INDÉPENDANTS
! tiques ; il y a pourtant entre eux une certaine nuance. La liberté est le pouvoir de faire et de ne pas faire, mais il y a dans l'indépendance quelque chose de plus réfléchi, de moins instinctif ; il y a une idée de volor.té unie à une idée de pouvoir : l'homme libre est celui qui peut agir, faire, ne pas faire; l’homme indépendant, celui qui a la volonté de profiter de celte faculté, l'usage lui en fût-il même ravi momentanément. Un peuple est quelquefois indépendant par lui-même, bien que la liberté lui soit ravie par quelque oppression qu'il s'apprête à secouer ; il peut également être libre el n'être pas indépendant, privé qu’il serait d’une direction et de lumières salntaires. Les États-Unis américains furent considérés comme indépendants du jour où ils commencèrent à secouer le joug de la Grande-Bretagne : la guerre qu’ils sou tinrent pour amener une émancipation à laquelle tendaient tous leurs vœux et tous leurs efforts, fut appelée guerre de l'indépendance, car il y avait en eux la ferme volonté de conquérir une existence nationale. S'il ne se fût agi que de quelques franchises, de toutes les libertés qu’un peuple puut exiger d’un gouvernement, cette appellation eût été impropre : c’eût été la guerre de la liberté, comme celle des esclaves révoltés, réclamant de Rome leur affran-
chissement. On à aussi nommé guerres d'indépendance
celles que soutinrent Espagne et l’Allemague pour chas-
ser les Français, les c lonies espagnoles pour secouer le
joug de la métropole, la Grèce pour s'affranchir de la do-
mination turque, l'Italie pour conquérir son unité, etc.
Si des nations nous descendons aux corps politiques, la lême vérité nous frappera : il est aisé d'établir qu’un sénat, un conseil législatif, un tribunal, peuvent être libres sans être indépendants, de même aue souvent ils sont indépendants sans être libres.
L'indépendance de l’homme dans l’état de société est le résultat soit de son caractère, soit de sa position sociale : elle consiste à se passer de tout secours étranger, dans tous les cas possibles ; à se metfre au-dessus de certains préjugés, de certaines nécessités, qu'un homme d’une trempe moins énergique, ou dominé par ses besoins, subirait machinalement. Celui qui peut se passer de tout le monde, aller où il lui plaît, vivre comme bon lui semble, refuser ce dont tous les autres hommes sont envieux, peut se proclamer indépendant, à la face de l'univers. L'homme de parti, fût-il dans cette position, ne peut se dire tel : les idées qu’il a embrassées le dominent trop exclusivement pour lui laisser cette liberté de volonté qui permet de revenir sur ses pas quand on le juge convenable. Pour les peuples, l’indépendance est la force nationale. Se régir comme bon leur semble, choisir le mode de gouvernement qui leur semble le meilleur, faire respecter leur nationalité par ceux de leurs voisins qui seraient tentés de la violer, voilà ce qui constitue leur indépendance. Napoléon GaALLors.
INDEPENDANTS. Au nombre des sectes religieuses que fit éclore le protestantisme, celle des indépendants n’est pas la moins célèbre. Sortis des presbytériens, dont les distinguaient leur amour pour une réforme complète et leur dessein d'établir un gouvernement démocratique, ils en étaient encore distincts par le peu de sévérité de leur doctrine religieuse. D’après eux, chaque église, ou congrégation particulière, devait posséder en elle-même, radicalement et essentiellement, tout ce qui lui était nécessaire pour sa conduite et son gouvernement ; elle avait sur ce point toute puissance ecclésiastique ef toute juridiction; elle n’était sujette ni à une ni à plusieurs églises, ni à leurs députés ni à leurs synodes, ni à aucun évêque. Les résolutions des synodes leur semblaient ne devoir être considérées que comme des conseils d'hommes sages et prudents, dont on pouvait tenir compte sans être contraint d'y déférer; ils admettaient également qu’une église pouvait en aider une autre de ses secours, de ses conseils, la reprendre même si elle péchait ; mais ils ne lui reconnaissaient pas le droit de s'attribuer une autorité supérieure sur elle, et de l’excommunier, Les iidépendants faisaient done professien de ne
reconnaître aucune supériorité ecclésiastique; leur répugnance pour la dépendance n’était pas moins grande en
politique. Aussi, lors des troubles qui, en Angleterre, ame- |
nèrent la mort de Charles 1°", tout ce qui était ennemi de la royauté, toutes les sectes opposées à l’Église an-
glicane, se réunirent-elles à eux, et ils puisèrent dans cette ,
union une grande force (voyez CromweLL). Persécutés sous
la Restauration, les indépendants refusèrent d’adhérer à l'acte d’uniformité, et beaucoup d’entre eux émigrèrent aux colonies d'Amérique. L'édit de tolérance en 1689 leur rendit quelque répos. À la suite de nombreuses conférences ils consentirent, en 1730, à s’unir avec les presbytériens et les baptistes; ces trois sectes formèrent ensemble une église dite des {rois dénominations. Cette union tou < tefois ne tarda pas à se rompre par la retraite des presbytériens. Hormis les méthodistes, les indépendants constituent le corps le plus nombreux parmi les dissidents anglais; en 1831 la plupart se constituèrent sous le nom de
ses sectaires, du nom de Morel, tenta de la naturaliser en France, vers le milieu du dix-septième siècle. INDES (Compagnie des). Voyez INDES ORIENTALES.
INDES ( Mer des) ou OCÉAN INDIEN. C’est le nom |
que l’on donne à l’une des cinq grandes mers de la terre, bornée au nord par l'Asie, au sud par la mer Glaciale du sud, à l’ouest par l'Afrique et le méridien de son extrémité méridionale , à l’est d’abord par une ligne tirée depuis le détroit de Fou-Kian, sur la côte orientale de la Chine, jusqu’au détroit de Torres, à l'extrémité nord de la Nouvelle- Hollande, et le méridien de son extrémité sud-ouest. Dans ces délimitations, qui embrassent aussi la mer des Indes orientales ou de l'Inde au delà du Gange, comprise parfois dans l’océan Pacifique, elle présente une superficie de 976,000 myriamètres carrés; elle a donc environ 272,000 myriamètres de moins que l'océan Atlantique et 2,076,000 myriamètres carrés de moins que le grand Océan; aussi lui refuse-t-on quelquefois ce nom d’océan, et ne la considèret-on que comme une espèce de golfe, immense à la vérité, du grand Océan, situé entre l’Asie, l'Afrique et la Nouvelle- Hollande. La mer des Indes entoure toute la presqu’ile orientale et est située sous la zone torride en même temps que sous la zone tempérée. Ce n’est que par deux de ses échancrures dirigées vers le nord-ouest, qu’elle s’étend aussi dans la zone tempérée du nord jusqu’au 30° degré de latitude septentrionale. Le tropique méridional la divise en deux moitiés inégales ; celle du nord, fermée de trois côtés par des masses de terre, forme trois grands golfes (la mer Rouge, le golfe Persique et le golfe du Bengale ou de l'Inde en deçà du Gange), et une mer intérieure remplie et bornée
par un grand nombre d'iles, la mer des Iles des Indes |
orientales, appelée aussi mer de l'Est par les Anglais, avec
les golfes de Siam et de Tong-King, et les innombrables
détroits de l'archipel indien. Elle est donc très-riche en tles, et en outre le théâtre d’une navigation extrêmement animée. La moitié méridionale, au contraire, en est ouverte de toutes parts, presque complétement dépourvue d’iles, et l’une des mers les moins fréquentées du globe. En raison
de la nature peu attrayante el de l’état de civilisation de la ,
plus grande partie de ses côtes, la mer des Indes a moins d'importance que l'océan Atlantique et que l'océan Pacifique; ce qui lui en donne, c’est qu'elle est la route par la-
quelle il faut nécessairement passer pour se rendre d'Europe
aux Indes orientales ou en Chine; nécessité qui cessera d'exister le jour où le percement de l'isthme de Panama permettra de se rendre directement d'Europe aux régions orientales et méridionales de l'Asie. à Les courants de la mer des Indes dépendent dans sa partie septentrionale des vents, qui n'y sont pas les moussons ordinaires des autres océans, mais des modifications parti