‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 284 sur 522 · INSTITUT DE FRANCE — INSTITUT D'EGYPTE · texte numérisé non relu

INSTITUT DE FRANCE — INSTITUT D'EGYPTE

nombre des membres résidants à 63; la 2° classe fut composée de 40 membres; la 3°, d’un pareil nombre : elle put avoir g associés étrangers, et 60 correspondants ; la 4°, composée de 28 membres résidants, 8 associés étrangers, 38 correspondants, fut divisée en 5 sections. Un arrêté du 26 janvier 1803, signé Bonaparte, contient la nomination des membres des différentes classes : lui-même figure dans la première, et son frère Lucien dans la seconde. Un autre arrêté, du 23 janvier 1804, défend aux correspondants de prendre le titre de membre de l’Institut et d’en porter le costume.

Vers cette époque disparaissent les secrétaires temporaires, pour céder la place à des secrétaires perpétuels. Les premiers furent Delambre et Cuvier, Suard, Dacier et Le Breton. Élus dans chaque classe par leurs collègues, confirmés par le premier consul , ils remplirent tous leurs fonctions ‘usqu’au rétablissement des académies, en 1816, où ils furent tous appelés à les continuer, sauf Le Breton, qui, remplacé par Quatremère, alla fonder à Rio-de-Janeiro l'Académie des Beaux-Arts du Brésil. Le traitement des membres de l’Institut avait été fixé à 1,500 francs sous le consulat.

Une des premières pensées de Napoléon, parvenu à l'empire, fut l'institution des prix décennaux. En 1806, l'Institut national quitte ce titre pour prendre dans son annuaire celui d'Institut de France, et dans l'Almanach impérial celui d'Inséitut des Sciences, Lettres et Arts. Un décret du 25 avril 1807 institue la commission du Dictionnaire de la langue des beaux-arts, ouvrage qui n’a

chefs Monge et Berthollet. Son personnel comprenait : i°, pour les sciences mathématiques et leurs applications, 4 géomètres, 3 astronomes, 3 mécaniciens, 12 auxiliaires; 2°, pour le génie civil, 19 ingénieurs des ponts et chaussées, 13 ingénieurs géographes, 4 ingénieurs des mines; 3°, pour les sciences naturelles, 7 chimistes, 3 zoologues, 3 botanistes, 4 minéralognes ; 4°, pour la littérature, 2 antiquaires, 8 orientalistes, 2 littérateurs ; 5°, pour l’art de quérir, 5 médecins et chirurgiens, 2 pharmaciens principaux, outre le corps médical et chirurgical de l’armée; 6°, pour les beaux-arts, enfin, 2 musiciens, 4 architectes, 5 peintres et dessinateurs, { sculpteur, { graveur , à qui il faut joindre 2 élèves de l'Ecole Polytechnique, non encore classés, et 2 typographes en chef, Dans ce personnel on citait Bonaparte, Andréossy, Costaz, Fourier, Girard, Desgenettes, Dubois,Geoffroy, Larrey, Caffarelli, Desaix, Denon, Parseval, Kléber,Redouté,Lepère, etc.

A peine le débarquement eut-il eu lieu, en juillet 1798, sur les côtes d'Afrique, que les travaux de l’{nstitut d'Égypte

commencèrent ; les ingénieurs des ponis et chaussées re-

levèrent toute la côte; les ingénieurs géographes décrivi-

. rént Alexandrie; les astronomes déterminèrent la longitude

jamais vu le jour. La même année est créée la commis- | | sa première séance sous la présidence de Monge, et se di- | visa en quatre sections : mathématiques, physique, économie

sion pour la continuation de l'Histoire littéraire de France, commencée par les Bénédictins. En 1811, l’Institut prend enfin le titre d’êmpérial. En 1814, il devint royal, à la suite de la chute de l’empire. La collection des mémoires publiés par l’Institut jusqu'en 1816 se compose de 25 volumes in-4°, dont 14 pour la classe des sciences, 5 pour la classe des Sciences morales, 5 pour la classe de littérature et Beaux-Arts, 3 pour la base du système métrique, 2 pour les savants étrangers. .

À la seconde restauration, l’Institut est réorganisé. Par ordonnance contresignée Vaublanc et Barbé-Marbois, les dénominations des quatre classes sont remplacées par les noms des anciennes académies; 1° Académie Française; 2° Académie desInscriptionsetBelles-Lettres;3°Académie des Beaux-Arts; 4° Académie des Sciences. Le lien qui les unissait est rompu; on porte atteinte à l’inamovibilité des membres : on en expulse plusieurs, d’autres sont imposés par le pouvoir, et les titres littéraires ou scientifiques ne sont pas plus comptés pour la faveur que pour la disgrâce. L'Institut est conservé avec son titre ; mais il cesse d'exister comme corps organisé tel que l'avait compris sa fondation,

Le gouvernement de Juillet ne touche à l’Institut que pour rétablir, par ordoænance du 26 octobre 1832, sur le rapport de M. Guizot, ministre de l'instruction publique, l’ancienne classe des Sciences morales et politiques sous le nom d’Académie, comme les autres classes. Le gouvernement y rappelleles dix membres et les deux correspondants, devenus depuis membres de l’Institut, qui en faisaient partie à l’époque de la suppression , et déclare qu’ils seront chargés de compléter le nombre de trente par des élections successives. Eug. G. DE MONGLAYE.

Le 14 avril 1855, un décret impérial modifia l’organisation de l’Institut; les séances générales devaient avoir lieu le 15 août ; un prix annuel de 10,000 fr. fut accordé à l'invention la plus utile faite dans les cinq années précédentes ; enfin, une section dite politique, administration et finances et composée de dix membres nommés d'office, fut ajoutée à l’Académie dés sciences morales et politiques. En 1860, un prix biennal de 20,000 fr. fut fondé pour récompenser l’auteur du mtilleur ouvrage d’histoire ou de littérature.

INSTITUT D’ÉGYPTE, nom sous lequel on désigne la commission des sciences et des arts qui fit partie de l'expédition d'Égypte. Elle eut d'abord pour

et la latitude du Phare et de plusieurs autres points principaux : en moins de deux mois, le grand plan géométrique des trois villes grecque, arabe, turque, et de leurs environs, était réduit aux deux cartes qui figurent dans la Description de l'Égypte. Puis, l’Institut se constitua au Caire; il tint

politique , arts. Chacune se composait de 12 membres ; les procès-verbaux étaient envoyés à l’Institut de France. Monge fut élu président, Bonaparte vice-président, Fourier secrétaire perpétuel. :

Dès que l’armée fut maitresse de l'Egypte inférieure, les travaux scientifiques prirent partout un nouveau développement ; les membres de l’Institut, partagés en diverses sections, suivirent les divers corps d'armée dans toutes leurs expéditions, parcoururent et étudièrent dans tous les sens le sol de l'Égypte, relevant, dans les marches, les positions astronomiques, faisant des fouilles dans les haltes, dessinant les monuments, recueillant des papirus, des inscriptions, des documents de toutes espèces.

Bonaparte, en quittant l'Égyple, emmena Monge et Berthollet. Leur départ ne découragea pas leurs collègues : Fourier et Costaz les remplacèrent. Le général en chef avait autorisé son successeur à traiter de l'évacuation après une perte de 1,500 hommes et à renvoyer en France les membres de l’Institut à leur retour de la haute Égypte. Kléber fut bientôt à même d'accomplir cette dernière partie de ses instructions ; les savants, réunis à Alexandrie, se préparaient au départ, quand eut lieu le manque de foi, si connu, de Pamiral anglais, suivi de la bataille d'Héliopolis, de l’assassinat de Kléber et de l’avénement de Menou. L'Institut, rappelé au Caire, ne revint à Alexandrie qu’après la défaite de Canope, quitta l'Égypte avec l’armée le 23 septembre 1801, et arriva à Marseille quarante-deux mois après son départ de France.

Bonaparte, premier consul, ordonna l’exécution d'un ouvrage renfermant tous les travaux de l’Institut d'Égypte, et le réorganisa en commission pour l’exécution de ce monument national. Le 1°° janvier 1808 la commission présenta à l’empereur une partie notable de l’ouvrage. La 1° livraison ( 200 planches et 4 demi-volumes de mémoires ) parut à la fin de la même année. L’empereur la reçut en 1809. La seconde ln* fut remise en 1813. En 1814, à l’arrivée des coalisés à Paris, on interrompit les travaux, on cacha Les cuivres, surtout ceux de l’atlas en 53 feuilles. La paix conclue, on se remit à l’œuvre. M. Jomard fut envoyé à Londres pour y prendre des empreintes ou des copies des monuments recueillis par l’Institut de l'Égypte et enlevés par les Anglais lors de l'évacuation d'Alexandrie. Les 3° et 4° livraisons furent présentées à Louis XVIII en 1817 et 1821,

Charles X reçut, enfin, la dernière en 1825. Peu de temps après le libraire Panckoucke obtint du gouvernement l’autorisation de faire pour son compte un second tirage des magnifiques planches de ce grand ouvrage. Les archives de l'institut d'Égypte, rapportées en France par Fourier, ont disparu du ministère de l’intérieur, sans qu’on ait pu depuis en retrouver la trace. Eug. G. DE MONGLAVE.

INSTITUTES. Telle est la traduction coutumière, mais certainement peu française, du mot latin Znstitutiones, que les jurisconsultes romains donnaient le plus souvent pour titres à leurs traités élémentaires du droit. Cette dénomination était reçue dans les pays de coutume, c’est-à-dire dans le nord de la France, et elle y prédomine encore; mais dans les pays de droit écrit, précisément ceux où régnait la loi romaine, on disait, et l’on dit plus communément Jnstiluts. Il est peu de personnes qui par ce nom entendent autre chose que l’ouvrage promulgué par l'empereur Justinien. Cependant, lesens doit en être plus généralisé. La dénomination d’Instituts formait un titre consacré en jurisprudence romaine pour les traités dans lesquels se trouvaient exposés d’une manière simple et méthodique les principes et les éléments généraux du droit. Les Instituts de Justinien ne furent qu'une imitation et -le plus souvent une copie de ceux qui les avaient précédés de trois cents ans. C’est au beau siècle de la science, dans ce siècle qui commence à Adrien et qui finit à Alexandre Sévère, que nous trouvons en grand nombre ces sortes d'ouvrages ; ce sont les Instituts de Gaius, composés de quatre livres, sous la dénomination de Commentaires ; les Instituts de Florentin, en douze livres ; les Instituts de Callistrate, en trois livres; les Instituts de Paul; les Instituts d'Ulpien, chacun en deux livres; et enfin les Znstituts de Marcian, qui compreñaient seize livres. Ce sont là les instituts romains. Les Instituts de Justinien ne sont que des Instituts byzantins, nés sur le solasiatique, aux bords du Bosphore, dans le palais impérial de Constantinople. Aussi l'observateur éclairé ne manquera:t-il pas d'y sentir vivement la différence d’origine, de peuple et de civilisation. De tous ces Instituts, les premiers et les derniers seulement, c’est-à-dire ceux de Gaius et de Justinien, sont seuls parvenus jusqu’à nous. Leur comparaison nous permet d’apprécier la transition qui d’un intervalle à l’autre s’est opérée dans les mœurs et dans les institutions. Quant aux autres, ils ne nous sont connus que par quelques fragments épars, rapportés dans divers passages du Digeste de Justinien. Les Instituts de Gaiïus eux-mêmes avaient subi le sort commun, et ce jurisconsulte, dont nous ne connaissions les ouvrages que par leur titre et par quelques citations, était confondu dans la foule illustre des prudents, ses contemporains, lorsque la main du hasard, après plus de dix siècles de ténèbres, l’a fait paraître tout d’un coup à la lumière. Les Visigoths avaient inséré dans leur recueil officiel de lois romaines, qu'on a nommé le Bréviaire d’Alaric, quelques fragments et le plus souvent une analyse mutilée de ses Instituts. Les jurisconsultes de l’école de Cujas, et notamment Pithou, son illustre élève, avaient extrait ces fragments et ces analyses, les avaient réunis et publiés en un volume : c'était là fout ce que nous possédions sous le nom d’Instituts de Gaius. Cependant, ses véritables Instituts avaient survécu; le moyen âge les avait possédés : qui-sait en combien de manuscrits? Niebübr et Savigny découvrirent dans la bibliothèque du chapitre de Vérone un palimpseste qui avait porté le texte précieux ; des tentatives réitérées ont permis de raviver et de déchiffrer l'ancienne écriture sous les Épitres de saint Hiérome, qui lui avaient été substituées, et les vrais Instituts de Gaius ont été rendus au monde savant presque dans. leur intégrité. Quant aux Instituts de Justinien (qui ont porté dans le Bas-Empire le titre plus récent de Instituta, au lieu de celui d'Instiluliones, et méme la simple dénomination d’'£lementa), ils appartiennent à une autre civilisation, L’empereur avait déjà promulgué le Code des-constitutions im-

Page 1