ILOTES — IMAGE
eu sous nos yeux, en deux vastes parties du monde, l’esclavage des noirs, dont la postérité vengea si cruellement les os de ses pères sur les mornes en feu du Cap, encore rougi du sang des blancs. DENNE: BARON.
ILVA, ancien nom de l’ile d’Elbe.
ILVAÏTE ou LIÉVRITE, noms d’une des espèces minéralogiques du genre fer, que les classificateurs modernes appellent fer silicaté (yénite où fer calcaréosiliceux d'Haüy). C’est une substance d’un noir brunâtre, à poussière noire, composée de silicate, de peroxyde de fer et de silicate d’oxydule de fer et de chaux, cristallisant en primes droits rhomboïdaux, terminés par des sommets à deux ou à quatre faces, qui se font souvent remarquer par un chatoiement particulier. L'ilvaite, que l’on observe aussi en masses bacillaires, fibreuses et compactes, se trouve à l’île d’Elbe (en latin Z{va, d'où le nom d’ilvaite).
IMAD-EDDAULAH. Voyez Bouines.
IMAGE, du latin imago, dérivé d’imitari, imiter. En effet, une image est limitation d’une chose naturelle qui vient à frapper nos yeux ou notre esprit. Dans le premier cas, elle porte également le nom d'image, qu’elle soit le produit instantané et fugitif de la réflexion d’un objet sur une surface unie (voyez l’article ci-après), ou bien qu’elle provienne du travail d’un artiste. Dans le second cas, elle est le résultat du talent d’un poëte, qui, dans son ouvrage, a su retracer avec intérêt une scène gaie, terrible ou attendrissante.
Quoique le mot image s'emploie comme terme d’optique ou de rhétorique, il est d’un usage bien plus fréquent et bien plus général encore dans les beaux-arts. Cependant, on ne doit pas s’en servir indifféremment pour toute représentation, pour toufteimitation. La poésie seule emploie le mot image en parlant de la figure d’un personnage que nous woyons ou que nous aurions pu voir : autrement on dit plutôt le portrait, la statue, la figure. Image est surtout réservé pour des personnages respectés, ou bien pour des êtres que nous n'avons jamais vus : ainsi, on dit une image de la Vierge ou de saint Jean, l’image de Dieu, etc. Nous devons cependant ajouter que si, chez les Grecs, le mot eixwv, que nous traduisons par image, servait à désigner de belles productions des arts, un artiste maintenant serait peu flatté d'entendre dire qu’il a fait une ëmage de saint Étienne, ou de sainte Juliette; il regarderait même cette expression commeune critique. En effet, on n’emploie plus le mot image que pour des objets de commerce, ordinairement sans mérite sous le rapport de l’art.
Les anciens peuples ont eu beaucoup de vénération pour les images ; les Juifs cependant ne s’en permettaient aucune, ni dans leurs temples ni dans leurs maisons. Les mahométans ont adopté ce système dans leur religion. Les Romains au contraire avaient un immense respect pour les images de leurs ancêtres : ils les conservaient soigneusement, et les plaçaient ordinairement dans l’aérium de leur maison. Des esclaves étaient chargés de les nettoyer, de les parer dans les jours de fête, de les porter dans les jours de triomphe , ou de funérailles. Cet honneur n’était rendu qu’à ceux qui avaient exercé de grandes magistratures, telles que l’édilité, la préture et le consulat. Polybe rapporte que dans les jours de solennité on mettait des toges à toutes les images des ancêtres , et que ces toges étaient prétextes, cest-à-dire bordées de pourpre, pour los images des consuls, des préteurs ; celles des censeurs étaient ornées différemment. Des toges brodées en or étaient données aux images des triomphateurs. Lorsqu’au contraire un ancêtre ne méritait aucune estime, son image ne paraissait, pas dans les cérémonies; si même il avait encouru le blâme ou le mépris ; on brisait son image, on la traînait dans la boue, on la jetait dans un fleuve, même dans un cloaque. Ne-trouvons-nous pas dans ces usages l'exemple de porter dans nos processions religieuses les images de la Vierge, celles des saints
patrons de la ville ou de la paroisse? N'y voyons-nous pas surtout l’origine de cette:habitude si fréquente d’avoir pour
un grand nombre d’images des robes plus ou moins amples, plus ou moins belles, plus ou moins riches, suivant que la fête est simple ou solennelle? Et les filles de la Vierge, les membres des confréries , ne sont-ils pas les successeurs de ces esclaves chargés du soin des images des ancêtres?
Les Romains plaçaient à la poupe de leurs navires l’image d’une divinité, qui devenait tutélaire pour le vaissean ; de là vient l’habitude de sculpter une ou plusieurs figures sur les bâtiments de mer. Cet usage est remplacé dans Ja navigation fluviale parle nom écrit de la Vierge ou du saint, patron du bateau.
Les premiers chrétiens eurent aussi des images, et leur vénération devint telle que dans le huitième siècle quelquesuns, regardant ce culte comme de lPidolâtrie, cherchèrent à le détruire, et furent, à cause de cela, nommés iconoclastes. Métrophane-Critopule rapporte que lorsque l’on fait la fête d’un saint, on place son image au milieu de léglise, et que ceux qui sont présents viennent la baiser; mais cet hommage se rend différemment suivant le personnage. Si c’est l’image de Jésus-Christ, on lui baise les pieds, si c’est celle de la Vierge, on lui baise les mains; si c’est celle d’un saint, le baiser se donne sur le visage. Les images étant universellement vénérées , celles de la Vierge sur: tout se sont multipliées à l'infini; beauconp sont encore maintenant l’objet d’une haute vénération. Parmi ces images, les unes sont sculptées, soit en basalte, soit en bois ; souvent elles sont couvertes de vêtements en étoffe riche, brodée en or, en argent, ou ornée de pierres précieuses ; d’autres sont peintes : quelques-unes de celles-ci sont attribuées à saint Luc; c’est une erreur. Sans savoir quel aurait pu être le talent de l’évangéliste saint Luc dans les beaux-arts, on est assuré maintenant que ces anciennes peintures ont été l’ouvrage d’un peintre nommé Luca, et qui vivait en Italie dans le quatrième siècle. Il serait difficile de donner une liste complète des nombreuses images de la Vierge; mais il paraîtra curieux sans doute de rappeler ici les plus célèbres. Parmi les madones sculptées, on doit citer celles de Lorette, de Capocroce, de Fourvière, de Liesse, de Chartres et du Puy-en-Velay, d’Einsilden en Suisse, d'Atocha, de Valence et du mont Sera. Parmi les images peinteg, nous appellerons l'attention plus particulièrement sur celles de Sainte-Marie-Majeure , de Saint-Nicolas de Tolentin à Rome, du mont Brio à Vicence, du mont de la Garde à Castellamare, de Messine, de Passau, etc., et nous nous arréferons sans parler des célèbres vierges de Raphael, car ce serait aussi une espèce de profanation de les citer dans une liste d'images.
Ainsi que nous l’avons déjà fait entendre au commencement de cet article, le nom d'image ne sert plus maintenant qu'à désigner ces pétites figures gravées et ordinairement enluminées , que l’on accorde pour récompense aux enfants, lorsqu'ils ont bien lu ou bien récité leurs leçons ou leur catéchisme. Autrefois image a été synonyme d’eséampe, et on donnait le nom d’imagiers à ceux qui les fabriquaient ou les vendaient. Les libraires, ainsi que les autres marchands, avaient aussi des enseignes sur lesquelles ils faisaient peindre quelque image, et les livres du dix-septième siècle portent souvent leur adresse avec cette mention : À l’image Saint- Christophe, À l'image Saint-Jacques, À l’image Notre- Dame; quelquefois aussi on disait simplement : 4 {a Belle Image : c'était celle de la Vierge. On dit familièrement un livre plein d'images, un livre d'images. Si un enfant reste bien tranquille, souvent on dit : Il est sage comme une image. Lorsqu'une femme est belle, mais qu’elle ne sait pas causer, et que son esprit ne répond pas à sa grâce, on dit : C’est une belle image. DuCHESNE aîné.
IMAGE (Optique).On donne ce nom à l'apparence produite par les rayons lumineux émanés d’un objet et réfléchis par un miroir. Quoique généralement les images ne soient qu’une apparence, on doit cependant les distinguer en images virtuelles et images réelles. Les miroirs plans nous donnent un exemple des premières ; s'ils nous font voir un objet
symétrique à celui qu’on leur présente, ce n’est là qu’une lusion de l’œil ; l’image n’existe pas réellement, car les rayons lumineux ne traversent pas le miroir. Mais supposons un miroir concave , et plaçons un corps éclairé au delà de son foyer; si l’on suit la marche des rayons lumineux, en se conformant aux lois de la réflexion, on reconnaîtra qu'après avoir été réfléchis, ils viennent former en avant du miroir une image réelle, dont on constatera l’existence, soit en la recevant sur un écran, soit en plaçant simplement l'œil dans la direction des rayons réfléchis; cette image, placée entre le centre de courbure et le foyer principal du miroir sera plus petite que l’objet et renversée ; si l’on transporte l’objet à cette place, son image viendra le remplacer ; elle sera alors amplifiée et toujours renversée. Enfin si l'objet est placé entre le miroir et son centre, l'image devient droite et virtuelle commedans lesmiroirs plans, mais elle est amplifiée. Quant aux miroirs convexes, ils donnent toujours des images virtuelles, droites et plus petites que l’objet.
Comme les miroirs, les lentilles donnent lieu à la formation d'images, les unes réelles, les autres virtuelles. Pour en reconnaître théoriquement la nature, il suffit de suivre la marche des rayons lumineux , en ayant égard cette fois aux lois delaréfraction.
C’est sur ces considérations que repose la construction de la plupart des instruments d'optique. E. MERLIEUX.
IMAGE (Littérature). Longin définissait les images des pensées propres à fournir des expressions et à présenter des tableaux à l'esprit. « Ce sont, ajoutait-il, des discours que nous prononçons, lorsque, cédant à l’enthousiame ou à une vive émotion de l’âme, nous croyons voir les choses dont nous parlons, et nous cherchons à les peindre aux yeux des autres. » C’est donc, comme on l’a dit, une sorte de matérialisation de l’idée, ou plutôt le voile matériel d’une idée, selon l'expression de Marmontel. « En poésie, dit ce savant académicien, le but de l’image est l’étonnement, la surprise. Dans la prose, au contraire, son objet est de bien peindre les choses et de les faire voir clairement. Dans l’un et l’autre genre, du reste, elle tend également à émouvoir. Ces peintures contribuent beaucoup à donner du poids, de la magnificence, de la force, au discours. Elles l’échauffent, elles l’animent ; ménagées avec art, elles domptent et soumettent le lecteur et surtout l'auditeur. On appelle généralement images , tant en éloquence qu’en poésie, toute description, courte et vive, présentant les objets aux yeux autant qu’à l'esprit. D’après Longin, on a compris sous le nom d’image tout ce qu’en poésie on appelle description et tableau. Mais en parlant du coloris du style, on attache à ce mot une idée beaucoup plus précise; et par image on entend cette espèce de métaphore qui, pour donner dela couleur à la pensée et rendre un objetsensible, s’il ne l’est pas, ou plus sensible s’il ne l’est pas assez, le peint sous des traits qui ne sont pas les siens, mais ceux d’un objet analogue. Toute image est une métaphore, mais {oute métaphore n’est pas une image... L'image suppose une ressemblance, renferme une comparaison; et de la justesse de la comparaison dépend la clarté, la transparence de limage. »
Les peuples orientaux, comme les peuples barbares, font