INSTINCT — INSTITUT DE FRANCE
peu consultée, et contre laquelle s'élèvent avec une fureur déplorable de faux docteurs, qui la proclament d’une part une émanation divine, quand ils sont parvenus à la fausser, et de l’autre une source pernicieuse d’incrédulité lorsque, s’affranchissant des entraves ou des sophismes dans lesquels ils la voudraient enchainer, elle se montre sublime et s’exerce dans la plénitude de sa force et de sa liberté. Bory DE SAINT- VINCENT, de l'Académie des Sciences. INSTITUT DE FRANCE. La Convention, qui, en 1793, avait ordonné la suppression de toutes les académies et sociétés littéraires patentées ou dotées par la nation, songea bientôt à les réorganiser sur un plan plus large, plus philosophique, en les remplaçant par un institut, embrassant toutes les branches des connaïssances humaines. La constitution de lan m1 (1794) portait, à l’article 298 : « Il y à pour foute la république un Fnsfitut national, chargé de recueillir les découvertes, de perfectionner les arts et les sciences. » En exécution de cet article, la loi sur l’instruction publique, décrétée le 25 ,octobre 1795, dans l’avant-dernière séance de la convention, règle comment ce: but devra être atteint. L'Institut fut composé de 144 membres résidant à Paris et d'un pareil nombre d’associés répandus dans les différentes parties de là république, sans
‘ compter 24 savants étrangers, qu’il associa à ses travaux.
Il fut divisé en trois classes, et chaque classe en plusieurs sections. La 17° classe, dite des Sciences physiques et mathématiques, comprit 10 sections ( 60 membres résidants, 60 dans les départements); la 2° classe, dite des Sciences morales et politiques, avait 6 sections, 36 membres résidants, 36 dans les départements ; la 3° classe, dite de Littérature et Beaux-Arts, se partageait en 8 sections : elle comprenait 48 membres résidants, 48 dans les départements. Pour sa première formation, le Directoire nommait 48 membres, qui élisaient les 96 autres, et les 144 réunis choisissaient les associés. Mais une fois l’Institut organisé, lui seul devait pourvoir aux places vacantes, sur une liste au moins triple, présentée par la classe où il y aurait une vacance.
Le 20 novembre 1796 (29 brumaire an 1v), le Directoire nomma les membres devant former le noyau de l’Institut. Le 6 décembre, ces 48 membres, parmi lesquels on remarquait des noms illustres de l’époque et trois artistes dramatiques, Molé, Préville et Monvel, furent installés au Louvre, où ils s’occupèrent immédiatement de l’élection de leurs collègues et de la rédaction d’un projet de règlement, qui, présenté au Corps législatif par Lacépède, le 21 janvier 1797, fut approuvé par un décret du 4 avril suivant. En Pan v (1797 ) cinq membres de l’Institut, Carnot, Barthélemi, Pastoret, l’abbé Sicard et Fontanes, furent déportés par suite du coup d’État du 18 fructidor. En vain un de leurs collègues, Delisle de Sales, eut le courage de publier un Mémoire à l’Institut pour réclamer leur réintégration; elle n'eut lieu qu'après le 18 brumaire, et à la suite d’orageuses séances dans le sein de l'Institut. Le 21 septembre 1797, une députation de ses membres vint lire à la barre du Corps législatif le compte-rendu de ses travaux de l'année, lequel fut imprimé par ordre des deux Conseils. Le 25 décembre, le général Bonaparte fut élu membre de PInstitut (1" classe, section de mécanique). En 1798 l’Institut présenta au Conseil des Anciens son rapport sut Pétablissement du système métrique.
La Constitution de lan vur (1800) maintint l’Institut. Le 4 mars 1802, un arrêté du premier consul ordonna qu'il lui serait fait par les trois classes un rapport sur l'état et les progrès des sciences , des lettres et des arts depuis 1789. L'année suivante, la classe des sciences marales et politiques tut supprimée, Malgré cette suppression, le nombre des classes, qui était de trois, fut porté à quatre : 1°, Sciences physiques el mathématiques ; 2°, Langue et Littérature françaises ; 3°, Histoire et Littérature anciennes ; 4°, Beaux- Arts. 11 y eut un remaniement pour la répartition les membres entre ces quatre classes. A la 1°° fut, en outre, ajoutée une section de géographie et de navigation; ce qui porta le