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de sa cavalerie, eurent beaucoup de peiñe à tenir pied et furent forcées de battre en retraite. Une partie de l’armée romaine revint par la voie de mer dans ses cantonnements, mais eut beaucoup à souffrir de la fureur des éléments. Quatre légions que Cæcina rameaait le long des rives du Rhin n’échappèrent à une complète extermination, que parce que le plan, parfaitement conçu par Armine, fut déjoué par l'indiscipline et l’aveugle témérité de son oncle Ingniomar.
Tibère n’osa point encore rappeler positivement Germanicus, qui fit des préparatifs encore plus considérables pour la campagne de lan 16 après J.-C. Au printemps, une armée romaine forte de 100,000 hommes et formant deux divisions, suivant chacune une voie différente, entreprit donc une nouvelle expédition. Cette fois encore 1,000 bâtiments remontèrent l’Ems avec l’une de ces divisions et les appro” visionnements de l’armée, l’autre prit la voie de terre ; et quand elles eurent atteint le point fixé pour leur jonction, elles marchèrent de conserve jusqu’au Weser, un peu audessus de la Porta Westfalica, où Armine les attendait avec ses Germains. C’est là, dans la Prairie des Femmes (Idisiawiso), vraisemblablement entre Hameln et Rinteln, que les Romains livrèrent la plus grande bataille dont les annales germaniques fassent mention. Les Germains, à la vérité, furent encore une fois vaincus, parce que le manque de
tactique et de discipline de leur part rendit encore une fois
inutiles les sages plans de leur chef; mais la perte du tiers de leur armée abattit si peu leur courage, qu'après avoir reçu quelques renforts ils ne craignirent pas de livrer aux Romains une seconde etnon moins sanglante bataille, àpeude distance des lieux qui venaient d’être témoins de leur défaite, peut-être un peu au-dessous de la Porta Westfalica, sur la rive gauche du Weser, et dans un espace tellement resserré entre des marais et des montagnes, que l’on s’y battit corps à corps ; et les Romains, qui payèrent cher leur victoire, n’en furent redevables qu’à leur armement, de beaucoup supérieur à celui de leurs ennemis. La division de leur armée qui s’en revint par mer essuya des pertes encore plus grandes, par suite des tempêtes contre lesquelles la flotte eut constamment à lutter. Germanicus, à la grande terreur des Germains, n’en entreprit pas moins encore à l'automne deux formidables expéditions contre les Cattes et les Marses.
En présence de tels efforts et d’un si vaste déployement de forces, les Germains commençaient à hésiter et même à fléchir ; aussi Germanicus pouvait-il espérer avoir complétement terminé cette guerre l’année suivante. Mais Tibère, à qui les avantages obtenus au prix de si grands sacrifices paraissaient fort minimes, et aux yeux de qui, en revanche, la gloire de son neveu commencait à devenir beaucoup trop grande, ne lui accorda point l'autorisation qu'il sollicitait de continuer les hostilités, et le rappela au contraire de la manière la plus impérative, ce qui ne l’empêcha pas, en l’an 17, de lui accorder un magnifique triomphe en même temps qu’il le comblait d’éloges.
Depuis lors jamais armée romaine n’osa quitter les bords du Rhin pour pénétrer dans l’intérieur de la Germanie; et c’est à Armine qu'il faut attribuer en grande partie le mérite de ce résultat si important pour les ultérieures destinées de ce pays. Toutefois l'étranger n’eut pas plus tôt été expulsé du sol germanique, que les luttes et les guerres intestines éclatèrent avec plus de force que jamais parmi les populations indigènes. Le Marcoman Marbo d, préparé à un tel rôle par un long séjour à Rome, qui lui avait permis de se rendre également familières les pratiques de la tactique militaire et celles de la politique, avait fondé en Bohème un puissant royaume, qui s’étendait jusque par delà le Danube. Ce chef avait bien moins à cœur l'indépendance de sa nation que sa propre puissance. Aussi dès l'an 7 après J.-C., quand l’occasion s'était offerte à lui d'éloigner à jamais les Romains des frontières de la Germanie, en faisant cause commune avec les Gètes et les Pannoniens soulevés, avait-il mieux aimé conclure avec Rome une px avantageuse pour luimême, Il rendit aux Romains la tête de Varus qu’Armine
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lui avait envoyée, et ne prit aucunement part à la lutte des Chérusques et autres peuplades germaines contre Germanicus. Maintenant qu'Armine était devenu le défenseur et ie représentant de la nationalité germaine, les Semnons et les Lombards, qui jusque alors avaient reconnu la suzeraineté du royaume des Marcomans, s’en détachèrent pour se placer sous lPautorité et la protection d’Armine, tandis que le propre oncle de celui-ci, Inguiomar, ne pouvant supporter d’obéir à son neveu, même en temps de paix, passait à Marbod avec tout son monde. IL en résulta une guerre acharnée, etles armées d’Armine et de Marbod se rencontrèrent dans la contrée appelée aujourd’hui royaume de Saxe, toutes deux à peu près égales en forces et habituées l’une et l’autre au métier des armes et à la tactique militaire par les longues luttes qu’elles avaient déjà soutenues sous des chefs expérimentés. La bataille qu’elles se livrèrent resta, il est vrai, indécise, parce que chacune d’elles eut son aile droite mise en déroute; mais Marbod fut contraint de battre en retraite, et bientôt, abandonné par une bonne partie des siens, attaqué même en pleine Bohême par Catualda, qu’il avait autrefois banni, et qui arrivait à ce moment de chez les Goths, force lui fut d’implorer la protection des Romains, qui lui assignèrent pour résidence la ville de Ravenne, où il vécut encore dix-huit années, dans une obscurité profonde.
Armine ne survécut pas d’ailleurs longtemps à la ruine de Marbod. Il paraît qu'ayant voulu continuer à exercer pendant la paix l’autorité suprême et absolue dont il avait été investi pour la guerre, il périt, à l’âge de trente-sept ans, dans la douzième année de son commandement, par la trabison d’un de ses parents, dans une des guerres civiles produites par ses prétentions à la souveraineté. Il ne revit jamais depuis sa femme et ses enfants, et l’histoire ne nous apprend rien sur leur sort. Tout ce que nous savons, c'est qu’en l'an 47 de notre ère il ne restait plus de toute la race des princes chérusques que Zéalicus, fils de Flavius, le frère d'Armine, que la nation chérusque pria les Romains de lui rendre, et qu’elle obtint aussi d’eux. Tacite nous semble avoir parfaitement apprécié le rôle joué par Armine, dans cette réflexion qui termine son récit : « Il fut incontestablement le libérateur de la Germanie, et, à la différence d’autres rois et d’autres chefs d’armée, ce n’est pas à l’origine de sa puissance , mais bien quand déjà elle était parvenue à son apogée, qu’il osa attaquer le peuple romain. Si dans les batailles il ne remporta pas toujours la victoire, les guerres le laissèrent invaincu. Il vit encore aujourd’hui dans les chants des barbares, inconnu aux annales des Grecs, qui ne prisent que ce qui les touche, tandis que les Romains ne lui rendent par assez complétement justice, parce que chez nous les événements modernes Ôôtent tout leur prix aux choses du passé. »
HERMANN, surnommé Contractus ou lImpotent, un des écrivains du onzième siècle qui ont rendu le plus de services à l’histoire d'Allemagne , naquit le 19 juillet 1013. 11 descendait des comtes souabes de Vehringen, et fut élevé dans Je couvent de Reïchenau, où il prononça plus tard ses vœux. 11 mourut le 24 septembre 1054, dans le domaine de ses pères, à Aleshusen, près de Biberach. Sa CAronique, important ouvrage qui s’étend jusqu’à l’année de sa mort, à été continuée jusqu’en 1066 par le prêtre Berthold ou Bernold. Rédigée-sur le plan de la Chronique de Bèze, elle est supérieure à cette dernière par l'exactitude chronologique. Ussermann la publiée avec la suite de Berthold (1790-94, 2 vol. ), et Pertz l’a réimprimée dans le 1°" vol. des Monumenta Germaniæ historica (1826). Sans parler de plusieurs autres ouvrages, Hermann Contractus a laissé des poésies spirituelles; on lui attribue, entre autres, le Salve regina, l'Alma Redemptoris, et le Veni Sancte Spiritus.
HERMANN (JEAN-GoneFRoy-JACQUES) , le prince de la critique et de la philologie allemandes, membre correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de
DICT, WE LA CONVERSs —— Te XI,
l'Institut de France et de la plupart des sociétés savantes de l’Europe, naquit, le 28 novembre 1772, à Leipzig, et montra de bonne heure les plus brillantes dispositions pour l'étude de la littérature classique. Son père, président dn conseil des échevins de Leipzig, lui fit étudier le droit à Jéna, où il publia une thèse remarquable De fundamento juris puniendi (1793). Mais peu après son retour dans sa ville natale il se décida à abandonner la carrière de la jurisprudence pour embrasser celle des lettres et de l’instruction publique. Admis dès 1794 comme répétiteur académique, à la suite d’une thèse brillante qu’il développa De poeseos generibus, il fut reçu en 1798 professeur agrégé de philosophie à l’université de Leipzig. En 1803, après avoir refusé une chaire à Kiel, il fut nommé titulaire de la chaire d’éloquence, à laquelle on adjoignit en 1809 celle de poésie. Il mourut le 31 décembre 1848, doyen de l'université de Leipzig.
Le fondement de sa réputation fut son beau travail sur la métrique et la grammaire grecques, qu’il publia d’abord sousce titre: De Metris Poetarum Græc. el Rom. (Leipzig, 1796), et plus tard sous celui de Manuel de Nétrique. Il donna ensuite les Nuces d’Aristophane, le Trinummus de Plaute, l'Hécube d’Euripide, et l'Art poétique d’Aristote, (1802). A ces travaux succédèrent des éditions du traité de Vigier, Depræcipuis Græcæ Dictionis Idiotismis (2° édit., 1802), des Orphica (1805), des Hymnes homériques (1806), des Suppliantes d’Euripide (1811). des Bacchantes (1823), de la Médée (1823), de l’Alceste d’Euripide ( 1825 ). Ce n’est qu'après sa mort (en 1849), qu’a pu paraître son édition de Bion et Moschus. Le nombre de ses dissertations académiques est considérable; et il y élucide toujours des questions philologiques d’un haut intérêt. Les poésies latines qu’il a composées à l’occasion de diverses solennités universitaires respirent le parfum de la plus exquise latinité, et ont été réunies sous le titre de Opuscula (4 vol., Leipzig, 1834).
Son programme Mythologia Græcorum antiquissima (1807) provoqua entre lui et Creuzer une correspondance qui a été imprimée. Un compte-rendu qu'il fit des Znscriptiones de Bœkh amena aussi entre lui et l’auteur de cet ouvrage une polémique suivie de partet d'autre avec beaucoup d'animation.
HERMANSTADT (en latin Cibinium , en hongrois Nagy-Szeben), capitale du pays saxon enTransylvanieet aujourd’huiausside toute cette Grande-Principauté, est située dans une belle plaine, sur la Zibin, qui s’y jette dans lAlouta; ellese divise en ville haute et ville basse, avec trois faubourgs, habités surtout par des Valaques, et on y compte plus de 22,000 habitants, dont environ 12,000 protestants. La ville haute est bâtie sur une éminence , entourée, à l’ancienne manière, d’un double mur et de fossés profonds ; on y voit
un beau marché et des rues régulières. Parmi les édifices
publics, on distingue la grande cathédrale gothique des Évangélistes, l’église paroissiale catholique, l'hôtel du gouvernement , l'hôtel de ville, l'arsenal et le musée Brunckenthal, où l’on trouve en outre une bibliothèque considérable et une collection de médailles et d’objets d’antiquités nationales, ainsi qu’un cabinet minéralogique.
Herrmanstadt est la résidence du gouverneur impérial et de la plupart des fonctionnaires supérieurs de l’administration dela Transylvanie. C’est aussi le chef-lieu du douzième corps d'armée, du commandement militaire de Hermanstadt et de Fogarasch, la résidence des comtes saxons, le lieu de réunion de l’université ou diète de la nation saxonne, le siége du consistoire supérieur de la confession d’Augsbourg et d’un évêque grec non uni. Elle possède en outre une écule de droit, un gymnase supérieur protestant, un gymnase catholique, une école normale supérieure, une école de gymnastique, deux écoles de filles, deux maisons d’orphelins, une école militaire, quatre hospices pour les malades et les infirmes, un hôpital militaire, un dépot de mendicité, une maison de correction et de travail. Ses habitants sonf
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très-industrieux et livrent annuellement à la consommation environ 40,000 pièces de toile et plus d’un million de peignes de corne; il y a aussi dans cette ville beaucoup de tanneries, de blanchisseries de cire, une papeterie et un moulin à poudre, une laminerie de cuivre, cinq imprimeries et deux librairies. Le commerce y est important, surtout avec la Turquie. Les environs de la ville sont beaux. Le village de Hettau, qui en est voisin, est célèbre par la haute stature de ses habitants et par ses nombreuses fabriques de lainages.
Hermanstadt n’était à l’origine qu’un village , et dans les anciennes chartes elle est désignée sous le nom de Villa Hermanni, du nom d’un bourgeois de Nuremberg appelé Hermann , qui y amena, dit-on, au douzième siècle, sous le roi Geysa II, une colonie d’Allemands. Dès 1160 on y comptait un grand nombre de maisons considérables ; et en 1223 le roi André II lui accorda des priviléges importants.
HERMANSUL ou HERMANNSAULE. Voyez IRMIN- SUL.
HERMANUS. Voyez ARMINIUS.
HERMAPHRODISME, HERMAPHRODITE (dérivé de “Epuñc'Appoôitn). En suivant les progrès de la composition organique, depuis les plus simples animaux et végétaux jusqu'aux plus composés, ou plus parfaits, le premier terme est l’agamie, ou l'absence complète de sexualité chez eux ; ils sont considérés comme neutres, tels que les algues, moisissures, lichens, champignons, et la plupart des animalcules infusoires, les zoophytes (pro{ozoa). A un degré un peu supérieur apparaissent les é/kæogames, développant des ovules apparents : telles sont les mousses, les fougères, et parmi les animaux, les radiaires, les échinodermes, etc. Ensuite on voit se déployer l’.ermaphrodisme dans la grande masse des végétaux phanérogames, ou dont les fleurs visibles ont leurs sexes réunis. Les diverses combinaisons de l’'androgynisme monoïque, ou sur un seul individu, se manifestent parmi les mollusques acéphales, bivalves et multivalves ; la plupart des univalves céphalés non operculés, rampant sur le ventre, comme les mollusques nus, sont également hermaphrodites monoïques; cependant, quelques autres offrent déjà des exemples de sexes entièrement séparés, ou dioïques, sur des individus distincts. Mais le dédoublement complet des androgynes et des hermaphrodites, ou la polarisation sexuelle en deux individus opposés, l’un fort, ou positif, offrant des organes saillants ou exertiles, l’autre faible, négatif, recélant au dedans ses parties génitales, n’appartient qu'aux animaux de formes symétriques. Ainsi, depuis les insectes, les crusfacés, en remontant aux vertébrés (poissons, reptiles, oiseaux, mammifères), la diæcie, ou la complète séparation des sexes sur des individus mâle et femelle, devient une loi générale. Celle-ci acquiert même d’autant plus de constance qu’on s’élève plus haut dans l'échelle progressive des organisations les plus perfectionnées, jusqu’à l’homme. Les exceptions à cette règle ne sont que des monstruosités,
En général, les êtres organisés de forme circulaire ou rayonnante appartiennent à l’hermaphrodisme; presque toutes les plantes y sont assujetties ; car les dioïiques même ne sont souvent telles que par l’avortement des organes du sexe mâle ou de la femelle dans leurs fleurs; et cela est si vrai que certains végélaux, tels que le juniperus virgintana, elc., sont tantôt mâles, tantôt femelles, selon que les circonstances atmosphériques font avorter ou les étamines ou les pistils. De même, la plupart des animaux monoiques où hermaphrodites prennent des formes circu- Jaires ; du moins leurs organes ne sont pas exactement symétriques, comme on l’observe parmi les mollusques turbinés, univalves, et jusque chez les bivalves, les ascidies, les limaces, elc., etc, Au contraire, les formes parfaitement symétriques, depuis les insectes jusqu’à l’homme, excluent lhermaphrodisme, ou ne peuvent pas admettre la réunion des deux sexes sur le même individu, d'une manière com-
plète et capable de fécondation. Il s’ensuit que la consti: tution hermaphrodite, ou androgyne, monoïque, est surtout un attribut végétal ; car les animaux qui présentent cette réunion des deux sexes tiennent beaucoup de la nature végétale, comme les zoophytes, les radiaires et échinodermes, etc. En effet, une huître, un ver, un limaçon, n’ont qu'une vie végétative, imparfaite ou insensible. Au contraire, l'existence dioïque, ou la parfaite séparation des sexes, est un attribut animal, et se montre dans la grande masse des animaux , les plus complets surtout.
Les causes de ces différences correspondent au degré de sensibilité-et de mobilité des êtres. Une plante, un animal fixés, comme la plupart des zoophytes, les huîtres et autres espèces peu capables d'action, restant exposés à tous les chocs, ne pouvant se garantir de la destruction par la fuite, seraient bientôt anéantis dans la nature. Or, celle-ci les a construits de telle sorte que s’il en échappe un seul, l'espèce entière est sauvée. En effet, le véritable hermaphrodite contenant en lui les deux sexes (comme la plante, le z00phyte, etc.), représente donc son espèce absolue, puisqu’il se suffit à lui seul pour se reproduire; il possède en luimême tous les principes de l’immortalité, précisément parce qu’il est plus sujet à la mort. Une huître, un vil gramen, sont donc à cet égard beaucoup plus parfaits que l’homme, chez lequel deux êtres de différents sexes deviennent indispensables pour la reproduction de l'espèce. D'ailleurs, la plante immobile, manquant de sensibilité et de la faculté de connaître, n’aurait pu chercher, trouver celle d’un autre sexe; il n’y a fécondation dans la diœcie qu’au moyen de la dissémination du pollen fécondateur, et par le hasard officieux des zéphyrs, messagers de ces amours près des femelles. L’huître, fixée sur son rocher, ne peut pas chercher une autre huître, ni la deviner, ni s’y joindre, au milieu de sa coquille, sans yeux, sans bras, sans organes extérieurs. Si vous voyez un animal incapable de changer de place, prononcez qu’il doit être hermaphrodite.
Cependant, il y a deux sortes d’hermaphrodismes , celui qui se suffit entièrement , et un autre, qui a besoin du concours mutuel de deux individus androgynes. L’hermaphrodisme complet existe chez les plantes et dans les mollusques acéphales , testacés, et ceux à peau nue (ascidiens), comme dans les radiaires (échinodermes, méduses, actinies, zoanthes), les physalies, les polypes à polypiers solides, les tænias, etc. : tous se reproduisent seuls par des ovules ou des gemmules. Seuls, mâle et femelle en même temps, ils ont des moments de frai ou de floraison et fructification spontanée. L'hermaphrodisme ayant besoin du concours d’un autre individu, également à double sexe, afin d'opérer une fécondation réciproque, est plus spécialement qualifié par nous du titre d’androgynisme (voyez ANDROGYNE). En effet, la plupart des mollusques céphalés, coquillages univalves , turbinés , colimaçons, bulimes, toupies et sabots, nérites, volutes , patelles, et beaucoup d’autres céphalés nus, limaces, doris, tritonies, théthys, aplysies, phyllidies, etc., portent bien leurs deux sexes réunis dans le même individu. Toutefois, la disposition de ces organes est telle qu'ils ne peuvent se féconder qu’à l’aide d’un individu semblable, Alors chacun donnant et recevant mutuellement, est fécondant et fécondé. Il y a d’autres univalves à sexes séparés sur chaque individu, comme les buccins et murex, les cônes et porcelaines, ou vénus et cypræa, qui ne peuvent pas cependant se féconder d'eux-mêmes. Enfin, les céphalopodes, ou les poulpes et sèches, ont des sexes séparés sur deux individus différents : toutefois, ils frayent sans accouplement, à la manière des poissons, par l’effusion de la semence du mâle sur les grappes d'œufs de la femelle,
Ceei confirme ce que nous exposons sur les causes de l'hermaphrodisme ; car à mesure que les sens des animaux deviennent plus parfaits, que ces êtres peuvent changer de place avec facilité, que leur sensibilité s'aiguise davantage, le mode k leur génération devient plus compliqué, il éprouve plus d'obstacles pour son accomplissement. Tandis que