INCUBATION —— INCULPATION
leur place ; les jours suivants, elles se développent et prennent enfin l'accroissement qui leur est propre. Comment vit le poulet ainsi développé par la chaleur que lui commu nique la couveuse? aux dépens du jaune, qui absorbe petit à petit le blanc, et qui est ensuite presque instantanément introduit-dans le ventre du poulet, auquel il tenait par une espèce de cordon ombilical. C’est le dix-septième jour que cette introduction s'effectue. Alors le poulet quadruple de grosseur; la poche des eaux se brise, l'air s’introduit à travers la membrane dans le vide qui s’est formé; le poulet respire, prend de la force, et trois jours après, il rompt Peuveloppe qui lui a servi en même temps de berceau et de prison.
Pour rompre sa coquille, le jeune oiseau n’emploie pas le bout de son bec, comme on le croit communément ; c’est un tubercule osseux qui s’est formé sur la partie antérieure et supérieure du bec, qui perce l'enveloppe de l'œuf : ce tubercule tombe après la naissance du poulet. Comme la mère n’aide point, dit-on, le poulet à sortir de sa prison, et qu’il arrive souvent que le tubercule ne parvient pas à fendre la coquille, il faut veiller attentivement sur les œufs le jour où l’on présume qu'ils doivent en sortir,
TEYSSÈDRE
Incubation artificielle. Cet art, né en Égypte dans l’intervalle de temps écoulé entre les époques où écrivaient Hérodote et Aristote, resta ignoré en Europe jusqu'à son introduction en France par Réaumur. Bonnemain le perfectionna, en lui appliquant le chauffage à circulation d’eau. Le premier, il en fit la base d’une importante industrie ; longtemps il approvisionna de poulets les marchés de Paris. Mais le haut prix de la nourriture nécessaire aux jeunes poussins empêcha cette industrie de prospérer. Cependant l’incubation artificielle par de petits appareils portatifs est encore pratiquée dans beaucoup de fermes. On cite comme le meilleur des appareils employés dans ce but, le caléfacteur-couvoir de Lemare. Quel que soit le couvoir que l’on emploie, il doit toujours étre muni d’un régulateur, qui y entretienne une température constante de 38 à 39° centigrades, que l’on a reconnu être nécessaire à la réussite de l'opération.
INCUBE et SUCCUBE. Dans un temps où l’on croyait que le diable pouvait avoir commerce charnel avec l’espéce, humaine, on appelait incube le démon sous forme masculine, succube le démon sous forme féminine. Sous la première forme, il s'emparait des femmes, leur tendait mille piéges, et les prenait même quelquefois par violence; sous la seconde forme, il s'adressait aux hommes, et réussissait quelquefois à les séduire. Saint Justin martyr, Clément d’Alexändrie, Tertullien, saint Cyprien, saint Augustin et saint Jérôme ont pensé qué ce commerce était possible; Chytrée, Wyer, Biermann, Godelmann soutinrent l'opinion contraire. Le jésuite Delrio chercha non-seulement à prouver la possibilité d’un tel commerce, mais prétendit même que les incubes pouvaient engendrer en recueillant de la semence humaine. Cardan et J.-B. Porta ont regardé ce commerce comme une illusion. Ce qu’il y a de certain, c'est que pendant le moyen âge on brûla en Europe hon nombre d'hommes et de femmes accusés de conjonctions avec le diable, ou qui se vantaient d’en avoir eu, même à l'état de veille. Saint Bernard parvint à sauver une pauvre femme mariée, qui s’accusait de copuiation avec le malin esprit, en jui donnant son bâton, qu’elle mit dans son lit et avec lequel elle chassa le diable. Pour les médecins , tes incubes ne sont autre chose que des hallucinations ou des cauchemars, dans lesquels on croit voir sur Soi un diable sous forme plus ou moins humaine, hallucinations ou cauchemars produits par une mauvaise digestion, intempérance , exaltation de l'esprit, débauche, dépravation ou faiblesse, pouvant aller quelquefois jusqu'à la pollution; c’est en un mot une variété de l'érotomanie,. L. Louver,
INCULPATION (du latin cuipa, faule). Dans le langage ordinaire ce mot est synonyme d'accusation;