INDUS — INDUSTRIE
d’eau, etc., qui sont devenus des propriétés ; ou bien ce sont des capitaux, Les instruments non appropriés sont des matières ou des forces résultant des lois de la nature, qui se trouvent être à la disposition de quiconque veut s’en servir, et qui entre les mains de l’industrie concourent à la formation des produits. Tels sont la mer, qui porte nos navires, le vent, qui les pousse, l’élasticité de Pair, la chaleur du soleil, beaucoup de lois du monde physique, parmi lesquelles on peut citer la gravitation, qui fait descendre les poids d'une horloge; la chaleur, qui se dégage par la combustion; magnétisme, qui dirige l'aiguille d’une boussole, etc. Les instruments appropriés ne livrent pas gratuitement leurs concours ; il faut le payer à leurs propriétaires sous le nom de loyer des terres, intérêts des capitaux. Les instruments non appropriés, au contraire, livrant gratuitement leur concours, la portion de production qui leur est due est un profit pour les nations, profit qui tourne à l’avantage des producteurs lorsqu'ils réussissent à faire payer une utilité qui ne leur coûte rien, et à l'avantage des consommateurs lorsque la concurrence oblige les producteurs à ne pas faire payer cette utilité. Il résulte de là que les plus grands progrès de l’industrie consistent dans l’art d'employer les instruments naturels dont il ne faut pas payer le concours. Si les instruments naturels appropriés, comme les terres, n’étaient pas devenus des propriétés, on serait tenté de croire que les produits seroient moins chers, puisqu'on n’aurait pas besoin de payer le loyer de ces instruments à leur propriétaire. On se trompe. Personne ne voudrait faire les avances nécessaires pour les mettre en valeur, dans la crainte de ne pas rentrer dans ses avances ; ils ne concourraient à aucun produit, et les produits pour lesquels leur concours est nécessaire n’existeraient pas, ce qui équivaudrait à une cherté infinie, car rien m’est plus cher que ce que l’on ne peut avoir pour aucun prix.
Les facultés industrielles sont des instruments appropriés qui sont en partie donnés gratuitement par la nature, comme la force et les talents naturels, et qui sont en partie un capital, comme la force et les talents acquis.
J.-B. Say.
Depuis quelque temps, l’acception donnée au mot industrie s’est considérablement agrandie. 11 désignait primitivement, d’une mauière vague, un labeur quelconque dirigé par l'intelligence. Il exprime aujourd’hui l’ensemble des arts utiles éclairés par les connaissances humaines, Suivant objet de ces arts, on distingue : 1° l’industrie agricole ; 2° l’industrie manufacturière; 3° l'industrie commerçante.
Il n'existe qu'un très-petit nombre de peuples chez lesquels ces trois branches de l'industrie soient à la fois trèsprospères et très-perfectionnées. Sans doute le progrès de chacune ajoute au progrès des deux autres, mais leur avancement est inégal, et diffère suivant le caractère, les habitudes et les penchants des populations. Le plus souvent, la nature des contrées détermine la prépondérance de telle ou telle branche d'industrie. Les pays insulaires, les continents bordés de vastes côtes et sillonnés par de beaux fleuves, s’adonnent surtout au commerce; les États à terroir fertile préfèrent l’agriculture; enfin, les pays défavorisés de la nature cherchent dans l'industrie manufacturière des moyens d'existence et de richesse.
Le génie du législateur et l'essence des gouvernements peuvent beaucoup pour déterminer la prépondérance d’une branche d'industrie sur les autres. Ainsi, Paneienne Rom e honorait, favorisait l’agriculture, dédaignait les arts manufacturiers et méprisait le commerce. A Carthage, au contraire, les lois étaient toutes en faveur du commerce. Dans Athènes, les lois favorisaient beaucoup le négoce et les travaux des ateliers, tandis qu'un territoire aride n'offrait à l’agriculture que des misérables ressources. Chez les peuples modernes, l'Autriche et la Chine encouragent les progrès de l'agriculture, et ferment en grande |
pate leurs frontières au commerce de peuple à peuple. La