‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 201 sur 522 · IMPÉRIALE · texte numérisé non relu

IMPÉRIALE

tons, boiteux, bossus, manchots, difformes. inégaux, non symétriques, disgraciés par quelque vice congénial, par une décurtation des membres, par atrophie, ou défaut de nutrition, par troncature naturelle, par épuisement de naissance, ou faiblesse et énervation, ete.

La nature ne peut avoir pour objet final de donner naïissance à des créatures imparfaites, absolument pariant. Chaque être doit atteindre ses fins; le hasard seul, dan ses chances aveugles, produirait des êtres sans but, sans formes constantes et déterminées vers un résultat quelconque ; le crapaud, la vipère, fout repoussants qu’ils sont, ne peuvent être considérés com'ae imparfaits ; ils possèdent tout ce qui est nécessaire à leur existence, à leur reproduction, puisqu'ils se perpétuent depuis tant de siècles et remplissent les humbles fonctions qui leur sont assignées dan l’économie universelle. IL y a des hiérarchies ou des gradations qui ne résultent point d’imperfections.

S'il est permis de penser qu’à l'origine des choses des éléments inorganiques, et rebelles encore, ont dominé la nature intellectuelle qui les vivifie, la masse prédominante alors du principe matériel doit finir par être domptée : ainsi nous voyons s’accomplir dans le cours des âges la perfection des races, et par une longue éducation la perfectibilité indéfinie de l'humanité se développer et s’agrandir.

Dans les objets d'art, la principale imperfection résulte du défaut d'unité, d'ensemble et d'harmonie, car les œuvres humaines n’ont, comme les ouvrages de la nature, le don de la vie qu’à la condition d’unité et de concours de toutes leurs parties pour former un tout organisé, animé du même esprit. Tel est l’ensemble exigé dans l'ordonnance de toute production du génie. J.-J. VIREX. ::

IMPERFORATION (du latin in, non, et perforare percer, perforer). C’est en chirurgie un défaut d'ouverture dans quelqu'un des passages naturels. Des enfants naissent quelquefois avec l'anus imperforé. On remédie à ce défaut en faisant une incision à sa partie.

IMPERIAL (Globe). Voyez GLOBE IMPÉRIAL.

IMPÉRIALE , nom d’une monnaie d’or russe équivalant à 10 roubles d’argent, qu’on a frappée en Russie depuis le règne de l'impératrice Élisabeth. La demi-impériale de 5 roubles est devenue depuis 1817 la principale monnaie d’or de la Russie, où l’on a complétement cessé de frapper des impériales entières. L'or des unes et des autres est au titre de 22 carats. Les impériales frappées sous Élisabeth ont près d’un quart de valeur de plus que les autres pour le poids et le titre.

On appelle aussi impériale la partie supérieure d’une diligence ou d’une voiture de voyage.

IMPÉRIALE ( Botanique), espèce du genre ?r à é à llaire.

IMPÉRIALE (Jeu de l’). Le nom de l'inventeur et l’époque précise de l’introduction de ce jeu sont ignorés. On peut croire cependant que son origine remonte à l’une des guerres qu’a occasionnées la succession de l'Empire d’Allemagne. Les six points exigés pour annuler ceux de l’adversaire et gagner une impériale représentent assez bien le choc entre la majorité et la minorité des suffrages lors de l’élection du chef du saint empire romain. Quoi qu'il en soit, l'impériale est une modification du jeu de piquet. On la joue avec trente-deux cartes : douze sont distribuées à chaque joueur; la vingt-cinquième, qui est la première carte du talon, est retournée et détermine l’atout. Celui quidonne gagne un jeton s’il a retourné une des cartes marquantes , qui sont le roi, la dame, le valet, l'as et le sept. Il n'y a point d'écart. Le premier en cartes annonce immédiatement le nombre de points formé par la réunion des cartes d’une même couleur ; à points égaux, le premier en cartes obtient l'avantage. L'as compte pour onze, comme au piquet, bien qu'il soit primé par les figures, et ne l'emporte que sur les

basses cartes. Celui qui gagne le point marque un jeton. .

Ensuite, on montre les impériales , qui sont les quatre rois les quatre dames, les quatre valets, les quatre as, ou-les

IMPÉRIALE — IMPÉTIGO

quatre sept, ou enfin une quatrième majeure dans l’une des couleurs. 11 y a aussi l’impériale de cartes blanches; autrefois elle comptait double, Chacune de ces impériales dites de main vaut une fiche ou six points, et l'adversaire démarque les jetons qu’il a déjà acquis.

La partie se joue ensuite comme au piquet, sauf les atouts, qui font une notable différence. Les cartes marquantes jouées sans être prises par l'adversaire et celles qu’on lui enlève par supériorité de figure comptent chacune un point. Il en est de même de chaque levée gagnée en plus en plus. Lorsque l’on a fait six points, on prend une impériale, et ’adversaire démarque. Le capot vaut aussi une impériale. La partie se compose d’un certain nombre de fiches ou impériales convenues d’avance. BRETON.

IMPÉRIALE (Bibliothèque). Voyez BIBLIOTHÈQUE NATIONALE. ; IMPÉRIALE (Chambre). Voyez CHAMBRE IMPÉRIALE. IMPÉRIALE (Cour). Voyez ApreL (Cours (?).

IMPÉRIALE (Garde). Voyez GARDE IMPÉRIALE.

IMPÉRIALE (Imprimerie). Voyez IMPRIMERIE NATIO-

NALE.

IMPÉRIALES. Les numismates désignent ainsi les médailles frappées sous les empereurs romains. Elles commencent avec Jules César, et par celles de ses médailles sur lesquelles se trouve sa tête. Cet usage s’introduisit une fois qu'il eut été nommé dictator perpetuus, et les empereurs suivants le conservèrent. Sur ces médailles , quel que soit le

métal employé, or, argent ou cuivre, les têtes des empe- |

reurs sont toujours d’une grande valeur artistique, parce que les médailleurs gravaient leurs coins d’après des portraits bien exécutés. L’exécution même garantit une extrême ressemblance ; et alors même qu’il n'existe plus de traces de la légende, tout connaisseur un peu exercé, rien qu’à xoir la tête, dira tout de suite de quel empereur est la médaille.

Autrefois on terminait la série des impériales à Héraclius ; mais depuis on y a compris même les médailles des empereurs byzantins. Suivant leur valeur artistique, on les divise en deux classes, dont la première comprend les médailles frappées à l’époque où l’art était dans toute sa splendeur, et la seconde celles de sa décadence. On comprend aussi, et avec raison, sous le nom d'impériales, la plupart des médailles d'impératrices, attendu qu’elles sont égales aux types des médailles des empereurs.

Pour les impériales grecques, voyez GRECQuEs ( Monnaies)., |

IMPERIALES ( Villes). Voyez VILLES IMPÉRIALES. IMPERIAUX , nom que l’on a donné aux troupes de l'empereur d'Allemagne, et quelquefois aussi à ses ministres plénipotentiaires,

IMPERIUM. Ce mot désignait, chez les Romains, la puissance de commander et le pouvoir exécutif dont avaient d’abord été investis les rois, puis, sous la république, en vertu de la lex curiata, divers magistrats supérieurs, tels que les consuls et les préteurs. L'idée représentée par le mot imperium differait de celle que représentait le mot potestas (pouvoir, puissance ), en ce sens que le second ne désignait que la puissance attribuée à chaque magistrat dans l'exercice de ses fonctions. L’imperium, dont les licteurs étaient considérés comme la marque caractéristique et essentielle, était joint au droit d'employer les auspices suprêmes, et se manifestait surtout par l’exercice de Ja suprême puissance militaire et judiciaire. En ce qui est de la première (imperium mililare), les consuls et les préteurs, dans les temps postérieurs de la république, oblinrent, sous le titre de proconsuls ou de propréteurs, la prolongation ou prorogation de leurs pouvoirs expirés; et ce fut en partie à cause de cela, et en partie aussi parce que les gou-

- Yerneurs des provinces étaient investis de l’imperium , que ce mot fut employé également comme le contraire de magistralus. An temps des empereurs romains , les jurisconsultes distinguèrent en outre Pimperium merum, c'est-à-

BIGT, DE LA CONYENS, — T, x1.

dire le commandement pur et simple, appelé aussi gladii polestas, et dérivé de la puissance exercée par le général d'armée, le droit de vie et de mort en matières criminelles que l’empereur conférait aux gouverneurs de province ainsi qu'aux préfets de la ville ou du prétoire, de l’imperium mixtum, qui avait rapport à la juridiction civile, et qui donnait notamment au magistrat le droit de procéder extraordinairement par voie de cognition et de décret,

IMPERMEABILITE (de in, non; per, au travers ; et meare, passer). Absolument parlant, on ne peut pas avancer qu'il y ait des corps au travers desquels Loutes sortes de substances ne puissent circuler. Si les métaux, les minéraux, s'opposent ordinairement avec succès à l'écoulement des liquides , des gaz, ils sont incapables de retenir ou de ne pas admettre le principe de la chaleur (le calorique), et probablement d’autres fluides qui nous sont inconnus; il y a plus, les métaux eux-mêmes livrent passage à l’eau quand elle est pressée dans le vase qui la contient par une force supérieure. On sait que de l’eau contenue dans une boule creuse d’or s’en échappe en gouttelettes quand cette boule est fortement pressée. Nous avons vu un canon de fer forgé dont les parois avaient l'épaisseur du doigt, et qu’on avait recouvertes intérieurement avec soin d’une couche d’étain , pleurer de tous côtés lorsqu'on bourrait, s’il est permis de parler ainsi, de l’eau dans son intérieur au moyen d’une presse. L’imperméabilité, ou la facilité qu’ont les corps de s'opposer avec plus ou moins de succès au passage des liquides ou des fluides, dépend de causes qu’il nous est impossible de signaler exactement, et que nous ne pouvons que soupconner : nous savons par exemple qu’un vase de cristal contient parfaitement de l’eau, des gaz, tandis que la lumière le traverse avec une facilité étonnante; un vase de bois peut contenir fort bien de l’air ou tout autre gaz, et se laisser pénétrer à l’eau. Parmi les liquides , il en est qui s’infiltrent plus facilement à travers les bois, la peau, que d’autres; un baril plein d'huile est toujours suant, tan. dis que s’il contenait de l’eau, du vin, il serait parfaitement sec à l'extérieur. TEYSSÈDRE.

IMPERMÉABLE (Tissu). Voyez Tissu.IUPERMÉABLE.

IMPERTINENCE, IMPERTINENT (du latin impertinens, ce qui ne convient pas). « Un impertinent est ur fat outré, a dit La Bruyère ; il rebute, aigrit et irrite ceux qu lui parlent. » Ce portrait en deux lignes suffit à faire connaître le défaut, pour ne point dire le vice, dont nous ayons à nous occuper. L’impertinence n’est en effet qu’une fatuité outrée, arrogante, et dont la malhonnêteté ironique se gaze à demi sous les formes affectées du bon ton. Elle est donc bien distincte de l’insolence : celte dernière tient plutôt de la grossièreté ; l'impertinence est étudiée, et consiste dans une affectation qui finit par tourner en habitude ; l'insolence, au contraire, est rarement étudiée : elle est plus naturelle. L’impertinence pique au vif avec des dehors de légèreté; l’insoience blesse avec des paroles brutales ct ab irato. L’impertinence est l’apanage de personnes dont l'esprilest cultivé, tandis que l’insolence est plutôt Je partage des gens sans éducation.

Impertinence s'applique encore aux choses ou aux paroles qui sont contre le bon sens ou contre la bienséance : c’est ainsi qu’on a dit que les grands discoureurs étaient sujets à dire beaucoup d’impertinences. C’est à peu près dans le même sens que les avocats emploient l’épithète d’impertinent, appliquée à un fait par opposition à pertinent, Un fait impertinent est celui qui ne rentre point dans la question, qui n’a rien de commun avec ce dont il s’agit : les faits impertinents son inadmissibles en jurisprudence.

IMPETIGO. Quoique les auteurs latins emploient ce mot dans le sens de dartre, il a été transporté dans la langue française pour désigner une éruption cutanée qui forme, dans la classification d’Alibert, un autre genre de dermatose. L’impétigo est caractérisé par de petites taches rouges, circulaires, contenant un liquide âcre et séreux, et où le malade éprouve un prurit plus ou moins considéun

rable. Quand cette éruption est prise à son début, quelques lotions astringentes suffisent pour la faire disparaître. Mais si elle est négligée, les boutons s’élargissent jusqu’à devenir aussi grands que la paume de la main, et il faut recourir au traitement de la gale. Plus fréquent dans les pays chauds que dans nos contrées, l’impétigo est une maladie contagieuse.

IMPETRANT (du latin impetro, j'obtiens ; fait de petere, demander). On appelle ainsi, dans la pratique du droit, celui qui obtient de la justice ce qu’il a demandé dans une requête par lui présentée: ce mot s'applique également à celui qui, ayant demandé au prince la remise ou la commutation d’une peine à laquelle il était condamné, obtient l'objet de sa demande.

IMPIE, IMPIÉTÉ. Si nous cherchions l’acception de ces mots dans leur étymologie, impie serait synonyme de non pieux, et tout acte que n’aurait pas suggéré la piélé serait une impiélé. Mais il n’en est pas ainsi: d’un point à l'autre, il y a loin, plus loin, nous osons le dire, que du vice à la vertu: la piété est la religion portée à certain degré de perfection ; l’impiété est l’irréligion poussée à l’excès : Ce sont en fait de religion les deux extrémités du bien et du mal. Dans le langage de certaines personnes, impiété etincrédulité semblent n'être qu'une seule et même chose. Ce sont, il est vrai, deux sœurs qui ne se quittent guère : il est difficilé de croire sans adorer, et plus difficile d’insulter ce qu’on adore, tandis que l’homme sans foi se retranche le plus souvent dans son incrédulité pour blasphémer plus à son aise, et déverse le ridicule et le mépris sur les croyances les plus respectables. Cependant, quelque intimité qu’il y ait entre ces deux filles de l’orgueil, elles ne doivent pas être confondues : L’incrédule peut n'être pas impie, surtout s’il est de bonne foi, et qu’il respecte la foi des autres ; l’impie, à son tour, peut n'être pas incrédule : « Les démons croient, » dit saint Jacques. L’incrédule n’a point de foi, l’impie point de religion : voilà toute la différence. :

IMPOLITESSE, INCIVILITÉ L'impolitesse consiste dans une certaine rudesse de manières et de langage, op- ! posée aux façons d’agir et de parler consacrées dans la bonne société. C’est généralement un défaut d'éducation; mais c’est aussi un défaut de goût, car Le langage et les manières qui distinguent les hommes polis se révèlent sans étude aux organisations délicates. Cependant, l’impolitesse peut n'être que l'effet de la distraction : si tel individu ne répond pas quand on lui parle, s’il entre ou sort sans prendre congé de personne, ce n’est pas qu’il soit impoli, il est distrait. L'incivilité semble avoir quelque chose de plus choquant que limpolitesse. L’oubli grossier, ou le dédain des égards qui sont de règle dans les relations, voilà l’incivilité. Un homme impoli peut n'être qu’un rustre; l’incivil est presque toujours un caractère désagréable, sinon méchant. L’impolitesse tient surtout à l'ignorance des usages du monde; l'incivilité naît plus souvent d’une vanité ombrageuse, qui redoute jusqu’à l'apparence de la soumission. La paresse, remettant sans cesse au lendemain l’accomplissement des devoirs de la bienséance, ou l’orgueil, qui nous fait juger les autres trop peu dignes de notre attention, sont aussi le principe de l'incivilité. L'incivilité semble donc plus que l’impolitesse un vice de l'âme ; elle blesse davantage, parce qu’elle procède plus de la volonté.

Quoi qu'il en soit, l'impolitesse est un grave défaut. La vie de société étant l'état naturel de l'homme, le liant des égards, Pempire et le respect des bienséances convenues, y sont indispensables pour prévenir le choc des égoïsmes et les mortelles blessures des amours-propres constamment en présence. On trouve cependant de ces esprits nés pour tout contester, qui ne donnent qu’un blâme équivoque aux hommes impolis, aux caractères incivils. A les entendre, la politesse ne serait qu'un vernis menteur, la civilité qu'un masque: il y a des bourrus bienfaisants, disent-ils, et le paysan du Danube à prouvé que sous des formes gros-

IMPÉTIGO — IMPOPULARITÉ

sières on pouvait cacher du bon sens. Disons donc en mot de ces héros de la franchise brutale. En sont-ils plus sages, pour affecter partout tant de rudesse, pour fouler aux pieds, dans leur conduite et leur conversation, toutes les bienséances de la politesse sociale? Ces gens-là prennent des airs superbes, avec leur longue barbe et leur pesante chaussure ; au fond, ce sont tout simplement des sophästes ou des sots, qui, pour aimer Ja vérité, ne réussissent qu’à faire détester ce qu’ils aiment. L’impolitesse érigée en maxime n'est pas moins anti-sociale que l’impolitesse grossière des ignorants : les effets sont les mêmes; rien de plus fragile que des relations auxquelles ne président ni délicatesse ni ménagements. L. LEVEL.

IMPONDÉRABLES (de in, non, et pondus, poids).

, En physique, on reconnait des corps, dont l'existence est,

du reste, fort problématique, qui ne sont point sensibles

\ aux balances les plus délicates, ou, pour mieux dire, dont il

est impossible d'évaluer le poids : on les qualifie du nom de substances impondérables. 11 en est sans doute un grand nombre de cette espèce dont la plupart échappent à nos moyens grossiers d'observation : celles dont nous pouvons assurer l’existence, du moins parles effets qu’elles produisent, sont le calorique, la lumière, les fluides électrique et magnétique.

Les molécules d’une substance impondérable se meuvent en tous sens avec une indifférence absolue, c’est-à-dire qu’un oorps lumineux, par exemple, projette des rayons de tous côtés avec la même énergie. Malgré cette propriété des corps dits impondérables, il est permis de douter qu'ils soient absolument dépourvus de la faculté de peser. Qu'est-ce en effet que le poids d’un corps? C’est évidemment la tendance plus ou moins forte avec laquelle il se porte vers le centre de la terre, et par laquelle nous jugeons de sa masse ou bien de la quantité de matière qu’il contient sous un volume donné. Or, un rayon lumineux, par exemple, se détourne de sa route lorsqu’il passe dans le voisinage de certains corps, tels que des cristaux, des métaux, etc. Il est donc attiré par ces matières : d’où il suit que si nous pouvions mesurer la force avec laquelle le rayon est détourné, nous aurions en quelque sorte son poids, relativement à la substance qui l’attire, Toutes Les substances sans exception sont douées de la propriété d’être attirées avec une certaine force par des corps d'espèce différente que la leur, 11 n’y a donc pas, à proprement parler, de matières absolument impondérables ; cette dénomination accuse seulement l’insuflisance de nos moyens d'observation.

TEYSSÈDRE

IMPOPULARITÉ. De tous les phénomènes que présente l’histoire des nations et des hommes, le moindre n’est pas de voir leur haine succéder à leur faveur, et leurs idoles couvertes de boue par ceux-là même qui naguère leur prodiguaient l’encens. Un instant suffit souvent pour faire perdre la popularité. Malheur alors à celui dont l'énergie s’est usée au grand #ôle qu'il s'était imposé : il n'aura même pas la consolation de voir son nom oublié; les rmalédictions succéderont aux bénédictions ;’ le mépris à l'estime, la haine à l'amour, la froideur à l'enthousiasme. Et pour devenir ainsi l'objet de l’exécration publique, il suffit de céder à des séductions, hélas! trop nombreuses, de modifier insensiblement ses convictions, de se montrer moins hostile à ceux que l'on a combattus. Il faut moins encore: pour voir tomber l’auréole de gloire dont il était entouré, pour voir ses lauriers flétris, noyés dans la fange des rues, l’homme politique n’a qu’à demeurer stationnaire, quand tout avance autour de lui ; car les masses, ravivées chaque jour par de nouvelles générations d'adolescents devenus hommes, par de nouveaux besoins, par de nouvelles espérances, exigent, dans le chef qu’elles se donnent des ressorts dont la tension soit de pius en plus énergique, Voilà tout le secret de tant de grandes et de malheureuses : impopularilés. Voilà pourquoi dans les révolutions tant d'hommes qui les ont commencées sont dévorés par elles,

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