IMAGE — IMAGINAIRE
chands et fabricants d'images imprimées, et notamment d'images communes, imprimées sur bois, Leur art, qui se lie à l’histoire de lagravure sur bois, a conduit aux premiers
essais de limprimerie {ypographique. Il a commencé, à
| ce qu’on croit, par l'impression des cartes à jouer. Cos-
ter de Harlem était un de ces anciens imagiers. Dans les quarante premières années du quinzième siècle, en effet, on imprimait, en plusieurs endroits, sur des planches en bois, gravées, des figures avec un texte à côté, au bas où sortant de la bouche des personnages. On possède plusieurs livres de ce genre, comme la Bible des Pauvres. Les plus anciens ont été imprimés d’un seül côté du papier, avec une encre grise en détrempe. Les figures sont au trait, dans le goût gothique. Les feuillets sont souvent collés dos à dos; des
: lettres de l'alphabet indiquent l’ordre de leur arrangement.
un grand emploi des images dans leur langage. Chez les der- |
niers, c’est un besoin; chez les premiers, c’est un effet du climat, qui exalte leur imagination. Les langues plus avancées se dépouillent davantage de cet ornement,. La littérature française est même accusée d’en être trop sobre par ses sœurs d'Europe, qui en abusent peut-être encore, et qui ne comprennent pas une poésie sans un style vivement imagé. Une école a pourtant voulu chez nous aussi s’envelopper de cette vapeur, quelquefois brillante , trop souvent nébuleuse , et à force de rechercher l'image, elle produirait une sorte de matérialisation de la langue, L. LOUvET, IMAGES (Culte des). Voyez ICONOLATRIE.
IMAGIER ou IMAGER. On a donné ce nom aux mar: |
| On les imprimait sans doute par le frottement : plusieurs en
portent la preuve. Bientôt ou imprima seulement du texte sur des planches en bois (voyez XYLOGRAPHIE) ; puis on voit apparaître la presse à imprimer :.la pression est substituée au frottement. Vers le même temps naissait l’imprimerie en caractères mobiles; mais les imagiers continuaient leurs impressions; puis les deux arts s’unirent, la gravure se méla aux caractères mobiles, la gravure sur bois se perfectionna ; et pendant que les artistes font aujourd’hui à grands frais des illustrations pour les amateurs, des dessins pour élucider les ouvrages scentifiques , des artisans plus modestes fabriquent des images pour le peuple et les enfants, et le dix-neuvième siècle a encore ses imagiers. L. Louver.
IMAGINAIRE , ce qui n’est que dans l'imagination et n’a rien de réel. Les espaces imaginaires, créés par limagination, en dehors du monde réel, sont peuplés d'idées chimériques, et servent de refuge aux esprits exaltés, rêveurs ou confiants. Les trompeurs créent aussi des chimères, qui leur servent à keurrer. Le malade imaginaire est celui qui, atteint d'hypocondrie, se croit malade sans l'être.
IMAGINAIRE (Mathématiques). On donne ce nom aux racines d’indice pair des quantités négatives. L’extraction de ces racines ne peut être effectuée d'aucune manière : supposons que l’on veuille obtenir la racine carrée de — 25, par exemple; cette racine n’est ni +- 5, ni — 5, car le carré de toute quantité, positive ou négative, est essentiellement positif; on ne peut donc que se borner à indiquer une opération impossible, en écrivant /— 5.
L'expression « + 6 /— 1, où « et 6 sont des quantités réelles, rationnelles ou irrationnelles, positives ou négatives, a reçu le nom de {ype imaginaire. En appliquant aux expressions compliquées d’imaginaires les règles du calcul ordinaire, les analystes ont démontré qu’elles pouvaient en effet étre toutes ramenées à ce type urique. Quoique elles ne représentent rien de réel, leur emploi est des plus avantageux, et elles conduisent à des résultats que sans elles il serait difficile d'atteindre : nous ne citerons que la célèbre formule de Moivre. Qui ne voit, du reste, la généralité qu’entraîne la considération du type & +- 6 W— 1? Ne représente-t-il pas non-seulement toutes les expressions imaginaires, mais encore toutes les quantités réelles ? Pour avoir ces dernières, il suffit de faire 6 — 0.
Les racines des équations sont ou réelles ou imaginaires. C’est en admettant ces dernières que l’on établit que le nombre des racines d’une équation est égal à son degré. On démontre aussi que si & +6 V/- 1 satisfait à une équation, il en est de même de a—6 V1.
En géométrie, on conçoit aussi des points, des lignes, des surfaces, des volumes imaginaires. Soient une droite et un cercle situés dans un même plan; rapportons-les à deux axes lixes, et cherchons les coordo nnées des points d’intersection. Tant que la distance de la droite au centre du cercle ne sera pas supérieure au rayon, nous frouverons pour les coordonnées des valeurs réelles; mais sitôt cette limite dépassée, les imaginaires apparaissent , et les points qu’elles représentent sont eux-mêmes dits imaginaires.