‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 225 sur 522 · INDÉPENDANTS — INDES OCCIDENTALES · texte numérisé non relu

INDÉPENDANTS — INDES OCCIDENTALES

culières à cette mer tropicale ; ils dépendent notamment dei

| Moussons qui y soufflent périodiquement, et dont l'influence

s’étend au delà de l'archipel indien jusque dans la partie occidentale de l’océan Pacifique. Au sud de l'équateur, ellesperdent leur régularité , et à partir du 10° degré de latitude méridionale règne la mousson ordinaire avec le courant occidental et équatorial qui lui répond. Dans la zone tempérée du sud, un grand courant conduit du sud à l'Océan, plus près de la côte nord de l’Ausiralie; une autre descend vers la côte d’Afrique au sud, autour du cap de Bonne-- Espérance. D’où il résulte qu’en se rendant dans l’Inde on. navigue pendant la mousson occidentale plus près de l'Australie. Dans les eaux de l’Archipel indien on est obligé de: changer de route presque chaque mois. Des côtes de la mer des Indes, il n’y à que celles du nord et du nord-est qui aient une configuration avantageuse ; celles de l’est et de l’ouest sont uniformes, pauvres en échancrures et en ports, et généralement plates. Ses iles, à l'exception du grand Archipel indien et de Ceylan, se trouvent généralement situées dans sa moitié occidentale. On rensuntre dans sa partie orientale une suite de bancs et de récifs dangereux, ainsi que quelques petites iles, telles que les îles des Cocos. Des îles qu'on y rencontre à l’ouest, la plus importante est Madagascar. Il faut ensuite citer l'ile Maurice (jadis Ile de France), la Réunion (jadis Zle Bourbon), les Amirantes, les Séchelles, Socotora, les Maldives, et les îles Chagos.

INDES OCCIDENTALES. C’est le nom qu’on donne à l'archipel situé entre les deux moitiés continentales de l'Amérique, et qui, décrivant un grand arc dans la direction du sud-est au nord-est, forme à l’est la limite de la grande mer Intérieure de l’Amérique centrale. Tout cet archipel des

Indes occidentales, qui s’étend entre le 10° et le 26° de-

és de latitude septentrionale et le 42e et le 67° degré de ongitude occidentale, depuis l'embouchure de l’Orénoque jusqu’à la presqu'’ile de la Floride et au Yucatan, est divisé: en groupes d’iles de différentes grandeurs, en général de configuration oblongue, répondant à la direction des lignes auxquelles elles appartiennent. Ces groupes sont les petites Antilles, quis’étendent dans la direction du sud au nord depuis l'embouchure de l'Orénoque jusqu’au 19° degré de latitude nord; les grandes Antilles, ou Porto-Rica, Haïti, la Jamaïque et Cuba, qui, partant de l’extrémité septentrionale des petites Antilles, se prolongent dans

| Ja direction du nord-ouest jusqu’à l'extrémité nord-est de la

presqu’ile de Yucatan; les îles Ba ha ma ou Lucayes, qui s'étendent au nord de Haïti et dans la direction du nordouest jusqu’à la côte orientale de la Floride, dont les sépare le nouveau canal de Bahama. On divise aussi le groupe des petites Antilles en Zles-du-Vent et en Iles-sous-le-Vent. La superficie totale des îles des Indes occidentales est évaluée 3,250 myriamètres carrés, dont environ 2,900 pour les grandes Antilles et 350 pour les petites. Toutes les Antilles s'élèvent à une hauteur considérable au-dessus de la mer, dé sorte qu'on peut les considérer comme les débris d'une chaîne de montagnes qui a disparu, ou peut-être avec plus de raison comme les fragments d’une chaîne qui ne s’est point encore complétement soulevée au-dessus des eaux. Les iles Bahama, au contraire, fort basses, ne se composent que de roches de corail.

Les montagnes les plus élevées de tout cet archipel se trou vent dans la partie occidentale de Haïti, dans la partie orientale de Cuba et dans la partie nord de la Jamaïque; mais on en citerait à peine une qui ait plus de 2,600 mètres d'altitude. Dans les petites Antilles, les plaines les plus vastes se rencontrent sur la rive orientale ; ce qui n’est pas le cas dans les grandes Antilles, Dans le plus grana nombrede cesiles, les plateaux sont séparés de la plaine par des versants fort escarpés, à Haïti notamment. Les nombreuses baies qui échancrent leurs côtes offrent des ports sûrs. Les roches de corail et de madrépores, très-communes dans cette mer, ont.plus contribué à la formation de ce n.onde

INDES OCCIDENTALES

insulaire qu’à celle des groupes d'îles situés dans l'océan Pacifique. Cuba, les Iles-Vierges et les Iles Bahama sont entourées d'énormes labyrinthes de corail, qui atteignent la surface de la mer et sont couverts de palmiers. Plusieurs de ces îles portent aussi des vestiges de formation volcanique. | Toutes les îles des Indes occidentales jouissent à peu près du même climat. La saison chaude et humide (le printemps des Indes occidentales) commence en mai; le feuillage et | les herbes prennent alors une couleur verte plus vive, et vers le milieu de ce mois la première pluie périodique tombe tous les jours vers midi. À quatorze jours de pluie succède un temps sec et constant, et l’élé tropical apparaît alors dans toute sa magnificence. La chaleur est tempérée pendant presque toute l’année par les moussons de l’est et par les | vents de mer, dont l’action est puissante dans la plupart de ces îles en raison de leur faible étendue. L’humidité continue souvent dans la période la plus chaude, de sorte que } les habitants des îles vivent pour ainsi dire dans un bain de vapeur, et que le climat dans les basses plaiues des côtes devient extrêmement malsain, surtout pour les Européens, à cause de la fièvre jaune et; d’autres maladies particulières aux tropiques qu’il provoque. Un air plus tempéré et plus salubre règne dans les parties hautes des îles, et devient d’aufant plus salubre qu’elles s'élèvent davantage. Dans la saison des grandes chaleurs, les nuits sont d’une incomparable beauté; la lune et les étoiles brillent alors d’un éclat dont on ne peut pas se faire une idée en Europe. Vers le milieu d'août, la chaleur devient intolérable, et les vents de mer cessent tout à fait de souffler. Les pluies d'automne deviennent générales en octobre; les nuages se dissolvent en torrents; tous les cours d’eau sortent de leur lit, et inondent les pays plats. D’août à octobre les îles sont sujettes aux orages, qui causent souvent d’effrayantes dévastations. Vers la fin de novembre commence la belle saison ; le vent souffle alors du nord et du nord-est, et de décembre à mai dure le plus bel hiver de la terre. De terribles calamités auxquelles sont exposées les Indes occidentales, ce sont les ouragans et les tremblerents de terre. On y retrouve d’ailleurs la richesse de végétation particulière au continent américain. L’Européen a su y réunir les produits de l’Orient à ceux de l'Occident. La plupart des plantations sont hordées d’orangers, de cilronnicrs, de grenadiers et de figuiers; la plupart des arbres fruitiers de l'Europe réussissent dans les parties montagneuses, tandis que les plantes tropicales les plus magnifiques ornent les plaines. La principale richesse des habitants consiste dans les produits que donne la culture des plantes tropicales. La vanille ne croît à l’état sauvé ge que dans les fo- -êts de la Jamaïque, l’aloès à Cuba et aux Iles Bahama. On rencontre l’indigo , le piment, le cacao , la noix de coco, le maïs, le tabac et le coton dans la plupart de ces îles. L’yam et la patate constituent la nourriture principale des nègres. L'arbre à pain a été introduit d’Otahiti à la Jamaïque. En fait de céréales, on ne cultive sur une large échelle que le maïs, et fort peu de froment ; aussi est-on obligé d’en tirer du Canada et des États-Unis. Les grands moyens d'échange des Indes occidentales sont le sucre et le café, La canne à sucre y fut apportée des Canaries, au seizième siècle, par les Espagnols, et le caféier de l'Arabie, surtout par les Hollandais et les Français. On cultive beaucoup de coton dans les îles dont le sol est sec et pierreux, mais l’huinidité rend souvent la récolte incertaine. Avant l’arrivée des Européens dans les Indes occidentales , il ne s’y trouvait qu'un petit nombre de quadrupèdes, et encore de l'espèce ‘a plus petite, comme l’agouti, genre intermédiaire entre le lapin et le rat, le picari ou cochon du Mexique, l’armadille, lo possum et de petites especes de singes. Les scorpions, les serpents, les lézards y sont nombreux ; mais on ne rencontre de vipères et de scorpions vemineux qu’à la Martinique et à Sainte-Lucie. Le vorace caïiman habite les eaux stagnantes. On trouve de délicieuses tortues à la

Jamaïque. Les oiseaux sont remarquables par les brillantes *

couleurs de leur plumage. Le perroquet et le colibri au plumage étincelant d’or animent les forêts ; et d'innombrables oiseaux aquatiques peuplent les rivages. Tous les animaux domestiques ont été introduits d'Europe, le gros bétail et les chevaux notamment, qui réussissent parfaitement dans les îles, riches en herbages, où, comme dans les savannes de l'Amérique méridionale, ils errent en bandes nombreuses et presque à l’état de nature.

Les premières îles des Indes occidentales, Bahama, Cuba, Haïti et Porto-Rico furent successivement découvertes par Christophe Colomb, à partir de l’année 1492. Comme on pensa y avoir rencontré les Indes, à la recherche desquelles Colomb était parti, quand on reconnut qu’elles faisaient partie d’un monde tout nouveau, on leur donna ce nom d’ndes occidentales pour les distinguer des Indes orientales. Le nom d’Anlilles fut donné aux deux principaux groupes d'îles des Indes occidentales, d’après une île imaginaire qu’on appelait Antilla. On y trouva deux races d'hommes différentes, les Caraïbes et les Arrowauks, à Cuba, à Haïti, à Porto-Rico, aux fles Bahama et à la Jamaïque; les premiers , race belliqueuse, les seconds race douce et paisible, et diversifiés par des langues différentes. 11 se peut que les Caraïbes aient exterminé les tribus faibles et pacifiques, de même qu’à leur tour ils furent exterminés par les Européens. Il n’en reste plus que quelques débris, à ta Trinité et sur les côtes du continent américain, où ils furent transplantés par les Espagnols. é

Ce fut à Cuba que les Espagnols fondèrent leurs premiers établissements ; et ils en opprimèrent cruellement les. habitants indigènes, en leur imposant des tributs en or et en coton. Le sol ne commença à être complétement réparti (repartimientos) entre les Européens qu’à partir de 1503. Cette organisation eut pour résultat, contrairement aux intentions du gouvernement espagnol , de réduire les indigènes en esclavage; mais l’extermination de la race primitive ne fut complète qu'au commencement du dix-septième siècle. La culture et la population diminuèrent, parce que les institutions despotiques du gouvernement espagnol étaient un obstacle au développement de toute force intérieure. Les gouverneurs d'îles étaient complétement indépendants du gouvernement. Le commerce fut aussi soumis de plus en plus à des entraves de tous genre. Aucun vaisseau d’une autre nation n’était admis dans les ports, et les colons ne pouvaient commercer qu'avec une seule ville de la mère patrie (ce fut d’abord Séville, puis à partir de 1720 Cadix). Plus tard encore, l’exportation des produits du sol fut limitée à ce que pouvaient charger certaines flottes déterminées. Avec un pareil état de choses, force fut à bon nombre de colons d’émigrer, et les îles se dépeuplèrent. Toutes les petites villes bâties sur les côtes furent détruites, dans le but d'empêcher la contrebande. La décadence croissante de l'Espagne amena une suite d’expéditions hostiles entreprises par les autres puissances maritimes ; mais ce furent surtout les flibustiers qui, à partir de 1630, firent courir aux colonies les plus graves dangers ; et ils finirent mème par constituer une espèce d’État-pirate régulièrement organisé, Quand, au dix-septième siècle, les autres puissances européennes acquirent aussi des possessions dans les Indes occidentales, on comprit toujours davantage l'immense importance de cette partie de l'Amérique pour le commerce du monde. Depuis cette époque, et surtout vers le milieu du dix-huitième siècle, les colonies des Indes occidentales parvinrent à un remarquable degré de prospérité; mais alors les puissances maritimes se les disputèrent, et il en résulta souvent de longues et sanglantes guerres.

On évalue aujourd’hui le nombre des habitants des Indes occidentales, d’après les retensements faits à différentes dales, depuis 1860 jusqu’en 1871 (on ne possède point de document authentique sur la population de Haïti), à 4 millions 36: 000. En admellant ce dernier chiffre pour exact, et il n’est pas loin de l'être, cn y Comprendrait plus de 3 millions de : ègres et mulâtres, dont 420,000 environ, tous

habitant les colonies hollandaises ef espagnoles, sont esclaves. La population nègre, qui commença à se former lors de l'introduction des esclaves d'Afrique, vers 1511, se conserve toujours, indépendamment de sa propre multiplication, par l'introduction illégale d’esclaves noirs dans les colonies espagnoles. Dans les diverses colonies anglaises, Vesclavage est complétement aholi depuis 1834 (voyez Es- CLAVAGE et TRAITE pes NÈcres). Il l’est également à Haïti depuis sa révolution et dans les colonies danoïises depuis 1847, de même que dans les colonies françaises depuis 1848. Il a subsisté jusqu'en 1873 dans les grandes colonies d'Espagné, où d’ailleurs l’on rencontre beaucoup de nèÿres affranchis et dans les forêts des nègres évadés, autreent dit aussi marrons. Tous ces nègres, à l'exception de’ ceux qui viennent d’être tout récemment importés d’Afrique, parlent un dialecte corrompu de la langue du peuple sous la domination duquel ils vivent.

Le nombre d'habitants d’origine européenne des Indes occidentales est estimé à 1,200,000. Parmi les peuples qui dominent dans ces différentes îles, les Espagnols sont les plus nombreux, environ 900,000; viennent ensuite Jes Anglais, 100,000; les Français, 30,000; et près de 6,500 Hol-

laudais, sans compter quelques Danoïs et Suédois. Les habitants des îles sont chrétiens, à l'exception des nègres non encore convertis. Dans les îles appartenant à l'Espagne, ils ont tous, il est vrai, reçu le baptême, mais ils n’en sont pas moins restés paiens pour cela. Dans les colonies anglaises, hollandaises, et danoïses, les missionnaires des frères Moraves et des Méthodistes ont beaucoup contribué, par leurs prédications et par les écoles qu'ils ont fondées, à la moralisation des Africains. Les habitants d’origineeuropéenne participent généralement à la civilisation de leur mère patrie, quoique le résultat n’en soit qu'extérieur, leur activité intellectuelle étant concentrée sur des occupations toutes matérielles. Leurs principales occupations sont la culture des terres et le commerce des produits coloniaux. Il n’y a d’hommes de métiers que pour les besoins les plus indispensables. Tous les objets fabriqués et tous les articles de luxe viennent d'Europe.

A l’exception de Haïti, qui depuis 1844 comprend deux États et sur une superficie de 960 myriamètres carrés une population de 680,000 habitants (850,000 et même 900,000, suivant quelques auteurs), de l’île Margarita , dépendance de Venezuéla, et qui avec quelques îlots voisins compte 21,000 habitants sur 15 myriam. carr, de superficie, toutes les autres îles sont des coloniesappartenant à six États européens.

Les colonies espagnoles des Indes occidentales, quoique n'étant plus aussi vastes qu’autrefois, sont toujours celles dont la superficie et la population sontle plus considérables ;

elles comprennent lesiles de Cuba etdePorto-Rico, avec leurs dépendances , faisant ensemble 1,688 myr. car. avec une population de 1,974,813 habitants (1864), dont 1 million 87.782 blancs, 475,838 hommes de couleur libres, et 412,000 esclaves, qui ont «té affranchis en 1873.

Les colonies vnglaises des Indes occidentales, d’une superficie de 477 myr. car., avec 1,077,862 hab. (1871), : dont 600,000 nègres, mulâtres et coulis nouvellement introduits, se composent : 1° des iles Bahama (39,162 hab.); , 2° de la Jamaïque (506,154 hab.); 3° des îles Vierges, importantes pour le commerce de contrebande (d’une supérficie de 8 myr. car., avec 6,500 hab.); 4° d'Anguilla et de Barbada (4 myr. car. et 3,000 hab.); 5° de Saint-Kills ou Saint-Christophe (28,169 hab.); 6° de Nevis (8kil. car., 11,704 hab., dont 1,100 blancs); 70 de Montserrat (14 kil. car., 8,793 hab.); 8° d’Antigua (36,412 hab.); 9° de {a Dominique (27,585 hab.); 10° de Sainte-Lucie (7 myr. Carrés et 31,811 hab.); 11° de Saint-Vincent (4 myr. car., 35,688 hab.): 12° des Barbares (162,042 hab.);, 13° de la Grenade (37,795 hab.), avec les Grenadilles; 14° de Tobago (17,054 hab.); 15° de la Trinité (110,000 hab.); ! 16° des îles Turk (4,372 hab.). De toutes les nations

établies aux Antilles, l'Angleterre est celle qui prend le :

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