INSTRUCTION PUBLIQUE — INSTRUMENTS
des changements, malheureusement plus apparents qu? réels, furent décrétés, l'instruction primaire se déve- Joppa, on créa l’enseignement professionnel, les cours libres, les conférences; mais on refusa toujours au ministre les moyens d'exécuter les réformes qu'il ne cessait de promulguer et qui restèrent en partie lettre morte. Les derniers titulaires de ce département, MM. Bourbeau, Segris (2 janvier 1870), Maurice Richard (14 avril 1870), ne firent rien de remarquable. La révolution du 4 septembre le donna à M. Jules Simon, qui, malgré les attaques passionnées de l’opposition monarchique, continua de loccuper sous la présidence de M.Thiers. Les anciennes querelles recommencèrent alors: le parti clérical prétendit diriger seul l'instruction publique, et les réformes tentées jusqu’à présent se sont bornées à des détails d’enseimement, M. Simon fut remplacé peu de temps avant la chute de M. Thiers (mai 1873), et dans l’espace de six mois il eut trois successeurs.
Le budget général de l'instruction publique pour 1870 était porté à 25,829,516 fr. C’est juste la somme que dépense le seul État de New-York pour instruire les enfants de 4 millions d'habitants, Chaque élève est inscrit dans le budget danois de l'instruction primaire pour 25 fr.; dans celui du Massachusetts pour 37 fr.; et en France pour 1fr. 90 c. NRC QUE Pire prie À
INSTRUCTIONS. Ce mot s'entend quelquefois des ordres, des explications, des avis qu’une personne donne à une autre pour la conduite de quelque affaire ou de quelque entreprise. Dans la diplomatie il se dit surtout des explications écrites ou verbales qu’un gouvernement donne à son ambassadeur, à son envoyé, à son délégué sur la manière de se conduire dans la mission dont il est chargé. Ces instructions contiennent l'historique et l’exposé de l’état actuel des relations des deux gouvernements, et l’on y trace la marche à suivre pour continuer, étendre, modifier, interrompre ou faire cesser ces relations.
INSTRUMENTALE (Musique). Voyez Musique.
INSTRUMENTATION. C’est au propre, et dans l’acception la plus générale du mot, l’art d'exprimer la musique par des instruments; dans une acception moins étendue, c’est l’art de distribuer dans une partition les différents instruments qui entrent dans la composition d’un orchestre de manière à produire toutes sortes d’effets, soit par la douceur des timbres et la variété des détails, soit par la force et l'énergie des masses. Dans ce sens, le mot insérumentation est de création moderne. Avant Hændel, Mozart et Haydn, les compositeurs se bornaient dans leurs accompagnements à soutenir les voix ; d’ailleurs, le nombre des instruments était très-limité ; la musique instrumentale sommeillait dans l’enfance, état de choses dû en grande partie à l'imperfection des instruments en général et des instruments à vent en particulierÿ dont plusieurs, qui sont aujourd’hui d’un usage universel, n’existaient pas encore. Haydn, le père de la musique instrumentale, et Mozart, le créateur de l'accompagnement dramatique , furent les premiers qui surent tirer parti de l’instrumentation, celui-là dans ses belles symphonies, celui-ci dans ses opéras. « Les accompagnements d’une musique bien faite, dit M. Fétis, ne se bornent point à soutenir le chant par une harmonie plaquée ; souvent on y remarque un ou deux desseins qui semblent au premier abord devoir contrarier la mélodie, mais qui dans ja réalité concourent à former avec elle un tout plus ou moins satisfaisant. »
Une bonne instrumentation exige bien des coûditions du tompositeur, qui prévoit, par la seule puissance de ses facultés intellectuelles, l’effet de son orchestre, comme si cet orchestre se faisait réellement entendre dans l'instant où Partiste se livre à ses inspirations. Il doit posséder, indépendamment de ses connaissances approfondies en harmonie, la connaissance non moins indipensable de tous les instruments qui composant un orchestre, savoir leur étendue res-
pective, leurs timbres et leurs différentes qualités de son, connaître les bonnes et les mauvaises notes de chacun; et l'effet qui peut résulter de leurs diverses combinaisons,
Jl faut de la variété en toutes choses et surtout en musique. Celle qui peut résulter d’une sage et ingénieuse instrumentation est infinie. Le grand nombre d'instruments que nous possédons aujourd'hui, et quipeuvent tous sans exception trouver leur place dans un orchestre, ressource immense, quimanquaiten partie à nos prédécesseurs, doit contribuer nécessairement à la création d’une infinité d’effets neufs et puissants. Mais comme l’homme abuse de tout, il arrive quelquefois à nos'compositeurs modernes d'employer cette profusion d'effets sans intelligence et sans discernement. Souvent, il ést vrai, tout ce tapage ne sert qu’à déguiser la pauvreté des idées du compositeur. Ch. BECHE».
INSTRUMENTER, terme de pratique qui se rapporte à tout acte judiciaire ou extra-judiciaire fait par le ministère d’'huissiers, lesquels sont considérés comme les instruments dela loi.
INSTRUMENTS (de in, dans, et séruere, construire). Ce mot désigne une foule d'objets qui souvent n’ont aucun rapport entre eux. En général, un instrument est une sorte de machine ow d'appareil dont on s’aide pour exécuter un morceau de musique, tracer des figures, calculer les distances, les mouvements d’un astre, etc., etc.
Les instruments de musique sont fort nombreux, et tous les jours on en compose de nouveaux. Tous ont pour objet de mettre l’air en mouvement pour le faire vibrer. On peut les diviser en deux classes principales : les instruments à vent et les instruments à cordes. Il y a quatre ou cinq sortes d'instruments à vent : 1° ceux qui se composent de simples tuyaux, dans lesquels on soufile de l'air : la flûte de Pan, la flûte traversière, le fifre, le mirliton, ete.; 2° les instruments dont l'embouchure se place ordinairement entre les lèvres, et qui portent une languette contre laquelle l'air va frapper et se diviser : de ce genre sont, le flageolet, les tuyaux de l’orgue, dits éuyaux à bouche ; 3° les instruments dans lesquels l’air est mis en mouvement par une languette élastique et vibrante, lance : les clarinettes,leshautbois; tousles tuyaux de l’orgue dits à anche, sont de cette espèce ; 4° les instruments ‘qui, n’ayant ni anches, ni langucttes, reçoivent l’air dont les vibrations lui sont imprimées par la bouche, les lèvres du musicien : tels sont les cors de chasse, les trompettes, etc. Parmi ces instruments, il y en a dontles sons sont modifiés par la bouche de celui qui en joue, la trompette, par exemple; d’autres sont percés de trous que le musicien ouvre ou ferme suivant qu'il veut obtenir des Sons plus graves ou plus aigus : tels sont le serpent, l'ophicléide, le trombone, le cornet à pistons, les instruments de Sax, etc. Citons à part les instruments à clavier, qui reçoivent le vent au moyen d’un soufllet, tels quel’orgue, l’'harmonium, l'accordéon, le concertina, Les instruments à cordes sont aussi fort nombreux et très-variés ; on peut les classer ainsi qu'il suit : 1° ceux que l’on fait résonner en pinçant leurs cordes avec les doigts : la lyre, la harpe, la guitare, sont de cette espèce; 2° ceux dont on joue en frottant leurs cordes au moyen d’une roue, d’un archet, etc. : la vielle, le violon, rendent des sons par ce moyen; 3° les instruments de percussion, ou bien ceux dont on fait vibrer les cordes en frappant dessus avec des baguettes que l’on tient à Ja main (tambour, tam-tam, harmonica, triangle), ou de petits maillets mécaniques (piano). On peut, par analogie, considérer comme appartenant à la même classe les carillons, leseymbales.
Instruments de mathématiques. I y en a de deux sortes : 1° ceux dont on fait usage dans le cabinet, pour tracer des figures, des plans : ce sont des règles, des équerres en bois ou en cuivre, divers compas, dont un dit de réduction et un autre de proportion, des échelles, des r apporteurs; 2° les instruments qui servent à opérer sur Le
ferrain, soit pour lever la carte d’une province, niveler une hauteur, faire le plan dune propriété agricole. Les principaux de ces instruments sont des règles, des chaînes, pour mesurer des longueurs; la planchette, pour tracer directement sur le papier la figure d’un champ, d’un bois; l'équerre dite d’arpenteur,, la boussole, le graphomètre, le cerele répétiteur, etc., pour tracer les lignes et mesurer des angles sur le terrain; les niveaux à fil de plomb, d’eau, à bulle d'air, servent à mesurer les hauteurs des collines, les ondulations d’un terrain, etc.; enfin, on a des instruments qui donnent le degré de pente d’une monfagne , etc., etc.
Instruments de physique. Les expériences nombreuses et souvent nouvelles que sont obligés de faire ceux qui cultivent cette belle science , les ont forcés à multiplier indéfiniment, pour ainsi dire, les instruments dont ils s’aident:dans leurs opérations. Nous ne pouvons donc signaler ici que les principaux, qui sont des balances d’une extrême sensibilité, desthermomètres pour mesurer les divers degrés de chaleur;:le baromètre, qui indique le poids de l'atmosphère; le calorimètre , au moyen duquel on évalue la capacité relative des corps pour le calorique ; l'appareil dit improprement machine pneumatique, dont on fait usage pour extraire l'air contenu dans une capacité hermétiquement fermée ; la machine électrique, avec laquelle on fait une foule d'expériences sur le fluide qui produit la foudre, etc. ; l’'admirable pile de Volta, au moyen de laquelle on excite l'électricité galvanique. Des verres faillés diversement pour décomposer la lumière, étudier sa marche, le microscope, qui grossit prodigieusement les images des objets, font partie d’un cabinet de physique bien composé.
Instruments d'astronomie. Les principaux sont le quart de cercle mural, ainsi appelé parce qu’en effet il est fixé sur une construction en pierre de taille : il est divisé en degrés, minutes, etc., et sert à mesurer la grandeur des angles qu'un astre fait avec l'horizon , etc. ; l’équatorial, bel instrument, dont Ptolémée avait pressent lutilité : il est fort commode pour suivre un astre dans sa course, Celui de l'observatoire de Paris est accompagné d’un mouvement d'horlogerie qui fait tourner une lunette de telle sorte qu’il suffit à l’astronome de la pointer vers un astre pour qu’elle en suive la marche avec autant de précision que pourrait, le faire l’astronome lui-même. Un bon observatoire contient des horloges bien réglées, des lunettes, des télescopes, des boussoles, un appareil pour mesurer la quantité de pluie qui tombe dans l’année, etc., etc.
Instruments de: chirurgie. Parmi les nombreux instruments dont s’aident les personnes qui étudient la constitution du corps humain, ou qui s’occupent des moyens de remédier aux maladies auxquelles il est sujet, nous n’en citerons que quelques-uns : le plus ingénieux est sans doute celui au moyen duquel on brise la pierre dans la vessie même; quelques forceps, dont on fait usage dans les accouchements laborieux, ete, En général, les instruments de chirurgie sont tranchants : aussi sont-ils fabriqués par des couteliers.
Instruments aratoires, ments). ii
Nous ne pousserons pas plus loin cette notice sur les instraments; car elle serait interminable. Chaque profession a les siens : une aiguille à coudre, une navette, sont de vrais instruments. Chez plusieurs artisans, les instruments prennent le nom d'outils. TEYSSÈDRE,
INSUBORDINATION, terme militaire, synonyme d’indiscipline , de désobéissance et de désordre, « La discipline étant la vie de l’armée, a dit le général Le. Couturier, dans son Dictionnaire militaire, on ne peut réprimer trop sévèrement toute espèce d’insubordination, Ce qui n’est dans les hommes de l’état civil que l’effet ordinaire de leur libre arbitre devient dans l'état militaire un acte d'insubordination, Un bourgeois reste dans son lit le matin. si
Voyez ARATOIRES (Instru-