HERNIE — HÉRODE
lement lui conserva le trône de Judée, mais encore ajouta à ses Etats Trachonitis, Auranitis, Batanæa et le territoire de Zenodor.
L'événement le plus remarquable du règne d'Hérode le Grand fut la naissance de Jésus-Christ. Ce prince reconstruisit le temple de Jérusalem avec plus de magniticence que jamais, et embellit la capitale d’un grand nombre d’édifices ; il fonda plusieurs villes, battit les Arabes et leur chef Aretas, et vainquit les bandes de brigands syriens et arabes qui infestaient la contrée. Dans les derniers temps de sa vie, son fils Antipater ayant conspiré contre lui, i! le fit étrangler cinq jours avant de descendre lui-même au tombeau, l'an 2 de notre ère.
HÉRODE ARCHÉLAUS, fils du précédent, lui succéda comme ethnarque de Judée, et commit tant de cruautés que dès l’an 11 de notre ère Auguste se voyait obligé de l’exiler à Vienne, dans les Gaules.
HÉRODE ANTIPAS, second fils d'Hérode le Grand , devint tétrarque de Galilée, fut exilé à Lyon, en lan 42 de notre ère, par Caligula, et mourut en Espagne. Il enleva Hérodias, femme de son beau-frère Hérode, et fit décapiter saint Jean-Baptiste. Tout en dressant des embüches à Jésus-Christ, il lacquitta comme juge. C’est d’après cet Hérode qu’on à donné le nom d’Hérodiens à une secte juive, plutôt politique que religieuse, Plusieurs Pères de la primitive Église, tels que Tertullien, Épiphane, saint Jean Chrysostome, etc., en parlent comme d’une secte qui tenait Hérode pour le véritable Messie. Comme partisans d’Hérode, ils étaient, avec les Pharisiens, de ceux qui surveillaient les actes de Jésus de Nazareth, et qui, pour se bien faire venir des Romains, soutenaient qu’il fallait toujours payer le tribut dù à l’empereur.
HÉRODE PHILIPPE, troisième fils d'Hérode le Grand, fut tétrarque de Trachonitis, d’Auranitis et de Batanæa.
HÉRODE AGRIPPA I°", petit-fils d'Hérode le Grand, par Pun des fils de celui-ci, Aristobule, qu’il avait fait décapiter, et frère d'Hérodias. Josèphe nous dit que son grand-père l’envoya à Rome pour faire sa cour à Tibère, et qu’Hérode Agrippa devint le compagnon d’enfance de Drusus, fils de Tibère. Forcé de quitter Rome, par suite des dettes immenses qu’il ÿ avait contractées, il se réfugia en Idumée. Plus tard, il revint à Rome, et fut jeté en prison par ordre de Tibère. Mais par la suite la faveur de Caligula et de Claude lui fit obtenir avec le titre de roi l'administration de toute la Judée érigée en royaume indépendant. Il mourut l'an 44 de notre ère; et à sa mort la Judée presque tout entière fut de nouveau déclarée province de l'empire romain. Le règne d'Hérode fut en général digne d’éloges ; cependant on a à lui reprocher d’avoir fait mourir l'apôtre saint Jacques et emprisonner saint Pierre. Par son crédit auprès de l’empereur, il avait fait obtenir la principauté de Chalcis à son frère aîné, HÉRonE. Celui-ci devint grand-prêtre à la mort de son frère. Il avait épousé sa nièce Bérénice.
HÉRODE AGRIPPA I, fils d'Hérode Agrippa I°", succéda à Hérode Philippe dans sa tétrarchie, et fut le dernier roi des Juifs ainsi que le dernier membre de sa race. 1] aida les Romains à s'emparer de Jérusalem, obtint alors la dignité de préteur romain, et mourut vers l'an 95 de notre ère.
RODE (Tiserivs-CLaunivs), surnommé ATTICUS, né à Marathon, au commencement du second siècle de notre ère, descendait d’une famille distinguée par son anciene neté et ses richesses, et se consacra de bonne heure et avec les plus grands succès à la pratique de l'éloquence. Puis, sous Lucius Verus et Marcus Antoninus, qui avaien{ suivi ses leçons, il remplit diverses fonctions publiques, notamment, en lan 143, le consulat à Athènes. Plus tard, devenu sus: pect à cause de ses opinions, il se voua à la retraite, el ne s’occupa plus que de science jusqu’à sa mort, arrivée vers l'an 180. 11 consacra presque exclusivement ses immenses richesses à des choses utiles, et plus particulièrement à la cons, truction d’édifices grandioses, dont il orna la Grèce, l'Asie et l'Italie. On citait surtout dans le nombre l’Odéon d’Athè-
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nes , dédié à son épousé Regilla, le plus grand et le plus beau qu'on connût, ainsi que les vastes et magnifiques jardins ornés de temples élégants et du tombeau de sa famille, qu’il avait créés au voisinage de Rome, sur la voie Appienne, et qui reçurent le nom de Triopium, d’après le Triopas, afin de les mieux garantir contre toute profanation. Sur cet emplacement on a découvert deux grandes inscriptions de 39 et de 59 vers hexamètres, vraisemblablement l'œuvre du poëte Marcellus Sidétès, dont les originaux sont au musée du Louvre. Ces inscriptions, dites ériopiques, ont été expliquées par Visconti, Eichstædt, etc. Du talent oratuire de Hérode Atticus, qui entre autres surnoms flatteurs lui avait valu celui de roi de l’éloquence, il ne nous reste qu’un échantillon, qui ne justifie guère l'appréciation qu’en faisait un ancien critique en disant « que le fleuve de ses dis- « eours se déroulait en flots d'argent sur un lit d’or ». C’est un discours ou plutôt une déclamation d'école sur l'État; d’ailleurs, rien n’en démontre l'authenticité. J. Bekker l’a compris dans ses Oratores Attici (tome V, Berlin, 1824 ).
HERODIEN, historien probablement d'origine grecque, qui fleurit de 170 à 240 de notre ère et passa la plus grande partie de sa vie à Rome, est auteur d’une Histoire de l'Empire romain, en huit livres, embrassant la période écoulée de Commode à Gordien II. Malgré quelques erreurs de chronologie , cette histoire, écrite en grec, se distingue avantageusement par une pureté assez grande de style, comme aussi par la clarté, la fidélité et l'indépendance avec lesquelles Hérodien raconte les faits. La première édition de cet ouvrage est celle qui a été donnée par Alde à Venise, en 1503. Parmi les meilleures réimpressions, on cite celle d’Irmisch (Leipzig, 1789-1805, 5 vol.), de Wolf (Halle, 1792), de Bekker (Berlin, 1826). Politien en a donné une traduction latine ( Bologne, 1493, souvent réimprimée depuis ).
HÉRODIEN (Euvs), célèbre grammairien grec d’Alexandrie, vécut du deuxième au troisième siècle de notre ère. Il était fils d’Apollonius Dyscolos, et jouit d’une haute considération à Rome, sous le règne de Marc-Aurèle. II composa un grand nombre d'ouvrages de grammaire et de prosodie, dont nous possédons encore des extraits et de longs fragments publiés dans les Anecdota Græca de Bekker, Cramer, Bachmann et Villoison; dans l'édition de Mæris, par Kock ; dans celle de Phrynichus, par Lobeck; dans les Grammalici Græci de Dindorf, etc.
HERODIENS, Voyez HÉRODE ANTiPAs.
HERODOTE,. On s'accorde à penser que ce Père de l’histoire naquit à Halicarnasse en Carie, la 4° année de Ja 72° olympiade (484 ans avant J.-C). Il était le neveu du poëte épique Panyasis, que plusieurs critiques de l'antiquité placent à côté d'Homère, et qui tomba victime de Lygdamis, tyran de Carie. Le jeune Hérodote, appelé par son génie à écrire les annales de sa nation, résolut de connaître les lieux qui avaient été témoins des grandes choses qu’il vou- Jait transmettre à la postérité. Son séjour à Tyr est attesté par lui-même, Il visita également l'Égypte, les côtes de la Palestine, Babylone, lAssyrie, la Colchide, le pays des Scythes, les colonies grecques du Pont-Euxin. De là il passa chez les Gètes, dans la Thrace, en Macédoine; enfin, il descendit, par l’Épire, dans la Grèce, qui était à la fois le terme et le but de ses longs voyages. De retour dans sa patrie, il trouva le pouvoir suprême usurpé par Lygdamis. La crainte de mourir, comme Panyasis, victime de son despotisme, le décida à chercher dans Samos un asile où il pût Vivre en paix. C’est là que, suivant toute apparence, il mit en ordre les nombreux matériaux qu'il avait rassemblés ; c'est là aussi qu’il résolut de délivrer son pays. On prétend qu'il réussit dans ce noble et périlleux projet, mais qu'un gouvernement vligarchique ayant succédé au despotisme d'un seul, il fut contraint de s'éloigner, pour la seconde fois, d’une ville ingrate , qui reprochait ses nouvelles infortunes
à son libérateur, et d'abandonner sa patrie pour n'y plus revenir,
A la suite de cet exil, il parut aux Jeux olympiques, où il eut soin de lire les morceaux de son ouvrage les plus capables d’exciter l'enthousiasme des auditeurs. La Grèce applaudit avec transport l’historien qui se présentait à elle sous les auspices des Muses, Thucydide, présent à cette scène, pleura d'admiration. Témoin de ces nobles larmes d’un enfant de quinze ans, Hérodote prédit au père la gloire qui attendait son fils. Encouragé par d'aussi honorables suffrages, il employa douze autres années à perfectionner son histoire, etse mit à parcourir de nouveau certaines parties de l’Hellénie, qu'il ne croyait pas avoir assez profondément étudiées. La fête des Panathénées, célébrée l’an 444 avant notre ère, vit un second triomphe d'Hérodote, qui, ayant lu son ouvrage tout entier devant le peuple d'Athènes, en reçut comme récompense civique une somme de 10 talents (environ 54,000 francs de notre monnaie). La sensation produite par cette lecture fut telle, qu'Eusèbe a cru devoir en consacrer le souvenir dans sa Chronique. Malgré le bon accueil d'Athènes, qui semblait l'avoir adopté, il fixa sa demeure à Tharium, où, au rapport de Suidas, il mourut, dans un âge avancé. Cependant, parmi les monuments de la famille de Cimon, on voyait, à l’une des portes d'Athènes, un tombeau d’Hérodote; mais ce tombeau, élevé par la re connaissance d’un peuple enthousiaste en l'honneur du Père de l’histoire, n'était probablement qu’un cénotaphe. Ce culte pieux pour le génie a surtout rendu immortelle la ville de Minerve. À
L’héritier d’'Hérodote fut un Thessalien nommé Plésirhous, poëte lyrique, qu’il aimait beaucoup. Il avait fait le proème, ou exposition du travail de son maître. L'ouvrage du grand historien est peut-être le monument le plus précieux que nous ait légué l'antiquité grecque. Il se divise en neuf livres, à chacun desquels est attachéle nom de l’une des neuf Muses : aucun peut-être n'a manié autant de faits avec une aisance aussi remarquable ; aucun n’a eu une marche plus ferme, n’a su mieux lier les petits événements aux grandes causes, et n’a conservé mieux l’unité & son plan. La lutte sanglante des Perses contre la Grèce revit tout entière sous les pinceaux fidèles du prosateur poëte. Longin l’appelait Le plus homérique des écrivains de la Grèce, et Denys d'Halicarnasse l’a placé au-dessus de Thucydide.
Qui le croirait cependant? l’homme qui avait tant travaillé pour savoir, qui s'était servi d’un si heau génie pour raconter ce qu’il avait appris en interrogeant les annales des peuples, fut, après sa mort, poursuivi par la calomnie? On lui refusa la science qu’il avait acquise par tant de voyages et d'études ; on l’accusa de plagiat. Un Caystérius, un Polion, un Momus, et même Suidas et Dion Chrysostome essayèrent de flétrir la mémoire du Père de l’histoire. Plutarque lui-même attaque sans raison l'écrivain consciencieux qui a pris les Grecs eux-mêmes à témoin de la fidélité de ses récits, et que la science actuelle, appuyée des récits des voyageurs modernes , a définitivement rangé au nombre des historiens les plus véridiques. Parmi les anciens, Denys d’Halicarnasse; parmi les modernes, l’abbé Geinoz, Larcher, Scaliger, l’illustre Boerhaave, ont rendu le plus éclatant hommage à Hérodote. On a attribué à ce grand écrivain une Vie d'Homère, malheureux pastiche, qui bien certainement n’est pas de lui; mais il paraît positif qu'il avait écrit aussi une Histoire d’Assyrie, qui n’est point venue jusqu’à nous. P.-F. Tissor , de l’Académie Française.
HÉROÏDE,, petit poëme qui a généralement la forme de l’épitre et le ton de l’'élégie. Les anciens lui ont donné ce nom parce que dans ce genre c’est presque toujours un héros, ou une héroïne, ou quelque personnage connu, qui raconte les événements de sa vie ; mais ce n’est point absolument nécessaire, Les qualités de l'héroïde sont le naturel, la variété des mouvements, le pathétique et l'intérêt. Il faut que le poëte s'efface absolument pour ne laisser voir que son personnage, sans quoi l'invraisemblance refroidirait à chaque instant le lecteur. O vide alaissé des Aéroïdes, que l’on peut comparer aux plus belles élégies de Properce
HEROIDE
et de Tibulle, !l y est plein de chaleur et de sensibilité lorsqu’il soupire au nom de Pénélope, de Phèdre, ou de Briséis, tandis qu’il est de glace lorsqu'il se plaint lui-même des rigueurs de son exil. Le seul défaut que l’on puisS( reprocher aux héroïdes d'Ovide, c'est de se ressembler toutes par le sujet : ce sont toujours des amantes malheureuses et délaissées ; mais, comme le dit La Harpe, on ne saurait employer plus art à varier un fond uniforme. Dans le siècle dernier, où chacun se piquait d’une exquise sensibüité, l’héroïde devint fort à la mode. Il en fut alors de ce genre comme plus tard des méditations , des réveries, des mélodies, des harmonies, etc., etc., de l’école romantique. Une belle héruïde, que l’on cite souvent dans notre langue, est celle d'Héloise à Abélard, imitée de Pope par Colardeau.
RE CHAMPAGNAG.
HÉROIQUE (Age). Voyez Héros et Aces (Les quatre). HÉEROISME. Voyez Héros et GRANDEUR D’AME.
HÉROLD (Louis-JosePH-FERDINAND ), l’une de nos
gloires musicales, naquit à Paris, le 28 janvier 1791. Son père, professeur distingué de piano, l’initia lui-même à la connaissance de la science dans laquelle il devait un jour briller au premier rang. Il mourut de bonne heure, et le jeune Hérold entra au Conservatoire. Il avait à peine seize ans lorsqu'il ÿ concourut pour le premier prix de piano, qu’il remporta d'emblée. Élève de Louis Adam, il concourut en jouant une sonate de sa composition; fait unique dans les annales du Conservatoire, car le prix qu'il remporta fut un double triomphe accordé à l’exécutant et au compositeur. Après avoir étudié pendant quatre ans l’harmonie et la composition sous Méhul et sous Catel, il remporta, en 1812, le premier grand prix de composition par une canlate dont le sujet était M'° La Vallière. Ce grand prix exemptait Hérold de la conscription, faveur bien rare et bien recherchée sous l'empire. 11 partit alors pour Rome : mais il y séjourna peu de temps, appelé qu’il fut à Naples pour donner des leçons de piano aux princesses filles de Murat. Le jeune professeur voulut débuter au théâtre de Naples; il y donna La Gioventà di Enrico V, opéra en deux actes, qui {ut accueilli avec un grand succès. Les événements politiques ne tardèrent pas à le forcer de s'éloigner de ce ciel enchanteur; et ce ne fut pas sans courir une foule de dangers qu’il parvint à rentrer à Paris, dans les premiers jours de la restauration. Inutile de dire, sans doute, que le théâtre était le but de toutes ses pensées; mais alors, comme aujourd’hui,les abords en étaient sévèrement gardés et interdits aux débutants par les fournmisseurs officiels et privilégiés. Cependant, à l’occasion des fêtes par lesquelles on -célébra, en 1816, le mariage du duc de Berry, Boïeldieu, à qui on s'était adressé pour la musique d’un opéra de circonstance, composé par Théaulon, Charles de France, et qui n’aimait point à improviser ef à travailler sous l’obligation d’être prêt à jour fixe, s’adjoignit pour la composition de cette partition officielle le jeune Hérold, en qui il avait reconnu bien vite tous les germes d’un grand talent. Le succès de Charles de France encouragea Théaulon, le grand fournisseur de l’Opéra-Comique , à confier au collaborateur de Boïeldieu, au jeune lomme dont le nom venait d’avoir l'honneur de figurer sur l’affiche à côté de celui d’un maître, un ouvrage plus important. En moins de trois mois, Les Rosières furent composées, mises à l’étude et représentées. La musique en fut justement applaudie. Son second ouvrage fut La Clochelte, dont le succès fut plus décidé, quoique l’ensembie de la partition ne présente pas un mérite aussi soutenu que Les Rosières. Après Lu Clochette, vint un opéra en trois actes, Le Premier Venu, comédie fort gaie, représentée par Vial, à l'Odéon, avec un grand succès et que Pauteur avait arrangée en opéra-comique. Le progrès y était sensible ; les mélodies en étaient plus franches, mieux arrêtées que celles de La Clochette. Le petit acte des Troqueurs (1819) n’obtint qu’un succès rnédiocre, et méritait UICT. DE LA CUNVERS, — T. XL,
« Pouda pas bien longtemps l'O péra-Comique