INCENDIE
au pompier de respirer toujours un air pur, Un sifflet, placé -
sur la partie antérieure du masque, donne au sapeur la facilité de transmettre des signaux, et le boyau pourrait servir pour aïder, avec le cordage qu'il porte avec lui, à retirer cet homme en cas d’accident. Revêtus de cet appareil, les sapeurs peuvent rester quelque temps dans une cave, et s’y livrer à tous les exercices nécessaires pour éteindre l'incendie et en reconnaître la cause. Cet appareil simple, d’une construction facile et peu dispendieuse, a déjà renda de grands services dans plusieurs incendies ; il offre surtout ceci d’avantageux qu’il donne à celui qui en est revêtu toute sécurité, et que l’obligation d’avoir une pompe dans tous les cas d'incendie ne force à l'emploi d’aucun appareil particulier, et surtout difficilement transportable. Le vêtement dont nous venons de parler a également été employé pour pénétrer dans des puits, des lieux profonds ou infects, où tout homme aurait perdu la vie.
Lorsqu'un incendie se développe dans la partie inférieure d’un édifice, les individus qui se trouvent placés dans les parties supérieures courent les plus grands dangers quand ils veulent en sortir : on a imaginé plusieurs échelles à incendie, qui permettaient bien de porter des secours dans ces cas, mais leur complication, le prix élevé de leur construction, la difficulté de les transporter (car il fallait plusieurs chevaux ), les rendaïent à peu près inutiles; on a depuis adopté l'usage d’échelles d’un tout autre genre, qui offrent les plus grands avantages : ces échelles, en bois très-solide, et maintenant en fer, se plient au milieu de leur longueur pour les rendre plus portatives ; un boulon qui forme l’un des échelons permet de les assujétir très-rapidement quand on les déploie : à la partie supérieure, elles portent deux demi-cercles en fer, qui servent à les fixer à l'appui de la croisée du premier étage, en cassant s’il le faut, par leur moyen, les vitres des croisées; deux sapeurs parviennent ainsi jusqu’à ce point, et en plaçant successivement, et de
, la même manière, leurs échelles à l'étage supérieur, ils ar-
rivent ainsi jusqu’à la partie la plus élevée; l’un d'eux porte attaché à son vêtement l’extrémité d’un petit cordage , au moyen duquel il‘amène à lui un tuyau en toile, dont la partie supérieure est garnie de quatre barres en bois, qui s'ouvrent pour former un cadre que l’on fixe dans la baie de la croisée; l’extrémité inférieure du tuyau est soutenue au-dessus du sol par plusieurs hommes; les individus qu'il s’agit de sauver, les objets qui peuvent être enlevés, sont descendus au travers de ce boyau, et les sapeurs eux-mêmes s’en servent pour redescendre s’ils ne peuvent le faire au moyen de échelle; en moins de dix minutes, deux sapeurs peuvent ainsi parvenir à la partie la plus élevée d’une maison, y sauveter plusieurs individus et redescendre eux-mêmes. On peut facilement juger par là de lütilité d’un semblable moyen,
Dans les cas d'incendie, la quantité d’eau que l’on peut se procurer est presque toujours insuffisante pour les besoins du service : on ne saurait donc trop multiplier les moyens de s’en procurer. On a adopté l’usage des seaux en toile portant une anse en corde, que leur extrême légèreté et la facilité de leur transport, soit avec les pompes, soit dans les chaines que l’on forme toujours en pareil cas, rend d’un usage extrèmement précieux ; au moment où l’on y met de l’eau, ils sont exposés à fuir un peu, mais ils s’abreuvent rapidement, et font un excellent service.
H. GauLniER DE CLAUBRY. ]
Toutes ces inventions ne semblaient pas cependant suffire. Les pompes subirent une foule de métamorphoses : on essaya même en Amérique une pompe mue par la vapeur, Ailleurs on chercha à éteindre le feu en dirigeant dessus des gaz incombustibles. M, Philips, ingénieur anglais, inventa, pour éteindre les incendies, un appareil auquel il donna le nom de fire annihilator, Laissons-le exposer son procède :
« L'eau n’a peint d'action sur l'air ni sur la flamme ; elle né possède qu'une seule propriété contre le feu, celui de
vide ; l'air gonfle ia casaque, et, aflluant sans cesse, permet | refroidir les corps combustibles et d'empêcher la géné