‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 213 sur 522 · INCAS — INCENDIE · texte numérisé non relu

INCAS — INCENDIE

par les Espagnols témoins oculaires des faits et des choses.

Is prouvent que les Incas n'étaient pas seulement regardés

cômme des souverains visibles, mais aussi comme des re-

présentants et des organes. de la Divinité , auxquels était due l’obéissance la plus illimitée, gouvernant toutefois avec autant de bonté, que d’habileté politique un peuple réparti en castes rigoureusement délimitées et qui ne manifestait jamais la moindre volonté. Parmi ces treize Incas, il ne se rencontra, à bien dire, qu'un seul conquérant; tous les autres n'employèrent que des voies pacifiques pour soumettre des tribus sauvages, qu'ils réussirent à civiliser en très-peu de temps; et ils agrandirent tellement leur empire, qu’à l'époque de sa chute il s’étendait de Quito au Chili. L'organisation politique en était très-régulière; mais elle ne pouvaitse maintenir que chez un peuple peu riche et tranquille ; elle ne permettait non plus que des progrès très-limités. On avait attentivement pourvu aux besoins publics, au culte, duquel étaient exclus les sacrifices humains en usage chez les Mexicains, et à la défense de l'empire. Les ruines de magasins et de temples immenses subsistent encore; et de nos jours même on continue à utiliser partiellement la ckaussée des Incas, construction vraiment prodigieuse, traversant la cime des Andes et se prolongeant sur une étendue de

près de vingt degrés de latitude, qui servait de route mili-

faire, et dont les ruines peuvent même être comparées à

celles de plus d’une construction égyptienne.

On ne tolérait dans l'empire des Incas qu’une seule langue et une seule religion; partout l’oppression du peuple était prévenue par les lois; mais les princes et la noblesse, appelés orejones par les Espagnols, se maintenaient constamment comme caste distincte et séparée du peuple ; ce qui justifie la conjecture qu'ils descendaient d’une race de conquérants étrangers. L’agriculture était florissante ; et malgré le manque d'instruments en fer, plusieurs métiers étaient exercés avec succès. Il n’existait pas de commerce, parce que les frontières étaient sévèrement gardées, et que tout rapport était interdit avec les peuples voisins non subjugués, Pourtant, le peuple se trouvait heureux de son sort; et il en fut ainsi jusqu'au moment où les Espagnols parurent,

apportant avec eux la misère, la dévastation et la dépopulation. La famille du dernier Inca s’éteignit; néanmoins di- | verses familles mulâtres du Pérou font remonter leur ori- | gine à des branches collatérales de cette maison, et dès le dix-septième ‘siècle l’une d’elles obtint du gouvernement espagnol le rang de comte. Les renseignements les plus <irconstanciés qu’on possède sur les Incas, quoiqu'il ne faille les admettre qu'avec réserve, sont ceux que nous ont donnés les conquérants espagnols eux-mêmes , tels que Cieza et Garcilaso de la Vega, qui par sa mère descendait du dernier Inca. Robertson a fait un excellent usage de leurs indications dans son Histoire d'Amérique. L’insipide roman Les Incas, par Marmontel, n’a aucune valeur historique. Consultez Prescott, History of the Conquest of Peru (3 vol., Boston, 1847); Rivero et Tschudi, Antiguedades | Péuangs (Vienne, 1852). :

INCENDIAIRES, ce qui met le feu, ce qui cause

| un incendie. Puis substantivement ce mot sert à désigner

celui qui par malveillance met le feu à la propriété d'autrui | ou à la sienne, celui qui se rend coupable du crime d’in- ) cendie. Au figuré, on applique l’épithète d'incendiaires aux doctrines que l’on prétend capables de détruire les bases religieuses et politiques de la société.

INCENDIAIRE (Fusée), ou fusée à la Congrève.

Voyez FUuséE et CONGRÈVE,

INCENDIE. C’est un spectacle bien majestueux et bien terrible que celui des ravages du feu. Une maison , Un hameau, et une ville tout entière dévorés par les flammes, de bruit des poutres qui craquent , des foitures qui s’écrou- } lent, la désolation des habitants qui fuient, quand l’in-

ciendie neles a point surpris dormant et étouffés dans des | tourbillons de feu et de fumée, le tumulte inséparable des | premiers moments de:danger, les efforts que l’on fait pour

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