INQUISITION — INSCRIPTION
d’un objet, comme un monument, un livre, un meuble, ete. Quand il s’agit d’une inscription placée sur un monument
sur un ouvrage d'architecture ou tonte autre œuvred'art, la composition en devient un travail d'art En effet, on n’exige pas seulement d’une inscription qu’elle indique brièvement et en prose vulgaire la destination du monument, on veut encore qu’au mérite de la clarté et de la précision elle ajoute le bon goût et l’élégance de la forme. Pour composer une
‘inscription dans ces données, il ne faut donc pas seulement
avoir l'esprit inventeur, créateur ou penseur, mais encore connaître bien les ressources d’une langue et savoir Pécrire. Il suit de là que toutes les langues, et notimment les langues modernes de l’Occident, ne se prêtent pas également bien à l'inscription.
Quand une inscription exprime en peu de mots une pensée profonde, on lui donne quelquefois le nom d’épigraphe, quoique beaucoup de personnes prétendent qu’on ne doit employer ce terme que lorsque l'inscription est en vers, ou bien contient une pensée ingénieuse, facile à comprendre sans qu’elle ait même rapport au monument, et forme ainsi en elle-même un petit ouvrage pratique. Souvent, par exemple , sur des tombeaux, les épigraphes ou inscriptions sont de véritables épigrammes ou maximes. Comme dans presque tous les domaines de l’art, les Grecs et les Romains ont servi de modèles aux modernes pour la composition des inscriptions. En ce qui est du goût et de la pensée, les inscriptions romaines le cèdent aux inserip= tions grecques; mais les premières l'emportent sur les secondes pour Ja brièveté et la simplicité. On donne le nom de style Zapidaire à cette dernière manière de comprendre et de composer les inscriptions. Aujourd’hui encore on emploie le plus généralement {a langue latine pour les inscriptions, parce qu’elle se prète mieux que toute autre aux exigences du style lapidaire.. Ë
En raison de l'importance toute particulière que les inscriplions antiques ont comme monuments authentiques pour la connaissance de l’histoire des antiquités et de la langue des anciens peuples, on s’est de bonne heure occupé de les réunir et de les commenter; aussi l'épigrap hie est-elle devenue de nos jours une des bases de l'archéologie.
« C’est par les inscriptions, dit M. Berger de Xivrey, que nous sont parvenus les plus anciens et les plus irrécusables témoignages de l’histoire, même quelquefois les seuls qui nous restent de la langue d’anciens peuples. Ainsi l'antique chaldéen, les idiomes primitifs de la Babylonie, de la Médie, de la Perse, ne nous ont transmis d’autres traces que les inscriptions cunéiformes, recueillies sur les lieux: où fleurirent ces célèbres États de l'antiquité. Les Phéniciens, qui ont joué un si grand rôle dans Ja civilisation du monde, ne nous ont cependant fransmis d’autres monuments littéraires qu’un petit nombre d'inscriptions, la plupart tumulaires et fort courtes. Dans ces inscriptions, l’on recherche avec intérêt les formes primitives de l'alphabet conservé en partie par les Hébreux, et qui a servi de point de départ à celui des Grecs, des Celtibères et des Étrusques. La langue des derniers et celle des Osques ne nous. sont aussi connues que par quelques inscriptions. Les rochers de la Norvège, quelques, monuments du Danemark conservent l'écriture mystérieuse des runes, Enfin, de nombreux do= cuments historiques sont contenus dans les inscriptions biéroglyphiques dont le célèbre Champollion a ouvert les véritables voies d'interprétation. »
[Les inscriptions remontent donc aux temps les plus reculés. Le Nec plus ultra des colonnes d’Hercule, le Connais-loi toi-même, du temple de. Delphes, en fournissent depuis bien des siècles des exemples célèbres. Quel trait de théologie dans ces trois mots placés par l'antiquité sur le fronton d’un édifice religieux : Au Dieu inconnu ! Quelle oraison funèbre plus éloquente que ces autres mots au bas d'une statue : À Cornélie, mère des Gracques ? Quelques inscriptions anciennes sont en vers; mais là encore elles conservent leur caractère de brièveté et de naturel. Tels