IMPARFAIT — IMPÉNITENCE
du moment où l'on parle ; c'est donc, en définitive, une sorte ! pas supporter. L’impatience ne saurait être mise au rang
de présent antérieur, comme quand on dit : J'étais à table
des vices; mais elle constitue un défaut qui s’en rapproche
lorsque vous arrivätes. Dans cet exemple, la situation | beaucoup. L'impatient obéit à des mouvements impétueux,
d’être à table est passée, mais on la marque comme présente à l'égard de l’arrivée, qui est aussi passée. Souvent limparfait ne marque qu’un passé sans rapport avec le présent, comme dans cette phrase : Rome éfaif d’abord gouvernée par des rois, c’est-à-dire fut d’abord, ete. Quand imparfait est précédé de si, il ne marque autre chose qu'un rapport avec le temps présent, comme lorsqu'on dit : Si je connaissais vos intentions, je les exécuterais.
L'imparfait du subjonctif sert ordinairement à marquer une chose présente ou à venir, à l’égard d’un temps passé ou conditionnel, exprimé par le verbe qui précède la conjonction : ainsi, dans les phrases suivantes, il faut mettre le second verbe à l’imparfait du subjonctif : « Je souhaïtais que vous vinssiez ; je serais charmé que vous me donnassiez de vos nouvelles, etc. »
Dans certains cas, l'imparfait, ou plutôt l’emploi de sa forme, n’est qu'un présent modifié. Quand on dit : Je faisais un ouvrage intéressant quand vous êtes arrivé, la chose n’est pas représentée comme faite, mais comme se faisant : c’est un présent relatif que l’on a appelé improprement imparfait. CHAMPAGNAC.
IMPARFAIT (Nombre). Voyez NomBrE,
IMPARFAITS (Droits). Voyez Droir et DROIT NA- TUREL.
IMPARTIALITÉ, IMPARTIAL. Ces deux mots étaient encore nouveaux au commencement du dix-septième siècle. Larrey, auteur assez médiocre dune histoire de Louis XIV, employa le premier l'adjectif. Au reste, l’on n'était pas encore d'accord si l’on devait dire ämpartiel ou impartial, car on lit ces phrases dans le Journal des Savants d'août 1731, et dans celui de décembre 1732 : « Nous sommes aussi ëmpartiels dans le choix de cet exemple que dans celui du précédent. » — « Il semblerait à ce langage que les Muses, que l’on dit si impartielles, ne se plairaient qu'avec la noblesse, et regarderaient d’un œil de mépris toutes les autres conditions. » L’Académie, dans son Dictionnaire, se décida enfin pour impartial, qui est seul employé aujourd’hui.
L’impartialité est une des vertus les plus recommandées, dans la société, aux administrateurs ef aux juges; et dans le monde littéraire, aux historiens et aux critiques. L’impartialité chez un juge, chez un homme du pouvoir, est le plus sûr moyen d'arriver à la considération et à la popularité ; elle n’est pas seulement une vertu chez l’historien et le critique, elle est une affaire de goût, un moyen de succès,
TI est une fausse impartialité, qui consiste à comparer un auteur du dernier ordre à un grand génie, comme cette femme bel esprit qui, chez l’auteur des Satires,
Dans la balance met Aristote et Cotin, Puis, d’une main encor plus fine et plus habile, Pèse, sans passion, Chapelain et Virgile.
La fausse impartialité chez un critique consiste encore à louer des choses indifférentes dans un auteur, pour 8e donner le droit de méconnaître le mérite de ce qu’il a fait de vraiment bon. Dans le monde, combien cette fausse impartialité ne sert-elle pas souvent de masque aux médisans, pour vous déchirer à belles dents, après avoir commencé par dire quelque bien de vous!
+ L'impartialité n’est pas moins nécessaire dans l'éloge que dans la crique, sinon la louange dégénère en f 1atterie. Charles Du Rozom,
IMPATIENCE, IMPATIENT. Il est des tempéraments |
que la moindre lenteur, le moinüre retard irritent, sans ce-
. pendant leur faire commettre les excès qui accompagnent
d'ordinaire l’irritation : cette spèce de vivacité, qui tient le iilieu entre le calme et la colère, a été appelée impatience, d'un mot latin dont la racine signifie ne pas souffrir. ne
qu’il lui est impossible de réprimer, quand son impatience devient habituelle : la raison l’abandonne toujours lorsqu'il se livre à ses demi-colères, et elle l’abandonne même dans les plus petites choses. On sent combien il est urgent de couper ce défaut à sa racine? Qui peut se promettre d’en venir à bout quand on l'aura laissé se changer en habitude?
L’impatience est aussi ce sentiment d'inquiétude que l’on éprouve soit dans la souffrance d’un mal, soit dans l’attente de quelque bien.
Impatiences, au pluriel, est employé pour désigner certains mouvements nerveux et involontaires que produit l'impatience : c’est ainsi que l’on dit de certaines personnes qui parlent très-lentement, que leur manière de parler denne des impatiences.
IMPÉNÉTRABILITÉ , qualité qu'ont les corps de ne point céder à d’autres corps la place qu'ils occupent, c'est-à-dire que si un vase, par exemple, est rempli d’une substance matérielle quelconque, il est impossible d’introduire d’autres corps dans ce vase. Cela est évident pour les corps qui sont à l’état solide : deux boulets de fer ne sauraient occuper en même temps un espace qui, rigoureusement, n’en peut contenir qu’un, et toutefois il y a des substances qui même à l’état solide ne semblent pas tout à fait impénétrables. On rencontre par exemple de certaines pierres qui ont beaucoup de consistance, et qui néanmois, sans augmenter sensiblement de volume, admet-
! tent des quantités remarquables d’eau entre leurs molécules.
Ce fait n’accuse point un défaut d’impénétrabilité dans ces pierres, il prouve seulement que les particules qui les composent ne se touchent pas toutes immédiatement, et qu’elles laissent entre elles des vides que l'air, l'eau, etc., vont remplir lorsque les circonstances le permettent. L’impénétrabilité des liquides n’est pas moins incontestable que celle des solides; c’est en vain qu’on tenterait
: d'introduire un corps dur dans un vase rempli d’eau sans
qu’une partie de celle-ci ne se répandît au dehors. Si le vase était bien bouché, la résistance que l’eau opposerait à l'introduction du corps dur ferait rompre les parois du vase. Cependant, comme les liquides sont toujours un peu élastiques, ils peuvent céder à un autre corps une partie de la place qu’ils occupent, mais ils n’en sont pas pour cela moins impénétrables, il ne se rapetissent qu’en chassant Vair, le calorique, etc., qui sont interposés entre leurs mos lécules , qui elles-mêmes sont incontestablement parfaitement dures. :
Comme les liquides, les fluides, tels que l'air, les gaz, les vapeurs, ont la propriété occuper des espaces plus ou moins resserrés, suivant que la force qui les presse augmente ou diminue; on sait qu’ils sont pour ainsi dire compressibles à linfini. Néanmoins, ils sont impénétrables, car si vous plongez un vase renversé au fond d’un bassin rempli d’eau, lorsque vous le retirerez, il vous sera facile de reconnaître que le liquide n’aura pas pu occuper tout son intérieur, puisqu'il sera encore see vers son fond : preuve que l'air qu’il contenait s’esl opposé à l'introduction de l’eau (voyez CLocue DE PLONGEUR). TEYSSEDRE.
IMPÉNITENCE. On appelle ainsi le crime de celui qui, après avoir outragé l'Éternel, en transgressant une de ses lois, refuse de revenir à résipiscence en employant les moyens indiqués par la nature et par la foi. Parmi nous, trop souvent l'impénitence est le fruit des croyances ; mais, sans parler des hommes qui, par leur conduite et leur foi, se séparent entièrement de la grande société des intelligences dont Dieu est le monarque, nous ne trouvons que trop d'impénitents parmi les chrétiens, et l’on ne saurail assez déplorer leur égarement, puisque limpénitence de la vie conduit presque toujours à l’impénitence de la mort.
L’impénitence finale est le terme ordinaire où aboutissent ceux surtout qui, après avoir pratiqué les plussublimes vertus,