‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 239 sur 522 · INDULGENCE — INDUS · texte numérisé non relu

INDULGENCE — INDUS

poser aux pécheurs des pénitences proportionnées à leurs ! des indulgences plénières en faveur de ceux qui y pren-

fautes, et de diminuer ou d’abréger ces peines : conséquemment, c’est aux papes et aux évêques qu’il appartient d'accorder des indulgences. On en voit un exemple dans saint Paul (7 Cor., v), envers un incestueux qu'il craint de pousser au désespoir ou à l’apostasie. Au troisième siècle, les montanistes, au quatrième les novatiens, s’élevèrent contre les indulgences. Pour faire cesser leurs clameurs, on poussa fort loin la sévérité des lois ecclésiastiques. Mais les pasteurs revinrent bientôt à l'indulgence, et ils y étaient autorisés par les canons des conciles de Nicée, d’Ancyre et de Lérida. Saint Basile.et saint Chrysostome eux-mêmes approuvèrent hautement cette conduite,

Pendant les persécutions, des martyrs, des confesseurs retenus dans les chaînes ou condamnés aux mines réclamèrent souvent cette indulgence pour des pénitents, et elle ne leur füt pas refusée. Les mérites des martyrs étaient ainsi appliqués aux pénitents pour lesquels ils s’intéressaient. Plusieurs en abusèrent, dit saint Cyprien, mais l’Église ne renonça pas pour cela à son indulgence. Saint Augustin, (Ad Macedon., epist. 54), nous apprend que comme les évêques intercédaient souvent auprès des magistrats pour les coupables, de même les magistrats intercédaient auprès des évêques pour les pécheurs, correspondance mutuelle de charité, bien digne du christianisme. Après la conversion des empereurs et la cessation du martyre, l’Église appliqua les mérites de Jésus-Christ, de la sainte Vierge et des saints, à l’expiation des péchés de ses enfants, et l’usage des indulgences continua.

Bingham blâme la conduite de l'Église : 1° Dans l’origine, dit-il, il s'agissait seulement de remettre la peine temporelle, et non celle de l’autre vie; 2° on ne songeait pas à faire aux morts l'application des indulgences; 3° enfin, les papes, sans aucun droit, se sont réservé la dispensation exclusive des indulgences. Mais à cela l’Église catholique répond : L'établisssement de la peine temporelle prouve la croyance de l’Église qu'après la rémission du péché et de la peine éternelle, le pécheur est pourtant astreint à une peine temporelle. S'il ne s’en acquitte pas en ce monde, il lui faut y satisfaire dans l’autre. Il est donc impossible de l’en exempter pour ce monde, sans que cette indulgence lui tienne aussi lieu pour l’autre vie. Dès que le pécheur, redevable à la justice divine, est sujet à souffrir dans l’autre vie, et qu'il peut être soulagé par les prières de l'Église, pourquoi l'application des mérites surabondants de Jésus-Christ et des saints ne lui servirait-elle pas? N’estce pas une conséquence naturelle de l’usage de prier pour les morts? Les papes n’ont point enlevé aux évêques le pouvoir d'accorder des indulgences, mais l'Église a réservé aux papes le droit d'accorder des indulgences plénières pour toute l’Église, parce qu'eux seuls ont juridiction sur toute l'Église.

Il est vrai qu’il y a eu des abus, et des abus graves, et plus dans les derniers siècles que dans les premiers. « Pendant longtemps, dit l'abbé Fleury, la multitude des indulgences et la facilité de les gagner devint un obstacle au zèle des confesseurs. Il était difficile de persuader des jeûnes et des disciplines à un pécheur qui pouvait les racheter par une légère aumône. Le concile de Clermont, tenu en 1095, accorda une indulgence plénière à ceux qui prendraient les armes pour le recouvrement de la Terre Sainte. Cette indulgence tenait lieu de solde aux croisés. » Plus tard, ces faveurs spirituelles furent distribuées à tous les guerriers qui se mirent en campagne pour poursuivre ceux que les papes déclaraient hérétiques. Pendant le long sehisme qui s’éleva sous Urbain VI, les pontifes rivaux accordèrent des indulgences les uns contre les autres. Alexandre VI s’en servit avec succès pour payer l’armée qu'il destinait à la conquête de la Romagne. Jules II avait desiré que Rome eût un temple qui fût le plus beau de l'univers. * Pour accomplir ce grand projet, il prétexta une guerre contre les Turcs, et fit publier dans toute la chrétiente

DICT. DE LA CONVERS, — T, XVe

draient part. On Chargea les dominicains de les prêcher en Allemagne. Les augustins, longtemps possesseurs de cette fonction, en furent, dit-on, jaloux, et ce petit intérêt de moines, dans un coin de la Saxe, aurait suscité les hérésies de Luther et de Calvin. Rien de plus sage cependant que le décret du concile de Trente au sujet des indulgences (sess. 25). On y lit : « Quant aux abus qui s’y sont glissés, le concile ordonne d’en écarter d’abord toute espèce de gain sordide; il charge les évêques de noter tous les abus qu’ils trouveraient dans leur diocèses, d’en faire le rapport au concile provincial, et ensuite au souverain pontife, etc. »

On appelle indulgence de quarante jours la rémission d’une peine équivalant à la pénitence de quarante jours prescrite par les anciens canons, et indulgence plénière la rémission de toutes les peines prescrites par ces mêmes canons ; mais ce n’est pas l’exemption de toute pénitence.

INDULGENTS, nom d’un parti sous la première révolution. Voyez CorpeLiers (Club des).

INDULT (du latin indultum, privilége, fait d’indultus , grâce, pardon). C’est ainsi qu’on nomme une bulle par laquelle le souverain pontife accordait aux princes séculiers, cardinaux , évêques , archevêques et autres prélats le privilége de nommer, conférer et présenter à certains bénéfices, ou par laquelle il donnait à quelque communauté, à quelque corps, ou même à une seule personne, le droit de faire ou d’obtenir une chose ou plusieurs contre les principes du droït commun. Le nom de pontificiaria gratia, qu’elle portait, fait assez entendre que l’indult était une sorte de transport des grâces expectatives que le successeur de saint Pierre avait le droit d'accorder. Ainsi, Von entendait par indult des rois le privilége que le pape leur donnait de nommer aux bénéfices consistoriaux , Soit par un traité, par un concordaf, soit par une grâce particulière. On appelait aussi indult du parlement le privilége que le monarque accordait au chancelier de France, aux

| présidents, conseillers, greffiers, maîtres des requêtes ,

greffiers et secrétaires du parlement , de requérir soit pour eux-mêmes, soit pour un autre, le premier bénéfice vacant, tant régulier que séculier, sur un évèché, une abbaye, possédés par tout autre prélat qu'un cardinal : c'était par la grâce du pape que le souverain avait cette faculté de nommer à tel collateur un conseiller ou officier du parlement, envers lequel le collateur était tenu.

Indull a été employé dans le commerce pour désigner les droits levés sur les navires venant d'Amérique par le roi d’Espagne.

INDUS ou SIND, et encore Sindhou, le second des fleuves de l’Inde en decà du Gange, dont la longueur , y compris ses détours, est d'environ 350 myriamètres, et dont on évalue le bassin à 13,650 myriamètres carrés. 11 jaillit dans le Petit-Thibet, au pied du mont Kailasa, de deux sources principales, le Ladak et le Shayouk, qui en se réunissant au nord-ouest de la ville de Ladak ou Leh, prennent désormais le nom de Sindhou. Ce fleuve traverse alors cette contrée dans une vallée formée par le versant sepftentrional de l'Himalaya et par le plateau du Thibet qui lui fait face, dans la direction du sud-est au nord-ouest, jusqu'au moment où il décrit une courbe au nord du Kasbmir, dans la direction du sud-ouest. Après s'être frayé passage à travers l'Himalaya, en cet endroit même où il touche un instant à l’Hindoukoush, il continue à couler dans la même direction sud-ouest, en séparant le territoire des Sikhs du Pendjab d’Afohamstan; puis il gagne, à travers le Sind, le golfe d'Arabie, où il se décharge en formant un plateau. Dans son parcours , il reçoit les eaux d’un grand nombre d'affluents ; les plus considérables sont le Kaboul, qui prend sa source dans les montagnes de l'Afghanistan, et le Pendiab, dans lequel viennent se jeter les cinq rivières du Pendjab. Les villes les plus importantes qu'il bugne sont Ladak ou Zeh, dans le Petit-Thibet; Zskardo, dans le Baltistân ;

la forteresse d’Af{ok, à l'embouchure du Kaboul, dans le pays des Sikhs; celle de Bakkar, près de Rovi; Hyderabad, au commencement du Delta, et Tatta ou Tatha, dans le Sind. Les sanglantes batailles livrées dans ces dernières années par les troupes britanniques à un ennemi courageux et bien discipliné, les brillantes victoires qui en furent le résultat, ont augmenté l’intéret historique tout particulier qu'avait pour les Européens l’Indus avec ses divers affluents, que firent connaître pour la première fois les campagnes d'Alexandre le Grand. Aujourd'hui ce fleuve, avec les contrées qui de ses rives s'étendent jusqu'aux montagnes séparant l’Inde de la Perse, forme la frontière occidentale des possessions indo-britanniques.

L’Indus n’est point favorable à la navigation intérieure, car à 10 myriamètres encore au-dessous de l’endroit où il abandonne les montagnes, on ne saurait sans péril le descendre en bateau. On ne peut y naviguer qu'avec des bateaux à vapeur plans. Mais par suite de la fertilité du Pendjab et de la grande proximité où son bassin se trouve de celui du Gange au pied de la montagne, il n’en demeure pas moins ure précieuse acquisition pour l’Angleterre, attendu qu’il domine ainsi les principales routes entre la Perse et Inde (l'une par Kaboul et Peschaver, et l’autre par Hérat et Kandabar). Le delta de l’Indus, qui se compose d'un grand nombre de bras et était jadis célèbre par sa civilisation, n’est plus depuis longtemps qu’un vaste désert. Mais telle y est la fertilité du sol, qu’il sera possible de lui rendre un jour son ancienne prospérité, maintenant surtout que les circonstances politiques ont complétement changé. Il à 10 myriamètres de long, et offre à la mer un développement de côtes de 17 myriamètres. Il n’y a guère que trois ou quatre de ses nombreuses embouchures qui soient navigables, et une seule d’entre elles est susceptible de recevoir des navires de 50 tonneaux. La marée y remonte avec une rapidité extrême jusqu’à une distance de plus de 10 myriamètres, et la quantité de vase qu’elle y apporte est immense. Les inondations annuelles de l’Indus commencent avec la fonte des neiges de l'Himalaya, vers la fin d’avril, arrivent en juillet à leur point d’élévation extrême, et se terminent en septembre.

INDUSTRIE. L'industrie est l’action des forces physiques et morales de l’homme appliquées à la production. Plusieurs auteurs se contentent de Ja désigner par le nom de travail, quoiqu’elle embrasse des conceptions et des combinaisons pour lesquelles l’idée de travail semble trop restreinte. On la nomme industrie agricole quand elle s'applique principalement à provoquer l’action productive de la nature, ou à recueillir ses produits; industrie manufacturière quand cest en transformant les choses qu’elle leur crée de la valeur; industrie commerciale quand elle leur crée de la valeur en les mettant à portée du consommateur. Toutes les industries se résolvent à prendre une chose dans un état, et à la rendre dans un autre état, où elle a plus de valeur, en considérant le lieu où se trouve la chose comme faisant partie de son état, de ses propriétés. Dans tous les cas, l’industrie ne peut s'exercer sans un Capi. tal, car elle ne peut s'exercer à moins que ce ne soit sur quelque chose et par le moyen de quelque chose. Il y a une industrie qui n’est productive que de produits inmatériels, de produits nécessairement consommés en même temps que produits. Telle est celle d’un médecin, d’un fonctionnaire publie, d’un acteur, L’'actiôn des facultés humaines, ou l'industrie, quel que soit l’objet auquel elle s’applique, suppose trois opérations : 1° la connaissance des lois de la nature : c’est le fruit des occupations du savant ; 2° l’application de cette connaissance, dans le but de créer de l'utilité dans une chose : c’est l'industrie de l’entrepreneur ; 3° l'exécution ou la main-d'œuvre : c'est le travail de l'ouvrier,

Les ins/ruments de l'industrie sont ou non des propriétés, Les instruments appropriés sont ou des instruments naturels, comme les terres cullivables, les mines, les cours

Page 1