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INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES — INSECTES

raires, dix pensionnaires el dix élèves : les plus anciens eurent le titre de vétérans ; un local particulier lui fut assigné au Louvre pour ses séances ; on lui accorda des armoiries et un jeton académique. En février 1712, des lettres patentes du roi confirmèrent son établissement. Ce fut en 1715 que, pour la première fois, on y admit, comme honoraires, trois savants étrangers. Enfin, sous la régence, un arrêt du conseil d'État, du 4 janvier 1716, provoqué par une observation du duc d'Orléans, lui donna le nom d’Àcadémiedes Inscriptions et Belles-Lettres, nom plus vague que le précédent, car les belles-lettres proprement dites semblent être du ressort spécial de l’Académie Française. Le même arrêt supprima la classe des élèves, et porta à vingt le nombre des associés, Deux mois après, on réduisit le nombre des vétérans. L'Académie fut honorée de la visite du czar Pierre le Grand, qui la consulta depuis sur l’inscription de sa statue colossale et sur divers monuments découverts dans ses États. En 1719, on crut lui décerner un nouvel honneur en la faisant présider par Louis XV, âgé de huit ans. Dans la suite, elle fut augmentée d’une classe d’académiciens libres, qu'on divisa depuis en résidents et non résidents; plus tard, le nombre des pensionnaires fut porté à vingt. En 1785, huit membres de cette académie furent choisis par Louis XVI pour publier des notices et des extraits de manuscrits grecs, latins, orientaux et français du moyen âge, tant de la Bibliothèque du Roi que des autres bibliothèques. Un décret de la Convention, rendu le 8 août 1793, sur la motion de l'abbé Grégoire, supprima l’Académie des Inscriptions ainsi que toutes les autres.

À la création de l’Institut national, sur la proposition au même député, en septembre 1795, l’Académie des Inscriptions fut comprise dans la seconde classe (sciences morales et politiques ). Sous le consulat, en 1803, elle devint la troisième classe, dite d'histoire et de littérature ancienne, et se composa de quarante membres, pensionnés à raison de quinze cents francs, huit associés étrangers, et soixante

correspondants. Après la Restauration, l'ordonnance royale |

du 21 mars 1816, qui réorganisa l’Institut, en exclut quelques membres et y en introduisit, par faveur, de nouveaux. La troisième classe devint seconde, et conserva, en reprenant son ancien titre, sa même organisation, sauf la création de dix places d’académiciens libres. En 1823, des motifs peu honorables pour la majorité qui la dominait la déterminèrent à réduire à trente le nombre de ses membres pensionnaires, afin d’augmenter leur traitement. Ce n’est qu’en 1831 que le chiffre de quarante fut rétabli.

A toutes les époques, sous toutes les formes, cette aca- | démie s’est toujours occupée de devises , d’inscriptions, de ,

médailles, de matières d’érudition, d’antiquités nationales et étrangères, de langues anciennes et orientales. La collection de ses Mémoires forme une soixantaine de volumes in-4°, non compris ceux qu’elle a fait insérer dans le Recueil général des Mémoires de l’Institut, au temps où elle en formait la troisième classe. A l'exception d’un petit nombre, ils n’apprennent rien de positif : basés le plus souvent sur des systèmes arbitraires, sur de simples conjectures, ils abondent en paradoxes, en erreurs, que rachète rarement je mérite du style; car tous ses membres n’ont pas été des Rollin, des Fréret, des Lebeau, des Säinte- Palaye, des Chabanon et des Barthélemy. Aussi les séances de ce Corps savant ont-elles toujours été moins suivies, moins goñtées que celles de l’Académie Française et de l’Académie des Sciences. Il est vrai qu’assez souvent elle a manqué de tact et de convenance dans le choix et l’à-propos des lectures qui s’y faisaient. On se souvient d’un mémoire lu en présence du comte du Nord (Paul I°' ), dans lequel on discutait fort imgénieusement si les hommes du Nord n’avaient pas toujours été inférieurs à ceux des climats méridionaux, sous les rapports physiques et moraux.

Jalouse de la prééminence que le public lui refusait sur l'A. cadémie Française, elle avait arrêté qu'elle exclurait de son sein ceux de ses membres qui solliciteraient leur admission

dans cette compagnie. Louis XV annula cette délibération ; cependant, quinze membres s'étant engagés Sous serment à en maintenir l’exécution, et ayant fait contracter tacitement la même obligation à tous leurs nouveaux confrères, Anquetil-Duperron assigna devant les maréchaux de France le comte de Choiïiseul-Gouffier, qui postulait un fauteuil à l'Académie Française ; mais ce tribunal se déclara incompétent, Choiseul-Gouffier obtint le fauteuil, et les rieurs ne furent pas pour les érudits. Dans des temps plus modernes, on se rappelle la spirituelle diatribe de Paul-Louis Courrier contre l’Académie des Inscriptions.

Plusieurs commissions sont formées dans le sein de l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres : l’une est chargée de continuer les Nofices et Extraits des Manuscrits du Recueil des Ordonnances des rois de France, du Recueil des Historiens des Gaules et de la France, de la publication des Historiens des Croisades, etc.; une autre se consacre à la confection des Inscriptions et médailles (1806); une troisième continue l'Histoire littéraire de France (1816) ; une quatrième, dite des Antiquités de ln France, fait l’examen et le classement des Mofices et Documents demandés aux préfets sur Les anciens monuments de notre histoire et les mesures à prendre pour leur conservation (1819). Les secrétaires perpétuels de l'Académie, depuis 1701 , ont été l’abbé Tallemant, de Boze, Fréret, Bo ugainville, Leheau, Dupuy, Dacier, Daunou, Walckenaër, Naudet, Guigniaut et Wallon (1873). Parmi ses autres membres on cite : Gédoyn, Burigny, Bréquiony, Foncemagne, Sainte-Croix, Gaillard, de Brossès, Millin, Gar nier, Champollion, Larcher, Rochefort, Laporte-Dutheil, Vauvilli ers, Hase , Boissonade, Raoul Rochelte, Jomard, Dureau de la Malle, Augustin Thierry, Burnouf, Stanislas Jullien, Guizot, Paulin Paris, Le Bas, Magnin, Ch. Lenormant, Egger, Maury, Renan, de Saulcy, Laboulaye, Littré, Beulé, et les orientalistes Fourmont, Galland, de Guignes, Sylvestre de Sacy, Chézy, Abel Rémusat, Quatremère, Reinaud, Garcin de Tassy, de Rougé, etc.

INSECTES. Les premiers naturalistes désignèrent sous le nom d'insectes tous les animaux dont le corps était divisé extérieurement en plusieurs sections (insecta ); et comme cette disposition répond toujours à l'absence de tout squelette interne, la classe des insectes se trouvait embrasser par cette définition tous les animaux dépourvus d’un appareil osseux intérieur et articulé : ainsi, les annélides et les apodes, les myriapodes , les mollusques, les hexapodes, faisaient partie

| de la classe des insectes, dont Aristote et Pline séparèrent

néanmoins la grande classe des crustacés. Linné sépara des insectes les annélides, qu’Aristote parait y avoir réunis; mais, par compensation, il y réunit les crustacés, qu’Aristote en avait séparés : les naturalistes qui se sont succédé depuis Linné jusqu’à Cuvier ont successivement séparé de la classe des insectes, et réuni sous des distinctions spéciales, les annélides, les crustacés, les malacozoaires, etc.; enfin, Latreille et M. Duméril ont restreint la dénomination d'insectes aux animaux articulés extérieurement et dépourvus de squelette interne, mais ayant une tête distincte du tronc, des pattes articulées, et respiran* par des trachées ; définition que Blainville a encore resserrée en limitant le nombre des pattes articulées à six seulement. Ainsi, de la classe des insectes, qui, comme nous l’avons dit, embrassait dans le principe presque tous les animaux dépourvus de squelette interne, se trouvent aujourd’hui exclus les annélides, les vers, les chétopodes et les mollusques, dont le corps n’est point articulé extérieurement, les crustacés, qui respirent par des branchies, les arai

gnées, à cavités pulmonaires ; et enfin, suivant Blainville, les scorpions, les myriapodes, etc., qui ont plus de trois paires de pattes articulées.

Le tégument externe des insectes est corné, et donne at: tache aux muscles locomoteurs ; il est formé essentiellement d’un tissu cellulaire dansles mailles duquel ont été déposés des éléments calcaires, agglutinés par des produits animaux,

et colorés par des principes huileux dont la nature varie dans les différentes espèces. Cette enveloppe externe subit de nombreuses modifications, à mesure que l’insecte parcourt les phases diverses de son existence, depuis l’état de larve jusqu'à celui d’insecte parfait, modifications qui dépendent surtout du développement que certaines portions du tégument acquièrent aux dépens des autres : ainsi, dans Ja larve des insectes à métamorphoses , comme dans l’embryon des insectes qui naissent à l’état parfait , le tégument externe est toujours divisé en segments sensiblement égaux ; et toutes les transformations que subira plus tard ce tégument consisteront exclusivement dans le développement disproportionné de quelques segments, et des appendices qui y sont annexés.

Le tégument externe de linsecte parfait est divisé en {rois grandes sections plus ou moins profondément distinctes : la téle, le corps, l'abdomen.

La tête, qui forme une masse arrondie, allongée tantôt transversalement, et tantôt longitudinalement, est formée de pièces solides, qui le plus souvent n’offrent pas traces de soudure; toutefois , il est aujourd’hui démontré que la tête est formée par la juxta-position de segments semblables inégalement développés, et que les appareils annexés à cette tête, les antennes, les mandibules, les mâchoires, ne sont que des appendices analogues en tout aux appendices locomoteurs des segments du tronc.

Le tronc est lui-même divisible en trois segments, distincts ou confondus, séparés ou soudés entre eux : le protothorax , le méso-thorax le méta-thorax ; mais le développement de ces trois segments, essentiellement composés des mêmes parties, n’est jamais uniforme : l’un prédomine toujours sur les deux autres. A la partie inférieure de chaque segment s'articule, dans tous les insectes, une paire de pattes, dans lesquelles on distingue trois articles, une cuisse, une jambe et un tarse : fantôt ces pattes sont semblables entre elles; tantôt l’une des trois paires a reçu de nombreuses modifications pour en faire l’instrument de fonctions spéciales. A la partie supérieure des segments thoraciques s’attachent les ailes, dont on ne compte jamais plus de quatre, et qui quelquefois manquent tout à fait : peut-être faut-il admettre que chaque segment thoracique porte à sa partie supérieure une paire d’ailes, comme il porte une paire de patles à sa partie inférieure ; mais que l'une au moins de ces paires d’ailes avorte constamment.

L’abdomen , qui forme la troisième section de l’insecte, s'articule de diverses manières avec le tronc, et son organisation est bien moins complexe que celle que nous venons d'indiquer : il est formé par la juxta-position d’un nombre plus ou moins considérable d’anneaux ou de segments, dans lesquels on ne distingue plus de pièces distinctes, et qui décroissent graduellement à mesure qu’ils s’éloignent du tronc : ces anneaux ne donnent jamais attache à aucun appendice locomoteur ; et le dernier n’est différencié de tous les autres que parce qu’il embrasse l'appareil externe de la défécation et de la reproduction.

Le système nerveux des insectes consiste en cordons distincts situés sur la ligne médiane et inféreure du corps, et réunis d'espace en espace par des renflements ganglionnaires. À la partie antérieure de ce double cordon est un renflement bilohé, situé dans la tête, et duquel partent des filets nerveux qui se rendent aux antennes, à la bouche : inférieurement, ce ganglion antérieur fournit deux gros troncs, qui, après avoir formé un anneau autour de l’œsophage, se réunissent en un ganglion commun ; de chaque renflement ganglionnaire naissent des filets nerveux qui se distribuent aux muscles, au canal alimentaire, au tégument externe, à l'appareil trachéen , etc. Telle est la disposition générale de cet appareil; mais, comme chez les animaux supérieurs , certaines portions de ce système se spécialisent pour former des sens particuliers et pour percevoir les sensations spéciales du goût, du toucher, de l’odorat, de l'ouie, etde la vue,

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