INSECTES — INSENSIBILITÉ
qui est ainsi caractérisé : Bec court, arrondi, tranchant; mandibule supérieure courbée et échancrée vers sa poimte ; quatre doigts aux pieds, dont trois antérieurs. Cet ordre renferme un grand nombre d'espèces distinctes , répandues, comme les granivores , dans presque tous les pays des zones tempérées. Cette introduction de désignations significatives dans les classifications d’histoire naturelle , offre un grave inconvénient, celui de heurter à chaque instant la logique des mots : car, de ce qu’une espèce animale appartient , dans les classifications de Cuvier et de Temminck, à la famille ou à l’ordre des insectivores, il ne s’ensuit nullement qu’elle doive se nourrir presque exclusivænent d'insectes ; et, au contraire, de ce qu’une espèce animale se nourrit exclusivement d’insectes, il ne s'ensuit nullement qu’elle doive appartenir à la famille ou à l’ordre des insectivores.
BELFIELD-LEFÈVRE.
IN-SEIZE. Voyez Formar.
INS ENSIBILITE se dit de toute incapacité de percevoir des impressions par des organes naturellement susceptibles de les recevoir. Souvent ce n’est qu'une diminution partielle ou générale de la faculté de sentir, car l’absence totale de celle-ci réduirait l’homme et la brute au rôle passif ou inerte du végétal. En effet, nous avons montré que l’animalité résidait essentiellement et uniquement dans l’appareil sensorial et les fonctions de relation, sources de toute sensibilité; que les animaux étaient d’autant plus perfectionnés, ou intelligents et sensibles, que leur système nerveux (cérébro-spinal avec ses dépendances) était plus développé et plus étendu; qu’enfin l'homme, chef-d'œuvre de la création, portait au suprême degré la sensibilité.
Ainsi, l’homme insensible ou stupide devient une béte, selon l’expression commune, et la bête se ravale d’autant plus bas qu’elle manque davantage de sentiment, que ses nerfs deviennent plus simples ou plus affaiblis par la dégradation de l'organisation, à mesure æx’on descend l'échelle zoologique. En même temps, l’affaiblissement du système respiratoire et le sang froid qui en devient la conséquence engourdissent de plus en plus les falcultés sensitives. En effet, si nous voyons que l’homme, les mammifères et les oiseaux , races à sang chaud et à vaste système respiratoire, manifestent la plus ardente sensibilité ; si nous considérons
‘que le froid des hivers engourdit les sens des marmottes et
autresmammifères hibernants, allanguit, suspend presque entièrement leur circulation, leur respiration ; si les mêmes phénomènes d’apathie éclatent avec plus d'évidence encore chez les reptiles, les insectes et toutes les espèces à sang froid , à respiration faible, il faut en conclure que la froidure est ennemie de la sensibilité, et qu’elle est, avec le défaut de respiration ou d'oxygénation , une cause de torpeur et de débilitation du système nerveux.
Partout où se manifestent les causes qui produisent du froid sur l'économie animale, on rencontre des marques d’insensibilité, soit physique ou externe, soit morale ou intérieure, chez l’homme et les brutes. Ainsi, la vieillesse est une cause d’insensibilité, elle répand ses glaçons sur toutes les jouissances; on meurt à soi-même avant de descendre au tombeau. Ainsi, rien ne refroidit davantage la sensibilité que l'abus des jouissances , surtout celles de l'amour; ses déperditions excessives ramènent le corps à l'état d'inertie et d’affaissement analogue à celui des eunuques . ommne animal languet a coitu.
Les excès de la table débilitent encore extrêmement la sensibilité, Quelles profondes impressions espérez-vous de ces abdomens énormes, farcis d'aliments, encroûtés de graisse. Leurs nerfs, ensevelis au milieu des chairs, abreuvés de phlegme et de lymphe stagnantes dans cet épais tissu cellulaire, comme dans le lard des animaux pachydermes, sont désormais inattaquables par la sensibilité, Ces lourdes brutes sont presque toujours assoupies, plongées dans une léthargie dont elles ne sortent que pour manger et boire où achever d'enterrer leur âme. Aussi le long sommeil devient-il une source de refroidissement pour l'organisme, en raleulissant