INDIENNE — INDIENNES
| ligne vient le sanscrit, leur mère à toutes. Du sanscrit na- ; quit la langue vulgaire, appelée par les Indous prékrit.
rectrices, de son culte et de sa mythologie dans leur développement historique. Les renseignements les plus satis: faisants qu’on possède à cet égard ont été donnés par | Anglais Colebrooke et Wilson, dans des dissertations sé: parées ; Moore, dansson Hindu-Pantheon (Londres, 1810)5" Vans Kennedy, dans ses Researches into the nature o Hindu Mythology (Londres, 1831); Coleman, dans sa Mythology of the Hindus (Londres, 1832); Malcolm, Ward , Upham, Benfey, Lassen, Roth, etc. Consultez aussi Polier, Mythologie des Hindous (2 vol.; Rudolstadt, 1810); Bochinger, La Vie contemplative, ascétique et monastique chez les Indous (Strasbourg, 1831); Nève, Etudes sur le Rig-Véda (Louvain, 1842); Burnouf, Introduction à l'Histoire du Bouddhisme indien (Paris, 1845). INDIENNES (Langues). Dans le langage ordinaire on entend par langues indiennes les nombreuses langues qu’on parle dans l'Inde en deçà du Gange ; mais scientifiquement parlant on ne désigne ainsi que les langues appartenant à la famille des langues indo-germaniques, et qui en forment un des sept groupes principaux. En première
qui , ainsi que le démontrent des inscriptions remontant à l’époque d’Asoka, était devenue dès le troisième siècle avant J.-C. la langue vulgaire dans au moins trois des dialectes principaux, en opposition au sanscrit, qui, fixé par les grammairiens, ne survécut plus dès lors que comme langue savante dans les écoles et dans les ouvrages de science et de littérature. Aussi, dans les drames indiens, les person-
et les femmes emploient les differents dialectes prâkrits. Il est très-vraisemblable que ce fut cet emploi du prâkrit
à lui poser des règles grammaticales. Le plus célèbre des grammairiens prâkrits est Vararuci. Le prâkrit, d’ailleurs, rest autre qu'un sanscrit négligé et corrompu, parlé par les habitants primitifs de l’Inde quand ils eurent été subjugués par des émigrants de l'Asie, Les livres saints des Djainas sont rédigés en un dialecte prâkrit; on peut encore mentionner dans cet idiome, en fâit de monument littéraire de quelque étendue, le poëme Setu Bandha. Consultez Lassen,. Instlitutiones Linguæ Präkrilicæ (Bonn, 1837 ).
D'un dialecte prâkrit qu'on parlait à l’époque florissante du bouddhisme naquit le pali, que les bouddhistes em-" ployèrent maintes fois pour la rédaction de leurs livres sacrés, qui devint ainsi une langue sacrée pour les boud-" dhistes, et se répandit avec le bouddhisme à Ceylan et dans l'Inde au delà du Gange. De nos jours encore l’emploi du pali répond complétement à l'emploi du latin en Europe au moyen âge. Les ouvrages destinés à une grande cireu-. lation, notamment ceux qui traitent des sujets religieux, sont écrits dans cette langue. Parmi les grammaires indi-" gènes il faut mentionner celles de Balavatara, qui a été l’objet” de nombreux commentaires en pali et en langue anglaise ; en« fait de dictionnaires, l’Abhidhana ppadipika de Moggalana, | Indépendamment des livres saints des bouddhistes, qui ont été longuement commentés par Buddhaghosa , la littérature" pali comprend encore, entre autres, des recueils de légendes, «
riques en vers, dont les plus estimés sont le Mahavansa , composé par Mahanama et continué Dhammakitti ; puis 10 Divapansa et le Dhatadhatuvansa. Spiegel et Burnoufl en Europe, ont beaucoup contribué à bien faire connaître le pali. Consultez Burnouf et Lassen, Zssai sur le Pali (Paris, 1826). Voyez INDIENNE ( Littérature). ; Dès avant le dixième siècle les dialectes prâkrits avaient donné naissance à l'hindui, langue du moyen âge in. dien, écrite encore en caractères devanagari, et qui est à. peu près au prakrit ce que la langue romane est au latin. « L'hindui modernisé par les Hindous eux-mêmes, mais conser- | vant encore d'ordinaire le devanagari, porte le nom d'Aindi 3"
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il forme aujourd’hui de préférence la langue littéraire des peuples non musulmans de l’Inde, tandis que les musulmans emploient l’hindoustani, généralement écrit avec l'alphabet arabe et persan. L’hindoustani est une langue essentiellement musulmane : aussi le désigne-t-on souvent sous le nom de rnusulmdnt bh&kh&, en opposition à l'hindi national, lefhenth ou khari boli (c'est-à-dire langue pure). L’hindoustani, hindi fortement mêlé de mots arabes et persans, naquit à partir de la fin du douzième siècle, après la fondation de la dynastie de Pathân à Delhy, mais ne se forma complétement que lorsque Timour eut transferé son camp (ourdou) dans cette ville : aussi le désigne-t-on souvent sous le nom d’ourdou ou de langue ourdoue. Dans un style plus relevé on Vappelle Rekhta (c'est-à-dire le mélangé). Vers la même époque surgit de l'indi, dans la partie méridionale de l'Inde (Dekan), et par l'influence des conquérants musulmans, une langue indo-musulmane, également mélangée, le dakni. Dans ces derniers temps l’hindoustani, extrêmement favorisé par les Anglais, a presque complétement supplanté je persan, comme langue de Padministration et de la diplomatie. Ce fut d’abord Delhy, puis, à partir de la fin du siècle dernier, Lucknow, qui devint dans le nord de l'Inde le foyer de la nouvelle littérature indo-musulmane. Le dix-huitième siècle fut sa période brillante. Sans doute elle est extrêmement riche; cependant, elle ne se compose guère que de traductions du persan, de l’arabe et du sanscrit. Divers fondateurs de sectes, comme Kabir, Nanak, Dadou, Birban, Bakhtavar, Sajjid Ahme, écrivirent leurs ouvrages en hindi ou hindoustani. Les poëtes les plus célèbres de l'Inde septentrionale sont Saoudà, de Delhy, mort en 1780, surnommé par les Hindous le roi des poëtes hindoustanis, que les Anglais comparent à Juvénal, et Mir- Mohammed-Taqui, mort en 1801. Parmi les poëtes du Dekan, où le roman a d’ailleurs trouvé un sol favorable, le plus célèbre est Wali, dont M. Garcin de Tassy a publié les œuvres (2 vol.; Paris, 1839); viennent ensuite Ouzlat, Siräj et Azâd. Le grand poëme historique de Chand sur Prithwy-Räja, le dernier roi de Delhy, est composé en hindui de la fin du douzième siècle. C’est de 1488 à 1516 que furent composées les œuvres enthousiastes du réformateur Gourou-Kabir ou {nani. La littérature de lPhindoui et de l’hindi compte un grand nombre de Chroniques poétiques, parmi lesquelles nous mentionnerons plus particulièrement la Chatra-prakash (trad. en anglais par | Pogson; Calcutta, 1828) de Lal-Kavi, contenant l'histoire | des anciens rajas de Bundelkund. La Bhäklamala du | saint Nabhaiïj, collection de biographies légendaires desaints célèbres, date de l’an 1600 environ. En fait de poëmes célèbres écrits en hindi, on peut encore citer le Prem Sagar | | | | |
(c’est-à-dire Océan d'amour) de Sri-Lalluji-Lal-Kavi, livre essentiellement populaire, et qui a été traduit dans la plupart des langues vivantes de l’Inde; le Saé-sai de Bihari- Lal (vers 1500 ); le Ramayana de Tulci-Däs ( mort en
1624), encore bien autrement populaire dans l’Inde que
la grande épopée sanscrite du même nom. Dans son His-
toire de la Littérature Hindoui et Hindoustani (Paris,
1837-1847, 2 vol), M. Garcin de Tassy mentionne plus de
sept cents écrivains hindoui et hindoustani. Parmi les livres
à l’aide desquels on peut apprendre ces langues, nous cite- | rons les Éléments de la Langue Hindoustani au même | (Paris, 1847); les dictionnaires hindoustani de Shakespeare | (5° édit.; Londres, 1846) et de Forbes (Londres, 1846); la grammaire hindi de Ballantyne (Londres, 1839) et le dictionnaire hindi de Thompson ( Londres, 1846).
L’hindi et l’hindoustani ont pour base locale le brajbhakha, issu du präkrit, qui de nos jours est encore la langue du pays de Braj (ou Bradj ) dans le Bundelklund, mais qui est devenu une langue littéraire, et que les poëtes surtout préférent à l’hindi moderne ordinaire. Il en est de même, | mais à un dégré moindre, du pourbi-bhakha, dialecte | parlé à l’est ( pourb ) de Delhy. Parmi les nombreuses autres | langues provinciaies de l’inde, toutes dérivées du sanscrit,
et ayant avec lui les mêmes rapports grammaticaux que les langues romanes vivantes avec le latin, plusieurs ont aussi formé une littérature qui ne se compose guère d’ailleurs que de traductions du sanscrit, auxquelles sont venues s'ajouter dans ces trente dernières années des traductiens de l'arabe, mais surtout du persan, de l'hindoustani et des langues eurepéennes, ainsi qu'un grand nombre d'ouvrages écrits par des Européens ou des indigènes, à l'effet de répandre l'instruction populaire, ou encore dans un but de propagande religieuse, Les plus importantes d’entre ces langues modernes sont :
j° Le bengali, parlé dans la partie orientale de PInde, dont Houghton a donné une grammaire ( 1824) et un die. tionnaire ( Londres, 1834 ), et dans lequel Ram-Comal-Sen a traduit le dictionnaire anglais de Johnson (2 vol. ; Sérampore, 1834).
2° L’orissa, appelé aussi ourissa et outkala, dont Sutton a donné une grammaire et un dictionnaire (Kouttack, 1841-1843; 3 vol.).
3° Le mahralti, dont il existe des grammaires, par Carey (Sérampore, 1808 ), Stevenson ( Bombay, 1843 ) et Ballantyne ( Édimbourg, 1839 ), ainsi qu’un dictionnaire, par Molesworth ( Bombay, 1831 ; anglais-mabratti, Bombay, 1847).
4° Le gouzerali, parlé au nord-ouest de l'Inde. On en a une grammaire par Brummond ( Bombay, 1808), et un lexique par Mirza-Mohammed-Kazim ( Bombay, 1846).
5° Le sindhi, parlé dans les contrées de l’Indus inférieur, dont Wathen a publié une grammaire ( Bombay, 1836 ), et Stack un dictionnaire ( Bombay, 1849 ).
6° Le pendjabi, dans lequel sont écrits les livres saints des Sikhs, et dont on possède des grammaires par Carey ( Sérampore, 1812 ) et par Leach ( Bombay, 1838 ), ainsi qu'un dictionnaire par Starkey ( Calcutta, 1850 ).
Le kawi, c’est-à-dire langue des poëtes, dont on se sert en poésie à Java et dans les îles voisines, est par sa construction grammalicale une langue malaise; mais il a emprunté en grande partie ses mots de même que sa littérature au sanscrit. Consultez G. de Humboldt, Essai sur la Langue Kawi (3 vol.; Berlin, 1836-1840 }).
Les langues parlées au sud de l'Inde diffèrent complétement dans leur construction grammaticale de celles d’origine sanscrile, et forment une famille de langues du Dekan tout à fait distincte de celle des langues indo-germaniques. Les plus importantes d’entre ces langues sont :
i° Le {amil, qu’on appelle aussi le malabar, parlé sur les côtes du Coromandel et du Malabar. Il possède une riche et antique littérature. Le Coural de Tirouvallouver, poëme moral, est surtout célèbre. Dans le grand nombre d'ouvrages relatifs à l’enseignement de cette langue, il faut citer les grammaires de Beschi (Madras, 1815 ; 2° édit., 1849) et de Brown ( Madras, 1840), ainsi que le dictionnaire de Campbell (Madras, 1821 ; 2° édit., 1848 ).
2° On en peut dire autant de la littérature du Telougou et de celle du Tamouli. Consultez Brown, On the Language and Literature of the Telugu (2 vol.; Madras, 1840 ).
3° Le kanaresi, parlé dans la province de Karnatik, aux environs de Mysore. La langue plus ancienne, l’halakanara, possède aussi une littérature assez considérable ; mais le nombre des ouvrages écrits dans la langue vulgaire est fort restreint. On en a une grammaire par Mackerell ( Madras, 1821) et un dictionnaire par Reeve (4 vol., Madras, 1824-1832 ).
4° Le malayalam, en usage au Malabar depuis le cap Comorn jusqu’à Dilli, ne possède qu'une littérature insignifiante. On en à des grammaires par Peet (Cottayam, 1841) et par Spring (Madras, 1839), et un dictionnaire par Bailey ( Cottayam, 1846).
5° Le singalas, parlé à Ceylan, et dont la langue des Maledives n'est qu’un dialecte. La littérature singalaise, qui se meut dans le même cercle d'idées que celle du pali, estré. divée daus une langue écrite particulière, appelée l’elou, qui diffère de la langue commune par un riche mélange de mots
indiens et surtout sanscrits, Le plus célèbre des poëtes singalais fut Gasco, Portugais de naissance. On en a une grammaire par Chater { Colombo, 1815) et un lexique par Clough (2 vol., Colombo, 1821 ).
On ignore encore si les langues parlées par quelques débris de peuples dans l’intérieur de l'Inde en deça du Gange, les Chonds, par exemple, ont des rapports avec les langues du Dekan : ces dernières, d’ailleurs, n’ont point été scientifiquement cultivées.
INDIENNES (Peinture, Sculpture, Architecture). De même qu’en littérature, les Hindous ont déployé dans le domaine des beaux-arts une riche imagination, qui, il est vrai, se soumit dans ses caprices à certaines conditions d’art, mais qui, à la différence de l’intelligent art égyptien, accoupla ses créations sans règle et aboutit à une sorte de chaos, bien qu’on y rencontre çà et là quelques beautés.
Dans la vie artistique du peuple hindou, on remarque deux périodes brillantes : la première remontant à environ cinq cents ans avant J.-C., el à laquelle appartiennent, suivant toute apparence, les grands temples creusés dans le roc vif; la seconde, contemporaine des premiers siècles de notre ère. Les monuments les plus importants et peut:être aussi les plus anciens de l'architecture hindoue sont les temples taillés dans le roc qu’on rencontre dans la partie occidentale du Dekan, entre Goa et Surate, notamment les grottes de Carli et de Mhar, les temples situés dans les îles de Salcette et d'Elephanta près de Bombay, le templegrotte de Pandou-Lena, enfin les constructions gigantesques dÉllora et les grottes d’Adjounta. Ce sont tantôt des grottes véritables, tantôt des constructions indépendantes, taillées cependant dans le roc vif et isolées. Le plus ordinairement les grottes sont carrées et reposent sur de nombreux piliers, ouvertes sur le devant, donnant sur un péristyle à colonnades. Au fond, et entouré d’un espace libre, se trouve le sanctuaire, ménagé dans une espèce de niche. Les piliers sont pour la plupart quadrangulaires jusqu’à une grande hauteur, et se terminent en forme de colonnes cannelées, supportant comme chapiteau une espèce de coussin déprimé surmonté d’un abaque cubique avec des consoles. Ensuite vient le plafond, avec des espaces vides semblables à des architraves. Ces piliers sont peut-être en fait d'œuvres d'art ce que Parchitecture hindoue a produit de plus pur; ils ont tout à fait le caractère qui convient à des supports destinés à soutenir une charge énorme, bien qu’on les retrouve avec la même forme dans les constructions hindoues en plein air. Quelquefois aussi on n’y voit que d’épais piliers quadrangulaires, tandis que dans d’autres un vigoureux rinceau indique l’endroit ou le pilier se transforme en colonne. Toutefois, un arbitraire sans bornes a présidé à la construction de ces édifices en plein air. On voit des temples immenses reposer sur le dos d’un éléphant, et dans les détails l’imagination la plus libre se produit quelquefois sous les formes les plus capricienses. Le plus colossal de tous ces monuments est le gigantesque Kaïlasa, taillé à Ellora d’un seul bloc de pierre. Après ces monuments appartenant à la religion brahmane, on y trouve aussi des temples-grottes et des temples en plein air de la période bouddhiste, différant des premiers en ce qu'ils se terminent en rond, qu’ils ont des plafonds voûtés et des façades fermées. Les plus remarquables sont les Dagops. Le temple bouddhiste le plus célèbre est celui de Visvakarma, à Ellora. 11 existe aussi d’autres templesgrottes extrêmement remarquables sur le plateau du Dekan et sur la côte orientale. Les premiers, situés à peu de distance de la ville de Baoug, avec leurs fortes colonnes rondes sans socle cubique et avec un chapiteau semblable au chapiteau dorique, rappellent l’art grec, et appartiennent peutêtre bien à la période pendant laquelle la domination des Diadoches étendit après la mort d'Alexandre la civilisation grecque jusque par delà l’Indus, Les monuments situés sur la côte orientale ne doivent guère être plus anciens, par exemple ceux de la magnilique ville, aujourd’hui complétement déserte, de Mahabalipouram, à quatre kilomètres environ de
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Madras, connus sous le nom des Sep Pagodes. Plus tard enfin vinrent un grand nombre de constructions en plein air, surtout sur la côte orientale, et qui ne remontent pas plus loin que l'époque de l'invasion des Mongols. Ce sont les pagodes proprement dites. L'une des plus magnifiques est celle de Djagarnat, dans la province d’Orissa, qui ne fut terminée qu’en l’an 1198 de J.-C. L'énorme grande salle de l’hospice des pèlerins à Madura, dont les parties architectoniques se composent déjà en partie de formes d'animaux et de formes humaines, est d’une époque encore plus récente, car la construction n’en fut commencée qu’en l'an 1623. A cette époque, où depuis longtemps déjà l'Inde gémissait sous l'oppression mongole, la population était encore assez dévote pour rendre possibles les travaux prodigieux qu’entraînait le montage sur piliers de ces plafonds colossaux. On commençait par remplir l’espace de terre, puis l’on montait les plaques sur la surface oblique, après quoi on enlevait de nouveau la terre.
Il règne souvent une grande magnificence dans les constructions civiles des Hindous; mais, à l'exception des ruines dAoudh, il ne s’est presque rien conservé des anciens palais des rois, attendu que les sultans et les Mongols, surtout dans les contrées arrosées par le Gange, les ont utilisés comme carrières à pierre pour leurs édifices de style arabe et construits quelquefois avec une extrême magnificence. Cependant la tradition de la véritable architecture indigène ne s’est point encore perdue, comme le prouve l'Essay on the Architecture of the Hindus (Londres, 1834), qu'a publié Rammohoun-Roy, savant brahmane, qui rapporte des exemples frappants de la dégénérescence extrême de cette architecture.
La sculpture et la peinture des Hindous trouvèrent dans leur riche mythologie des sujets, inépuisables sans doute, mais très-défavorables, à cause de la symbolique arbitraire et capricieuse qu’y rattachaient les idées populaires. En effet l’artiste, qui doit constamment représenter des divinités à trois têtes, et à quatre, à douze bras même, peut difficilement, dans de telles données , arriver à des représentations réellement belles. I1 faut rendre toutefois aux Hindous cette justice que souvent ils ont su donner de nobles proportions et une grande délicatesse de lignes à des corps généralement nus, mais richement ornés. Dans leurs plus ridicules représéntations de divinités, leur imagination n’a pas laissé que de donner un ensemble harmonieux à leurs créations. Mais la nécessité de composer des corps avec des parties symboliques si diverses a toujours rendu impossible de représenter les grandes qualités divines sur un corps purement humain en leur donnant une expression sublime. 1] n’y a d’ailleurs que les plus anciennes sculptures « hindoues, simples hauts-reliefs pour la plupart, qui respirent le génie artistique; les sculptures modernes manquent . toujours de plus en plus de vie, et dégénèrent en monstruosités repoussantes. Les reliefs d’'Elephanta, d’Ellora et de Maha-« balipouram sont les plus célèbres de tous. Les miniatures de ces derniers temps atteignent souvent une certaine grâce, quand elles représentent des scènes de la vie ordinaire, et pour ce qui est de la facilité du dessin et de l'expression, l’'emportent infiniment sur les miniatures chinoises. On ne devra M pas tre surpris que l’art hindou ait servi de type dans les | contrées voisines. Ainsi les s{oupas ou {opes du Kaboulistan ne sont qu’une riche imitation des dagops bouddhistes de l'Inde, et datent des premiers siècles de notre ère. A la même époque appartiennent les deux colosses de Bamian, figures de haut-relief placées dans des niches, sur une paroi de rocher, dont l’une a 40 mètres d’élévation. Plus tard le dagop a reçu des formes encore plus riches et plus guin-M dées dans les luxueux monuments de Ceylan, de Nepal et" de Java, dont une partie appartient à la dernière moitié du moyen âge. Consultez Daniell, The Hindoo Excavations of Ellora (Londres, 1804); Langlès, Monuments anciens el modernes de l'Hindouslan (Paris, 1818); Lassen, Antiquités de l'Inde ( Bonn, 1544-1852 ).
die D APE
primitifs del’'Amériqua, parce que les navigateurs qui Îles premiers découvrirent Te Nouveau Monde crurent d’abord y avoir trouvé l’extrémité de l'Inde. Les Indiens forment une race d'hommes toute particulière et différant des autres de la manière la plus tranchée. On la désigne, en raison de sa couleur, sous le nom de race rouge, ou bien, d’après la contrée qu’elle habite, sous celui de race américaine. Au point de vue physique, elle est caractérisée par sa couleur cuivrée, par sa chevelure noire et plate, par son visage large, sans pourtant être plat, avec des traits accentués, par un front déprimé en arrière, paraissant court et borné extérieurement par une chevelure tombant très-bas. On comprend toutefois, en raison de l’immense étendue de l'Amérique, placée sous toutes les zones, et de l'extrême diversité de son sol et de ses produits, que ce sont là des traits caractéristiques qui doivent subir chez les différentes nations qu’on y rencontre des modifications sans nombre, Cependant toutes les peuplades américaines, depuis les côtes de l'Océan arctique jusqu’à l'extrémité de la Terre de Feu, présentent le même type, non pas seulement dans la conformation du corps, mais encore dans la physionomie, les qualités physiques, la langue, les créations de l’esprit. Partout, au Nord comme au Sud, le visage de l’homme rouge porte l'expression d’une gravité sombre et indifférente , de la tristesse et de l’oppression. Sous l’influence des excitations ordinaires, les traits de son visage s’animent à peine d’une manière perceptible ; ils deviennent complétement hébétés ou sombres, même chez les plus nobles nations, pleines de courage guerrier et d'amour de l’indépendance, aussitôt qu’en l’absence d’excitation extérieure se produit cet état de prostration dans lequel l’Indien tombe si facilement et semble même se complaire. Plus les peu- plades sont sauvages, plus elles ont souffert de l'oppression d’ennemis, rouges ou blancs, et plus leur regard est timide et inquiet, plus l'impression de leur physionomie est humble. Chez les nations qui vivent à l’état de servage, ce qu'il y a d’énergique et de sauvage dans les traits de l’Indien qui vit indépendant, disparaît, et sa figure prend quelque chose de mélancolique.
Que si sous ce rapport tous les témoignages sont unanimes , il est peu de questions au sujet desquelles se soient produites chez les investigateurs des opinions aussi profondément divergentes que celle des qualités intellectuelles des autochthones américains. Peu de temps après la découverte du Nouveau Monde, il fallut même une bulle du pape (1537) pour décider et mettre hors de doute que l’Indien fait partie de la race humaine. Cependant de récents observateurs, très-exacts et parfaitement exempts de préjugés, ont démontré que sous le rapport intellectuel l'Américain n’occupe pas à beaucoup près le même rang que la race caucasienne. La puissance de compréhension de la race rouge paraît plus bornée, plus lente, l’imagination plus lourde, l'esprit bien moins excitable. L’Indien ne vit que pour le moment présent, et ne pense jamais à l'avenir. De là cette légèreté qui lui est propre, et qui est plus grande chez les peuples qui, comme les Brésiliens par exemple, ont le moins de besoins et peuvent le plus facilement les satisfaire. Comme l’Indien ne comprend pas l’avenir, s’il est gravement malade ou mortellement blessé, il verra avec indifférence la mort s'approcher; et chez les tribus de l'Amérique septentrionale ou du Chili, le prisonnier de guerre ne fera pas entendre une seule plainte en marchant à une mort inévitable. La paresse de l’Indien est aussi proverbiale que son insouciance. Sa goinfrerie quand il se trouve au milieu de l'abondance, la tranquillité avec laquelle il supportera la disette qui succédera à cet état de choses, l'indifférence qu'il témoigne quand il s’agit d'améliorer son sort, ou bien pour la propriété et l’organisation civile, peuvent de même s’expliquer par ses idées bornées. Il s’efforcera, par des habi-
tudes artificieïles et par une domination exercée sur luimême, d'augmenter encore l’insensibilité qui le caractérise.
[INDIENS
INDIENS. C’est le nom qu'on donna aux habitants | Mais que l’idée d’une injustice éprouvée s'empare une fois
de son esprit, et il poursuivra sans relâche son ennemi avec la ruse et la dissimulation de à bête féroce, jusqu’à ce que sa vengeance soit satisfaite, L'esprit de vengeance est la cause des supplices cruels en usage parmi les peuplades de l'Amérique méridionale, de leurs guerres incessantes et de l’affreuse coutume de l’anthropophagie chez quelques-unes d’entre elles ( Botocudes, Pouris, Calisecas, Capachos, ete.) La joie de l’Indien, quand les plus énergiques moyens l’y sollicitent, est sauvage et n’a rien qui parte du cœur. Les défenseurs les plus zélés de l’Indien ont dû eux-mêmes reconnaître chez lui l'absence de tout sentiment profond et chaleureux; l’insensibilité qu'il éprouve pour les maux d'autrui explique le sort cruel qu’il réserve à ses esclaves.
L’'imagination fait aussi bien défaut à l’Indien que l’intelligence sagace et directrice. C’est ce qui ressort de ses traditions et de ses mythes, de ses idées religieuses, de ses discours. Seulement l'Américain du Nord se trouve à cet égard un peu supérieur aux autres tribus. Les idées religieuses même des anciens Mexicains et Péruviens étaient loin de répondre au reste de leur civilisation. En étudiant les monuments et les ouvrages d’art des nations civilisées dont nous venons de parler, on y remarque également l’absence d’essor et d'imagination, de diversité et de mobilité de la forme. L’Américain est incapable de s'élever à des idées abstraites ; de là son indifférence pour les doctrines supérieures de la religion et la grossièreté de ses idées cosmogoniques. Quoiqu’au seizième siècle des indigènes s’occupassent des sciences d'Europe et aient même écrit quelques livres, on ne connaît rien de leurs efforts dans le domaine des mathématiques. L’Indien ne comprend qu'avec beaucoup de peine les rapports de nombre. Les langues des Américains, qui toutes ont le même type depuis la côte septentrionale du Groenland jusqu’à l'extrémité méridionale de la Patagonie, participent de linfériorité de leur puissance de conception. Elles font partie des langues dites synth#tiques, dans lesquelles l'intelligence aride ne rattache que des mots isolés venant péniblement expliquer les diverses idées ; elles sont en outre assez souvent équivoques et obscures, et ne témoignent dès lors que d’une intelligence qui a le travail lent. Comme une langue synthétique ne peut jamais s’élever à l’état de la langue organique, l’Indien ne peut non plus parvenir jamais à un degré supérieur de conception. C’est ce que l’histoire prouve de reste. L'exemple des blancs, de même que les efforts faits par les missionnaires pour le conduire à un état de civilisation plus avancé, n’ont jamais produit que des résultats insignifiants. Les quelques cas d’un progrès spontané et indépendant, comme par exemple chez les Tshiroquois, ne sont qu’une exception et n’eurent jamais rien de complet. Dans les pays de l’Amérique espagnole, où les indigènes ont beaucoup emprunté à leurs vainqueurs, ce n’a presque jamais été le bien.
En raison de l’extrême pénurie de renseignements satisfaisants et authentiques sur la plupart des innombrables tribus d’Indiens qui errent dans les différentes parties de l'Amérique , l'élément linguistique ne saurait pas toujours servir de base à un essai de classification des diverses nations en grandes familles et en races, et c’est souvent l’élément géographique qu’on est réduit à adopter. D’après les plus récents travaux dont cette épineuse question à été l’objet, on peut pourtant établir les grandes familles suivantes dans la population autochthone de l'Amérique :
1° Les Esquimaux. Ils se divisent en deux branches principales , les Esquimaux orientaux et les Esquimaux occidentaux, et sous le rapport de la conformation physique sont en quelque sorte la transition aux peuples du type mongole du nord-est de l’Asie. Une partie des Esquimaux occidentaux, habitant l'Amérique russe et vraisemblablement mélangés avec la famille des Athabascas, portent le nom d’Esquimaux du sud. Au groupe des Esquimaux appartiennent, entre autres, et sans compter les AZéoutes, qui habitent un peu plus loin, les Kouskokwinzes, sur les bords du Kous--
kowin, les Tschougatsches , au détroit de Prince-William, les Inkalites, les Kadjakes et les habitants de la moitié orientale d’Aljaschka.
2° Les KoLocues, appelés aussi famille Nootka-Columbique, habitent l’intérieur, entre le détroit de Norton et le fleuve de Cuivre, et de là, en descendant la côte au sud, jusque par delà les frontières russes C’est une race complétement américaine, témoignant d’une civilisation plus avancée que ses voisins méridionaux. En font partie les 4tnas, sur le fleuve de Cuivre, les Aenays, sur le Cook’sinlet, les Kollschanes, sur les affluents nord et est du fleuve de Cuivre, les Koloches proprement dits, aux environs du mont Saint-Elias et quelques autres tribus. A la même famille appartiennent les peuplades de la côte de la Nouvelle-Calédonie et des iles qui lui font face, formant deux groupes , les Ckallams, comprenant vingt-quatre tribus qui parlent les langues Challam et Corvaitzchim, du 48° au 50° degré de latitude nord ; et les Quakeolts, comprenant plus de 40,000 têtes, formant vingt-sept tribus et habitant les côtes et les îles depuis le 50° jusqu’au 54° degré de latitude nord. Les Massètes et treize autres tribus de l'ile de la reine Charlotte; les Indiens Nass, formant quatre tribus, sur les bords du Nass; les Chymsgans, formant dix tribus sur le détroit de Chatam, au Port-Essington et dans les îles voisines, les Indiens des détroits de Skeena, de Labassa et de Milbank , formant seize tribus différentes ; enfin vingt-quatre petites tribus disséminées dans l'ile de Vancouver, sont d’autres peuplades, dont les langues diffèrent beaucoup entre elles. Toutes ces tribus de la cote sont surtout des peuples pêcheurs ; la plupart ont des esclaves, qu’elles traitent avec la plus horrible cruauté. Les rapports d’affinité existant entre leurs langues n’ont pas encore pu être déterminés jusqu’à ce jour.
3° La famille des ArHABAsCas se divise en deux races principales, celle de Pest, et celle de l’ouest. A la première appartiennent les Chepeyans, les Indiens cuivrés, les Dogribs (hommes de la Côte des Chiens), les Sérongbows (appelés aussi Indiens-Beaver, et Indiens Thickwood), les Indiens de la Montagne, les Indiens des Troupeaux, les Indiens-lièvres , etc.; à la seconde ( Nouvelle-Calédonie ), les Carriers (Takellies ), les Tsekanies, les Nohanies, etc. Les Loucheurs ou Querellers parlent un dialecte très-différent.
4° Les nombreuses tribus de la grande famille des Ar- GONQUINS-LeNAPEs se divisent en quatre groupes principaux : ceux du nord, du nord-est, de l’est, et de l’ouest ou de l'Atlantique. Au groupe septentrional appartiennent les Knislinaux, vulgairement appelés Crees, les Montagnards et les Nascopies, les Ojibways (appelés aussi, mais à tort, Chippeways), les Oltawas, les Potowotlamies et les Missinsigs. Le groupe nord-est comprend les Skeskatopoush et les Scoffies, sur les rives septentrionales du golfe Saint- Laurent; les Micmacs, à l’ouest de ce golfe, dans la Nouvelle-Écosse, au cap Breton et à Terre-Neuve; les Ztchémines et les Abenakis. Parmi les Algonquins de l’Atlantique, ont complétement disparu les anciens habitants de la Nouvelle-Angleterre, tels que les Peguots, tribu puissante autrefois, les Massachusetts, les Narrangansetts, les Mohicans, les Montacs et les Susquehannoks ; des autres, tels que les Delawares et les Nanlicokes, il ne reste plus que de misérables débris, dipersés au delà du Mississipi. Les Powhaltans et les Pampticoes ont égalemen: péri. Le groupe occidental des Algonquins-Lenapes comprend les Menomenies, les Miamis, les Piankishaws, les Illinois presque complétement exterminés aujourd’hui, les Sankies et les Foxes, les Kickapous, les Shawnoes, les Blackfeet, les Shyennes (Cheyennes).
5° La familledes Iroquors, extrêmement redoutée des Européens aux premiers éemps de la colonisation, comme une race de conquérant eruels et sanguinaires, forme deux groupes : celui du nord, qui est le plus considérable, et celui du sud, Les Iroquois du nord formaient deux divi-
INDIENS
sions, dont celle de l’est se composait de ce qu'on appelait les Cing-Nations (les Mahawks, les Oneidas, les Onondagas, les Cayugas, et les Senecas, dans la confédération desquels les Tuscaroras furent admis comme sixième nation, en 1714 et 1715); celle de l’ouest comprenait les Wyandots ou Hurons, les Attionandarons (nation neutre ), les 4n dasles où Guyandots, et les Crigas ou Cries (nation Chat) De ces quatre tribus occidentales, les deux premières furent presque complétement et les deux dernières complétement exterminées par les Cinq-Nations. Parmi les Iroquois du sud, les Meherrins ou Tutelocs et les Nottoways ont complétement disparu, tandis que les Tuscaroras se faisaient admettre dans la confédération des Cinq-Nations ( mais il
en existe plus aujourd’hui que quelques faibles débris,
errant dans le pays et aux environs des grands lacs). . 6° Les peuples de la Floride, dans la partie sud des Etats-Unis, composent trois groupes, parlant des langues essentiellement différentes. La langue catowba est parlée par les Catowbas et les Woocans, la langue cherokee (tschiroquoise) surtout par les Cherokees, tandis que la langue choctaw-muskhogee est celle de toutes les tribus faisant partie de la confédération des Creeks, telles que les Chicasas , les Choctaws, les Muskhogees, les Hitchilees, les Seminoles, et autres peuplades de la Floride. Les langues des Utchees , des Natchez, des Alibamons, des Coosadas et de quelques autres peuplades diffèrent de ces trois langues principales. Dans ces derniers temps ces diverses tribus indiennes du sud ont été transportées à l’ouest du Mississipi. Avant cette opération leur nombre total était de 67,000 têtes.
7° Les tribus Sioux peuplent, au sud des Athabascas, la contrée située sur la côte occidentale du Mississipi jusqu’à l'État d’Arkansas et aux Montagnes-Rocheuses, par 43° de lat. nord. Elles comprennent d’abord les sept peuplades confédérées, mais indépendantes les unes des autres, des Sioux proprement dits ou Dahcotas (appelés aussi Nadowessi), puis les Winnebagæs et les Assiniboins (Indiens- Pierres), qui en vivent séparés. Viennent ensuite, comme second groupe, les trois peuplades Minetares (les Mandans, presque complétement disparus aujourd’hui, les Minetares et les Indiens-Crow ou Upsarokas), et comme troisième groupe, les Sioux méridionaux, qui se composent dé huit tribus (les Joways, les Puncas , les Omahows, les Oiïtoes, les Missouris, les Kansas, les Osages et les Quappas).
8° Les Cappos, à l’ouest du Mississipi, dont la iangue est parlée aussi par les Nandakos , les Inies où Tachies (dont le Texas tire son nom) et les Rabedaches. Les Natchitoches, les Adayes, les Athacapas, les Chétimaches et quelques autres débris de peuplades errant à l'ouest du Mississipi parlent des langues diverses et différant com:plétement de celle des Caddos.
9° Les PAwWNIES, composés des Pawnies proprement dits et des Ricares.
10° Les INDIENS DES CATARACTES (appelés aussi Indiens des Rapides ou Indiens Paunch) parlent une langue tout à fait différente, de même que la puissante nation àes Blackfeet, avec les subdivisions formées par les Paigars (Picanos) et les Indiens-Sang, désignés ordinairement, d’après la contrée qu’ilshabitent, sous le nom d’Indiens Saskatchawines,
11° La famille des Cowancss, aujourd’hui la plus nom. breuse de celles qui habitent ‘Amérique septentrionale, est extrêmement répandue. Elie s'étend depuis le territoire de j'Orégon jusqu’au golfe de Californie d’une part, et jusqu'au goife du Mexique de j’autre. Les quatre tribus principales de cette famine sont les Shoshkones, ou Indiens-Serpents, avec les Walla-Wallas, les Nez-Percés (ou Saptines) les Pichons, les Selipsh ou Flatheads, les Moleles, les Waillaptous où Cayouses, les Tlamath, les Punashly (eu Panacks, et encore Bonnaks) et les Sozonis: puis les Apaches avec les utahs où Utahs, les Apaches propre-
ment dits, les Navajoes et autres tribus, les Apaches et
les Comanches proprement dits, peuple de cavaliers et
INDIENS
ormant de vumbreuses subdivisions. Parmi ces peuples on peut considérer les Apaches comme celui qui détruisit la civilisation assez avancée à laquelle étaient parvenus les naturels du Rio-Gilà et du Rio del Norte, et qui existait encore au seizième siècle dans le Nouveau-Mexique. On comprend ordinairement les débris &8 cette nation plus civilisée, après les tribus plus puissantes , Sous le nom de Moqui.
On ne possède encore que des renseignements très-vagues et très-insuffisants sur les langues et les rapports d’affinités des différentes tribus indiennes de la Californie, restées d’ailleurs au degré le plus infime de la civilisation.
Il n'ya pas de pays sur la terre où existent autant de langues complétement différentes qu’au Mexique. Parmi les nombreux peuples de l'Amérique centrale, chez lesquels on a constaté l’existence d'au moins trente-six langues lout à fait différentes, les descendants de l’ancienne nation civilisée des Aztèques occupent encore de nos jours le premier rang. Leur langue, appelée aussi de préférence le mexicain , est à bien dire la langue nationale, et est parlée par le peuple depuis Santa-Fé, au Nouveau Mexique, jusqu’au lac de Nicaragua, à lexception du plateau où s'élève la ville de Mexico, où la nation des Otomis est la plus répandue après celle des Aztèques. Les autres peuples mexicains ne se composent plus guère que de débris. Dans le petit État d’Oaxaca seulement on compte dix-neuf peuplades différentes. Les Zapotèques y formaient avant la conquête un État florissant, dont le souverain résidait dans la ville de Téozapotlan ou Zachila. Il confinait au royaume de Mistecapan, qui avait pour capitale Tlaxiaco; et il existe encore d’assez importants débris de ses habitants, les Mistèques. Les habifants du royaume de Mechoacan, demeuré toujours indépendant des Aztèques et conquis en 1523 par les Espagnols, étaient les Tarascos, dont les descendants habitent encore aujourd’hui l'État de Mechoacan, En fait d’autres peuples moins importants, on peut citer, au nord, les Pimas, les Yaquis, les Zouaques , les Tarahoumaras, les Coras, les Cinaloas , les Mayos; dans les États du centre et du sud, les Mijes ou Mixes, les Matlazincos, les Houastèques, les Chichimèques, les Totonaques, les Tlapanèques , les Houàbes ou Gouàves, les Chinantèques, les Couicatèques, les Chatinos, les Mazatèques, les Izcatèques , les Chontales, les Chocos, les Zoques, etc. Les Mayas sont le peuple qui domine dans l’Yucatan. La langue pocanchi, ou le pocaman, estparlée principalementsur les côtes de Guatemala, tandis que la langue quiché est celle de la plus grande partie de la population indienne de l'Amérique centrale,
Les ethnographes les plus récents ont divisé les Indiens de l'Amérique du Sud en trois grandes classes, comprenant chacune de nombreuses subdivisions, à savoir :
1 Les CUNDINARMARCANS avec les nations des Mouwiscas ou Moscas, parlant une tout autre langue, qui à l’époque de la conquête formaient un peuple à demeure fixe, agriculteur et civilisé, dont la langue est aussi dite /angue des Chibcha et était autrefois repandue dans tout l’empire ; plus les Panches et les Goahiros. Les peuples indiens habitant, à l’ouest de la Nouvelle-Grenade, le Popayan et Choco-Neiva, avaient tous leur langue propre ; mais les quelques débris qu'en laissèrent les vainqueurs ont fini par adopter la langue nationale.
29 Les PÉRUVIENS, suivant Tschudi, appartenaient à trois nations différentes, parmi lesquelles les Quichuas étaient au temps de la conquête un peuple puissant, parvenu à une haute civilisation et qui avait fondé l’empire des Incas. La langue Quichua ou Inca, sur laquelle Tschudi à publié un grand ouvrage, fut élevée par les missionnaires à l’état
* de langue écrite, et est encore de nos jours la langue qu’on
parle généralement sur le plateau et tout le long des côtes du Pérou, ainsi que d’une partie de la Bolivie, de l'Ecuador et des provinces nord-ouest de la république Argentine. Les Aimaras, qui habitaient les provinces limitrophes du Pérou et de la Bolivie, n'étaient pas moins civilisés; leur langue diffère à tous égards du quichua, et est généralement parlée
dans le pays, même par les descendants des premiers aventuriers espagnols.
30 Les ANTISANES. Sous cette dénomination on comprend plus de soixante peuplades, dont les demeures sont situées dans les chaudes et humides régions du versant onental des Andes, en Bolivie et au Pérou, et dont les langues, toutes complétement différentes, n’ont jusqu’à présent été l'objet d'aucun travail d'investigation.
40 Les ArAUGANS. Ils se divisent en deux nations : a. Les Araucans, les Araucanos des Espagnols, avec deux subdi. visions : celle des Araucans proprement dits, composée des Chonos (dans la langue locale Arauco), ou Araucans dans l’acception la plus étroite de ce nom, et des Pehuenches ; et celle des Aucas, comprenant les Ronkelas et les Chilenos. Toutes ces peuplades parlent la même langue. 6. Les Aubitants de la Terre de Feu, appelés aussi jadis Pecherais, population misérable, vivant de la chasse et de la pêche.
50 Les POPULATIONS DES PAMPAS, qui occupent les steppes immenses et les déserts de la partie orientale de l'Amérique du Sud, depuis la côte méridionale de ce continent jusqu’à l'embouchure du fleuve de la Plata. On y compte dix nations environ , parlant tout autant de langues radicalement différentes. Les Puelches, les Abipons et Guaycourous sont les plus connus.
6° Les POPULATIONS CHiQuiITOS, ainsi nommées d’après la plus considérable d’entre elles, les Chiquilos, divisée en trente-six peuplades, avec des langues différentes, qui dès l’origine pratiquaient l’agriculture et qui de bonne heure se convertirent au christianisme.
70 Les POPULATIONS Moxos, ainsi nommées également du nom de la plus considérable d’entre elles, et inférieures aux précédentes, au moral comme au physique.
80 La race des Guaranis ou CARAÏBES, quoique disséminée en nations nombreuses , est répandue depuis les rives de la Plata, à travers tout le Brésil et la Guyane, jusqu’à la mer des Antilles, dont elle occupait les petites îles à l’époque de la découverte de l’Amérique. Elle est désignée au sud sous le nom de Guaranis ; dans les provinces centrales et les plus peuplées du Brésil, sous celui de Toupis ; enfin, dans les Guyanes, sous celui de Caribi. Le guarani ou toupi est la langue générale du commerce et des rapports sociaux au Brésil, depuis l’île de Sainte-Catherine jusqu’à l’embouchure du fleuve des Amazones. Toutes ces tribus, dont on évalue le nombre à environ soixante, parlent des langues ayant encore des rapports d’affinité; il n’y a que celles du territoire de l’Orénoque qui diffèrent sous ce rapport. Les Guaranis, ou Toupis proprement dits, comprennent six tribus. Parmi les nombreuses tribus de Caribes, les plus connues sont celles des Caribes proprement dits (Caraibes), des Aravaques , des Pamanaques, des Chaymas et des Maypouros.
9° Les Borocunes ou Aymores, au Brésil (voyez Boro- CUDES ).
10° Parmi les PEUPLADES BRÉSILIENNES, dont on n’évalue pas le nombre à moins de 200, dont la plupart diffèrent essentiellement les unes des autres et parlent des langues qui n’ont point été encore étudiées, nous nous bornerons à citer les Pouris etles Airiris ( dans la province de Bahia).
11° Enfin, les PEUPLADES DE L'ORÉNOQUE, qui se divisent en plus de cent cinquante tribus, parlant toutes des langues différentes, et indépendantes des Caraïbes ou Caribes, habitent les contrées baignées par l’Orénoque, par ses embranchements et ses affluents. Celles dont il est le plus souvent fail mention sont les Guamos, les Makousis, les Otomaques, et les Salivas, tribu agricole.
Si, comme nous l'avons déjà remarqué plus haut, tous ces peuples ont le même type pour ce qui est de la confor-mation physique, et si leurs langues ont toutes un caractère commun, le grand nombre de leurs idiomes et leur diversité n’en demeurent pas moins un phénomène très - cuneux, quand on les compare au nombre, relativement petit, des habitants autochthones de l'Amérique. On évalue le nombre de ces derniers, y compris les métis, qui se rapprochent beaucoup
368 INDIENS plus d'eux que des blancs, à environ 9,500,000 âmes ; ceiui des langues qu’ils parlent, à cinq ou six cents, dont un bon tiers diffèrent radicalement les unes des autres. Il n’y a qu’un fort petit nombre de ces langues, comme l’aztèque, le cree, je quichua, le quiché, le muysca, le guarani, qui soient trèsrépandues même parmi des nations qui n’ont nullement la même origine. Beaucoup d’autres langues, par exemple celles des penplades du Brésil et de l’Orénoque, sont bornées à de petites tribus, composées seulement de quelques familles. Cette absence d’un idiome commun, intelligible à des masses nombreuses, a singulièrement gêné l’œuvre des missionnaires. On évalue à environ 3,700,000 têtes le nombre des Indiens encore idolâtres
En ce qui touche le degré ‘e civilisation, on peut établir parmi les Indiens trois catégories : la première comprenant la population autochthone des contrées qui à l’époque de la conquête formaient déjà des États politiques ; la seconde : les nations dont les mœurs ont été plus ou moins modifiées “par le contact avec les Européens ; la troisième, enfin, les peuplades désignées sous la dénomination de Sauvages, et dont le genre de vie et les habitudes sont restées les mêmes qu’avant la conquête. La première de ces catégories est, à beaucoup près, la plus nombreuse, et comprend plus de la moitié de la population rouge de l'Amérique ; dans certaines contrées, elle l’emporte sur la population blanche immigrée ; sur quelques points, comme à Puebla et à Oaxaca, elle compose les neuf dixièmes de la population totale. Les Indiens y cultivaient la terre plusieurs siècles avant la conquête, et ils y demeurèrent attachés au sol. Le changement de maîtres et l'introduction du christianisme n’exercèrent
point d'influence sensible sur leurs mœurs, leurs lois, leurs :
langues, leur manière de vivre; et pour eux le contact avec les Européens ne fut pas, il s’en faut de beaucoup, aussi dangereux que pour les peuples chasseurs de l'Amérique du Nord. Quand la conquête par les Espagnols fut complète, la population indigène s’y accrut même dans des proportions analogues à celles de la population blanche.
Quand les diverses colonies de l'Amérique espagnole proclamèrent leur indépendance, on évaluait cette population indigène à six millions d’âmes. Par suite des incessantes et sanglantes guerres civiles dont ces contrées ont été depuis lors le théâtre, ce chiffre a considérablement diminué. Dans VAmérique septentrionale, où le blanc ne s'établit point comme conquérant, mais comme colon, la population indigène, qui vivait exclusivement du produit de sa chasse, a complétement disparu, lorsqu'elle n’a pas été refoulée de plus en plus, de gré ou de force, ou bien encore en vertu de prétendus marchés et acquisitions, sans espoir de pouvoir échapper à une destruction entière et prochaine. Autre fut le sort des peuples autochthones de l'Amérique du Sud, où, suivant toute apparence, la population a plutôt augmenté que diminué, du moins dans les contrées où les Européens ne sont point encore venus s'établir. Cela tient d’une part à ce que ces peuples ne vivent pas uniquement du produit de la chasse, mais cultivent aussi le mandiocca et le pisang; d’un autre côté, divers ordres religieux, et surtout les jésuites, ont réussi à civiliser bon nombre de peuplades qui depuis ont toujours eu des demeures fixes. Une partie de ces Indios catequisados, comme on les appelle dans l'Amérique espagnole, ou Indios mansos, comme on dit au Brésil, avait adopté la langue et les mœurs des blancs, et avait ainsi formé la classe des Indios reducidos, Mais comme pour la plupart de ces Indios reducidos la civilisation acquise dépendait surtout de la vigilance et de la sollicitude constante des religieux qui l'avaient introduite, les jésuites n’eurent pas plus tôt été expulsés qu'on vit un &rand nombre de tribus retomber complétement dans leur état de barbarie primitive; de sorte qu'aujourd'hui le nombre des Indiens de la seconde des catégories que nous avons établies plus haut s'élève à peine à un million d'âmes.
La troisième catégorie se compose des Indiens sauvages , appelés par les Espagnols Zndios bravos, au nombre d’en-