‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 207 sur 522 · IMPRIMERIE · texte numérisé non relu

IMPRIMERIE

truction de machines plus en harmonie avec les progrès des lumières en mécanique. Le triomphe de l'invention à cet égard est la presse mécanique, où l'impression s'opère avec une grande rapidité au moyen de cylindres. On à aussi essayé d’abréger le travail de la composition à l’aide d'instruments dont l’un a reçu le nom de pianotype, La stéréotypie rendit de grands services pour la production des ouvrages dont les éditions sont souvent répétées sans changement, lels que les classiques anciens et modernes. L'impression de la musique et des cartes géo :raphiques est redevable à M. Duverger et à d’autres encore de plusieurs avantages, quoique les planches en cuivre ou en étain avec la lithographie conviennent mieux à cet objet. L'impression en caractères saillants est employée pour faciliter l’enseignement des aveugles.

Le clichage et la galvanoplastie ont rendu de grands services à l'imprimerie contemporaine. Par le clichage au papier et au b'anc d’Espagne mêlés, qui permet de verser immédiatement la pâte métallique et de faire des clichés circulaires, employés par certaines machines rapides, les journaux ont pu opérer rapidement les plus grands tirages. Autrefois, il fallait, pour les livrer au public à l’heure vou lue, faire autant de compositions différentes qu’on employait de machines; aujourd'hui, il suffit d’une seule composition sur laquelle on fait tous les clichés dont on a besoin. On a pu obtenir ainsi, en une heure, vingt-quatre clichés, et tirer, avec 89 ouvriers et 9 machines, 120,000 feuilles en moins de trois heures. Il y a trente ans, on aurait eu besoi1, pour arriver au même résultat, dans le même nombre d'heures, de 1,520 ouvriers et de 100 presses. Les modifications apportées aux presses mécaniques ont beaucoup contribué aussi à la rapidité des tirages,

Pour rendre les ca’actères capables de donner, avec une netteté constante, de lo gs tirages, on a déposé, à l’aide de la galvanoplastie, sur l'œil des lettres, d’abord du cuivre, puis du fer, qu’on a décoré du nom d’acier. Des journaux ont été tirés à 100,000, sans usure \isible, sur des types aciérés. Ces procédés sont difficiles à employer pour les caractères et les clichés d'imprimerie; ils servent surtout pour les gravures en relief qui, intercalées dans le texte, se tirent typographiquement.

Les impressions chromolithosraphiques ont obtenu un grand succès, qui est justifié par les admirables résultats obtenus en ce genre. On avait cru d’abord que la chromolithographie ne pouvait employer la machine; mais on a reconnu ensuite que, pour une portion considérable des tirages, elle opérait aussi bien, mieux même que la presse à bras, et surtout à bien meilleur marché. Toutefvis, elle ne peut servir à toutes les impressions en couleur, par exemple aux reproductions de manuscrits, de miniatures, qui exigent dix-huit pierres, dix-huit repérages, aux imitations de vieux tableaux, qui en emandent jusqu’à trente. C’est aussi la presse à bras qu’on emploie de préférence dansles impressions lithographiques, pour le noir, sauf pour le genre à la plume. Il faut la main de l’ouvrier, si l’on veut que l'encre soit harmonisée, et le pressier doit avoir du goût et du tact pour arriver à fournir uhe épreuve qui rende le modelé et toutes les intentions de l'original. Quant à la gravure sur bois, on est parvenu à la tirer d’une manière parfaite à la machine, en employant un système de découpag s et de housses en papier 50 miné appliqués au bois, de manière à produire les diverses graguations d'ombre et de lumière. Nos impressions en ce genre sont si remuquables que les étrangers envoient faire à Paris leurs p'us beaux tirages. Il en est ainsi également des impressions lithographiques.

Dans plus eurs imprimeries {ypographiques, en France } comme en Angleterre et en Amérique, ce sont des femmes qui font le travail de composition ; ainsi, dans l’imprimerie de MM. Didot, au Mesnil, près de Dreux, dans celle de | M. Crété, à Curbeil, et dans celle de M. Paul Dupont, à Paris. L'expérience a dénontré que le travail de la com=

DICT, DE LA CONYVERS, — T, XI

position est parfait meut dans lesaptitu des des f mines, el tous les amis de l’hu‘nanité doivent ap plaudir en voyant un métier nouveau mis entre les mains d’un sexe trop souvent dépossédé par l’homme des travaux qui semblent lui convenir exclusivement.

IMPRIMEÆRIE (Encre d’). Voyez Encre.

IMPRIMERIE NATIONALE, à Paris, rue Vieilledu-Temple. Elle occupe le palais Cardinal, ainsi nommé parce qu'il appartenait au lameux cardinal de Rohan. Elle est administrée par un directeur, sous la surveillince du ministre de la justice.

Cette administration est d’une grande importance, au double point de vue de l'administration et des sciences et des arts. L’Élat y fait exécuter toules les impressions nécessaires aux services publics ; cette organisation lui offre des garanties de sûreté et de discrétion qu'il ne trouverait pas dans les ateliers de ‘industrie privée, et qui peuvent en cérlains cas être d’une haute importance. En outre, les caraclères provenant de son matériel sont facilement reconnaissables à des sign es particuliers, ce qui rend plus malaisée la supposition d’actes officiels. Enfin, comnie le service s’y fait ayec une promptitude extraordinaire, au mo:en d’un immense matériel, 5,000 formes y peuvent être gardées entièrement composées.

Les chefs d’élablissements privés peuvent emprunter à l’Imprimerie nationale les caractères spéciaux qui leur manquent; ils peuvent même, s’ils ont obtenu l’aulorisation du garde des sceaux, y faire imprimer les ouvrages qui nécessitent l'emploi des caractères orientaux.

Certains ouvrages d'érudition dont la publication doit être utile aux sciences et aux lettres y sont imprimés, s’ils ont été jugés dignes de cette faveur par un comité spécial. D’autres ouvrages y sont encore imprimés, à l’aide de onds spéciaux votés au budget; telle est la collection de Documents inédits sur l'Histoire de France.

Le matériel de l’Imprimerie impériale comprend, sans compter les caractères latins, les {ypes de 16 corps de caractères ditiérents employés par des nations d'Europe, et ceux de 56 corps de caractères orientaux, servant à écrire presque toutes les langues asiatiques connues, tant anciennes que modernes. Elle possède, en outre, 126,000 groupes chinois de différertes grandeurs, gravés sur bois, et plus de 3,000 autres groupes qui, se décomposant et se combinant ensemble, suflisent à la composition des innombrables signes de cette langue singulière. On y compte 120 presses à bras et 6 presses a vapeur, ce qui permettrait de tirer en un seul jour 278,000 feuilles. La consommation annuelle en papier d’in pression s'élève, en moyenne, à 90,000 rames. Des ateliers sont affectés aux nombreux travaux accessoires : fonderie, clichage, stéréotypage, lithographie, séchage, eatinage pliaze, piqûres, couture, rognure, réglure et reliure.

On attribue généralement à François I°* la création de, cet établissement public; mais ce prince se borna à faire graver des poinçons de caractères hébreux, grecs el latins, à les mettre libéralément à la disposition des imprimeurs parisiens. Le véritable fondateur de l'imprimerie royale, ce fut Louis XIIT, ou plutôt Richelieu, qui l’établit au rezde-chaussée et à l’entresol de la grande galerie du Louvre. Une grande quantité de types d’alphabets orientaux furent apportés de Constantinople par les soins de Savary de Bresves, ambassadeur de France. Cramoisy fulle premier directeur de l’Imprin erie royale, qui occupa ensuite l'hôtel de Toulouse, près de la place des Victoires, avant d'être transférée en 1809 dans le local actuel.

IMP IMEUR. En France nul ne pouvait, avant 1870, ê:re imprimeur sans avoir préalablemen t oblenu du ministre de l’intérieur une aulorisation qu’on nommail breveé. Le nombre des imprimeurs élail limité, Ce brevet pouvait leur être retiré par mesure administrative. Ils pouvaient présenter leurs successeurs à l'agrément du ministre. Un des premiers acles du gouverneme nt républi-

ain du 4 septembre 1870 fut de rendre aux imprimeurs eur entière liberté.

Les possesseurs d'une imprimerie clandestine sont punis d'une amende de 10,000 francs et de six mois de prison. Tout imprimeur est tenu de faire sa déclaration avant Pimpression, et le défaut de dépôt avant la publication est punis d’une amende de 1,000 francs pour la première fois, ot de 2,000 francs pour la seconde. Indépendamment du dépôt légal, tous écrits traitant de matières politiques où d'économie sociale, ct ayant moins de dix feuilles d’impression, autres que les journaux ou écrits périodiques, doivent, aux termes de la loi sur la presse du 11 mai 1868, être déposés par l’imprimeur au parquet du procureur

de la république, sous peine d’une amende de 100 à 500 francs. Chaque exemplaire des ouvrages sortis des presses d’un imprimeur doit porter l’indication de son nom et de sa demeure, à peine d’une amende de 3,000 francs, et d- 6,000 si cette indication est fausse, sans préjudice de l’emprisonnement. Les imprirmeurs sont encore tenus d’avoir un livre coté et paraphé par le maire de leur ville et d’y inscrire par ordre de dates et avec une série de numéros le titre de tous les ouvrages qu’ils se proposent d’impiimer, le nombre des feuilles, des volumes et des exemplaires, et le format de l'édition. Ce livre doit être présenté à toute réquisition aux inspecteurs de la librairie et aux commissaires de police chargés de rechercher et de constater toutes les contraventions.

Les imprimeurs lithographes et les imprimeurs en tailledouce sont astreints aux mêmes obligations.

Les imprimeurs en lettres sous l’ancien régime formaient une communauté, à laquelle étaient associés les libraires; ils étaient agrégés à l’université et soumis -aux ordonnances et statuts du recteur; mais le gouvernement contesta à l’université ses antiques privilèges, et les réduisit peu à peu à une suprématie fictive. On exigeait des imprimeurs une certaine instruction littéraire ; ils devaient comprendre la langue latine et lire au moins la grecque; en outre ils devaient donner caution et justifier de leur moralité. Un syndic et quatre adjoints nommés pour deux ans étaient chargés de défendre les intérêts communs et de maintenir le bon ordre dans la corporation. Les imprimeurs étaient tenus de résider dans le quartier de l’université; ils pouvaient aussi s'établir dans l’enclos du Palais,

Dès 1789 l'imprimerie devint une industrie libre: et ce régime dura jusqu’au décret du 5 février 1810, quilimita le nombre des imprimeurs à 60 pour Paris, et les astreignit à prendre un brevet et à prêter serment, L/année suivante le nombre des imprimeurs de Paris fut porté à ‘0.

Il fut publié en France, dans l’année 1873, un total de 15,000 ouvrages, et environ 35,000 lithographies, estampes, pièces de musique, ete. La France comptait, en 1867, 900 imprimeurs {ypozraphes, 800 imprimeurs lithographes, dont la moitié à Paris, et 150 imprimeurs en faille douce, presque tous dans la capitale. Il y avait à Paris 84 maitres et 6,158 ouvriers typographes; 367 maîlres et 3,219 ouvriers imprimeurs lithographes et en taille-douce; 15 patrons et 74 ouvriers graveurs en caractères; 30 patrons et €90 ouvriers fondeurs; 8 patrons et61 ouvriers clicheurs,

IMPROMPTU (des deux mots latins in promptu), petite pièce de vers composée, récitée ou chantée sans préparation, sur-le-champ. L’à-propos en fait presque tout le mérile. Dans un temps où l’on aitachait de l’imporiance à ces bagatelles, un impromptu don'ait de la célébrité à un nom obseur : le marquis de Sainte-Aulaire enadressa un qui est resté fameux à laduchesse du Maine,

IMPROVISATION, Sans adopter l'opinion de certains érudils, qui prétendent qu'Homère a improvisé les plus beaux passages de l’Iliade, nous regardons conne probable que la plupart des poètes grecs, Tyrtée,

Stésichore, Alcée, se livraient aux entraînements de l'improvisation. C'était un usage reçu ch: les Romains

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