‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 214 sur 522 · EE RES · texte numérisé non relu

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arracher à la mort une personne dont la vie est en péril; et des effets précieux à la destruction; les cris d'alarme et l’effroi de tous, tel est l'événement dont ce tableau représente parmi nous les principaux traits. La flamme se précipite en langues ondoyantes par les portes, par les fenêtres, par les tuiles, par les erevasses qu’elle s’est creusées dans les murailles calcinées : elle semble vouloir.envahir tout ce qui peut l’alimenter; et cependant d’ordipaire le secours de i’homme arrête ce terrible agent de dévastation, auquel il semble que rien ne puisse s'opposer. Et souvent une seule étincelle a produit tout cela ! Combien de terreurs ne doit pas réveiller chaque incendie ! Combien ne doit-il pas faire redouter la moindre imprudence, ja moindre négligence à celui dont la vie, dont la propriété peut ainsi être consumée en quelques instants? Comment n'appellerait-il pas la rigueur des lois sur la malveiïllance qui fait mettre le feu pour satisfaire de mauvaises passions ! Combien aussi doit-il pousser l’homme prévoyant à contracter une assurance qui le met en garde contre les chances malheureuses d’un événement dont il peut être la victime innocente. Mais, si l'aspect d’une maison, d’une ville embrasée, peut éveiller dans l’âme de tels sentiments, combien celui d’un deges vastes incendies qui, dans le continent américain s’alimentent durant des années dans d'immenses forêts vierges doit-il produire d'impression! Combien doit se glacer le courage du navigateur lancé dans l’immensité des plaines océaniques lorsqu'il a à disputer sa frêle demeure aux fureurs du feu! Le cœur se fend à songer à ses angoisses ef à ses souffrances !

L’incendie est un des plus grands fléaux de la guerre. La vengeance politique et religieuse en a aussi trop souvent allumé, Dans les pays musulmans les incendies sont fréquents; les Orientaux se préoccupent même à peine de les éteindre. L’Anglo-Américain s’en affecte également peu. Les contructions en bois et en chaume donnent lieu à beaucoup de ces accidents. Cependant à mesure que la richesse s’étend, on prend des mesures pour prévenir les incendies et s’en rendre plus promptement maître. Partout, dans les pays civilisés, l’autorité publique prescrit des mesurés destinées à rendre ces malheurs plus rares, soit en réglant la construction des édifices, soiten surveillant tout ce qui peut servir de foyer à l'incendie. Les secours contre l'incendie ont été aussi de mieux en mieux organisés. Aujourd’hui, partout les commu: nes importantes ont des pompes à incendie et un corps de pompiers.

[ Dans les incendies, une bonne et prompte direction des secours peut seule soustraire aux plus grands dangers ; partout sans doute on rencontre des sapeurs courageux, mais il n’est peut-être pas une localité où les secours soient apportés avec une plus parfaite intelligence qu'à Paris, où le corps des sapeurs-pompiers a acquis, notamment sous le commandement des colonels Plazanet et Paulin, un éclat tout particulier.

Les feux qui se développent très-fréquemment dans les cheminées peuvent être éteints, dans la plupart des cas, avec beaucoup de facilité, quand on s’y prend à temps; et, comme on n’a pas toujours le moyen d'appeler des pompiers, il est important de savoir de quelle manière on doit s’y prendre pour parvenir à ce but. Si on a à sa disposition de la fleur de soufre, au lieu -d’enlever le feu de lâtre, on l’y étale, on y jette une à deux livres de soufre, et l’on ferme immédiatement et exactement l'ouverture de la cheminée avec une porte, une table ou tout autre objet semblable que l’on a recouvert avec un drap, une couverture, un rideau, etc, ; le soufre en brûlant absorbe l’oxygène et produit en même temps un gaz impropre à continuer la combustion; le feu peut disparaître par ce seul moyen: Dans tous les cas, et en attendant les pompiers, qu'il ne faut jamais négliger d’appeler, parce que des crevasses ou d’aufres conditions défavorables peuvent propager l'incendie, on couvre la cheminée avec un drap mouillé, que l’on maintient sur la tablette au moyen de quelques corps pesants,

et, saisissant le drap par le milieu avec la main, on le fait pénétrer dans la cheminée, et on le retire rapidement en dehors pour produire l'effet d’une pompe ; on fait ainsi tomber la suie embrasée , que l’on éteint en y jetant de l’eau, et on continue de cette manière jusqu'à ce qu’il ne tombe plus de feu.

Quand l'incendie s’est développé dans un bâtiment, il faut diriger la plus grande quantité possible d’eau sur le point incendié, er se servant de la pompe, dont le Jet frappe si fortement les corps qu’il atteint, qu’il peut détacher facilement des parties embrasées.

Dans un très-grand nombre de circonstances, le feu se développe dans certaines parties d’un bâtiment qu'il faut traverser pour porter secours à des individus exposés aux dangers les plus imminents ; parmi les moyens sur lesquels des expériences ont été faites, nous signalerons les appareils d’Aldini, professeur de Milan. Davy a prouvé que les fils métalliques s'opposent plus ou moins complétement à la honsmission de la flamme; d’autre part, on sait que l'amiante ou asbeste ne peut brûler même en la plaçant au milieu d’un foyer : Aldini a pensé qu’un individu couvert d’un vétement en tissu d’armiante, protégé en outre par une enveloppe en toile métallique, serait à a à l’action de la flamme, et les essais nombreux qu'il a faits surtout à Paris ont prouvé que des hommes pouvaient ainsi pénétrer dans un lieu incendié, et traverser les flammes sans éprouver d'accidents. Un bouclier en toile métallioue peut même servir à éloigner suffisamment la flamme pour permettre à celui qui en est muni de traverser une assez grande étendue de flamme qu'il repousse loin de lui, Mais les armures métalliques génent beaucoup les mouvements, et les tissus d'amiante s’échauffent au point de procurer à ceux qui les portent une chaleur capable de déterminer des accidents ; ces appareils peuvent servir dans quelques circons{ances, mais à l’exception du bouclier, ils peuvent être bien avantageusement remplacés par les appareils dus au colonel Paulin, qui offrent le double avantage qu'ils permettent de pénétrer dans un espace rempli des vapeurs et des gaz les plus délétères , et de s’y maintenir longtemps sans courir aucun danger. La fumée seule produite par le bois et un grand nombre d’autres corps analogues suffit déjà pour fatiguer la respiration, et mettre bientôt un individu dans l'impossibilité de rester dans un lieu incendié ; mais comme il se produit souvent en même temps des gaz ou des vapeurs nuisibles, et que la combustion enlève à l'air sa partie respirable; qu’en outre la chaleur elle-même serait un obstacle à la station trop longtemps continuée à proximité d’un point incendié, un moyen qui permettrait à un homme

de respirer librement de l’air pur, sans gêner aucun de ses ! mouvements , et le sonstrairait en partie à l’action de la |

chaleur, permettrait de porter des secours dans beaucoup de cas où tous les efforts eussent été infructueux : ces conditions, l'appareil du colonel Paulin les remplit complétement.

On a plusieurs fois tenté de faire pénétrer des hommes au milieu de gaz non respirables, en leur fournissant de l'air pur, soit au moyen de pompes, comme dans la cloche du plongeur , soit au moyen d'appareils portatifs renfermant de Pair plus ou moins comprimé. La modification apportée par le colonel Paulin dans l’application de ces principes paraît réaliser tout ce que l’on pouvait en attendre. Une casaque en cuir descendant jusqu’au dessous de la ceinture et portant des sur-cuisses, pour empêcher l'habillement de remonter , se trouve serrée autour du corps par le moyen d’une ceinture, L'extrémité des manches est fixée par le même moyen; le capuchon couvrant entièrement la tête, porte à la partie antérieure une lame épaisse de verre cintré, qui permet d’apercevoir tous les objets sans être obligé de tourner la tête; vers la partie inférieure de la casaque, et sur le côté, se lrouve une monture en cuivre, sur laquelle on visse un tuyau fixé à la pompe que l’on fait manœuvrer à

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