‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 212 sur 522 · INCAPACITE — INCAS · texte numérisé non relu

INCAPACITE — INCAS

l’homme restait à jamais perdu, quel que fût son propre mérite ; les hommes qui ont vécu avant le Sauveur ne sont rachetés que par son intercession. Ainsi, le mystère de l’incarnation dans la religion catholique se rattache aux dogmes de la Trinité, du péché originel et de la Rédemption. IL ne faut donc pas s’étonner si ce dogme a donné lieu à un grand nombre d’hérésies : les uns prétendaient que le Verbe ne s’était uni à l’humanité qu’en apparence, Dieu ne pouvant souffrir ; les autres soutenaient que c'était la Divinité elle-même, le Père, qui s’était incarné, puisqu'il ne peut y avoir qu’un Dieu; Arius soutenait que Jésus-Christ n'était pas Dieu , mais une créature tirée du néant par Dieu; Nestorius voyait dans le Christ deux natures, et par suite deux personnes : la personne humaine seule a souffert ; Eutychès, au contraire, ne trouvait qu’unenatureen Jésus-Christ, la nature humaine étant entièrement absorbée par la nature divine, etc. Le concile de Nicée a décidé que Jésus-Christ, fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, consubstantiel au Père, et vrai Dieu comme lui, est descendu

du Ciel, s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie par l’o- «

pération du Saint-Esprit, s’est fait homme, a souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort, est descendu aux enfers, est ressuscité des morts, et est remonté au ciel d’où il viendra juger les vivants etles morts. Le concile d’Éphèse maintint que dans le. Verbe incarné le Dieu et l'homme ne faisaient qu’une seule personne et deux natures. D’autres sectes ont nié depuis la divinité du Christ; quelques auteurs nient aujourd’hui le Christ lui-même. En tout cas, rendons hommage, avec M. Artaud, « à la sublime simplicité de ces chroniques populaires qui nous ont transmis l’histoire du Dieu qui s’est fait homme pour vivre dans la pauvreté et l’humiliation, qui enseigna la morale la plus pure,

et qui pratiqua les vertus les plus héroïques pour expirer «

dans les tourments. »

Les incarnations de la divinité jouent aussi un grand rôle dans d’autres religions. Chez les Indous, chaque grand progrès social est marqué par une incarnation : Vischnou s’incarne aussi souvent qu'il est nécessaire pour assurer le triomphe de la vérité. Krischna, Bouddha sont des incarnations de Vischnou : seulement Vischnou prend d’abord le corps d'animaux; ce n’est que dans les dernières transformations qu’il apparaît sous la figure d’un héros et d'un sage. Mais dans la religion indoue le dieu incarné s’ignore lui-même; il n'a pas conscience de sa nature diviné, On pourrait aussi retrouver les idées d’incarnation dans la mythologie égyptienne, L. Louver.

INCARNÉ (Ongle). Voyez oNGLe.

INCAS. On appelait ainsi les souverains du Pérou avant la conquête de ce pays par les Espagnols. L'histoire primitive de cette contrée n’est pas moins obscure que celle du

Nouveau-Monde en général, où, à une époque qui se perd dans la nuit des temps, durent exister, comme le prouvent «

les traditions et les ruines de monuments grandioses, des peuples puissants et régner une civilisation extrêmement avancée, à laquelle succéda une longue période de désolation et d'abrutissement. Parmi les sauvages péruviens, qui n'avaient pas même conservé un souvenir bien précis de ces temps primitifs et meilleurs, apparut tout à coup un étranger, Manco-Capac, se disant Fils du Soleil, qui sut s'assurer l'autorité et l’obéissance, réunit en un seul peuple des tribus séparées, et forma, d’après des principes théocratiques, un État, qui sous ses successeurs s'accrut au point de devenir le plus étendu et le plus puissant de tous ceux que l’histoire puisse signaler dans le Nouveau-Monde. Cet empire subsista durant quatre siècles environ; le treizième inca perdit le trône et la vie, l'an 1533, sous les coups des conquérants espagnols.

Quelles que soient les incertitudes que l'on doive nécessairement rencontrer dans l’histoire d'un peuple auquel l'és criture était inconnue, les renseignements les plus circonstans ciés sur les institutions politiques et sur l'état moral des Péruviens au moment de la conquête nous ont été transmis

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