‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 25 sur 522 · HERON · texte numérisé non relu

HERON

assurément mieux; car il y a dans cette petite partition de ravissantes choses.

Le découragement qu'Hérold en éprouva le porta à accepter la place d’accompagnateur au Théâtre-Italien, position qui eut du moins pour lui cet avantage qu’elle lui fournit l’occasion et l'obligation de se livrer à l'étude des chefs-d’œuvre de cette scène, qui ne devait pas tarder à rétentir des mélodieux ouvrages de Rossini. Hérold ne : il y fit jouer successivement Lasthénie, Z'Auteur mort et vivant, Le Lapin blanc, mais sans grand succès. Le dernier de ces ouvrages n'eut même les honneurs que d’une seule audition. Il fut plus heureux dans Ze Muletier, encore bien que le public, passablement collet-monté, de cette époque trouvât par trop leste la pièce de M. Paul de Kock. Elle eut à vaincre une redoutable opposition; mais plus de cent fructueuses représentations dédommagèrent la direction des embarras de tous genres dont il lui avait fallu triompher pour faire admirer et applaudir ce petit chef-d'œuvre. Marie (1826), qui fut représentée après Le Muletier, eut un succès retentissant : c'était pour la première fois que Hérold travaillait en collaboration avec M. Planard. Le poëme réunissait la grâce à l'esprit et à la gaieté : il porta bonheur au compositeur, qui fut vivement applaudi. Pendant ce temps-là, Hérold avait quitté sa place d’accompa gnateur au Théâtre-Italien pour entrer en qualité de chef de chant à l’Opéra. Les devoirs ardus de ces nouvelles fonctions l’éloignèrent pendant quelque temps de l'Opéra-Comique, où il fit cependant représenter, en 1829, un petit acte, L’Illusion, qui n’obtint guère qu’un succès d’estime. En revanche, il s'était créé à l'Opéra une spécialité où il est resté sans rivaux : la musique de ballets. Il nous suffira de rappeler la musique d’Astolphe et Joconde, de La Belle au bois dormant et de La Somnambule villageoïise.

En 1831 Hérold fit représenter Zmmeline, puis Zampa (1831), qu’on peut considérer comme son chef-d'œuvre. L’année suivante l’Opéra-Comique jouait Le Pré aux Clercs, qui fut bien le chant du cygne, car Hérold assista mourant à la première représentation. Déjà il subissait les atteintes de la terrible maladie à laquelle son père avait succombé, et qui l’enleva, le 13 janvier 1833.

Il laissait un fils, Ferdinand, né en 1828, docteur en droit, avocat à la cour de cassation, secrétaire du gouvernement de la Défense nationale, et en 1872 élu conseiller municipal de Paris.

Aux ouvrages du compositeur que nous avons énumérés ci-dessus, il convient d'ajouter Le Roi René, opéra composé à l’occasion du sacre de Charles X; l'endémeen Espagne, grand opéra en deux actes, en société avec Auber; l'Aub rge d'Auray, opéra én un acte, en société avec Carafa, et le finale entier de La Marquise de Brinvilliers; enfin de nombreuses fantaisies pour piano.

HERON. La plupart des ornithologistes ont réuni en un genre distmct, le genre hkéron, les oiseaux à bec allongé, robuste, conique, acéré; aux mandibules à bord tranchant; aux narines symétriquement disposées à la base du bec, et en partie recouvertes d’une membrane; aux jambes longues, écussonnées, dégarnies de plumes; aux pieds longs, grêles , armés d'ongles allongés, peu arqués, aigus : et Cuvier a rangé ce genre dans la deuxième tribu de ses échassiers cultrirostres. Maisil y a dissidence parmi les naturalistes quant aux sous-divisions, quant au nombre d'espèces distinctes qu’il faut admettre dans le genre luimême. Ainsi, Buffon a divisé son genre héron en quatre sections distinctes : la première renfermant les Aérons proprement dits et les aigrettes, la seconde les butors, la troisième les bihoreaux, la quatrième lescrabiers. Vieillot n’a établi que deux sections : dans la première, il a classé comme espèces distinctes les hérons, les crabiers, et les blongios ; dans la seconde, les bihoreaux et les butors. Tenuninck, dans son Manuel d'Ornithologie, a aussi distribué les différentes espèces du genre Aéron en deux sec

tions; mais il n’admet dans la première que les hérons propement dits et les aigrettes, tandis qu’il réunit dans la seconde les bihoreaux, les butors, les crabiers et les blongios. Enfin, Cuvier (Règne animal, 1. 1) établit dans le genre héron six espèces distinctes, qu’il ne classse pas en sections ; le héron proprement dit, la grande aigrette, la petite aigrette, le bihoreau, le butor, le blongio : chacune de ces espèces renferme de nombreuses variétés. Les différentes espèces du genre Aéron présentent entre elles les plus grandes analogies de mœurs, d’habitudes, de facies ; elles ne sont guère différenciées l’une et l’autre que par quelques détails peu importants, dans la disposition et les couleurs de leur plumage : aussi nous bornerons-nous à tracer rapidement ici l’histoire naturelle du héron proprement dit.

Le héron vit solitaire. 11 séjourne d'habitude sur le bord des lacs et dans les plaines marécageuses que sillonnent de nombreux cours d’eau. Là, le corps immobile et équilibré sur sa jambe grêle et roide, posé d’un seul pied sur quelque caillou anguleux, le col replié en S sur la poitrine, la tête enfoncée dans ses épaules exhaussées, l'œil immobile et fixé sur l’eau qui s'écoule à ses pieds, il guette, pendant des heures entières, avec une inébranlable impassibilité, la proie qu'il doit frapper à mort par le rapide développement de ce col, replié comme un serpent, et armé d’un bec eflilé et quelquefois barbé comme une flèche. Ou bien encore, on le voit marchant solennellement, comptant chacun de ses pas, et fouillant la vase, chaque fois qu’il y pose son pied aux doigts longs et noueux, pour en faire sortir des annélides, qu’il transperce d’outre en outre. Il y a dans l’impassibilité solitaire et mélancolique de cet oiseau, il y a dans tout son aspect, dans tous ses gestes, quelque chose de l4chement farouche, quelque chose de froidemen{ égoïste, que tous les observateurs ont remarqué.

Le vol du héron est élevé plutôt que rapide. 11 s'élève en tournoyant dans les airs, la tête appuyée sur son dos, et les jambes étendues en arrière comme un gouvernail, Les oiseaux rapaces, les éperviers et les faucons lui font une guerre à outrance; et dans la bataille, ce n’est jamais en fuyant à tire d'ailes qu'il tâche de se soustraire au danger : toute sa stratégie consiste à dominer constamment ses antagonistes par sa position plus élevée dans les plaines de l'air. Bélon prétend que lorsque l'oiseau de proie a gagné le dessus, et que le héron le voit s’apprêter à fondre sur lui, il passe, comme dernière défense, sa tête sous son aile, et présente son bec effilé au ravisseur, qui, s’élançant avec une vélocité que rien ne peut plus modifier, s’y transperce lui-même. Les hérons perchent leurs nids, tantôt sur les sommets des arbres, tantôt dans les broussailles des marécages. Ces nids sont formés de bûchettes entrelacées de joncs, et garnies de duvet et de mousse; ils y déposent de quatre à six œufs, de couleur verte, bleue ou blanchâtre, suivant les espèces. Ils font leur nourriture habituelle de poisson; mais le poisson faisant défaut, ils se contentent de reptiles, d’annélides, de mollusques, et spécialement de grenoxisies , de vers et de limaces. Dans les temps de grande disette, üls livrent la guerre aux petits quadrupèdes, les musaraignes et les campagnols, ou bien ils se repaissent de charognes.

Pourvus d'appareils Jlocomoteurs qui leur permettent de traverser sans fatigue de grandes étendues aériennes ; sobres à l’extrême, et pouvant supporter également de longues abstinences et de grandes modifications de température, les hérons sont largement répandus sur la surface du globe : ce sont des oiseaux erratiques bien plus que des oiseaux de passage. BELFIELD-LEFÈVRE,

HÉRON (Fontaine de). Voyez FONTAINE DE HÉRON.

HERON. Les annales de l'antiquité nous font connaître Tois savants de ce non, tous trois célèbres dans les mathématiques,

HÉRON Pancien, le premier et le plus illustre des trois, naquit à Alexandrie, environ 120 ans avant J.-C, 11 eut pour maître Ctésibius, de barbier devenu mathématicien, con- Æmporain d'Archimède, Dévoué aux applications , au moins

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