‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 21 sur 522 · HERMAPHRODISME — HERMES · texte numérisé non relu

HERMAPHRODISME — HERMES

cher les plantes, chezles polypes, la reproduction n’est qu’une bouture ou qu’une production spontanée du même individu, les races androgynes exigent déjà la combinaison volontaire de deux êtres qui se cherchent mutuellement. Mais chez les races les plus sensibles d'animaux à formes symétriques, les mâles et femelles vivent toujours séparés, Il fallait donc que cette séparation eût lieu à mesure que la sensibilité était plus vive, pour empêcher les excès. Qui eût opposé une barrière à la stimulation perpétuelle naissant de la proximité des sexes, surtout sous les plus ardents climats de la terre, à des êtres aussi inflammables que le sont les animaux à sang chaud, comme le singe et le moineau lascifs ? qui les eût préservés de s’énerver, de se tuer par leurs voluptés, puisque beaucoup d'animaux sont déjà presque épuisés après un seul acte de copulation, et que les insectes mâles succombent après cet effort, comme s'ils léguaient leur vie tout entière à leurs descendants ?

Quoiïque l'état normal des animaux parfaits ou symétriques (composés de deux moitiés accolées latéralement, et à station horizontale) ne comporte point l’hermaphrodisme, on a cité toutefois la présence, contre nature, des deux sexes en quelques individus, dont une moitié latérale était mâle, l’autre femelle. Ce phénomène se prononce en plusieurs insectes lépidoptères, et paraît également constaté chez divers poissons. Ceux-ci portent d’un côté de la laite, et de l’autre des œufs ; toutefois, il n’est point prouvé qu’il s’opère en eux une fécondation spontanée ; car leursovaires sont distincts, Dans les classes supérieures à sang chaud, les oiseaux à un seul oviducte, et les mammifères, l’hermaphrodisme véritable n’a jamais été possible ; car la coexistence des ovaires et des testicules (les uns étant les représentants des autres) implique contradiction, ou ne saurait être simultanée. On rapporte, à la vérité, beaucoup d’exemples de femelles ayant les attributs mâles, ou de mâles imparfaits conservant encore plusieurs des caractères extérieurs des femelles. Mais les femmes hommasses (viragines) peuvent présenter un développement extraordinaire de certaines parties, qui leur donnent des habitudes viriles, une voix rauque, une sorte de barbe et des traits masculins ; de même, certains jeunes garçons de texture débile, n’ayant pas de scrotum ni les testicules descendus hors de l’anneau inguinal, simulent, par leurs traits efféminés, par leurs mœurs timides, les caractères des filles ; ils manquent de barbe, et leur gorge devient potelée ; cependant, ils manquent d’un véritable utérus, quoique la verge soit à peine saillante; leurs désirs sont nuls ou faibles. Ce ne sont donc point de Yéritables hermaphrodites; aucun n’est réel.

L’hermaphrodisme, se suffisant à lui seul, établit ainsi Pégoïsme, laneutralité, l'indifférence, l’insociabilité. 11 n’appartient donc qu’à des êtres froids, inanimés, et d'autant plus que la facilité de satisfaire les jouissances les réduit. à linsipidité. J.-J. Virey.

HERMAPHRODITE fut, selon la Fable, le fils Hermès ou Mercure, et d’ Aphrodite, ou Vénus. Élevé par les naïades, dans les antres du mont Ida, il possédait les attributs de sa mère unis aux qualités viriles de son père. A l’âge de puberté, il voyagea dans l'Orient. Se baignant dans les eaux limpides des fontaines, la nymphe Salmacis fut éprise de ses charmes; mais n’ayant pu le rendre sensible, elle pria les dieux d’unir à lui son propre corps, de manière que les deux sexes ne fussent jamais séparés. Les eaux de ces fontaines développaient le même hermaphrodisme chez tous ceux qui s’y baignaient,

On a des statues antiques d’Hermaphrodite, couchées et efféminées, comme l’observe Winckelmann, ou combinant les beautés de l'homme et de la femme. J.-J. VIREY.

HERMAS (Saint), que quelques-uns conjecturent, sans trop de certitude, être celui dont il est question dans le Nouveau Testament, mais qui, suivant d’autres, fut l’un des soixante-douze disciples, passe pour lauteur d’un livre intitulé Le Pasteur, qui jouissait, dans l’antique Église, d’une considération telle, qu’on le comprenait au nombre des livres

canoniques. Mais comme celui qui existe encore sous ce titre en forme de traduction latine ne répond nullement par son contenu aux idées qui dominaient à cette époque, on est autorisé à croire qu'il appartient à une date postérieure à l’époque où vécut saint Hermas, qu’on dit avoir habité Rome au premier siècle de l’ère chrétienne, et avoir été élevé aux premiers rangs de l’Église, sous le pontificat de saint Clément. Quoi qu’il en soit, Le Pasteur contient des inexactitudes palpables sur le dogme, et semble n’admettre nila Trinité ni l’Incarnation, favorisanten cela l'erreur qui fut depuis celle d’Apollinaire et celle desnestoriens, desariens, en mettant Jésus-Christ au nombre des créatures. Le premier auteur qui en ait parlé est saint Irénée. Il en est question ensuile dans saint Clément d'Alexandrie, Origène, saint Athanase, Eusèbe et Tertullien, L'ouvrage est divisé en trois livres, dont le premier contient des visions ou apologues; le second, des préceptes ; le troisième, des similitudes, ou emblèmes. Dans ce dernier, le plus important de tous, un ange exhorte l’auteur au mépris du monde, au désir du ciel, à la prière, aux bonnes œuvres, surtont à l’aumône, au jeûne, à la pureté du corps et à la pénitence, La version latine de l'original grec perdu a été traduite en français par l'abbé Legras, de l’Oratoire, et insérée, parmi les apocryphes, dans la Bible, in-fol., de Sacy. On peut consulter aussi la dissertation de Jachmann Sur le Pasteur de saint Hermas (Kænigsberg, 1835).

HERMENEUTIQUE (du grec éoueveberv , traduire, interpréter). Les Allemands donnent ce nom à la science qui expose les principes et les moyens d'interpréter un discours ou un écrit uxns le sens que l’orateur ou l’auteur a entendu donner à ses ex} ressions, Dans une signification plus restreinte, l’herméneutique est la science de l’interprétation de l'Écrituresainte.

HERMES. Voyez MERCURE.

HERMES ( Archéologie). C'est ainsi qu’on appelle des statues de Mercure sans bras et sans pieds, faites de marbre pour l'ordinaire, quelquefois de bronze, et que les Grecs et les Romains plaçaient dans les carrefours «et les grands chemins, parce que Mercure présidait aux routes, ce qui le faisait appeler Trivius, du mot trivium. Selon Servius, savant commentateur de l’Énéide, des bergers auraient un jour rencontré le dieu endormi sur une montagne, et lui auraient coupé les mains : de là viendrait l’usage d’appeler hermès certaines statues sans bras. Cependant, d’après Suidas, ces statues sans bras, carrées et cubiques, auraient eu cette forme parce qu’on tenait Mercure pour dieu de la vérité et de la parole : elles signifiaient que de même que les choses qui ont la forme carrée et cubique sont toujours droites, sur quelque côté qu’elles tombent, de même la vérité est toujours semblable à elle-même. Aicibiade fut accusé d’avoir mutilé ou fait mutiler dans une nuit tous les Hermès des rues d'Athènes. Les Termes des Romains ressemblaient beaucoup à ces Hermès des Grecs. Les antiquaires en connaissent unemultitude, apportés de la Grèce et représentant les têtes de plusieurs hommes célèbres de l'antiquité. Mais le véritable Hermès est représenté avec des ailes à la tête.

HERMES (GeEorces), fondateur en Allemagne d’une école philosophique et dogmatique dans le sein de l’Église catholique, naquit le 22 avril 1775, à Dreyerwalde, dans le pays de Munster, et se livra avec zèle, à partir de 1792, à l'étude de la philosophie de Kant. Devenu en 1798 maitre au gymnase de Saint-Paul, à Munster, il s'efforça de rebâtir un système nouveau sur les débris laissés par la critique de Kant; mais ce ne fut qu’à partir de 1807 qu’il trouva occasion, comme professeur de dogmatique à l’université de Munster, de répandre dans un cercle plus étendu les résultats de ses recherches philosophiques. Dans cette position , il s’attira, par une consultation sur une question de droit ecclésiastique, l’inimitié de Droste de Vischering, qui fut depuis archevêque de Cologne ; et cette circonstance contribua peut-être aux mesures prises plus tard contre

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