‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 23 sur 522 · HERNIAIRE — HERNIE · texte numérisé non relu

HERNIAIRE — HERNIE

montré la nécessité. Les hernies sont donc des affections redoutables, et il importe grandement au bonheur de l'homme de les prévenir. Chez les enfants mâles, les hernies sont fréquemment produites par les eflorts qu’ils font pour crier, À et c’est surtout quand leur ventre est comprimé par un maillot. Les accès de toux dans la coqueluche exigent aussi des efforts qui causent des hernies à cet âge, et surtout encore quand l’abdomen est serré par des langes. Les efforts pour soulever ou porter des fardeaux considérables engendrent communément ces tumeurs. Au nombre des mêmes causes, on doit comprendre les inspirations trop longues et trop soutenues dont les enfants font quelquefois un jeu ; les élans, les sauts qui exigent de grands efforts musculaires, effurts nécessités chez les personnes constipées ponr l’exonération des matières fécales. Les hernies sont encore un des inconvénients communs de l’état de grossesse. On peut aussi considérer comme propres à les favoriser le jeu des instruments à vent, les génuflexions habituelles et longues et l'équitation : l’action de cette dernière cause est remarquable dans les régiments de cavalerie.

Lorsque cette affection n’a pu être prévenue, il faut tenter de la guérir : on y parvient assez aisément chez les enfants qui en sont affectés par des causes indiquées ci-dessus, et qui même naissent avec cette tumeur. Quand son existence est reconnue, il faut la réduire, c’est-à-dire qu’en replace les parties dans leur situation naturelle. Après avoir rempli cette première indication, on appliquera un ban dage compressif sur le lieu que la tumeur avait occupé, et il convient d'y maintenir aussi un topique tonique : la folle farine de tan, délayée dans du vin rouge, est excellente en ce cas. On tiendra en même temps les enfants couchés, et on préviendra autant que possible les cris et la toux. Avec ces soins, on guérit radicalement les hernies dans la première et la seconde enfance. Cette affection est-elle curable plus tard ? Plusieurs médecins le nient, ou du moins ils en bornent la possibilité à des cas extrêmement rares. Avant de renoncer à tout espoir, on aurait dû, il nous semble, faire des tentatives plus nombreuses , et surtout s’y adonner avec plus de cons: tance. Il est des moyens rationnels qu’on devrait éprouver.

* Tel est ce procédé fondé sur l’opinion que les tissus qui ont livré passage aux portions d’intestins peuvent revenir sur eux-mêmes au point de former une barrière solide quand on éloigne les causes qui les dilatent par une action mécanique. En conséquence, la situation du corps est la première condition du traitement : après la réduction de la hernie, les sujets doivent se coucher sur le dos, le bassin plus élevé que le reste du tronc et le côté de la hernie plus élevé que l’autre : le but, enfin, est d'empêcher que les intestins r’exercent aucune pression sur les ouvertures du bassin, sur lesquelles on apylique en outre des substances astringentes, la folle farine de tan principalement. Ce moyen est facile; | mais il est fatigant, et il exige du temps ainsi que de la patience, car il faut rester couché durant deux ou trois mois sans trop varier ses positions ; maïs s’il réussit, on sera trop heureux de le posséder, et on serait grandement dédommagé d’une gène momentanée par la délivrance d’une infirmité très-grande,

Aussitôt qu’une hernie se manifeste , soit graduellement, soit subitement, il faut invoquer les secours de la chirurgie, et le plus tôt est le mieux : en attendant, on placera le sujet affecté sur un lit et dans la position que nous venons | d'indiquer : elle suffit quelquefois pour que les parties her-

| niaires rentrent spontanément. Quoi qu'il en soit, on attend

secours avec moins de danger d’étranglement, Quand la hernie est réduite, il faut prévenir son retour par l'application d’un bandage contentif, et il faut s’astreindre à le porter hors du lit et même constamment, si on est sujet à de forts accès de toux durant la nuit. Nous ne saurions trop insister sur cette précaution, quelque gênante qu'elle soit, la vie en dépend souvent, Si la hernie ne peut être réduite, il faut recourir à une opération cruelle et difficile pour res placer dans l'abdomen les parties qui s’en sont échappées,

ais toute pénible qu’elle soit, il faut y recourir, et le plus ôt possible, ainsi qu'aux moyens accessoires. D' CHARBONNIER.

HERNIE GUTTURALE. Voyez Goîrre. HERNIOLE. Voyez HERNIAIRE ( Botanique ).

HERNUTES ou HERNHUTES. Voyez HERRNHUT.

HÉRO, jeune et belle prêtresse qui desservait le temple de Vénus à Sestos, sur la rive européenne, où elle recevait de nuit Léandre, son amant, qui habitait Abydos, sur la côte d'Asie. Celui-ci traversait à la nage l'Helles pont, qui les séparait, et un flambeau allumé sur une tour par Héro lui servait de phare; mais pendant une nuit d'orage , Éole ayant soulevé les flots et éteint le phare, Léandre périt dans Ile trajet. Au lever du soleil, Héro, ayant trouvé le corps de son amant sur le rivage, céda à son désespoir, et se précipita du haut de la tour dans la mer. On avait souvent nié la vérité de ces faits en s'appuyant sur la difficulté de traverser le détroit, qui n’a pas là moins de 875 pas. Lord | Byron, suivi d’une barque, partit du château d’Abydos, et, bien que la pensée de rejoindre un objet adoré ne soutint pas ses forces, nagea jusqu’à la rive opposée, mais entrainé | par le courant à trois milles au-delà du lieu qu’il voulait atteindre. Léandre, familiarisé avec les accidents que présente | l'Hellespont, savait sans doute abréger le trajet, qui valut au poëte cinq jours de fièvre. Strabon, Martial, Lucain, Si- : lius Italicus, Stace, Pomponius Mela, Servius, Antipater de Macédoine et Musée le Grammairien ont consacré, dans leurs ouvrages, cette double mort. Viennent ensuite chez nous Gentil Bernard , Lefranc de Pompignan (dans une tra- | gédie lyrique en cinq actes), la Porte du Theil, Gail, l’abbé de Cournand et notre collaborateur Denne-Baron, dont le poème se recommande par l’élégance du style et l'intérêt * des notes. Des médailles et des camées ont conservé aussi cette histoire touchante. Plusieurs montrent Léandre sous les traits d’un beau jeune homme, dont les flots mouillent lajlongue chevelure. Celles de Caracalla et d'Alexandre Sé- | vère le représentent précédé d’un Amour qui porte un flambeau. Osse DE BrapI.

HERODE. Plusieurs rois ou gouverneurs de Judée ont porté ce nom. Les principaux furent :

| HÉRODE, dit LE GRAND, fils de Cypros et d’Antipater, | gouverneur de l’Idumée , naquit à Ascalon, l'an 62 avant J.-C., et fut nommé en l’an 48 gouverneur de la Galilée, qu’il } purgea des brigands qui l’infestaient. S’étant distingué dans } l'exercice de ces fonctions, Sextus César, gouverneur ro- | main de la Syrie, lui confia en outre l’administration de | Samarie et de la Cælé-Syrie; et il fut investi du commande- } ment supérieur des forces de terre et de mer dans ces pro- | vinces. Vainqueur d’Antigone, neveu du gouverneur de Judée, Hircan Il, il épousa la fille de ce dernier, Mariamne; et le triumvir Marc-Antoine le promut alors aux fonctions | de tétrarque. En l’an 37, il eut, il est vrai, le dessous lors | des hostilités que renouvela Antigone et fut même obligé de | prendre la fuite; mais il se rendit à Rome, où il parvint à se | faire également bien venir d'Antoine et d’Octave. Bientôt le | Sénat romain lui adjugea le royaume de Judéé et déclara Antigone ennemi de la république. Hérode revint alors en Judée, et secondé par les troupes romaines de Sosius, il reprit Jérusalem sur Antigone, à qui il fit trancher la tête, Une politique habile, de la bravoure personnelle, l'amour des arts et un goût délicat, telles furent les qualités qui le distinguèrent des autres rois de Judée ; par contre, ilse montra défiant, enclin à écouter la délation et cruel. Sa sœur Sa- Jomé exerça sur lui une pernicieuse influence. Il fit périr dans les supplices Mariamne , son épouse, Aristobule son beau-frère et sa mère Alexandra, le vieux prince Hircan et trois de ses propres fils. Malgré la haine dont il était l’objet de la part des Juifs et les dangers auxquels l’exposèrent les guerres civiles des Romains, il se maintint sur le trône, grâce à l’habileté avec laquelle il sut toujours se déclarer à temps en faveur du parti vainqueur. Quoiqu'il eût d'abord embrassé les intérêts de Marc-Antoine, Auguste non-seu-

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