‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 188 sur 522 · ILLYRIENNES — ILOTES · texte numérisé non relu

ILLYRIENNES — ILOTES

bles richesses artistiques. Le lac d’Ilmen, alimenté par plusieurs rivières considérables , est très-productif pour la péche. La Msta, formée de la réunion de la Zna et de la Schlina, le Lowat, avec ses bras qui forment un delta , Ses nombreux affluents et la Schelona, sont les cours d’eau les plus considérables qui y aboutissent, tandis que le Wolchow lui sert de canal de décharge et porte ses eaux au lac Ladoga.

Le lac d’Ilmen et ses canaux forment aujourd’hui une des plus importantes voies intérieures de communication de la Russie, le canal qui, sur le bord septentrional du lac, joint la Msta au Wolchow, reliant Saint-Pétersbourg à Astrakan, et le canal de Welikiluki mettant en communication Riga et Saint-Pétersbourg au moyen de la Duna et du Lowat. De trois côtés, au nord, au suû et à l'ouest, ce lac est entouré de colonies militaires; et Staraja-Rusa, au sud, la capitale de ces colonies, est remarquable par des salines d’une richesse extraordinaire.

ILOTES ou HILOTES, et encore HÉLOTES, population de la ville d’Hélos, dans le Péloponnèse, au fond du golfe de Laconie, indignement réduite en esclavage par l’impitoyable Agis I, roi de Lacédémone, qui l’effaça, elle et ses murailles, de l’ancien royaume de Ménélas , dont elle faisait partie. Son antiquité, son amour de la liberté, sa vaillance, chantée par Homère, méritaient à cette ville un meilleur sort. Væ victis! Malheur aux vaincus ! dirent les Romains ; honte aux vaincus! disait Sparte, cent fois plus cruelle que Rome. Ce que le fer et la flamme avaient oublié de ses habitants, elle le traîna captif, hommes, femmes et enfants. Leur esclavage, plus honteux encore pour leurs tyrans que pour eux, fut si avilissant, que le nom d’ilofe et d’ilotisme fut dans la suite la seule expression qui pût peindre l’abjection morale et physique de l’homme. Soumis aux plus dégoûtants offices, il leur était défendu de coucher dans la ville de Sparte, cette fière républicaine, dont la joie était de faire des esclaves de ses propres frères. Les travaux rustiques , les délices de l’homme simple et libre, étaient pour ces malheureux un supplice, une humiliation sans fin; le fouet était incessamment levé sur eux. A des époques fixes, dans l’année, on les fustigeait impitoyablement, et sans motifs, seulement pour qu’ils se remissent en mémoire qu'ils étaient moins libres que des bêtes de somme. On écrasait sur la pierre leurs nouveau-nés quand leur accroissement donnait des craintes à celte barbare république. Le gouvernement les louait ou les prêtait aux citoyens, qui étaient tenus de les lui rendre, à sa première réquisition.

Tous les esclaves à Sparte, de quelques nations qu'ils fussent , étaient généralisés sous le nom des anciens habitants de la malheureuse ville d’Hélos. Certains jours de fête, on forçait ces misérables à s’enivrer : alors, en cet état, trébuchant, tombant à terre, on les offrait pêle-mêle à la risée et aux insultes des enfants, pour salir'leurs regards plutôt que pour leur faire horreur de la débauche, plus hideuse encore sur ces corps avilis par la servitude, Infortunés prolétaires, donnaient-ils de l’ombrage à la république par leur accroissement , on en égorgerait un certain nombre; 2,000 furent ainsi massacrés en une seule nuit. Quels bourreaux étaient chargés de ces exécutions? Qui le croirait ? Les plus braves, les plus forts, la fleur de la jeunesse spartiate! Vainement ces martyrs de la Grèce, l'an 469, se soulevèrent-ils dans Sparte, qu’un horrible tremblement de terre avait à demi renversée. Eux et les Messéniens, qui s'étaient joints à leur cause, furent réduits de nouveau, Dès lors la fureur de leurs tyrans ne leur laissa nulle relâche. Cependant, en de pressants périls, on les employait dans les combats; et s'ils donnaient d’éclatantes preuves de bravoure et de dévouement, alors, éclairée d’un rayon de justice et d’humanité tombé des cruelles lois de Lycurgue, Sparte affranchissait ces ilotes, et les admettait au nombre de ses citoyens, Les généraux Lacédémoniens Lysandre, Callicratidas, Gylippe, furent des ilotes affranchis. On aurait peine à croire à l’ilofisme, si nous n'avions

Page 1