‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 193 sur 522 · IMIRÉTIE — IMITATION DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

IMIRÉTIE — IMITATION DE JÉSUS-CHRIST

nature, Ce sont des soldats qui coup sur coup se pendent à la même guérite, des femmes qui à peu près dans le même temps empoisonnent leurs maris, des mères qui tuent leurs nouveau-nés de la même façon, etc. Dans la politique, on voit chaque changement de forme de gouvernefhent ramener des modes surannées et sans raison d’être dans les temps nouveaux. Daps l’industrie, limitation donne souvent des bénéfices illicites. L'or, l’argent, les pierres précieuses, l’écaille, Pivoire, les bois, et uneinfinité d’autres matières, sont imités à tromper l’œil. On imife aussi les anciens manuscrits, les vieilles médailles, les objets d’art. Toutes ces imitations fout souvent des heureux, trop souvent des dupes, L. Louver.

IMITATION (Musique). C’est la reproduction, dans un même morceau, d’un motif déjà entendu, que cette reproduction soit une simple répétition, une transposition ou tout autre arrangement du premier motif. Le goût du compositeur règle l'emploi de l’imitation. Cependant elle est obligée et méthodique dans certaines compositions, telles que lecan on, où elle est continue, et la fugue, où elle est périodique. j

IMITATION DE JÉSUS-CHRIST. Peu de livres, parmi les anonymes, ont soulevé plus de discussions que celui-ci. On a peut-être encore plus disserté sur l’Zmitation de Jésus-Christ quesurl Iliade. Des ordres religieux ont apporté leurs disputes jusque devant le parlement de Paris; et, tandis que cette cour souveraine défendait d'imprimer l’Imitalion sous un autre nom que celui de Thomas à Kempis, à Rome on se prononçait exclusivement pour le bénédictin Gersen. Cette contradiction s'explique parfaitement lorsqu'on examine les raisons présentées par les uns et les autres contre leurs adversaires : les Kempistes en effet, prouvaient facilement que Gersen n'avait jamais existé ; les Gersénistes prouvaient facilement que Kempis n’était qu'un copiste ; et dans ce débat négatif, la vérité ne pouvait se montrer. Le véritable auteur semblait en dehors de la discussion.

L'Imitation de Jésus-Christ est divisée en quatre livres. Le premier contient des Avis utiles pour la vie spirituelle. Il engage à imiter Jésus-Christ et à mépriser les vanités du monde; il parle de l’humble sentiment qu’on doit avoir de soi-même, du bonheur qu’on doit éprouver dans l'obéissance et la soumission à un supérieur, des avantages de l’adversité ; il arrive à la vie religieuse, parle de l'amour de la retraite et du silence, de la componction du cœur, du jugement et des peines des pécheurs. Le second livre contient des Avis propres à conduire à la vie intérieure. Ce sont des avis pour une sorte de conversation intérieure, une familiarité intime avec Jésus-Christ. Le livre troisième est intitulé : De La Consolation intérieure. C’est une sorte d'entretien entre Jésus-Christ et l'âme fidèle. Jésus-Christ exhorte le fidèle à renoncer à soi-même, à mépriser le monde, à ne chercher de vraie consolation qu’en Dieu. Le quatrième livre traite du Sacrement de l'Eucharistie. Ce sont des exhortations à s'approcher de la communion sans en scruter curieusement le mystère, et à s'unir intimement avec Jésus- Christ. Tout l'ouvrage est basé sur une profonde humilité qui porte à substituer la volonté de Dieu, des supérieurs et même du prochain à la sienne, à mépriser les vanités du monde, à supporter avec patience les misères de cette vie comme Jésus a porté sa croix, et à n’espérer de bonheur, de repos et de paix que dans la vie éternelle.

Ce livre, qu'on a appelé aussi le Livre de La Consolation, se répandit promptement, au quinzième siècle, par les copies qui se multiplièrent dans les monastères et par l'imprimerie 11 a été traduit dans toutes les langues. On en connait quatre-vingts versions françaises. Corneille entre autres le mit en vers. L'auteur est inspiré de la Bible et des Pères, et en prend souvent des phrases qu'il développe par une pensée pratique. 11 joignait à son érudition une grande connaissance

du monde et des passions humaines : il avait souffert ; il

avait connu les grandeurs de la terre; il avait vu le malheur sur le trône et sous la tiare, Aussi, dit Villenave : « Par-

Page 1