‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 231 sur 522 · INDIFFERENCE · texte numérisé non relu

INDIFFERENCE

viron quatre millions, qui vivent au nord de l'Amérique de la chasse et de la pêche, et qui dans l'Amérique méridionale habitent paisiblement pendant la plus grande partie de l'année des villages. La seule influence appréciable que les blancs aient exercée par leur genre de vie, ç'a été de leur fournir des chevaux et des armes à feu, et de les transformer ainsi parfois en audacieux brigands, parfaitement montés et armés, qui commettent des déprédations de toutes espèces dans les régions occupées par les blancs, leurs ennemis.

Si les Indiens ont fourni aux poëtes et aux romanciers, à ceux des États-Unis surtout, une mine inépuisable à exploiter, ils sont aussi entrés, dans ces trente dernières années surtout, dans le domaine des spéculations scientifiques; et le nombre d'ouvrages, souvent très-volumineux, consacrés à l'étude de l’histoire, de l’antiquité, des mœurs et des usages, de même que de la conformation physique des Peaux-Rouges (Red-Skint) va chaque année en augmentant, non pas seulement en Amérique, mais aussi en Europe. Sans mentionner ici les livres spécialement relatifs aux antiquités américaines, nous citerons plus particulièrement, d’abord sous le rapport anthropologique, Marton, Crania Americana

| (Philadelphie, 1839, avec 39 planches); Gallatin, À Synopsis of the Indian Tribes, dans les transactions de la Société Américaine des Antiquaires; Mac Kenney et Hall, History of the Indian Tribes 3 vol., avec 120 portraits; Washing=

| ton, 1838-1844) ; Catlen, Letters and notes on the Man-

| mers and Conditions of the North-American Indians (4° édit., Londres, 1843); Schoolcraft, Oneota, or the Red Race in America (New-York, 1844); le même, His/ory of the Iroquois (1846); Drake, Biography and History of the North-American Indians (8° édit., Boston, 1848); Moore, History of the Indian Wars ofthe United-States (New-York, 1849 ). Sur les indigènes de l'Amérique centrale et de l'Amérique méridionale, il faut consulter les ouvrages d'Alexandre de Humboldt, deStephens, Squier, Tschudi, Spix et Martius, Schomburgk, d'Orbigny, le prince Maximilien de Neuwied, etc., etc. ; enfin le magnifique ouvrage de Rivero et Tschudi, Antiguedades Peruanas (Vienne, 1852 ).

INDIFFÉRENCE. La définition de l'indifférence est dans toutes les têtes; le sentiment de l'indifférence est-il dans tous les cœurs ? II y a une sorte d’indifférence qui peut se confondre avec l’insensibilité. L'âme de ces hommes indifférents està peine capable de sentir l’impression des événements favorables, ou, si elle l’éprouve, c’est plütôt par instinct que par réflexion. La trempe de leur âme est telle, queles fraits de la mauvaise fortune s’y émoussent, comme les projectiles s’amortissent en frappant le sable, Cette insensibilité a son siége dans':le cœur de'ces hommes sans affections et sans répugnances, dont la nature dégénérée s’abaisse presque jnsqu’aux limites de la vie végétale. C’est peut-être une faveur qui leur est départie par la nature pour compenser les biens et les maux de leur condition : car si elle les a privés de l'espérance, elle leur a ôté aussi le désespoir.

11 y à une autre indifférence, qu’on pourrait confondre avec l'amour excessif de soi-même; elle se développe surtout dans le cœur de l’homme comme membre d’une association civile, et exerce une influence plus ou moins grande sur ses actions selon la distance qui le sésare de certaines personnes et de certaines choses. Ainsi, le cercle de nos affections est premièrement élargi par les sentiments de famille ou par ceux de l'amitié. L'indifférence commence seulement là où finissent les intérêts des personnes qui nous sont chères. L'amour de la patrie, par exemple, embrasse un nombre d'individus d'autant plus grand que les préjujés ou les passions lui donnent à nos yeux une signification plus ou moins étendue ; et les degrés de notre indifférence pourraient être dans ce cas mesurés à ceux de l’équateur ou du méridien, Les passions politiques et philosophiques, en créant de nouveaux amours et des haines nouvelles, dépla-

cent les anciennes limites de notre indifférence ; et quoique .

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