INFIDÉLITÉ — INFINI
attributs en elle seule. Ainsi, le monde matériel serait im» prégné de la force divine de la pensée, du mouvement, etc., de même que la pensée, le mouvement, seraient inséparables de la substance matérielle. En un mot, le Dieu-Matière ou le Monde-Dieu de Spinosa est le grand tout infini. Tel est le panthéisme, opinion philosophique fort répandue parmi les Hindous et les sofys orientaux. Pour eux Brahma est le père spirituel et matériel de toutes choses ; il remplit l’espace et le temps ; il tire de son sein les mondes; c’est un océan immense, dans lequel tout s’engloutit et tout renaît tour à tour. Pour mieux dire, selon les brahmes pandits, les choses n’ont qu’une existence phénoménale; c’est une succession d’apparences et d'illusions de notre esprit; la vie humaine et ses impressions, ses croyances, ne sont qu’un rêve (Maya) ; le monde qui nous environneest un spectacle de panorama dont nous ne connaîtrons les ressorts et la vérité qu’en sortant de cette vie.
A l'exception de ces dernières opinions, l’idée du panthéisme règne sous deux formes philosophiques dans nos temps modernes. Les matérialistes professent qu’il n'existe dans lunivers qu’une substance infinie douée des propriétés matérielles pour constituer les mondes, et réunissant en même temps les attributs de la pensée, de l’organisation, du mouvement, etc. Les spiritualistes, au contraire, font de la substance matérielle un ou plusieurs éléments bornés en quantité pour construire les mondes, mais ils n’attribuent la pensée, l’organisation, la puissance, etc., qu’à l'être infini, libre, volontaire, remplissant l’espace et le temps, comme une pure essence immatérielle, qui est Dieu. Pour les spiritualistes, les principes matériels, étant distincts du principe intellectuel, restent indifférents, passifs, et n’ont que les propriétés départies par celui-ci. Sans cette intervention de la Divinité, toute matière demeurerait inerte et incapable par elle-même d'organisation, de pensée, de toute activité. Lorsqu'on affirme, non sans raison, que Dieu existe en tout lieu et remplit univers de son omnipotence, comme tous les temps par son éternité; qu’il vit en nous et que nous voyons tout en lui, comme le disaient les stoïciens, puis Malebranche après saint Paul, qu'est-ce autre chose que la doctrine de l'infini ou de l'absolu, comme s'expriment aujourd’hui, en Allemagne, les disciples de Schelling et d’Oken, ou la philosophie de la nature? Cette opinion n’est point hétérodoxe, et s'allie bien avec les religions les plus pures, s’il est vrai que in Deo vivimus, movemur el sumus, selon l’apôtre. C’est par la présence, comme par l’influence de l'être Pintfini, pénétrant l’immensité et vivifiant la matière, que s'opèrent les renouvelle ments et tous les changements dont l’univers est le perpétuel théâtre : £miltes spiritum, et creabuntur. Si tous les êtres sont créés ainsi par son soufile; s’ils périssent lorsqu'il le retire, comme dit la Bible, n'est-ce donc pas le témoignage de celte suprême puissance qui règne éternellement dans les champs de l'infini? J.-J. Vire.
INFINI (Mathématiques), quantité plus grande que toute quantité assignable. Quoique l’idée même de quantités infiniment grandes renferme une négation de limites, l’analyse constate l’existence d’infinis de différents ordres. Par
exemple, dans l’équation =, si l'on prend x infini, y
sera, par rapport à &, un infini du second ordre, car cette
y %, équation revient à x a ui nous fait voir que si le second
rapport est infini, le premier l’est aussi, On peut, du reste, acquérir de ce fait une notion plus sensible en en cherchant l'application aux grandeurs géométriques. Nous trouvons alors qu'il y a en réalité, indépendamment de la longueur infinie et de la surface infinie, trois différentes sortes de solidités infinies, qui toutes sont des quantitates sui generis , et que celles de chaque espèce ont des proportions données. Une longueur infinie ou une ligne infiniment longue est considérée comme commencant à un point et s'étendant inf-