INCURABLE — INDÉCENCE
quis l'Asie, les communications directes de l’Europe avee l'Inde cessèrent presque complétement; et les Européens ne reçurent plus les produits de ce pays que de seconde main, soit par l'intermédiaire de l'Égypte, soit par la longue route que les caravanes étaient obligées de faire à travers toute l'Asie. Du Levant ce commerce passa aux mains des Pisans, des Vénitiens et des Génois. Comm le moyen âge, à l'instar des anciens, plaçait les richesses de l’inde aux extrémités de la terre, il espéra parvenir dans cette région fortunée soit en doublant l'Afrique, soit en naviguant directement à l’ouest. Puisqu’on croyait pouvoir atteindre le but par deux voies différentes, on dut naturellement essayer de toutes deux à la fois. Ces idées se développèrent de plus en plus vers le milieu du quinzième siècle, époque où Toscanelli et Colomb, Ysomure et Diaz choisirent les deux routes opposées, pleins de confiance les uns et les autres dans le succès de l’entreprise. Colomb se dirigea à l’ouest et prit d’abord l'archipel de l'Amérique centrale pour l’Inde. Vasco de Gama doubla l'Afrique à l'est, et trouva la route conduisant directement à la véritable Inde, à laquelle depuis lois on donna le nom d’Indes orientales, en même temps qu’on désigna sous le nom d'Indes occidentales les divers groupes d'îles qu’on rencontre avant d'atteindre le continent de l'Amérique centrale. Les habitants aborigènes du Nouveau Monde furent même désignés sous la dénomination d’Indiens.
Le mot Inde est incontestablement dérivé du nom du peuple Hindou, le plus important de ceux qui habitaient cette région, et celui que connaissaient le mieux les anciens. Ceux-ci, toutefois, ne comprenaient pas seulement sous cette dénomination l’Hindostan proprement dit, mais tous les. pays situés au delà de l’Indus, qu'ils divisaient en India intra Gangem (le territoire situé entre l’Indus et le Gange, avec la presqu’ile de Dekan et l’île de Ceylan), et en India extra Gangem (lIndo-Chine actuelle, c’est-àdire la presqu'ile située entre le golfe du Bengale à l’ouest, la mer de la Chine à l’est et le détroit de Singapour au sud, avec la lointaine Serica ou Chine) ; division qui s’est conservée jusqu’à nos jours, et qui, bien qu’impropre dans les termes , puisque le Gange ne forme pas réellement la délimitation de ces deux régions, demeurera , parce qu’elle a pour but de distinguer les deux presqu'iles.
Les naturels de l'Inde n’ont point dans leurs langues de mot servant de dénomination complexe et générique pour ces diverses contrées que nous groupons sous un même nom: Ils appellent Djambou-Dwippa, c'est-à-dire Île de l'arbre du Djambou, le territoire des Hindous pro prement dit.
INDE, mot quelquefois employé pour Indigo.
INDE (Archipel de l). Voyez INDtE (Archipel ).
INDE (Bois d’). Voyez CamrÊcnE (Bois de).
INDE ( Canne d’). Voyez BALISIER. à
INDE (Coq d’). Voyez Dixnox.
INDE ( Établissements français dans l’). Voyez CHan- DERNAGOR , KARIKAL, MAÉ, PONDICHÉRY , Y ANAON €t INDES ORIENTALES.
INDE ( Œillet, Rose d’). Voyez ŒuLLET D'INDE.
INDÉCENCE , INDÉCENT. Le mot indécence comprend toute action, tout geste, tout propos, blessant 13: convenances ou la pudeur, toute représentation de scènes déshonnètes et obscènes. Ce n'est qu'à mesure que les mœurs se sont épurées, que les sociétés ont classé parmi les indécences ce qu'auparavant elles regardaient comme très-naturel et très-licite. En ce qui touchait surtout à la lubricité, les anciens portaient l'indécence au su prême degré. Leurs peintures que les siècles nous ont con servées , leurs vases, leurs mœurs, leur langue même, en sont autant de témoignages. Les débauches les plus infâmes, les orgies les plus ordurièrement luxurieuses des empereurs romains, n’ont-elles pas été coulées en bronze et transmises à l'exécration des peuples par les fameuses médailles spintriennes? La France du moyen âge, elle
INDECENCE — même, malgré la pureté et la simplicité de ses mœurs, admettait d’étranges indécences, Les gâteaux, les pâtisseries affectaient alors souvent la forme des parties naturelles des deux sexes, et la pudeur des damoiselles du quatorzième siècle ne s’en alarmait pas.
Il est toutefois beaucoup de choses indécentes sans être impudiques. Citons, entre autres, chez nous, ces luttes d’avocats s’emportant outre mesure, se menaçant du poing, allant jusqu’à s'invectiver, spectacle qu’offrent encore certains barreaux de province, et qui à Paris soulèveraient de dégoût juges et assistants. Et les mœurs parlementaires donc de nos bons voisins d’outre-Manche, siégeant au milieu des tables, des bouteilles, des verres, du grog, du porter, du punch, ete, etc.! Et le pugilat permanent des chambres législatives des États de l’Union! Que d’indécences qui ne sont pas impudiques !
INDÉCLINABLE, terme de grammaire, désignant des espèces de mots qui en toute langue gardent une forme immuable, parce que l’idée principale dont ils sont l'expression conserve toujours et partout le même aspect. Pans cette classe figurentnaturellement les prépositions, les adverbes, lesconjonctionset lesinterjections. Tandis que les autres mots varient sans cesse , suivant leurs fonctions , selon la place qu'ils occupent, ceux-ci, constamment semblables à eux-mêmes, n’éprouvent aucun changement, aucune modification. Pour distinguer les mots déclinables de ceux qui ne le sont pas, il suffit d'examiner les définitions des parties du discours, et de séparer ensuite celles qui ont plusieurs fonctions, de celles qui n’en ont qu'une : ainsi, le nom, le pronom, l’article, l'adjectif, le verbe, ayant à faire face à un grand nombre d'objets divers, revêtent forcément une forme nouvelle chaque fois qu’on les met en œuvre. Il n’en est pas de même des mots compris dans la dénomination générale de particules, lesquels ne sont chargés que d’une fonction unique : la préposition indique un rapport entre deux noms; l’'adverbe, une modification du verbe; la conjonction unit les phrases ; l'interjection peint un mouvement de l'âme. Là doit se borner la théorie des indéclinables, dans notre langue particulièrement (voyez DÉCLINAISON ). CHAMPAGNAG.
INDEFINI se dit en mathématiques de toute grandeur dont les limites ne sont pas déterminées. « Il y a cette différence entre infini et indéfini, dit D’Alembert, que dans Vidée d’infini on fait abstraction de toutes bornes, et que dans celle d’indéfini, on fait abstraction de telle ou telle borne en particulier. La ligne indéfinie est celle qu’on suppose se terminer où l’on voudra, sans que sa longueur ni par conséquent ses bornes soient fixées. »
INDEHISCENT. Voyez DÉmMSCENCs.
INSBELTA. Voyez COLONIES MILITAIRES.
INDEMNITE. On nomme ainsi ce qui est accordé à titre de réparation d’un dommage causé par une personne
eà une autre (voyez Doumaces-IxrérRÊTs). Une indemnité ne peuf résulter que d’une convention ou d’une disposition de la loi, comme celle que dans certains cas le pupille peut réclamer de son tuteur officieux, le mineur de son tuteur; celle qui est due par un époux envers l’autre, celle qui est due au gérant des affaires d'autrui, celle que Pon doit payer au propriétaire dont l'immeuble subit l’e xpropriation pour cause d'utilité publique, etc. L'indemnité payée sous la Restauration aux victimes de lémigration et des confiscations révolutionnaires a été diversement jugée comme acte politique.
Dans la jurisprudence féodaie, on appelait indemnité un droit attribué aux seigneurs sur les établissements religieux situés dans le ressort de leur seigneurie, pour les dédommager des redevances qu’ils auraient pu recevoir ultérieurement à chaque mutation, si le fonds acquis fût resté dans le commerce.
INDÉPENDANCE. Toutes les définitions qu’on a pu lonner de l'indépendance l'ont faite tellement semblable à dali berté, qu'il est permis de croire ces deux mots iden-