IF — IGNACE DE EOYOLA
mal déterminées, l'arbre lui-même émet des exhalaisons narcotiques, qui occasionnent tous les phénomènes de Pivresse et de la léthargie. Toutetois, le fruit de l'if paraît être assez inerte, et son péricarpe charnu ne devient laxatif que lorsque l’on en mange des quantités considérables. IL ne faut pas perdre de vue, néanmoins, que toutes les expériences sur lesquelles ces assertions se fondent ont été faites avec l’if qui croît dans la France septentrionale; et il se pourrait fort bien que toutes ces propriétés augmentassent singulièrement d'intensité sous l'influence d’un climat plus doux et d’un sol moins rebelle.
BELFIED-LEFÈVRE.
IFFLAND (Aucuste-GuiLLAuME), célèbre dans l’histoire du théâtre allemand comme acteur, comme poête dramatique et comme dramaturge, naquit le 19 avril 1759, à Hanovre, et fut d’abord destiné à l’étude de la théologie. Son aversion pour cette science et un goût inné pour l’art théâtral le décidèrent, à l’âge de dix-huit ans, à s’enfuir à Gotha, où il s’engagea dans la troupe d’Eckhof. Il mourut en 1814, à Berlin, où il était directeur des théâtres royaux. Comme acteur, 1ffland n’excellait pas moîns dans la charge et le haut comique que dans les rôles pathétiques. Comme auteur dramatique, il brille dans la peinture des mœurs. Ses pièces, toutes d’une facture large, d’une tendance essentiellement morale, pleines de sentiment et liées de la manière la plus intime à la vie de famille, témoignent d’une entente parfaite de la scène et d’une rare connaissance du cœur humain. Attrayantes par la vérité des caractères et le naturel, elles sont encore aujourd’hui la meilleure pierre de touche pour apprécier les véritables vocations théâtrales, bien que par leur sentimentalisme de famille elles aient été plus nuisibles qu’utiles aux progrès de la littérature dramatique. Celles qui se sont maintenues au répertoire sont : Les Chasseurs, L’Obligation du service, Les Avocats, La Pupille et Le Célibataire.
IGNACE f{Saint), évêque d’Antioche, vers l’an 69 de notre ère, passe pour avoir été le disciple des Apôtres saint Jean ou saint Pierre. Il reçut le surnom de Théophore. Successeur de saint Évode , qui avait remplacé saint Pierre à Antioche, il gouverna paternellement son Église, et soutint avec constance la divinité de Jésus-Christ et la suprématie des évêques sur les prêtres et les diacres. Quand les chrétiens se virent en butte à une troisième persécution, sous Trajan, Ignace fut conduit d’Antioche à Rome pour être livré aux bêtes; il vit arriver son heure suprême en bénissant le Seigneur, et expira courageusement, le 10 décembre 107 ou 116. Ce père a laissé sept épitres adressées à saint Polycarpe, aux Éphésiens, aux Magnésiens, aux Tralliens, aux Smyrnéens, aux Philadelphiens et aux Romains : dans cette dernière, écrite quand il était conduit à Rome, il s'oppose aux efforts qu’on pourra tenter pour l’arracher à la mort : « Flattez plutôt les bêtes, dit-il, afin qu’elles deviennent mon tombeau, qu’elles ne laissent rien de mon corps, de peur qu'après ma mort, je ne sois à charge à quelqu'un. Je les flatterai moi-même, pour qu'elles me dévorent plus vite, de peur qu’elles ne craignent de me toucher, comme cela est arrivé à d’autres ; et si elles ne veulent pas, je les y forcerai. Excusez-moi : je sais ce qui m’estutile. »
IGNACE (Saint), fils de l’empereur Michel Curopalate, patriarche de Constantinople, élu en 846, fut proscrit en 857 pour s'être courageusement élevé contre les débordements de Bardas , frère de l’impératrice Théodora. Remplacé par le célèbre Photius, qui lui fit subir les plus atroces traitements, sans pouvoir réussir à le faire renoncer à son titre, saint Ignace fut rétabli sur son siége en 867, par l’empereur Basile, et mourut à quatre-vingts ans, en 877.
IGNACE DE LOYOLA. En 1491, la dame du château de Loyola, en Biscaye, sentant, pour la onzième fois, les douleurs de l’enfantement, se fit porter dans une étable, en mémoire de l'accouchement de la Vierge, et là elle mit au monde un fils, qu'on appela Inigo (Ignace). D'abord page de Ferdinand V, ensuite militaire, le jeune Loyola défendait, en 1521, Pampelune, assiégée par les Français, lorsqu'un
éclat de pierre le frappa à la jambe gauche, et qu’un boulet de canon en même temps lui cassa la jambe droite. Il se fit transporter au château de son père. Les chirurgiens déclarèrent que l'opération avait été mal faite, qu’il y avait des os hors de leur place, et que, pour les remettre en leur position naturelle, il fallait de nouveau casser la jambe droite : Inigo la leur abandonna sur-le-champ, Cette jambe, mal soignée la première fois, ne le fut pas mieux la seconde. Un osavançait toujours au-dessous du genou, et empéchait le patient de porter la botte bien tirée, Mû par un sentiment de vanité, il eut le courage de se le faire couper jusqu’au vif, sans jeter le moindre cri, sans même changer de visage. Ce ne fut pas le seul tourment qu’il endura pour n’avoir rien de difforme : sa cuisse drôte s'étant raceourcie depuis sa blessure , il consentit à se faire tirer violemment la jambe avec une machine de fer ; mais quelques efforts qu'on fit, on ne put jamais l’étendre autant que l’autre, et Ignace resta boiteux.
Pendant sa convalescence, il sentit le besoin de s’occuper, et demanda des romans de chevalerie, dont il faisait ses délices; mais de tels livres n’existaient pas dans la bibliothèque du château : on lui apporta La Fleur des Saints. Ces merveilleuses histoires frappèrent tellement son imagination, qu’il forma le dessein de se consacrer à Dieu et à sa sainte mère. Plein de cette idée, il passa, selon les lois de l’ancienne chevalerie, une nuit entière sous les armes devant l'autel de Marie, et suspendit son épée et son poignard à un pilier voisin. Un Maure qui avait osé soutenir en sa présence qu’elle avait cessé d’être vierge en devenant mère faillit expirer sous les coups du nouveau converti, Il se mit en route pour Manrèze, petite ville obscure alors, mais qu’il a rendue célèbre par sa pénitence. Il alla s’y loger à l’hôpital, et commença ses mortifications par jeûner tous les jours au pain et à l’eau, excepté le dimanche, où il mangeait un peu d’herbes cuites , dans lesquelles il mélait de la cendre ; il portait sous sa robe de toile un âpre cilice, se donnait trois fois par jour la discipline, couchait sur la terre et veillait presque toute la nuit. On le voyait mendier son pain de porte en porte, poursuivi par les huées et les pierres des enfants. Cependant, son nom, sa naissance, ayant été connus des habitants, il prit la fuite, et chercha une retraite au pied d'une montagne, à un quart de lieue de la ville, dans une caverne entourée de broussailles , et qui ne recevait qu’un peu de lumière par une fente de rocher. Là, quatre ou cinq fois par jour, il se martyrisait avec une chaîne de fer, et, à l'exemple de saint Jérôme, il se frappait rudement la poitrine avec un caillou. Quelques personnes le trouvèrent évanoui à l’entrée de sa grotte, et le ramenèrent malgré lui à l'hôpital. Il y tomba dans une profonde mélancolie. Alors ce ne furent plus, assurentles historiens de sa vie, qu’extases et que visions. Dieu lui expliqua ses principaux mystères, et lui révéla même, dit-on, dans un ravissement qui dura huit jours, le plan et les progrès futurs de la compagnie qu’il devait fonder. Enfin, ce fut pendant ces extases qu’il composa son livre des Zxercices spirituels, qui devait lui attirer depuis tant de persécutions.
En 1524, il fit un voyage à la Terre Sainte. De retour en Europe, à l’âge de trente-trois ans, il commença ses études sous Jérôme Ardebale, professeur de grammaire à Barcelone. Au bout de deux ans, il résolut d’aller faire un cours de philosophie et de théologie à l’université d’Alcala. Quelques disciples qu’il avait formés à Barcelone voulurent le suivre; mais il n’osa pas tous les emmener , de peur que l'inquisition de Tolède n’en conçût quelque ombrage : il n’en prit d’abord que trois, Caliste, Artiaga et Cazevès ; l'hôpital d'Alcala lui en fournit un quatrième : c'était un jeune Français nommé Jean, qui, ayant été blessé dans une querelle particulière, en passant par cette ville, à la suite du vice-roi de Navarre, dont il était page, avait été porté à l'hôpital pour y être guéri de ses blessures. Le maître et les disciples étaient vêtus d’une longue Jaquette de serge grise, avec un bonnet de même couleur ; ils se faisaient
loger par charité et vivaient d’aumônes. Un jour, avec ses quatre disciples, il se mit à catéchiser les enfants, à faire des exhortations aux écoliers débauchés et à enseigner la doctrine chrétienne au bas peuple. Cette entreprise excita de grands murmures ; il fut mis en prison, puis relàché; enfin, une sentence publique, rendue en juin 1527, lui enjoignit, ainsi qu’à ses compagnons, de prendre l’habit ordinaire des écoliers et de s'abstenir d'expliquer les dogmes de la religion, jusqu'à ce qu'il eût étudié quatre ans en théologie, et cela sous peine d'excommunication et de bannissement, Ignace, réduit à la simple condition d’écolier, se retira à Salamanque , et y recommença ses prédications. Arrèlé de nouveau, avec ses disciples, il resta vingt-deux jours en prison, à la suite desquels, ne les trouvant coupables d'aucun déréglement de mœurs ni d'aucune hérésie, on leur permit de faire le catéchisme, avec défense toutefois d’y toucher le point délicat de la distinction des péchés mortels et véniels, jusqu’à ce qu’ils eussent étudié quatre ans en théologie.
Fatigué de tant de contradictions, Ignace résolut de quitter son ingrate patrie et de passer en France : ses compagnons refusèrent de le suivre. Parti seul, à pied, chassant devant lui un âne chargé de ses livres et de ses écrits, il arriva à Paris, en février 1528, recommença ses humanités au collége de Montaigu, fit sa philosophie à celui de Sainte- Barbe et sa théologie chez les Jacobins, Là il parvint à s'attacher six nouveaux disciples : Pierre Lefèvre, pauvre prêtre savoyard; François-X avier, gentilhomme navarrais, qui professait la philosophie au collége de Beauvais ; le Portugais Simon Rodriguez d’Azevedo, et trois Espagnols : Jacques Lainez, Alphonse Salmeron et Nicolas Alfonse, surnommé Bobadilla, du lieu de sa naissance. De peur que leur zèle ne vint àse refroidir, il les mena dans l’église de Montmartre, le jour de l’'Assomption (1534). Pierre Lefèvreleur dit la messe et les fitcommunier dansune chapelle souterraine; ensuite, ils firent tous vœu d'entreprendre, dans un temps prescrit le voyage de Jérusalem, afin de travailler à la conversion desinfidèles, et, dans le cas où ils ne pourraient y demeurer, d’aller à Rome se jeter aux pieds du souverain pontife, pour le supplier de disposer de leurs personnes, Plus tard, trois autres disciples : Claude Le Gay, Savoyard, Jean Codure et Pasquier Brouet, Français, se joignirent aux premiers, et firent à Montmartre le même vœu le jour où leurs frères le renouvelaient. Ces dix hommes, fondateurs d’une s0ciété devenue si célèbre, se rendirent à Rome vers la Pâques de 1538, Ils tinrent une assemblée dans laquelle ils jetèrent les premiers fondements de leur édifice mystique, Ignace prononça un discours ayant pour but de prouver qu'ils ne feraient jamais rien de grand si leur troupe ne devenait un ordre capable de se multiplier en tous lieux et de subsister jusqu’à la findes siècles, et que, combattant sous la bannière de Jésus-Christ, ils n’avaient pas de meilleur nom à prendre que celui de ce divin Rédempteur.
Après quelques difficultés, Pordre fondé par Ignace fut approuvé sous le nom de Compagnie de Jésus. Ignace rédigea la règle de son institut, et en 1541 fut proclamé général des Jésuites. Il vit son ordre s'étendre rapidement, et à sa mort , arrivée à Rome, le 81 juillet 1556, il était déjà répandu dans tout l’univers. Son corps fut exposé : on entendit répéter dans toute la ville : Le saint est mort. Le peuple courut en foule pour le voir; les uns lui baisaient les mains et les pieds, les autres y appliquaient leurs chapelets et leurs rosaires; on voulait empurter des lanibeaux de ses vêtements, mais ses disciples s'y opposèrent. Il fut enseveli, avec de grands honneurs, dans l’église dela maison pro fesse, Béatifié en 1609 par Paul V, il fut canonisé par Grégoire XV , en 1622. Eug. G, pe MoNGLAys.
IGNAME, genre de plantes de la famille des dioscoréacées ; renfermant une cinquantaine d'espèces, ayant pour caractères communs ; Fleurs dioïques; calice corolloïde, à six divisions, épigyne; étamines insérées à la base du calice; trois styles simples ; capsules triloculaires, à graines