparaitront plus tard, et aux époques où la constitution paternelle ss maternelle ont vu se déployer ces funestes prédestina-

ions.

On a tenté d'expliquer ces phénomènes d'hérédité, soit normale, saine, soit morbide. On a dit que le fluide reprolucteur, émanant de toutes les parties du corps des parents, apportait dans la constitution du nouvel embryon tous les éléments, en miniature, des organes des père et mère avec leurs lésions, leur structure intime, leur tempérament naturel où acquis, leurs dispositions de santé ou de maladie, Et

quoique les parents, à l’époque de la génération, n’aient encore éprouvé ni la goutte, ni la pierre, ni la manie, ni l'épilepsie, etc., cependant les germes de ces affections non développées n’en existent pas moins; ils ont fourni un contingent capable de se développer plus tard dans les descendants. Lors même que la femelle serait seule dépositaire de l'œuf ou de lembryon, la fécondation du mâle n’en influe pas moins sur toute la conformation du fœtus, comme le prouvent les exemples des métis. On doit dire toutefois que : ni les bossus, ni les manchots, les boiteux, les aveugles, ne transmettent d'ordinaire leurs infirmités à leurs enfants.

Quand l’hérédité n’est pas constante du père au fils, on dit qu’elle saute une génération pour passer au petit-fils. Mais ce phénomène, s’il a lieu pour certaines affections, peut devoir son interruption à un croisement avec un individu sain, ef sa résurrection ultérieure à des circonstances de régime ou de constitution qui ramènent la même maladie. Du reste, ces observations, la plupart vagues, dans les familles, sont plus souvent des excuses ou des accusations que des vérités bien établies. J.-J. Virey.

HEREFORD, un des comtés occidentaux de lAngleterre, d’une superficie de 7 myriam. carrés, avec une population de 125,364 habitants (1871). Coupé de collines, de vallées et de plaines, le pays offre un aspect charmant. Les collines sont couvertes de bois ou de champs cultivés jusqu’à leur sommet. La Wye, le plus considérable de ses cours d’eau, car il n’a pas moins de {8 myriamètres de parcours, après avoir reçu le Munnow ou Monnow, à droite, et le Lugg avec l’Arrow et la Fromie, à gauche, va porter le tribut de ses eaux à la Severn. Cette rivière tortueuse, rapide, abondante en saumons, est célèbre par ses rives romantiques, et assez profonde , dans les hautes eaux, pour porter des barques de 200 à 400 quintaux jusqu’à Hay, c’est-à-dire à une distance de 4 myriamètres au-dessus de Hereford. Le Lugg est aussi navigable, pour des barques de moindre tonnage, jusqu’à quelques myriamètres de Leominster, Le canal de Leominster débouche à loccident près de Kington, sur l’Arrow, et au nord-est dans la Severn, où doit aboutir aussi le canal de Gloucester et Hereford , qui n’est terminé que jusqu’à Ledbury. Le sol est en général si fertile, qu'un douzième seulement du comté se refuse à la culture. On récolte plus de froment et d’orge qu’il n’en faut pour la nourriture des habitants, et la culture des arbres est l’objet de tant de soins que Hereford a été surnommé le verger de l’Angleterre. Le cidre et le poiré s’exportent en grande quantité, non-seulement à Londres et à Bristol, mais jusqu’en Amérique et aux Indes occidentales, On cultive aussi beaucoup de houblon, qui s’expédie en partie dans le Kent et le Sussex. L'éducation des bestiaux n’est point non plus négligée. Les moutons de Hereford, qui proviennent de la race des Collings ou Rylands, sont fort estimés, à cause de la finesse de leur toison et de l'excellence de leur chair. Les forêts fournissent beaucoup de bois de chêne, mais le règne minéral n'offre que des mines de fer, qui ne sont pas exploitées. A l'exception de quelques fabriques de gants à Hereford et à Leominster, de cordes et de câbles à Ledbury, et de grossières étoffes de laine, ce comté n’a point de manufactures, Les fabriques de drap de Ledbury, autrefois florissantes, n’ont pu se soutenir.

HEREFORD , chef-lieu du comté, dans une contrée fertile, sur la Wye et le canal de Gloucester, est le siége d’un évèché et possède quelques monuments anciens, entre autres une cathédrale du douzième siècle. Au nombre des édifices plus modernes , on cite l'évêché, le palais de justice, la prison du comté, le théâtre, l'hôpital et l’hospice des aliénés. La population, quis’élève à 18,365 âmes, fabrique des gants, de la flanelle, des chapeaux, et fait un commerce de cidre, de houblon et de tan.

HÉRÉSIARQUE (du grec afpeois, opinion séparée, et äpz66, chef), premier auteur d'une hérésie, ou chef d’une secte hérétique :

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