HERMES — HERMINE
l'école d'Hermes. En 1819 il fut appelé, en qualité de professeur, à l’université qui venait d’être établie à Bonn, et là, comme précédemment à Munster, il attira autour de lui, par la nature de ses leçons non moins que par son éloquence, de nombreux auditeurs. Il mourut le 26 mai 1834.
La méthode philosophico-dogmatique d’Hermes, qui par Ja suite trouva tant de répulsion à Rome, consiste, selon son Introduction à la théologie chrétienne catholique (Munster, 2° édition, 1831), en ce que la raison doit d’abord prouver la réalité de la révélation chrétienne et spécialement du système catholique et ensuite se soumettre à la révélation. 11 ne prétend pas prouver à priori chacun des dogmes, mais seulement fonder sur les bases de la raison le droit de l’Église à les enseigner et provoquer ensuite la foi à ses dogmes. Un bref du pape, en date du 26 septembre 1835, condamna solennellement cette doctrine, qui avait déjà été énergiquement combattue par Perrone, et dont les adhérents furent l’objet de persécutions toutes particulières de la part du haut clergé orthodoxe. :
HERMESIANAX , poëte élégiaque grec, qui florissait vers l’an 330 avant J.-C., ami et disciple du poëte Philétas, composa sur des sujets érotiques, et sous le titre de Léontion, emprunté au nom de la fameuse Léontium, courtisane dans la foule des amants de laquelle il figura, trois livres d’élégies. Athénée nous a conservé un fragment assez important du troisième, dont G. Hermann (dans ses Opuscula, tome IV), et Schneidewin (dans le Delectus Poeseos Græcæ, Gættingue, 1838) se sont spécialement occupés,
HERMÉSIANISME , nom que l’on a donné à la doctrine de Georges Hermes.
HERMES-TRISMEGISTE (rpcïs-uéyiotoc, c’est-àdire trois fois le plus grand). C’est dans la langue des Hellènes le nom d’un être mythologique des anciens Égyptiens, représenté tantôt comme étant plus qu'un dieu, et tantôt seulement comme plus qu’un personnage historique. Ce qu'il y a de plus clair dans les données qui nous sont parvenues à son égard, c’est que Hermès-Trismégiste est dans son essence identique avec Thaut où Thot, dont il représente le côté idéal.
Semblable à l’'Hermès des Grecs, l'Hermès-Trismégiste des Égyptiensétait une espèce de médiateur entre les dieux et les hommes; et c’est surtout cet attribut que les philosophes et les théosophes gréco-égyptiens ont personnifié dans Hermès. À cet égard on peut dire qu’il n’est que la personnification, le symbole du sacerdoce égyptien, lequel était un véritable médiateur entre la Divinité et les hommes. Aussi lui attribuait-on la législation et la civilisation du pays ainsi que l'invention de tous les arts et de toutes les sciences, propriété exclusive du sacerdoce égyptien, notamment la formation de la langue, l'invention des signes d'écriture, surtout deshiéroglyphes, des mathématiques, de la médecine, de la musique, de la danse, du tric-trac, des exercices gymnastiques , l'introduction des cérémonies du culte, de l’agriculture, etc. Il nous présente par conséquent la personnification de toute la sagesse et de toute la science sacerdotales, qu'il avait, dit-on, graves en hiéroglyphes sur des colonnes. C’est par ce motif qu'on lui attribuait aussi les caractères de l'écriture sacrée des Égyptiens, appelée à cause de cela par les Grecs écriture hermétique. On peut jusqu’à un certain point considérer cette écriture comme une révélation, non-seulement de la religion, mais encore de toute la dogmatique et de toute l’histoire mythologique, de la liturgie, du système entier de la législation civile et religieuse de l'Égypte; comme renfermant le cercle complet de la science égyptienne, toutes les règles de la morale applicables à la vie, Les caractères bermétiques n'étaient accessibles qu'iux prêtres, qui ne les montraient au peuple que de loin, dans les riucessions par lesquelles on célébrait les grandes solennités.
Ces caractères et leur inventeur prétendu jouèrent de nouveau un grand rôle à l'époque de l'école néoplatonicienne,
Alors qu’en Orient la magie, la théosophieet l'alchi-
mie devinrent des sciences secrètes, et fleurirent comme toutes les rêveries mystiques, l'Hermès égyptien reçut le surnom de Trismégisle, et fut considéré comme la source première de toutes les réveries et de toutes les doctrines occultes. Il serait difficile de décider si les véritables ouvrages hermétiques furent effectivement traduits alors à Alexandrie, ainsi qu’on le prétend, de l’égyptien en grec; ce qu'il y a de certain, c’est qu’on leur attribuait à cette époque ce que l’école néoplatonicienne d'Alexandrie enseignait sur les sciences occultes. Elle imagina dans ce but la fiction de la chaîne hermétique, c’est-à-dire toute une série de sages dans laquelle se serait transmise successivement la: tradition de la sagesse d’Hermès. C’est de là aussi que proviennent les ouvrages connus sous le nom d’hermétiques, dont les suivants existent encore : Poemander, sive de potestate ac sapientia divina (Paris, 1554), Æsculapii Definiliones (Londres, 1628); Zatromathematica (Nuremberg, 1532) et Horoscopica (1559), réunis dans la Nova de universis Philosophia, de Patricius (Venise, 1593), mais qui appartiendraient en partie à un certain Hermès qui vivait au deuxième siècle de l’ère chrétienne. Dans les temps modernes , Hermès et ses prétendus ouvrages ont de nouveau joui d’une grande considération dans l'esprit d'une foule de rêveurs et de fanatiques de tous genres, qu’on a en conséquence surnommés *ermétiques. C’est encore ainsi que Paracelse inventa la médecine hermétique, que naquit la franc-maçonnerie hermétique, et qu’on appliqua les mots hermétique, hermétiquement, à des choses tellement fermées et scellées, que l'air n’y peut pas pénétrer. En effet, on attribuait encore à Hermès l’art de sceller des trésors et des vases au moyen de sceaux magiques, de manière à les rendre impénétrables. Consultez Baumgarten-Crusius : De librorum hermeticorum origine alque indole (Iéna, 1827, in-4°).
HERMETIQUE se dit, en termes d'alchimie, de tout ce qui est relatif à la science du grand œuvre. La science Lermélique expliquait tous les effets naturels par trois principes actifs : le sel, le soufre et le mercure; la physique hermétique constituait un système de médecine qui rapportait toutes les causes à ces trois principes , et les expliquait toutes par là ; la philosophie hermétique admettait en outre deux principes actifs, qui étaient le phlegme et la terre. On entendait par sceau hermétique celui qui fermait un vase contenant des préparations, de manière à ce que rien ne püt s’en exhaler. Pour sceller hermétiquement un vase, on en fondait le col, et on le scellait de sa propre matière en le tortillant avec des pinces ad hoc. Par extension, on a appliqué l’adverbe kermétiquement à tout ce qui est bien fermé.
HERMINE, animal du genre putois, et dont le nom vient, suivant Du Cange, du grec &prmévroç, Arménien, parce qu’en effet ce sont les Arméniens qui les premiers l’ont répandue. C’est la mustela herminea de Linné. Ce petit mammifère digitigrade est connu sous deux couleurs et sous deux noms différents. *Sa robe, qui fournit, comme on le sait, une fourrure très-précieuse, affecte en été la couleur fauve : alors on lui donne le nom de roselet ; en hiver, au contraire, elle devient d’un blanc éclatant, à l’exception du bout de la queue, qui devient invariablement noir, et dans cette saison elle retient la dénomination propre d’hermine. Ces fourrures sont incomparablement plus belles et d’un blanc plus mat que celles du lapin blanc; mais elles jaunissent en vieillisant, et même chez les hermines de nos climats elles sont toujours nuancées d’une légère teinte de jaune. Parmi les putois de nos contrées, l'hermine vient en second ordre après le furet pour la grandeur ; elle porte 24 centimètres, de l'extrémité du museau à l'origine de la queue, qui en à 10. L'hermine est, à tout prendre, un joli petit animal : son œil est vif, sa physionomie fine et gracieuse; elle est douée d’une agilité et d’une promptitude de mouvements qui fatiguent le regard ; il serait assez facile de la confondre avec la belette, si ele n'avait cunstammrent le bout de la queue d’un noir foncé.
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le bord des oreilles et l'extrémité des pattes blancs. Cet animal est très-commun dans les régions septentrionales de l’ancien et du nouveau continent, surtout en Russie, en Norvége et en Laponie, où il se nourrit de petits-gris et d’une espèce de rats qui pullule considérablement dans ces pays. IL est assez rare dans les climats tempérés, et manque absolument aux climats chauds. Bien que l’hermine ne soit pas chez nous à beaucoup près aussi commune que ia belette, on en trouve cependant encore un certain nombre; elle se plait dans les terrains rocailleux, dans les anciennes forêts ou dans les champs qui les environnent, et fuit avec soin le voisinage des lieux habités.
L'hermine exhale une fort mauvaise odeur; elle est en outre d’un naturel extrêmement sauvage, ce qui rend son éducation des plus difficiles. Cependant, il n’est pas impossible de l’apprivoiser. On en a vu qui poussaient la familiarité et la sagacité envers leurs maîtres plus loin que des chiens ; pour arriver à ce résultat, il faut bien des soins et bien des précautions. Mais sur quelque pied d'intimité qu’on soit avec elles, il faut bien se donner de garde de les inquiéter, et même de les toucher pendant leur repas. On les nourrit habituellement avec de la viande et des œufs : elles ont peu de goût pour le miel. De même que les chats, ces animaux épient et prennent les souris, tuent les poissons qui se trouvent à leur portée, et emportent, quand ils le peuvent, la proie dont ils se sont emparés; mais ils évitent sagement de s'attaquer aux gros poulets, dont ils respectent la force et les coups de bec.
HERMINE, CONTRE-HERMINE ( Blason). Voyez Émaux.
HERMINONS. Ainsi s'appelait, d’après Irmin, l’un des trois fils de Mannus, une des trois tribus dont se composait à l’origine la nation germaine. Pline range parmi les Herminons les Suèves (nom sous lequel il faut probablement entendre les Quades et les Marcomans ), les Hermundures, les Cattes et les Chérusques.
HERMIONE. Voyez HARMONIE.
HERMIONE, fille d'Hélène et de Ménélas, avait d’abord été promise à Oreste par son aïeul Tyndare. Mais le sort en ordonna autrement : elle fut envoyée par Ménélas à Pyrrhus, fils d'Achille, qui l’épousa. Hermione, n’ayant point d’enfants, devint jalouse d'Andromaque, venve d’Hector, qui était échue à Pyrrhus dans le partage des captives. Elle allait, en l'absence de son mari, mettre à exécution le projet qu’elle avait conçu de se défaire de cette odieuse rivale, lorsqu’elle en fut empêchée, suivant les uns, par le peuple, selon d’autres, par Pélée, aïeul de Pyrrhus. Redoutant le courroux de ce dernier, Hermione se préparait à la mort lorsque Oreste arriva. Elle se fit enlever par lui, et il a conduisit à Sparte. Pyrrhus ayant été quelque temps après egorgé dans le temple de Delphes, au moment où il offrait un sacrifice, les soupçons planèrent sur Oreste et sur son adultère maîtresse. Telle est, du moins, l'opinion d'Hygin, de Virgile et de Paterculus. Ovide rapporte qu'elle épousa Oreste après la mort de son premier mari, et qu’elle lui apporta en dot le royaume dd parte. Suivant Euripide, elle aurait aimé Pyrrhus à la fureur, et porté jusqu’à la rage sa jalousie contre la veuve d’Hector. Racine, dans sa tragédie d'Andromaque, a suivi d’assez près la version d’Euripide.
CHAMPAGNAC
HERMITAGE, HERMITE. Voyez ERMITAGE. ,
; D (Vins de l’). Voyez ERMITAGE (Vins elle) &
HERMITE (BerNarp l’), nom sous lequel on désigne en histoire naturelle toutes les espèces du genre pagure, et plus particulièrement le pagurus bernardus. |
HERMOD, c’est-à-dire le Belliqueux, l'un des fils d’ Odin, le père des dieux scandinaves, qui lui fit don d’un casque et d’une cuirasse, et qui l’employait surtout pour ses messages. C’est ainsi qu’il fut envoyé auprès de Hel, dans le monde inférieur, pour en ramener Balder, dieu + Qui avait été tué par Loki. Il avait aussi pour mission,
avec Bragé, le skalde d’Odin, de recevoir les guerriers à leur arrivée dans la Walhalla.
HERMOGENE, de Tarse, en Cilicie, l’un des meilleurs rhéteurs grecs, qui florissait vers l’an 160 après J.-C., était à peine âgé de quinze ans lorsqu'il fut présenté à l’empéreur Marc-Aurèle, qui lui fit l'accueil le plus bienveillant ; il composa sur la Rhélorique un ouvrage en cinq livres, qui servit longtemps de guide dans l’enseignement; aussi d’autres auteurs en firent-ils de bonne heure des commentaires et des abrégés. La meilleure édition de l'ouvrage ongmal avec les anciens commentaires a été donnée par Welz dans ses Rhetores græci. Les Progymnastica, qui en forment le cinquième livre, et qui jusqu’à la fin du dix-huitième siècle n'avaient été connus que par la traduction latine de Priscien, ont été publiés par Veesenmeyer ( Nüremberg, 1312).
HERMUNDURES, tribu germaine, séparée à l’ouest des Cattes par la Werra; au nord, des Chérusques par le Hartz; à l’est, des Semnones par l’Elbe; au sud, des Varisques et des Marcomans par la forêt de Thuringe et par l'Erzgebirge. Comprise dans le principe sous la dénomination générale de Suèves, elle est mentionnée sous ce nom d'Hermundures dèsl’an 19 de J.-C., époque où, commandée par Vibilius, elle mit fin à la domination que le Goth Catualda était parvenu à exercer sur les Marcomans, après avoir vaincu et expulsé Marbod. Autant en advint, en l'an 50, du petit royaume suève que le Quade Vannius avait fondé, sous la suzeraineté des Romains, entre la Marche et Gran. En 59 les Hermundures firent la guerre aux Cattes pour la possession de quelques salines. Au temps de Tacite, ils entretenaient des relations de commerce avec les Romains. Il est pour la dernière fois fait mention d’eux dans l’énumération des peuples qui prirent part à la grande guerre des Marcomans contre Marc-Aurèle.
HERNIAIRE ( Botanique), genre de plantes de la famille des caryophyllées. L’herniaire glabre, L. (herniaria glabra), vulgairement éurquelte herniole, est très-commune dans les terrains sablonneux : ses tiges sont grêles, rameuses et diffuses; ses feuilles sont petites, ovales et épaisses; ses fleurs sont axillaires et verdâtres, et elles s’'épanouissent durant tout l'été. L’herniaire velue (herniaria hirsuta, L.) ne paraît être qu’une variété de la précédente. D’anciens auteurs ont attribué à ces herbes la propriété de guérir les hernies, et c’est de cette prétendue qualité que vient leur dénomination. Aucune cependant n’est moins justiciable. On a également vanté ces plantes comme propres à dissoudre la pierre dans la vessie ; et ce n’est ni avec plus de raison ni avec plus de vérité. Les turquettes, pour ne plus leur donner un nom immérité, concourent pour une faible part à parer la terre; c’est à quoi se réduit leur valeur, autrement elles sont inutiles.
D° CHARBONNIER
HERNIAIRE (Bandage) ou BRAYER, appareil destiné à maintenir les hernies réduites. 11 est formé d’une lame d’acier recourbée pour s’adapter à la forme du bassin, et terminée à l’une de ses extrémités par un écusson triangulaire à angles arrondis : cet appareil est garni à sa surface interne de bourre et de crin; une peau de chamoïs enveloppe le tout. La surface interne de l’écusson est appliquée sur l'ouverture de la hernie, et la bande d'acier, contournant le bassin, enserre le corps et le comprime entre ses deux extrémités ; une double courroie maintient en place l’appareil. Tel est le brayer ordinaire. Lorsque la hernie est irréductible et fait saillie, lécusson est rendu plus ou moins concave pour s'adapter à cette tumeur proéminente. Le brayer est alors dit à cuillère. Souvent aussi on remplace l’écusson plein par un disque d’acier recouvert d'une peau de chamoïis disposée de manière à former une bourse : c’est le brayer à raquettes. Ce sont les formes les plus usitées : on emploie encore, mais plus rarement, le bandage double, le bandage demi-corps et le bandage omniforme. Chacun de ces appareils a ses avantages particuliers ; tous aussi
ont des inconvénients spéciaux : c’est au médecin à opter. BELFIELD-LEFÈVRE.
HERNIAIRE ( Chirurgien), chirurgien qui se livre particalièrement au traitement des hernies. On donne aussi le nom de bandagistes herniaires aux constructeurs d’appareils destinés à contenir les hernies, aux fabricants de bandages herniaires.
HERNIAIRE (Sac). Voyez HERNIE.
HERNIE. Ce nom distingue une tumeur formée par le déplacement d’une partie molle, d’une partie du cerveau, par exemple, ou des poumons, qui peuvent sortir hors des cavités qui les contiennent à la suite de blessures; mais cetle dénomination est principalement usitée pour spécifie. les tumeurs externes causées par la sortie des intestins et de leurs annexes hors du ventre, Le vulgaire nomme aussi cette tumeur descente, rupture et effort. Quand le dernier des intestins ou une autre partie contenue dans l’abdomen change de situation et apparaît au dehors sans être recouvert par la peau, cet accident est distingué des hernies par le mot chute ou renversement. La descente du rectum est un exemple commun de ce mode de déplacement.
Les intestins peuvent s'échapper du ventre par la plus grande partie des parois de cette cavité ; on les a même vus pénétrer dans la poitrine à travers une cloison musculeuse; mais c’est ordinairement sur le bassin qu’ils trouvent des issues par des ouvertures invisibles, qui sont destinées à livrer passage à des nerfs et à des vaisseaux ; ouvertures peu considérables, mais susceptibles de se dilater au point de donner accès à des portions du tube intestinal, ainsi que d’une membrane qui les recouvre, et qu'on nomme péritoine. C’est cette tunique membranense et vaste qui forme une poche contenant telle ou telle partie des intestins, plus ou moins longue, et que l’on nomme sac herniaire. Ce déplacement est quelquefois si volumineux qu’il forme des tumeurs ou hernies énormes.
L’affection qui nous occupe est extrêmement commune, surtout chez les hommes , qui y sont plus disposés que les femmes, en raison de leur organisation particulière; elle occasionne fréquemment des accidents si graves que la mort en est souvent le terme. La cause de ces suites funestes est facile à comprendre : les parties déplacées, étant comprimées par les ouvertures étroites qu’elles ont franchies, se gonflent, s’étranglent et s’enflamment; alors on voit tes symptômes sinistres se succéder : la tuméfaction du ventre, des nausées , des vomissements d’aliments, de bile et même de matières fécales ; un malaise et une anxiété extrême ; une soif d’autant plus pénible qu’elle augmente le besoin de vomir. La tumeur est en outre le siége d’une douleur vive. Si la réduction n’est pas opérée, l’inflammation se termine par la grangrène : en ce cas, la cessation subite de la douleur annonce que la partie déplacée est privée de vie et abandonnée à une destruction putride. C’est surtout chez les individus robustes, et par conséquent prédisposés à des inflammations violentes, qu’on rencontre cette série d’accidents. Quand une tumeur herniaire est à l’état de gangrène, la mort du patient est imminente. Cette fin est inévitable dans la plupart des cas ; néanmoins, on a vu des portions du tube intestinal, ayant même une longueur qui décongerte l'imagination, se détruire ainsi, se séquestrer, et les malades survivre à de semblables pertes. Les recueils de médecine contiennent plusieurs exemples de ces guérisons spontanées et inespérées, qui sont suivies à la vérité d’un anus contre nature, heureusement curable aujourd’hui,
Les hernies n’ont pas toujours des conséquences aussi malheureuses : des milliers d'individus les portent impunément, et les portions herniées rentrent chez eux dans la cavité ventrale aussi facilement qu’elles en sortent ; mais il ne
faut qu’une circonstance imprévue ou imprévoyable pour
déterminer l’étranglement : aussi, tout homme qui est affligé de cette affection ne peut jamais demeurer dans une sécurité complète; il ne peut sans risque renoncer aux présautions et aux moyens contentifs dont l'expérience a dé-