‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 222 sur 522 · INCURABLE · texte numérisé non relu

INCURABLE

rieures , telles que celles de la Bible latine de 1462, dont les exemplaires sur papier sont aujourd’hui encore plus rares que les exemplaires sur parchemin, on recherche de préférence ceux qui proviennent d’officines où l’on imprimait peu sur parchemin, par exemple de celles de Schweynheim et de Pannarz à Rome, dont on ne connaît que six ouvrages sur parchernin. Consultez Van Praet, Cataloque des livres imprimés sur vélin (G vol.; Paris, 1822-1828; et 4 vol., 1824-1826).

$° Quelques collections ou suites d'ouvrages, telles que celle d'Alopa de Florence, de 1794 à 1496, imprimée en petites capitales, et contenant six ouvrages grecs (l’Anthologie, Apollonius de Rhodes, Euripide, Callimaque, les Gnomiques et Musée), ou les imprimés grecs de Milan, en magnifiques caractères ronds, dont le plus ancien est la grammaire grecque de Lascaris (1476), et le Suidas (1499). On recherche aussi avec ardeur les imprimés sortis d’officines célèbres du quinzième siècle, par exemple de celles de Schweynheim et de Pannarz, qui ne faisaient point d'éditions considérables et tiraient au plus à 275 exemplaires.

Quant aux moyens propres à faire acquérir la connaissance des incunables, les Annales typographici de Panzer, avec ses Annales de l’ancienne littérature allemande, fournissent la nomenclature la plus complète qui existe de tous les livres publiés jusqu’à l’an 1536. Les Annales typographici de Mettaire sont beaucoup plus incomplets; mais cet ouvrage entre quelquefois dans plus de détails, et va d’ailleurs un peu plus loin. Un ouvrage très-utile aussi à consulter sur ce sujet est le Dictionnaire bibliographique du quinzième siècle, par Serna Santander (3 vol.; Bruxelles, 1805-1807), lequel contient sur les incunables d’Espagne et des Pays-Bas beaucoup de détails qui manquent dans Panzer. Mais l'ouvrage capital sur cette matière est celui de L. Hain : Repertorium bibliographicum, in quo libri omnes ab arte typographica inventa usque ad annum MD £ypis expressi ordine alphabetico recensentur (4 vol.; Stuttgard, 1826-1838, in-4°). En outre, on trouve de bonnes descriptions d’incunables dans les histoires locales de l’imprimerie, par exemple dans les ouvrages d’Audiffredi sur les imprimés romains et italiens, et dans ceux qu’ont donnés Panzer de Nuremberg, Sprenger de Bambere (Nuremberg , 1799), Denys de Vienne, Merkel d’Aschaffenbourg (Aschaffembourg , 1832); dans les monographies relatives à quelques imprimeurs du quinzième siècle, tels que Gutenberg, Jenson, Aldus, Giunti, etc.; et dans les ouvrages sur les incunables de Fossi, Dibdin, Braun, Seemiller, Strauss, Gross, Hupfauer, etc. Consultez aussi L. de Laborde, Débuts de l’imprimerie à Strasbourg (Paris, 1840 ); Bernard, Origines de l'imprimerie en Europe (1552, 2 vol.); Brunet, La France litléraire au XVe s. (1865).

INCURABLE ( de la particule latine négative in, et cwrare, guérir). Ce mot peut s'appliquer à toute maladie pour la guérison de laquelle les secours de l’art sont impuissants ; mais il s'entend surtout des maladies qui ne menacent pas mumédiatement la vie, et que la médecine ne sait guérir, rommele cancer, la phtbisie, l'asthme, la goutte, l’anévrysme du cœur, l’épilepsie, etc., etc. La pierre était autrefois à peu près incurable; on la traite avec plus de succès aujourd’hui. Du reste, si la médecine ne peut triompher de ces terribles affections, elle leurapporte du moins son baume, elle adoucit les souffrances, soutient lés forces; l'habitude pallie aussi les douleurs ; et la vie incessamment menacée peut encore durer longtemps, surtout si, résignées à leur sort, les personnes atteintes d’affections incurables savent ménager les organes détériorés et retarder les progrès du ma!. Combien de gens en parfaite santé enterrent les valétudipaires ! Il n’est pas toujours bon d’ailleurs de guérir certaines infirmités : la guérison des maladies de la peau, par »xemple, occasionne parfois des désordres internes beau coup plus graves que l’indisposition dont on s’est déburrassé.

11 y avait à Paris deux Aospices d'incurables : l’un, pour les feunmes, rue de Sèvres, fondé en 1637, par les soins du cardinal François de la Rochefoucauld; l’autre, pour les hommes, rue du Faubourg-Saint-Martin. Ces deux hospices ont été réunis et transférés, en 1869, à Issy, près de l'enceinte fortifiée; le nombre des lits disponibles, jadis de 605, est aujourd’hui de 2,029. On y reçoit des indigents atteints d’infirmités graves et reconnues incurables, Les hospices de Bicêtre et de la Salpétrière reçoivent aussi des incurables.

INCURIE, manque de soin, négligence extrême. Rien n’égale l’ineurie et limprévoyance de certaines populations des grandes villes, véritables parias de la civilisation, et Von peut dire que l’incurie et le paupérisme marchent inévitablement ensemble.

INCURSION (du latin incursio, fait de in, dans, el de currere, courir), course à main armée dans un pays avec lequel on est en guerre ou que l'on veut envahir. Les incursions des barbares en Europe ont retardé pendant longtemps l'heure de sa civilisation. IL y a cette différence entre incursion et irruption que par le premier de ces mots on marque seulement l’action de faire une course, de se jeter dans une voie ou sur un objet étranger quelconque pour en rapporter quelque avantage ou une satisfaction quelconque, tandis que par le second on entend plus spécialement l’action de rompre, de forcer les barrières et de fondre avec impétuosité sur un nouveau champ, une nouvelle terre, un nouveau pays, un nouveau territoire pour y porter et y répandre le ravage et la désolation.

Edme HÉREAU.

INCUSES ( de in, dans, et cudere, frapper ; frappé en creux ). On appelle ainsi les médailles qui offrent deux fois le même type, une fois en relief, et l’autre fois en creux, ce qui venait de la précipitation du monnoyeur, qui, avant de retirer la médaille qu'on venoit de frapper, remettoit un nouveau flan, qui trouvant en haut le coin, et en dessous la médaille qu’on n’avoit pas retirée, marquoit des deux côtés le même type en relief et en creux, mais toujours frappée plus imparfaitement du côté du creux, l'effort étant beaucoup plus faible du côté de la médaille que de celui du coin. Ces médailles incuses par la négligence du monétaire, et qu’on trouve non-seulement dans les suites des médailles consulaires et impériales, mais encore dans celles des rois et des villes grecques, ne doivent pas être confondues avec quelques-unes des plus anciennes médailles de la Grande-Grèce, et principalement celles de Caulonia , de Crotone et de Métaponte, qui offrent aussi deux types, l'an en relief et l’autre en creux. Sur les médailles incuses les deux types ou impreintes sont placés dans le même sens et chargés des mêmes ornements. Il n’en est pas de même des médailles de la Grande-Grèce qu'on vient de citer, le type en relief y est quelquefois trèsdifférent du type en creux. L'abbé Barthélemy, dans sa Palæographie numismatique, pense que c'étoit là une suite des anciennes aires en Creux ; qu’en adoptant l’usage du double type sur les monnaies , les villes de la Grande- Grèce n’abandonnèrent pas celui de les frapper avec deux coins, dont l’un était gravé en relief; mais au lieu qu’auparavant ce coin était hérissé de parties saillantes et propres à retenir le flan, elles y mirent le type qui paraît en creux sur leurs médailles. Ces médailles qui ont des aires en creux sont communément antérieures à l’an 400 avant l'ère vulgaire. A.-L, Mizui, de l’Institut.

INDE. C’est le nom que les Grecs et les Romains ont donné au pays situé au de de l'Indus, et qui jusqu’à l’époque d'Alexandre le Grand leur était demeuré presque complétement inconnu, mais où déjà les Phéniciens, les Carthaginois et les Égyptiens avaient habitude de trafiquer. Ce fut seulement aux conquêtes des rois de Perse et aux expéditions d'Alexandre qu'on fut redevable de renseignements plus précis sur ces régions. Lorsque l'Empire Romain eût cessé d'exister, et surtout lorsque l'islamisme eut Con-

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